‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 158 sur 701 · RÈGNE VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

RÈGNE VÉGÉTAL

Par suite de la grande diversité de ses terrains, de leur exposition et de leur constitution géologique, le département de la Gironde a une flore très- ri elle et très- variée.

Notre littoral maritime, nos vastes étangs, nos landes et leur sol siliceux, nos marais et les tourbes qui les environnent, le sol alluvial de nos fertiles vallées, les collines graveleuses et les coteaux calcaires entre lesquels elles serpentent, ont tous, pour ainsi dire, leur flore particulière. A la vérité, plusieurs végétaux sont communs à ces difl^rents sites; mais chacun d^eux a des plantes qui lui sont propre.s et qn^on chercherait vainement dans les autres.

D^autrea causes ajoutent encore k cette variété^

CHâPITRB II. -*^ RÊONB VEaSTAL. 237

Sur leâ rampes et les escarpements des coteaux qui bordent la rive droite de la Garonne, le sol, plus expose aux regards du soleil, voit fleurir quelques plantes qui demandent ordinairement le ciel du Languedoc et de la Provence. D'un autre côté, les débordements de la Garonne ont enrichi nos vallées d'une foule de végétaux propres aux départements plus méridionaux.

Une flore si nombreuse et si belle a souvent été un objet d'étude pour plusieurs botanistes distingués : MM. Bosc, Th.' Delbos, des Moulins, J.-P. Latterade, G. Lespinasse, de Saint-Âmans, Thore et autres qui ont exploré nos campagnes. Le cadre de notre ouvrage ne nous permettant pas d'y faire entrer une flore de la Gironde, qui formerait à elle seule un as^ez gros volume, nous renvoyons nos lecteurs aux travaux importants qui ont été déjà publiés par de savants botanistes.

Avant d'entrer dans la nomenclature des principaux travaux publiés sur la flore de la Gironde, nous reproduisons le travail suivant, dû à M. Joseph Delbos et extrait de la thèse citée page 232.

« Les stations végétales ne sont pas susceptibles d'être classées avec une exactitude parfaitement rigoureuse ; elles ne sont que rarement bien délimitées et se confondent souvent vers leurs limites pour passer par gradation aux stations voisines. D'un autre côté, si quelques plantes paraissent exiger des stations spéciales et S3nt par cela même caractéristiques, la majeure partie peuvent se retrouver dans deux ou plusieurs stations, et quelques-unes mC^me ont reçu, à cause de cette indiflérence, le nom (Tuàiquistes, Cependant, la considération des stations est d'un haut intérêt dans toute étude locale, et il est certain qu'elles possèdent des caractères très- appréciables dans l'ensemble et l'aspect général de leur végétation, par suite de la présence des espèces qui leur sont particulières d'abord, puis par suite de l'abondance de celles qui, sans être exclusives, ont pour elles une préférence bien marquée.

» Dans l'examen que nous allons faire des différentes stations qui nous sont offertes par notre champ d'études, nous nous appliquerons, autant que nous le pourrons, à caractériser chacune d'elles en mettant en évidence ses traits botaniques les plus saillants. Nous aurons à tenir compte ainsi des plantas spéciales, des plantes non exclusives mais préférentes, enfln de celles qui, n'accompagnant pas toujours les stations qui leur conviennent, ne sauraient vivre ailleurs, et sont par cela même caractéristiques. Ainsi, lorsqu'on rencontrera quelque part une des caractéristiqu3S ou directrices da no? stations, on pourra s'attendre à la voir ac2ompagnée de la plupart des plantes énumérées dans la station à laquelle elle appartient.

9 Dans les listes qui vont suivre, nous ne mentionnerons que les phanérogames et les cryptogames vasculaires. Afin de ne pas augmenter la longueur de ce travail, nous ne donnerons les noms d'auteurs que quand la nécessité l'exigera. Il nous suffira de prévenir que les espèces

indiquées sont telles qu'elles ont été définies par MM. Grenier et Godron, pour la partie de la More de France qui a paru (les deux premiers volumes), et par Koch dans son Synopsis, pour les autres. Nous renvoyons donc à ces deux ouvrages pour la synonymie.

