‹ Statistique du département de la DromeChapitre 46 sur 234 · CLIMAT, TEMPÉRATURE, VENTS · texte numérisé non relu

CLIMAT, TEMPÉRATURE, VENTS

La température du département présente de nombreuses variétés, suivant Félévation des sites, la direction des montagnes, des fleuves et des rivières. Cependant le climat est, en général, doux et sain.

Depuis Textrémité méridionale jusqu^à Montélimar, on trouve une première zone où croit Tolivier.

On en rencontre une autre où la vigne est cultivée avec succès, sur les côtes du Rhône, dans les vallées de la Drome, de la Véoure, de Tlsère, de THerbasse, de la Galaure et de la Valloire.

Il en est une troisième où Ton ne trouve plus de vignobles : c^est la plus froide. Elle se compose des montagnes d^Ambel, du Royanais, du Vercors, de Glandage, de Lus-la-Croix-Haute , et, en général, de toute la partie supérieure de nos grands bassins dans Tarrondissement de Die.

Les vents sont fréquens dans le département, et surtout ceux du nord et du midi , qui se succèdent alternativement. Le vent du nord , qui est ( le plus constant , est froid et sec ; celui du midi , pluvieux et chaud. L^un arrive après avoir balayé d^immenses plaines et des montagnes couvertes de neiges; Fautre est surchargé des nuées humides de la Méditerranée, ou échauffé par les sables brûlans de TAfrique. Le premier produit dans rhiver des froids rigoureux, et dans Fêté de grandes sécheresses. Il rend la navigation du Rhône très-difficile et quelquefois impossible. Sur la routt même, les voyageurs en sont fort incommodés, moins à cause de sa violence, que de Fépais nuage de poussière tourbillonnante dont il les enveloppe. Le second fait fondre les neiges des montagnes, et arrose les plaines avec les pluies abondantes de Fautomne et de Fhiver.

Les vents de Fest et du couchant régnent aussi parfois. Le vent d'^est, soufflant dans les matinées de Fautomne ou du printemps , est le funeste avant-coureur de ces gelées tardives ou précoces , mortelles pour les arbres fruitiers et les vignes.

Le vent du couchant est fréquent en été , chaud , impétueux ; il apporte Jia grêle et les ouragans.

Le vent du norà*exerce pins particulièpemenl ses riguràrs dsms certaines localités- On attribue à la compression de Tair entre les rochers qui evicaissent le Rhône sotis Châteauneuf , la riolence avec laquelle il souffle sur la plaine de Pierrdatte. Cest à ime cause analogue tpie parait devo^ir- être attrih^iéë la force du même vent dans la comnmne de Grigàan. Appelé par la direction des montagnes qui dominent la vallée du Jabron vers le point. le plus septentrional de cette vailée, Faîr s^ condense et s^échappe àvéc» for^cé sur le plan incliné de la montagne au-^de}à de laquelle Grignan est sit«é^. ■ * •

n est des courans îrréguliers remarquables par léw impétuosité, et diversement modifiés par les sinuosités des vallées qu'ils traversent : tel est le tourbiUon de la montagne d^Ambel , qui , arrêtant Une éascade vers le milieu de sa chute , la reporte en jet d'eau sur une montagne fort élevée ; tel est surtout le vent du Pontias à Nyons.

Au nord, vers le sommet et sur la croupe du Col-du^Devè^ qui domine cette ville, se trouve, près d'un anciaa hermîtage, une caverne, ou plutôt de larges et profondes crevasses, qui, au rapport de Chorier, servirent autrefois d'asile à de faux taonnayeurs : c'est de là que l'opinion vulgaire fait sortir le vent du /\>nfta^, auqudi on donna long^tetnps une origine fabuleuse. On Fattribuait à Saint Césaire , archevêque d'Arles , qui l'aurait apporté dans un gant rempli du vent de la mer , et l'aurait déposé dans cette caverne. Cesi ainsi que le raconte Ger^'asius de Tilisberi , maréchal de l'empire au royaume d'Aries ou de Bourgogne, environ Tan 1210 (1);

(i) Voici à peu près comment il parle du Pontias : c Saint Césaire étant venu à Nyons «

> fut touché de la stérilité de la vallée oh cette ville est assise; pour y remédier, il » descendit jusqu'à la mer, d*où il revint après avoir rempli àt vent un de ses gants I» qu*il jeta contre un rocher, où il se fit une ouverture. Depuis ce temps , il en sort un 9 vent salutaire qui féconde la vallée, et qui a retenu le nona de Pontias, de pontus,

