PIANO
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km a ma ml-o, Sa-roplus îaiit qii^sa tic- lino.
Dans h soirée du dO avril , on célèbre le retour de la belle saison : on plante le mai, et des groupes de jeunes filles et de jeunes garçons parcourent les rues en diantant des airs joyeux , des bourrées et surtout les couplets suivans en patois du pays , qui sont eomlne le diant obligé du jour :
LOU AIE DE ViLL
V^ï lou dfoH mé dh mai% Que louê gâlans plastan lonniai :
N-«n plantaré nin à ma mio»
. Saro pkis i^t que sa tiolUio»»
Li boutaren per lou garda Vn âouduf de tcbaqaè €6ta ; - Qui boutaren per santioeUa?
3àro joogs^Anf de la bello*
Âh !' que mè tatchario pér tu Sî ta nïïo l'avk) vègû :' ' • Ta mla »-aaRia qtRoqciés ^Aftfirés ^ ' * Et se mcmquaro de «hwm amM$p-
Mi sayou ben ce qûè faré , Mi m en iré» m'edbarquaré ; Mi m^eii iré dretà Mar^eHlo^ Et n-en péDsa^piuaàJdlo.''
Quand de MarseillQ cèTepdré Devant sa, porto passaré'; Dèmandaré à saYèlhKr C^umè sè-pokd GatMrioo.
Catherine s^ porto bien , ^
Et l*an maria Vy o bien fong tên* Aub*un moussieu de îa campagne Que H fiitC bien fafrè lîr êàin^.'
N-en porto lou tchapet bo|ila
Et Tépèio à son c6ta ;
La nèriro mieux sen ren faire ' ' -
Qoè non pas tt mauvais canlairè.
: " ■ . . Aff
306 CHAPITRE m.
Le premier dimanche de mai , oa célèbre la fête des fleurs. On Toit sur les chemins les plus fréquentés, et à Tentréé des rues, un siège élevé et orné de guirlandes, où s^assied une jeune fille couronnée de roses, entourée d^autres jeunes filles qui composent la cour de cette reine champêtre , qu^on nomme la maie ou belle de mai. Ses compagnes demandent aux passans quelques pièces de monnaie qui servent à des offirandes , ou à un festin où se réunissent ces jeunes enfans. J^ai lu quelque part, dans une ancienne histoire de Provence par Nostradamus, que, dans Forigine, il était d'^usage de donner un baiser à cette belle de mai, mais que la malice s^en mêla, qu^au lieu d^une jeune et jolie fille on avait choisi la plus laide , et que les passans s^exonéraient par une offi*ande du baiser obligé. De là , dit Nostradamus , Fusage où sont encore les jeunes compagnes de la belle de mai de solliciter To&ande des passans*
Les Romains avaient , le premier jour de mai , une fête en rhonneor de Flore. L^empereur Claude Tinstitua , dit-on , pour corriger Tindépendance des jeux floraux. Elle était une imitation dt^ fêtes majumn , qui , des côtes de la Palestine, passèrent chez les Grecs et les Romains. Elle durait sept jours, se célébrait à Ostie , sur le bord de la mer , et se répandit au lU"^ siècle dans toutes les provinces- La fête de la mate n^est qu'un reste de celle-là (1).
11 est encore à Valence une autre manière de célébrer le retour de la saison des fleurs : tous les dimanches du mois de mai , on va danser aux Granges f de Fautre côté du Rhône. Ces danses ont lieu en plein air. L^affluence y est grande, et se forme indistinctement des populations des deux rives du fleuve.
Il est d'autres usages que je dois également rapporter :
A la St-Jean, on allume des feux et Fon danse sur le plateau des montagnes.
On promenait autrefois, au milieu de la risée publique, le plus près voisio de celui qui s^était laissé battre par sa femme. Il était monté sur un âne , le visage tourné du côté de la queue qu'il tenait à. la main. Il avait deux écajers bardés de colliers de mulet garnis de grelots. On le voyait précédé d'un cornet à bouquin , et entouré de la foule chantant et jetant des cris.
Dans quelques lieux, c'^était Fhomme qui s'était laissé battre, et dans quelques autres c^était la femme qu^on faisait monter sur Fane; mais ces usages ont presque entièrement disparu.
(^) DkiUnMÙre des Origines, tome II , page 133.
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Au joiûr des Rogatkms, on fait les processions dVsage, et dans les communes rurales on ya poser au milieu des champs ensemencés des crofx formées de deux petits bâtons écorcés : ces croix doivenf protéger le grain et ramener à maturité.
