‹ Statistique du département de la DromeChapitre 79 sur 234 · FOURRAGES · texte numérisé non relu

FOURRAGES

Lès tableaux dffldéis portent à ^2,000 hectares Pétendue des pra/rfes naturelles, dont 5, "000 i^ont sonmîs à Ftrrigatîon. La plupart des prairies qui ne sont point arrosées ne produisent qu?une coupe d^àsseK mauvais foin , encore feut-fl les fumer souvent ; celles , au contraire , qui sont à Tarrosage 'donnent totljouri deux coupes , et même trois dans quelques localités.

Lff 'proddctîon des pi'afrîes arrosables dépend de la nature du sol et de la qualité des eaux. ï^rmi celles qui sont réputées les itieilleures , les eaux de source, qui ne gèlent jamais , tiennent le premier rang. Il est aussi qudques rivières dont les eaux limoneuses portent la fécondité partout ou Findustrie est parvenue à les diriger et à les répandre. . i

Quant aux prairies artificielles , elles ont pris un griuid aecroissement ^ et opéré la plus -utile révolution dans Fagricultiu-e de' quelqifes cantons.

^eiUCULT€fUS. 329

Cependant, telle est la fprce 4es préjugés et des jbabiCudes^ que^ malgré les avantages immeùses que présente la cukure de ces fourrages, quarante années n^ont pas suffi, pour la généraliser dans ce département. Il est encore des contrées où elle est peu en usage : j.e citerai particulièrement Tarrondissement de Nyons , qui a pourtant de belles carrières de plâtre en, pleine fôqiloitation , d'où les propriétaires peuvent tirer à vil prix. cet iitile etigrais^. A pwt ces exceptions , la luzerne , le sainfoin ou esparcette ^le trèfle et l^s vesces, sont cultivés en grand partout ou le plâtre a été introduit : ils réussissent plus ou moins , suivant la qualité du sol et le plus ou moins^ d'humidité de l'atmosphère.

La luzerne est de tous les fourrages artificiels le plus andennemekit connu dans le département, mais la culture en était très^bornée^ op n'y consacrait que quelque partie des- meilleures terres du domaine autour des bàtimeofi d'exploitation. On couvrait ce fonds presque tous Içs ans de fumier, et il devenait une prairie éternelle. Cest M. Dedelay-^'Agier qui, par se$ écrits^ son exemple et d'heureux essais , a le plu^ pui&saonnent contribué à en éjtendre la culture : il a mérité par là d'être ;nis au rang d^s bienfaiteurs de,^iQA pays. La luzerne est, sans contredit, la plus précieuse des plan tes j^u/^ro^ére» cultivées dans la Drome , soit à raison de l'abondance de ses produits , soit par rapport au débit avantageux qu'en procure le halage du Hhône, dont les chevaux ne consomment presque pas d'autre foin.-

Elle exige un tm:ain qui ait du fond; elle réussit admirablement, nonseulement dans- une terre frandie et substantielle ^ mais encore dans un sol léger et dans des terrains graveleux qui auparavant étaient presque sans produit. On la sème à la fin de février et au commencement de mars sur les blés , mais mieux et plus souvent avec des grains de printemps , qu'on sème plus clair et sur un sol ameubli par les labours d'hivep. D'ordinaire, elle ne commence à donner que la seconde année, et végète ensuite avec force dans les terrains qui lui sont propres , pendant plus ou moins de temps ^ suivant la profondeur et la nature du sol , et en raison inverse du progrès que font ses raciines. On la fauche toujours trois fois , et même quatre dans les terres légèrement humides , ou dans les années pluvieiajs^. Quoiqu'elle résiste mieux que les autres fourrages aux sécheresses de l'ét^ , cjyies influQitt pourtant sur l'abondance de ses iOoupes< lie terosue mo^en de ^1 durée est de quatre à di{i anst^ , A3

330 eflAFITRE IT.

Le sainfoin n^est pas dW aussi grand prpduit On le sème indifféremm^it arec ks blés d'automne, on sur ces blés au jn^ntemps , ou bien encore dans des grains trémois. Il est en plein rapport dès la seconde année; il se fauche rarement deux fois par an , et quoique dans certaines terres il puisse prospérer pendant plusieurs années , au bout de deux ans pn le remplace ordIk)alrement par une récolte en grains, qui est presque toujours abondante. Il a le mérite d'être de tous les fourrages le plus sain et le plus substantid. Il lui faut un terrain profond, qui ne soit ni hun^ide, ni sablonneux; mais il s'accommoda fort bien de terres maigres et sèches, dans lesquelles les autres fourrages ne feraient que languir , et qui n'ont été mises en rapport qu'à Taide de cette utile plante.