» Envisagée au point de vue stationnel, la flore de notre région peut être partagée en deux groupes : celui de la région maritime, et celui de la région qu'on psut appeler continentale.

p 1® REGION MARITIME. — Nous comprcuons sous ce nom cette bande étroite qui s'étend le long de l'Océan, en lui réunissant les dunes, qui établissent souvent une transition à la flore continentale. Nous porterons aussi nos observations dans le département de la Charente-Inférieure (sur la rive droite de la Gironde et au delà de l'embouchure de ce fleuve), en suivant la côte jusqu'à l'origine des marais salés de la Tremblade et de Marennes.

» P Eaux salées. — Elles ne renferment qu'un très-petit nombre de phanérogames, toutes monocotylédonées. Les grandes étendues d'eau, telles que le ba/>.sin d'Arcachon, ne nourrissent que le zostera marina. Les canaux dans lesquels l'eau est à peine agitée, comme les réservoirs à poissons, sont caractérisés par les ruppia spiralis (Gay), et R. rostella. Enfin, les eaux saumfitres ne produisent qu'un très-petit nombre d'espèces caractéristiques, telles que Scirpus parvulus, mêlées à des espèces des eaux douces ordinaires.

» 2° Prés salés. — De toutes les stations de la zone qui nous occupe, celle-ci est, après la précédente, celle qui est le plus essentiellement maritime, puisqu'elle est ordinairement inondée deux fois par jour par le flux. Vers ses limites supérieures, elle passe presque toujours à d'autres stations par nuances graduées. Le sol des prés salés est vaseux, ductile.

» Â. Les plantes qui les caractérisent le mieux sont les suivantes :

Tamarix anglica.

Aster tripolium.

Sonchus marilimus.

Glaux Diariliîna.

Sialice linionium.

Planiago inarilima.

Salicornia herhacea.

Chcfiopodium mahtimum.

Triglochin maritimum.

Jwunis marilimus.

Scirpus savii (St^bast. et Maur).

Agrostis inarilima (Lam).

» B. Les espèces suivantes sont moins répandues, quoique abondantes et quelques-unes même sociales (*).

Trigonella ornilkopodioides. Armeria inarilima.

Erylhrea spicata. Carex exlensa.

— talifolia. Sparlini slricta.

Slalice Dubyei.

» C . Quelques espèces sont communes à cette station et aux suivantes :

Armeria marilima. A triplex porlulacoides. ^

Inula c/iritmoides. Polypogon monspelie isis.

Frankenia lœvis.

(1) Nous prenons, comme M. TUurmann, los mots répandu, disséminé, rare, dans le sons Textension de surface ou de faire d'une espèce. Los mots abondant et distant %ou\ pris duos

do

ine espèce. Los mots abondant et distant sont pris du ie sens de la quantité des individus.

» D. Eniio, quelques espèces, qui ne sont point maritimes à proprement parler, se retrouvent dans les prés salés, souvent en abondance.

Carex divisa, 1 Scirpus maritimus.

Samolus VaUrandi. \

p 3<* Sadles maritimes, — Nous faisons une catégorie particulière des plages sablonneuses, parce qu'elles offrent une végétation un peu différente de celle des dunes. Il y a du reste un passage insensible de Tune à Tautre station.

» A. Espèce des sables maritimes :

Matthiola sinuata.

Cakile mariiima.

Glaucium luteum.

Ilonckeneja peploides.

Eryngium mariiimum.

» B. Espèces communes à d'autres stations maritimes :

Artemisia criihmifolia (D. G.).

Cynanchum acutum Trare).

Convolvului soldanelta.

AlripUx rosea.

Euphorbia paralias.

Triticum acutum.

— junceum.

Festuca uniglumis.

Galium arenarium.

Frankenia lœois.