Les funérailles n^ont de remarquable que la coutume où Ton est^ dans les campagnes, de jeter des herbes odoriférantes dans la fosse quand te corps y est déposé : cette coutume est religieusement observée par tous les assistans» Au retour de Fenterrement, on se met à table, et Ton ne parle plus du mort ; il rCy a presque plus de signe de douleur, et, pour Fordînaire, les- convives chancellent lorsqu'ils se lèvent de table.
Noël est le grand jour des réunions de famifie : les absens font un long trajet pour rejoindre le foyer domestique. Ce jour-^à', on^ ne s^éclaire point avec la modeste lampe , c'est le jour de la profusion et du luxe ^ on brûle ime ou deux chandelles qu'on est allé acheter à la ville voisine, .et dans la soirée, ou après la messe , on mange des soupes de pâte qu'on nomme crosets.
La plupart des fêtes pubUques , le mardi-gras surXout , sont marquées par des farandoles y danse bruyante et caractéristique , qui représente la danse candiote des Grecs, la même que grava Vulcain sur le fameux bouclier d'Achille , et que décrit Homère dans le 1 8"* chant de Y Iliade. Cest une imitation du labyrinthe de Crète et de l'heureuse délivrance de Thésée^ vainqueur du Minotaure.
Un jeune homme , précédé d'un fifre ou d^un tambour , mène la danser, en tenant de la main- gauche le bout d'un mouchoir ou d'un ruban dont une jeune fille tient l'autre bout. Tous les autres se tiennent aussi par un ruban ou par un mouchoir. Le conducteur en tient un autre dé la main droite , qu'il agite en tous sens , en lui faisant suivre les différens mouvemens qu'il donne à la chaîne. Plus la fite est longue , plus il y a de plaisir à la voir suivre tous les tours et détours auxquels la soumet celui qui la dirige. Tantôt le conducteur court droit devant hii, tantôt, se tournant tbut-à^coup et successivement à droite et à gauche, il fait faire à k chaîne un vrai zigzag, c'est-à-dire des tours- et des déto^H^s-qui représentent et imitent parfaitement les divers contours d'un labyrinthe. Ensuite , et ceci est le plus frappant , tous les danseurs élevant leurs bras sans rompre la chaîne, le conducteur*, qii'on peut appeler Thésée ^ passe et repasse en silence, et comme- avec ime
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sorte de crainte, sons le brjàs de chacim^ de droite à gsuohe, suivi de la personne qu^il tient par le .mouchoir., et ainsi des .autres-, et va sortir tout joyeux et eu sautant dVntre les bras des deux derniers de la file, eu agitant son mouchoir libre , comme le fil qui lui a servi de conducteur à trava^s ce dédale»
La dermière figure imite parfaitement le |>elotou dont Thésée se servît pour sortir du labyrinthe ; la personne qui forme le •dwnier anneau de la chaîne sWrète et ne remue plus ; le chef de la file tourne autour , avec le restant de la ârandole , et chacun Buccessivemeet s^arrète à mesure quHl parvient à ce noyau. Bientôt, de cette manière^ la chaîne ne fiMrnie plus qu^un gros peloton qui tourne quelque temps ea rond et comme sur hiimême. Après cela, le conducteur tirant vers lui en courant le premier qu'ail tient par la main , celui-K^ son voisin , et ainsi des autres , on croit voir alors Thésée dévidant le pdoton que lui a donné Ariane , à mesure qu'ail s^enfofice dans les détours du labyrinthe , ou qu^il parvient k en sortir.
Ces évolutions sont toujours accompagnées de cris et 4e grandes dé- , juoostrations de joie de la part des danseivs (1).
M. de Chateaubriand a retrouvé cette danse chez les Grecs mod^mes : 4( Nous apercevions , dit-il dans son Voyage de Jérusalem , la plaine de ^> Troie, et tandis que je m^occupais des douleurs d^Hécube, les descendans )> des Grecs avaient encore Pair, sur notre vaisseau, de se réjouir de la mort » de Priam. Deux matelots se mirent à danser sur le pont, au son d^une lyre 4> et d'^un tambourin. Ils exécutaient une espèce de pantomime....... A cette
» pantomime succéda une ronde , ou la chaîne , passant et repassant pv » différens points , rappelait assez bien les sujets de ces bas*-TOlie& où T^c » voit les danses antiques » (2).
La course^ la lutte et le saut sont fort en usage dans le midi du d^>artement , et , comme la farandole y ils rappdlent IWigîne de cette populatioD phocéenne qui , la première , apporta sur les bords de la Méditerranée ks jeux et la civilisation de la Grèce.
(1) Mémoire sur la Danse candiote, farandole des Provençaux j par H. Diouloufel, et Tacadémie d*Aix.
^2) Itinéraire de Paris d JérusaUm, tMne II ^ page SI.