> parce qu'il venait de la mer. »

L'abbé d'Expilly, après une dissertation de 7 à 8 pages sur le Pontias, dont il^onne le nom aux habitans, ajoute : « Ce vent ne contribue pas peu au naturel des habitans

> de Nyons; son sou file les décharge des humeurs qui, en bien d'autres contrées, tt appesantissent les hommes, et les tiennent dans une morne inaction. »

Chorier dit que c ce vent &it le bonheur de la viHe de Nyons et de son tè^itoîre, » qu'il purifie l'air, féconde la terre, et imprime à toutes les productions une qualité » bienfaisante, principalement aux oliviers de ce oabton^ dont rbûile est en grande

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mais aucun veiit j aucune exhalaison ne sort de cette caverne ; mn enfin ne justifie ce conte populaire.

Plusieurs physiciens, que la curiosité a conduits à Nyons, ont attribué ce vent à diverses causes (4). Les uns ont voulu qu^fl ne fut autre chose qaToB* air condensé par le û*oid qui règne sur. les montagnes ai^-dessus de Hycfosjr et ensuite raréfié par la douceur du climat qu^il éprouve à Feutrée de la^ ville; d^autres ont pensé qu^il était produit par la compression que Tak^ soufre dans la gorge étroite des Pilles , et qui se dilate avec impétuosité dès que la vallée de Njons lui ouvre une large carrière ; il y en a, enfin j qui ont prétendu qu^il était formé par le conflit entre les vapeurs firoides qui s^élèvent des montagnes voisines de la rivière d^Ëy gaes , et les exhalaisons chaudes du Col-du-Devès.

Quoi qu^il en soit de cette divm^sité d^opinions, le PonUiU est un vent périodique qui souffle ordinairement tous les jours, à certaines heures- plus ou moins reculées, pendant im plus long ou un phis court espace de temps ^ avec plus . ou moins d^impétuosité , suivant la différence des saisons et la température de Tair* Cest un vent de la nuit plutôt que du jour , extrêmement fi*oid, qui souffle,, par conséquent, plus long-temps et plus violemment ea (

hiver qu^en été. Pendant Thiver, il commence à souffler dès 5 heures du soir, et il ne cesse que vers 9 ou 40 heures du matin ; dans les grands fix>ids , il ne disccmtinue presque pas de toute la journée. En été , au contraire, il. ne commence que vers 9 heures du soir^ et il est à peine sensible à 7 heures du matin ; il parait même quelquefois étouffé par les chaleurs accablantes de Tété. Son souffle est toujours plus violent le matin que le soir. La bise est le seul vent auquel il le dispute pour le fi*oid et Fimpétuosité. Celle-là semble cependant remporter , puisque le Pontias ne souffle jamais

» réputatioD; que si ce vent vfent à cesser, c*èst un présage de malheur , de disette^ de » peste, ou de quelque maladie populaire. »

n parait , en définitif^ certain que ceux qui lui ont donné le nom de Pontias ont jugé que c*étailrun vent de mer ^ car Pontia, qui est un dès noms de Vénus marine, exprime un des nombreux phénomènes naturels produits par la mer«

(1) Le célèbre Gassendi rapporte, daus là Fie de Peyresc, que ce Mécène des gens de lettres avait chargé Boule, historiographe du roi, de &ire Tiiistoire du vent Pemfûu > e% de. rechercher Torigine de:ce phénomènasingulier..

dès que le vaat du «ord tient la campagne. Le Pontias a néanmoins quelque chose de plus piquant, et, à la di£férencè de la bise, il ne soufBe point par bouffées inégales , mais toujours dans le même sens , avec une égale continuité, sans prendre aucun relâche. Il ne perd que peu de sa force, même en été; en sorte que Ib^qu^il souffle dans les matinées de cette saiscm , on ressent une fraîcheur ésseï semblable au froid. Le vent du midi, au contraire, ne fiait qu'irriter le Pandas ^ dont les premières bouffées ne sont alors qu^un léger zéphir interrompu; mais il se renforce peu à peu, et parvient enfin à toute son impétuosité. Sa fin va par degrés comme son commencement j 'Son souffle suit le cours de la rivière d^Eygues ; il ne s^écarte point au-delà de la vallée de Nyons ; il n'en parcourt pas même tous les recoins ; car sur le chemin de Valréas , qui est sur la plaine du côté du nord , a peine a-t-on mis le pied au-delà du torrent des Ruines, qui vient d'une gorge de la montagne du Pied-de-Vaux , qu'on ne sent j^us^le vent, tandis qu'il souffle ^vec force le long de la rivière.

