LIVRE II. — MÉTÉOROLOGIE
ce.-ssàrent pas d'être visibles entre les jets lumineux. Un vent faible soufflait du N.-E. Le baromètre était à 24 pouces 4 lignes.
Le 8 du même mois, le phénomène reparut à 8 h. du soir, à peu près avec les mêmes particularités. 8;iulement le sej^eat obscur était moins grand et les jets lumineux moins prolongés. Insensiblement le segment s'elTaça; il ne parut plu^ ensuite dans le ciel qu'une lumière aussi vive que celle de la lune dans son plein. Pendant la durée du phénomène, on vit des éclairs dans le S., et da tous les côtés beaucoup de ces météores que le peuple appelle étoiles volantes. Le vent soufflait im peu aa N. Le baromètre indiquait 28 pouces 4 lignes.
Autre aurore boréale, observée le 3 février 1*750 k Quinsac, à 15 kilom. au S.-S.-E. de Bordeaux. Après 6 h. du soir, il parut une grande clarté dans les cieux, et Ton remarqua du côté du N. les phénomènes suivants: riiorizon septentrional était occupé par un segment de cercle obscur, de couleur grisfitre, dont le milieu déclinait vers le nord et se portait davantage vers le N.-O. Quelques y&peurs à Thorizon faisaient paraître ce segment mal terminé. Le sommet de l'arc s'élevait d'environ 16°; il était surmonté d'une bande lumineuse, concentrique au segment, large de 15^, blanche, éclatante, permettant cependant de distinguer les étoiles de troisième grandeur. Cette bande s'augmenta en tous sens depuis 6 h. V, jusqu'à 8 h. du soir; elle s'étendait de l'O.-N.-O. à l'E.-S.-E., et s'élevait jusqu'à l'étoile polaire ; ce fut sa plus grande amplitude.
Aux deux extrémités, depuis 6 h. ^j\ jusqu'à 8 h., parurent deux grands nuages couleur de feu; l'un à TO.-N.-O., mal terminé, avec un étranglement au milieu, était élevé d'environ 30° au-dessus de Phorizon; l'autre, à l'E.-N.-E., ne s'élevait pas à plus de 25®; sa couleur était plus foncée; il avait la forme d'un grand cône. Ces deux nuages s'affaiblissaient et reprenaient alternativement leur première vivacité. Un grand nombre de traits enffammés, les uns couleur de feu, les autres jaune clair, formaient autant de pyramides brillantes appuyées sur la bande lumineuse ; elles la couronnaient sur tout son développement, lui prêtant ainsi quelque ressemblance avec cette figure à laquelle les peintres ont donné le nom de gloire. Le phénomène n'offrit cette particularité que depuis 6 h. 30 jusqu'à 6 h. 50. A 8 h., il ne restait que le segment obscur et la bande lumineuse, qui s'affaiblirent peu à peu et s'évanouirent enfin à 10 h.
Le vent était faible; il soufflait du S.-E. Le baromètre indiquait 28 pouces 4 lignes (').
De 1750, nous devons arriver à 1872 pour trouver une aurore boréale remarquable durant ce long espace de temps; diverses aurores ont été remarquées, mais aucune n'a donné lieu à une description détaillée. Pour cett3 dernière aurore du 4 février 1872, nous empruntons au BalUtiu tie V Association sckntijlqiie de France la description très-exacte de M. Liespiault, professeur d'astronomie à la Faculté des sciences de Bordeaux.
(*i Lo^ (J3UX premières do rc nliscrvalions son! do M. Sarrau (Jonmal mamutcrif) ; la troijiù:uu usl du M. Lluiiubuut [MitHOirt mauttserit).