S IV. — ORAGES ET GRÊLES
Les observations d'orages, longtemps négligées, n'ont été organisées d'une manière systématique que depuis 1864. Des commissions départementales reçoivent les observations faites par les instituteurs et tracent à l'aide de ces observations la marche de chaque orage sur des cartes imprimées à une même échelle. En rapprochant ces cartes, l'Observatoire de Paris construit à son tour un Atlas général des orages.
Dès les premiers mois, des découvertes importantes ont été faites sur le caractère général de ce phénomène. On a reconnu que les orages n'étaient presque jamais un phénomène local, et qu'ils arrivaient tout formés de l'Océan. Un peu plus tard, on a constaté que les nuages orageux faisaient toujours partie d'un tourbillm peu déprimé et d'un rayon plus court que les cyclones d'hiver; ces nuages sont invariablement placés dans la partie moyenne de la région dangereuse du tourbillon.
Un exemple local nous fera mieux comprendre. Supposons un centre de dépression sur la Vendée. Le baromètre est a 755 millim. à la Rochesur- Yon. A partir de là, supposons qu'il s'élève progressivement dans toutes les directions de manière à atteindre 758 millim. à Bordeaux et 760 à Pau. Le cercle décrit de la Roche-sur- Yon, comme centre et la distance de cette ville à Pau comme rayon, constitue un tourbillon. Un tel tourbillon se transporte presque toujours vers l'E., en même temps qu'il tourne autour de son centre en sens contraire des aiguilles d^une montre. Presque toujours alors, du moins en été, un orage passe sur Bordeaux et sur tous les points situés à la même distance du centre du tourbillon.
Les tourbillons qui agissent sur nos contrées, étant presque toujours enclavés entre les Pyrénées et le plateau central, il en résulte que presque tous les forts orages vont de l'O. à l'E., ou plus souvent encore du S.-O. au N.-E.
Quant à la grêle, on ne connaît pas bien encore les causes qui la produisent, mais elle ne se forme habituellement qu'à une certaine distance de la mer. Les nuages qui la portent dans leur sein font toujours partie d'un orage plus étendu. Il semble qu'ils n'atteignent