Ce n'est cependant pas dans la seule vallée de Nyons que souffle le Pontias f il remonte la rivière d'Eygues, dans la gorge des Pilles , jusqu'à .un^ demilieue , et finit à un détroit qui sépare le territoire d Aubres de celui de JNyons ; en sorte que , par une singularité qui parait incompréhensible , le vent du Pontias^ au-dessous d'un autre détroit qu'occupe le pont de Nyons , souffle du levant au couchant, tandis qu'au-dessus il souffle du couchant au levant. Cesi ce qu'éprouvent tous les jours les voyageurs qui, venant de la gorge des Pilles , entrent dans la vallée de Nyons : alors ils vont toujours du levant au couchant , et ils reçoivent le souffle du Pontias par-devant jusqu'au pont de Nyons ; dès qu'ils ont passé ce pont , ils reçoivent par derrière le souffle de ce mente vent.

Il en règne un aux Pilles de même nature^ qu'on nomme la VésinSy c'est-à-dire mauvais vent. 11 souffle pendant le jour ; il se fait sentir vers midi jusqu'au soir , tandis que le Pontias est plutôt un vent nocturne ; il ne se lève que lorsque le soleil se couche. Peu s'en faut que la Vésinè ne (x>mmence à souffler lorsque le Pontias finit, et qu'elle ne finisse lorsqu'il commence.

La Vésine se fait particulièrement sentir depuis le commencement du mois d'août jusqu'à la fin d'octobre. Quand elle souffle avec forcé depuis 3 heures du soir jusqu'à 6 , c'est un signe certain de phiie pout le lendemain^

Ces vents sont assez eommuns dans les environs de Nyoos : il j en a a Chàteauneof-de-BordeUey à Bénivay, à Saint-Mai , à Veoterc^

Un vent que Ton nomme Solaure (soKsaura) prend naissance dans la vallée de la Drome ; il suit le cours de la rivière, et quoique froid en toute saison , il est un présage assuré de pluieL Ce fait , rapporté par Chorior , est justifié par ce que m^écrivait, le 24 janvier 1847, IkL Buffst, juge de paix de Saillans. « Vous connaissez sans douté, m'A mandait«*il , lé vent particulier » que nous appelons Solaure : il ne souffle avec violenee que sur le territoire » de Saillans ) mais il présente ce phénomène que, lorsqu^il ne cesse poÛBt » à 10 heures du matin, il est le précurseur du vent du midi et de la pluie : )». il n^ a p^ àe baromètre plus sûr. u • • ;

OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES Faites à Valence^ à la bibliothèque ^ en 1833 et 1^34.

La hauteur moyenne du baromètre ^ prise à midi , a été , pour 1 833 ,

de: . • • . . • , . 751 45

Pour^l8'34, de ...:....::... 751 Z5 i

La hauteur mcûrimum du baromètre , pour Tannée 1 833 , a eu Heu i

le 2. décembre; elle a été de •..-.... 766

En 1834, elle a eu lieu le 28 mars; elle a été de 765

La hauteur minimum du baromètre, pour Tannée 1833, a eu heu

le 15 mars; eOe a été de , • « 736

En 1834, elle a eu heu le 8 janvier; elle a été de 737

La ten^érature moyenne à midi a été , en 1 833 , au thermomètre

centigrade, de 14 77

En i834, elle a été de 15 30

La température moyenne du baromètre, pour 1833, a été de • • . 16 7T

En 1834, elle a été de ,..,.... 18 15

La température maximum ^ pour 1833^ a eu heu le 31 juilkit; elle

a été d^ . 25 85

En 1834, elle a eu heu le 12 juillet; elle a été de 30

La température minimum y pour 1833 , a eu heu le 10 janvier ; elle

a été au-dessous de la glace de 2 10

En 1 834 1 elle a eu heu le 16 mars ; eUe a été au-dessus de stéro de 3

TOPOGaA»Hifi« 249

Pour compléter ces observations, le tableau suivant fait connaître la marche du baromètre et du thermomètre, moi» par mois, pour Tannée 1833.

Relevé des observations météorologiques faites pendant Vannée 1833.

MQIS.

Janvier.

Février.

Mars . .

Avril •

Juin . • .;

juîiiet ..;......

Août

Septeinbi*e* «.»•<.

Octobre .••.»... «i». é

Décembre . •. • . • . •

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