Le trèfle est une planta bisannuelle , qui n^exige pas un sol aussi profond qtte la luzerne et le sainfoin : il réussit dans les terrains légers, sablonneux ou graveleux , comme dans les terres fortes et argileuses. On le sème sur les blés à la fin de février ou au commencement de mars, et il occupe le ' terraid pendant l'année de repos. On le fauche quelquefois dès la première âtttYiééi, et dans la suivante il fournit deux coupes plus ou moins abondantes <» stiivant la fréquence des pluies.

Le plfitre e^t , poin* ces trois espèces de prairies , Pengrais le plus actif et le plus efficace. Dans IVirondissement de Valence, on le tire en poudre, par l'Isère , de^ carrières de Vizille , et de Châlons , par la Saône et le Rhône. Lorsqu'il est bien pulvérisé , et qu'il n^a pas éprouvé d'avarie , on le répand communément dans la proportion de 4 à 5 quintaux métriques par hectare. Cette opération a lieu après la moisson ou au printemps qui suit, et il est des propriéttiires qui la renouvellent plus d'une fois pour la luzerne dans l'intervalk de sa durée.

La Vesce se sème dans un terrain bien ameubli, rarement sans Aimer, et quoiqu'elle offre moins de ressources que les autres prairies artificielles dont je nens de parler , .elle peut cependant faire partie d'un bon système d^assolement, ou occuper des terres (pii , ayant peu de fond, sont peu propres à la culture des fourrages à racines pivotantes. L'espèce connue sous le nom de garousse hivernale est celle qu^on préfère assez généralement. Semée à la fin d'août ou au commencement de septembre, elle talle ayant l'hiver, el fournit , pendant les mois de mars et d'avril , un exceUfent pâturage pour les pochons, sans diminution bien sensible dans le produit de la coupe.

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Mais une plante qui est entrée; avec avantagé plus récemment encore dans la nomenclature de nos prairies artificielles, par la grande quantité dei/etuilles qui «ervent en été à la nourriture des bestiaux , et par les racines qui les nourrissent aussi en hiver» c^est la betterave .de la grosse espèce 9, OOnnue sous le nom de racine de dùeUe. On eâ doit rintroducliotk dans ce département à M. Rigaud-de-FIsle , et les résultats que présente déjà la culture de cette plante dans les cantons de Valence , de Loriol et de Crest , , sont bien faits pour la recommander à tous les cultivateurs. Elle demande , il est vrai j un terrain préparé par un labour profond , bîeii ameubli et bien fumé , mais on est amplement dédommagé par lesr produits, et si- ^lle n^a pas^ comme la pomme de terre , Favantage de servir À la nouoriture habituelle de rhomme , elle est un aliment d'hantant plus précieux pour les bestiaux , qu^elle est du goût de tous. Dans un sol convenable, et toutes choses d^aiUeurs^ égales, un champ semé en disette fournira infiniment plitis* de substance nutritive pour les bestiaux qu^un champ semé en pommes de terre , et comme la racine e3t pivotante ^ elle s^allie bien mieux aussi à la culture des céréales. On la sème à la fin de mars ou au commencement d^avril. Le terrain étant bien préparé , on y répand le fumier , qu^on enterre à la charrue. Cette opération faite, un ouvrier place le fruit eu capsule qui enferme la graine dans les sillons, à 18 oti 20. pouces d^intervalle (dans tous les sens , ayant soin d^exL répandre deux ou trois à chaque place. Un autre ouvrier suit, qui recouvre la graine au rateau« LorsquVUe est bien levée, on arrache les plantes surabondantes , et Ton dultive à la pioche aussi souvent qu^il le faut pour détruire les herbes parasites. On peut cultiver aussi à la petite charrue, lorsque la plante est un peu grosse, ce qui esC plus économique. On cueiUe la feuille depuis la fin de juin jusqu^à Tentréé de Thiver , où Ton récolte les racines pour les mettre en serre. Lorsqu^dles y sont rangées et à Fabri de la gelée , on j>eut les conserva jusqu^au mois de mai. Un hectare de terrain ainsi cultivé donne communément de 200 à 300 quintaux métriques de racines, et Fon peut évaluer à. un poids égal le produit de la feuille cotisommée en vert paidant la durée de sa végétation.

