CHAPITRE IV. — LES EAUX. BASSIN d'aRCACHON
autres travaux, sont encore à l'état de projet dans les cartons de l'Administration, quoiqu'ils aient été plusieurs fois approuvés.
En attendant, depuis plusieurs années, la rive du bassin d'Arcachon est fortement attaquée dans la partie voisine de la chapelle Notre-Dame d'Arcaclion, partie qui n'est pas comprise dans le projet signalé plus haut. •
Ces érosions inquiètent beaucoup les propriétaires des maisons qui bordent cette partie de la plage. Ils exécutent des travaux de défense consistant généralement en murs de quai ou perrés qui ne produisent qu'un effet momentané parce que la plage va toujours en s'abaissant. Ces propriétaires, ayant demandé le concours de l'État dès ISTS, les ingénieurs avaient dressé un projet dont une partie fut immédiatement approuvée. Trois épis furent construits et coûtèrent 18,000 fr. Depuis 1873, on a dépensé en outre à peu près 10,000 fr. par an pour les études.
Le projet présenté en avril 1874, par les ingénieurs, consiste en un cordon longitudinal d'enrochements, placé à 10 m. au-dessous de l'étiage et relié à l'estran par d'autres cordons qui s'arrêteraient à la cote — 4,00. Ces travaux devraient être complétas plus tard par d'autres qui seraient déterminés par l'étude des résultats produits par les premiers. La dépense estéyaluéeà 360,000 fr.
Une décision ministérielle du 9 juin 1874 a fait observer que ces travaux n'intéressaient que les propriétaires riverains, et qu'il y avait lieu de les inviter à se constituer en syndicat et que l'État pourrait leur accorder une subvention égale au tiers de la dépense dans la limite d'une somme fixe à déterminer ultérieurement.
Les propriétaires se sont réunis plusieurs fois en vue de constituer ce i'yndieat.
Ports du bassin d'Arcaohon.
Port de la Teste, situé sur 3<^'26'' de longitude occidentale et 44*>38'24' de latitude nord.
Ce port reçoit les eaux d'une craste ou ruisseau d'eau douce venant des terres, mais son vohmie d'eau est insuffisant pour produire la chasse et maintenir une certaine profondeur d'eau dans le port*, qui forme une sorte de bi^ie où on arrive du bassin par le petit chenal dit de la Cantlette en se dirigeant au point d'échouage. Les chasse-marées ne peuvent y entrer ou en sortir que par les marées de syzygies; aussi, pendant les mortes eaux, le port n'est accessible qu'aux petites embarcations et aux bateaux plats qui s'échouent à la cote 1 m. 20 c. au-dessus des basses mers, en profitant des pleines mers.
Le Port d'échouage de la Teste, situé sur les bords du bassin d'Arcachon, perdu au milieu des landes au commencement de ce siècle, sans voie de communication avec Bordeaux, servait de refuge aux navires poussés par la tempête dans le golfe de Gascogne et qui osaient braver les passes dangereuses et non balisées de l'entrée du bassin.
En 1823, son commerce maritime était desservi par dix-sept chaloupes PD ehasse-marees pour l'exportation des résines, goudron et bois de
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construction, et Timportation des grains, du beurre, des tissus et des poteries communes. La pêche était faite par treize pinasses, montées chacune par onze hommes d^équipage.
Le produit de cette pêche ne pouvant pas s'exporter facilement, ne donnait à cette époque aux marins qu'une existence précaire.
En 1840, •rétablissement du chemin de fer de Bordeaux à la Teste ajnélîora considérablement la situation des habitants de cette localité.
Le petit port de la Teste, qui avait toujours consisté en une plage sablonneuse, découverte pendant les basses mers et où les navires d'un petit tonnage échouaient pour que des charrettes puissent arriver à côté d'eux et les décharger, fut amélioré à cette même époque, 1840, par la création d'un petit chenal de 5 m. de largeur au plafond, qui facilita le chargement et le déchargement des petits bateaux et surtout l'embarquement'des promeneurs amenés à la Teste par le chemin de fer.
En 1852, l'administration améliora le petit chenal de la Teste en portant à 10 m. sa largeur au plafond et en faisant construire une levée latérale de 900 m. de longueur pour favoriser le déchargement des petits navires.
En 1857, une darse fut creusée près la gare du chemin de fer pour favoriser le débarquement des produits de la pêche. Le développement de la pêche fut favorisé en 1852 par l'établissement de trois bouées placées dans les passes extérieures. Ces bouées furent plus tard multipliées dans les passes extérieures et intérieures, et on en compte aujourd'hui seize à l'entrée du bassin d'Arcachon.
Depuis cette époque, le port de la Teste a été souvent confondu avec celui de la nouvelle cité d'Arcachon, à laquelle le chemin de fer a donné naissance.
Dès 1872, la pêche en mer occupait 4 bateaux à vapeur, 18 chaloupes, 2 cotres et environ 150 tilloles qui vont en mer chercher la sardine pour l'exportation, connue sous le nom de royan.
Malheureusement le port de la Teste s'envase tous les jours davantage et ne sera bientôt plus accessible qu'aux petites embarcations, si l'on n'organise pas un système de chasse énergique. Son mouvement commercial, qui était en 1869 de 6,522 tonn., est tombé en 1874 à 1,87B tonn.
Port de Mestras, situé sur la rive S. du bassin d'Arcachon, consiste seulement dans un chenal avec gare de stationnement et bassin de retenue situés près de l'ancienne gare de Mestras.
Ce port n'est fréquenté que par de petites embarcations, et sert seulement à amener les produits de la pêche du bassin d'Arcachon au chemin de fer de la Teste.
L'Administration étudie actuellement un projet tendant à continuer les travaux de ce port et à ajouter im embranchement qui relierait le chenal avec celui de Larros et ferait arriver ainsi les produits du bassin à la nouvelle station de Gujan-Mestras.
Port d'Ares, situé au N. du bassin d'Arcachon. Il ne présentait avant 1862 aucun ouvrage destiné à faciliter les mouvements de Im