Polygonum mariiimum.

» 4® Dunes blanches (^). — Elles offrent certaines modifications dans leur flore en raison de leur voisinage de la mer, de leur élévation, de leur fixité; mais nous ne pouvons tenir compte ici de tous ces faits de détail.

» A. Espèces particulières aux dunes blanches :

Silène ihorei.

Dianthus gallicus,

Astragalus taionensis.

Lotus corniculatus, v. crassifolius.

Diotis candidissima.

Lînaria thymifolia.

Festuca saoulicola (L. Duf.}* PfUeum arenarium.

Psamma are/uiria.

» B. Plante caractéristique, mais rare : Medicago marina.

» C. Plantes communes à d'autres stations maritimes. Ajoutez le groupe B. de la station précédente, à l'exception du Polygonum mariiimum, et en outre : ffieracium eriophorum, Carex trinervis (Degl.).

» D. Plantes communes à d'autres stations continentales :

Sinapis cheiranthus.

Herniaria glabra.

Ononis natrix.

Heiichrysum stœchas.

Vincetoxicum officinale.

Plantago arenaria.

Kxleria albescens.

Corynephorus canescens.

Carex arenaria.

» 5*^ Dunes ensemencées. — Elles forment ime transition à la végétation ordinaire des landes sablonneuses et des bois de pins. Elles n'ont guère d'autre plante spéciale que le Senedo lividus, très-disséminé et très-rare. Les vallons boisés compris entre les dunes renferment au voisinage de la mer, mais comme plantes peu répandues : Arhulus unedo et Hieracium eriophorum dans la Gironde, Daphne gnidium et Osiris alba, principalement dans la Charente-Inférieure.

» Les plantes suivantes sont communes à des stations continentales :

Cistus salvifolius.

Sarothamnus scoparius.

Hieracium umbetlatum.

Silène otites.

Senecio sylvaticus.

ii) Oa nomma oiasî des donos mobiles aoa fixées.

240 LIVRE m. PRODUITS NATURELS.

» 6® Leltes, — On nomme aii^i lés vallons qui séparent les dunes blanches ; ces vallons sont toujours hutnides dans leur fond, quelquefois marécageux. On passe ainsi df la végétation des dunes, d'une part à celle des marais des landes, de l'autre à celle des prés salés, lorsque les laites, au lieu de* former des bassins fermés, viennent déboucher dans la mer.

oi 'A. Plantes spéciales aux lettes :

Saginu nodosd.

Chlora iinperfoliala.

Erythrxa chloodes^ Poa ioliacea.

t> B. Plantes .spéciales, mais moins répandues :

Silène lœta.

Orchis palustris.

Euphorbia puhescens.

Lipàris LœselH.

» C. Dans les pirtios voisines de la mer, la plupart des plantes des prés salés (groupe 2), plus :

Crilhmnm manUmum. • 1 Salicornia friUîcosa

Schoberia f'ruiicwa. \ A triplex liUoralU.

» D. Plautesde.-» lettes qui se retrouvent dans des stations continentales :

Gtnisla nnqVira. - Serupiaa corJii/era.

Junciis tenann/a.

— cjpilatu.^.

Anagallis tcnella, Ptngxi icula lusilanica.

Scirpus /.oloscliœnus.

■ » 1^ nochers maritimes, — II n'en existe pas depuis l'embouchure de l'Adour jusqu'à celle de la Gironde. Ils forment de hautes falaises bizarrement découpées sur la rive droite de ce dernier fleuve, depuis Morfcagne jusqu'à Royan, et au delà, depuis Royan jusqu'à Saint-Palais sur Mer. Ils sont constitués par les roches calcaires des deux étages crétacés supérieurs, et à Saint-Palais par les calcaire^ tertiaires les plus inférieurs.

» La végétation des rochcre maritimes est peu spéciale ; le Statice dodartU paraît être la seule espèce qui leur soit propre. Le CrUàmum marUimuin y •est très-abondant. On y trouve toutes les plantes du groupe C. des prés salés, et, en outre, VEphedra dlstachya.