On. emploie la disette , concurremment avec la pomme de terre , pour engraisser les porcs% On la coi;^ en tranches pour la donner aux vaches, qui la mangent crue ou cuite avec la même avidité. On peut au$$î eo* nourrir les brebis et les bestiaux ù. ^abour*

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Pour avoir de bonne graine , on choisit les plus belles racines , ip'on transplante au mois de mars dans un sol bien préparé. Lontfsit la pbnte ,edt en fleur, on donne des tuteurs à la tige : eUe produit beaucoop^et une dizaine de racines , si elles ne sont pas attaquées par le midot ou b musaraigne , qui en sont très-friands, fournissent plus de graine ^^iln^a iàut pour ensemencer un hectare. Cest , au reste , une des plantes dont il est le plus convenable de renouveler souvent la grame , parce ({rfcHi s^abâtardit facilement par le voisinage des antres betteraves.

On fait entrer encore dans les exploitations la culture de la citrouille, des ra^^ et du rai tort Ce dernier se sème quelquefois en juillet avec le sirmiii, iCt sert de nourritune aux vaches.

La culture de la carotte s'est récemment introduite dans quelques localila; il serait bien désirable quelle prK de Fextension , car c'est un excdert fourrage, et icel«i de tous qui donne le plus de produit dans les terres <p lui sont propres^

La paille sert ausai presque partout à la nourriture des bestiaux , et f» ^emploie également à celle des porcs et du menu bétail , pendant rbiTer,la litière des vers-à-6oie et la feuOle des arbres.

On cuetiUe en automne la feuille du mûrier, de la vigne, du cerisier et de f ormeav , qu'on entasse , lorsqu'elle est sèche , dans les greniers. Le sa»le, le peuplier , Taune , sent couronnés tous les quatre ou cinq ans , ayant la jChute de leurs feuilles , qui servent à nourrir les ti*oupeaux à la bergerie* La plupart des taillis sont exploités à Ja même époque , et servent au mem« objet

11 ne serait peut-être pas sans intérêt pour ce département ëe toir sj introduire l'usage depuis long-temps pratiqué en Italie pour la conservauo« des feuilles. Voici ce qu'on lit à cet égard dans un ouvrage de ïanp Jean Simond , professeur à Cambridge :

« Pour conserver , dît-il , la fraîcheur et la verdure des feuilles , «^ ** » cueille yers la fin de septembre ou au commencement d'octobre , à ft^ » où la chaleur jest la plus forte. On les étend très-mince sur le pavé ; on tej > laisse trois ou quatre heures^ après quoi on les met dans des tonneaux i en » les pressant autant que possible ; on les couvre ensuite de sable. Q^^^ ^^ » fin M ôté la quantité nécessaire, on rebouche immédiatement les tonneaux,

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» de peur que Fair ne pénètre les feuilles , et , par cette méthode , elles se » conservent vertes et tendres pendant tout Fhiver. Dans quelques parties » de ritalie , les paysans les enterrent dans un trou , les couvrent ^e paille , ^> et mettent par-dessus de Fargile ou du sable. Ces deux méthodes sont # également bonnes. »

On évalue à 5,000 hectares environ féteochte qu^occopent, année corn* mune , les prairies artificielles.

£n i814, on a calculé que la récolte avait donné, savoir :

Qointam idètiiqucf.

Les prairies naturelles soumises à Firrigation . 214,000

Les prairies naturelles non arrosées 190,000

Les prairies artificielles^ 239,000

Les racines , telles que betteraves , raves , carottes , etc. • • • 20,000 La paille de fi*oment, seigle et avoine, destinée à la nourriture

du bétaa 649,000

Total de la récolte, non compris Favoine ni la feuille. • • 1 ,312,000 La consommation fut évaluée à » • . « 1 ,339,000

D'où résultait un déficit de 27,000

Mais ces sortes de calculs sont toujours fort difficiles et ordinairement peu exacts , et malgré la consommation assez considérable qui se Êiit pour la grande route et pour le halage , on estime qu'^année commune le départe ment récolte assez de foin pour sa consommation. Cependant, comme il est borné à Fouest sur toute sa longueur, non-seulement par le Rhône, mais «icore par les montagnes de FArdèche , qui sont très-rapprochés et bordent en quelque sorte le fleuve , et qu^on ne peut guère non plus , à raison de la difficulté des transports , tirer des foins des montagnes au levant , la consommation des chevaux de passage entretient toujours les fourrages à nn prix assez élevé dans les parties que traverse la route.

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