‹ Statistique du département de la DromeChapitre 80 sur 234 · GARANCE · texte numérisé non relu

GARANCE

Cest chez nos voisins de Vaucluse qae commença, dans le midi de la France, vers Tannée 1768, la culture de la garance.

Les premiers cultivateurs qui s^ livrèrent eurent singulièrement à lutter contre les préjugés et Fesprit de routine; mais des succès croissans, des produits considérables et presque toujours certains, finirent par convaincre les plus incrédules et par triompher de toutes les difficultés. Bientôt on cultiva la garance à Tenvi dans toutes les terres du Comtat. Depuis lors, elle n^a cessé d^être une source de rîcHessê pour ce pays. Sa garance est recherchée par toutes nos villes de manufactures à Fégal de celle da Smyme.

Pendant la guerre maritime , qui avait fermé nos ports aux denrées coloniales, cette culture a donné au département de Vaucluse des sommes très-considérables. La garance se vendait alors jusqu'à 100 francs les 40 j kilogrammes faisant un quitital de Fancien poids , et quoique le prix en soit réduit aujourd'hui à 25 francs, c'est encore un produit supérieur à celui de presque tous les autres genres de culture.

Ces avantages ont excité Fattention des habitans des arrondissemens de Montélimar et de Nyons : la culture de la garance y est introduite depuis plusieurs années, et déjà cette plante s'y fait remarquer, autant par Fexcellente qualité de ses produits, que par laiwce de sa végétation.

Cest un progrès qu'il importe de constater , et dont diverses causes doirexU accélérer le développement. D'abord, le prix de la main-d'œuvre sera long-temps eiicore moins élevé dans la Drome que dans Vaucluse ; ensuite, de même que dans ces contrées-ci les meilleures terres semblent se lasser de produire de la luzerne depuis trente et quarante ans , on s^aperçoit dans Fancien Comtat que les champs les plus propres à la culture de la garance, et qui lui ont été plusieurs fois consacrés , ne fournissent plus d'aussi abondans produits. Tout tend donc à propager cette culture dans le départemenl de la Drome , où elle ne saurait manquer d'être pendant long-temps une source de prospérité.

La garance réussit très-bien dans les terres douces, légères, humides

en-dessous, dans de bonnes terres sablonneuses sur un fond de glaise, quelquefois dans une terre assez sèche, améliorée avec de bon fumier. La terre doit être remuée à une grande profondeur , purgée de chiendent et rendue très-meuble. Pour cela, les cultures au lochet et à la bêche sont, k ce qu^il parait, les seules juraticables. Cest aussi avec le lochet qu^on arrache la plante, puisqu^il faut creuser à 5 ou 6 décimètres (de 18 à 20 pouces) de profondeur. M. de Pazzis, dans sa Statistique de Vcaiclusej dit que des cultivateurs de ce département avaient essayé d^employer la charrue pour cette culture, mais qu'ails furent obligés d^ renoncer.

La garance se sème en mars ou en avril , et pour avoir des racines plus ' grosses , plus pesantes , de meilleure quiilité et d^un plus haut prix , on ne

doit Tarracher qu^au bout de trois ans.

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