» A une très-faible distance de la mer, les rochers maritimes ne nourrissent presque plus que des plantts continentales, telles que Tetraçmioîobuê sUiquosus, DarycnUtm siifftuticosum, etc.

» 2*» RiGiON CONTINENTALE. — Nous avous VU la flore maritime présenter urt fades très-particulier et des stations généralement assez distinctes. Dans hi flore continentale, il est plus difficile de caractériser nettement cha(|ac station, par suite de la variété beaucoup plus g'raude que chacune d'elles peut offrir, et qui augmente, ain^i que nous aurons occasion de le constater, à mesure qu'elles deviennent plus sèches. CVst précisément cette variabilité qui nous révèle l'influence du sol, et que nous aurons à examiner dans la deuxième partie àq ce ti*avail. .

» Nous allons toutefois essayer de grouper les plante» de- la région continentale d*après leurs stations, ainsi que nous l'avons fait pour la zone maritime. On conçoit que nous devons nous borner à l'énumération

(ks espèces principales et en négliger beaucoup d'autres qui, tout en avant leur intérêt particulier, ne pourraient être mentionnées que dans notrayail beaucoup plus détaillé que celui-ci.

» 1° Saux courmite'i. — Les gmnds cours d'eau, comme la Garonne et la Dordogne, ne nourrissent point de plantes dans les parties inférieures de leurs cours. Les cours d'eau d'un moindre volume ont une végétation partout sensiblement identique, et forment par conséquent un ensemble stationnel très-bien défini.

» A. Les espèces suivantes semblent rechercher surtout les eaux à cours assez rapide :

Ranunculu$ fîuitans. 1 Potamogeton pectinatum.

— cxnosu$, I

> B. Plantes qui se retrouvent dans les eaux tranquilles ou à écoulement trèa-lent :

Nupharluleum.

Ceralophyllum demersum.

Naias major.

Scirpus lacustris.

Potamogeton lucens.

— crispum.

» 2^ Eaux tranquilles, — Leur végétation est plus variable et ou peut y établir des groupes distincts.

» Â. Plantes communes à toutes les eaux tranquilles :

Banuncu'us aguatîlis.

Jstiardia paîustris.

Callitriche stagnalis, Utricularia vulgaris.

Uydrocharis morsus-ramc.

Alistna plantago.

Sagitlaria sagiilœfolia.

Potamogeton natans.

— densum.

Lemna minor.

Typha latifolia.

— angustifotia. Glgceria fluitans.

» B. Plantes des grands fossés des marais. L'eau de ces fossés est tranquille, mais elle a souvent un écoulement lent :

Njfmphea alba, AiUphar luteuni.

Ceiatophyltum demersum.

Bippurîs vulgaris.

Piaias major.

Myriophyllum verticillatum.

Berulu angustifolia.

Helosciadium nodifloium.

OEnanlhe /islulosa.

OEnanthe phellandrimn.

JJoUonia paîustris.

Butomus umbellatus.

Sparganium ramosum.

— simplex.

Scirpus .lacustris.

Equisetuin palustre.

Salvinia natans..

» C. Les mares et les petits fossés d'eau dormante présentent, mais assez rarement, quelques-unes des espèces du groupe B. — Les suivantes paraissent les caractériser assez bien :

Ranunculus hederaceus.

— ololeucos.

— triparlitus.

Myriophyllu m a tternifloru m .

Helosciadium in u ndalum.

Galium débile.

Veronica anagallis.

Polygonum hydropipe r.

A Usina natans.

Scirpus paluslris.

— muUicaulis.

Car ex maxima.

» D faudrait ajouter à cette éniunération la flore encore peu connue des grands étangs d'eau douce qui se trouvent derrière la chaîne des dunes. Avec un certain nombre des espèces des grands fossés, on trouve dans

IG

quelques-uns de ce3 étangs le Lobelia Dortmanna et VTsœtes setacea, qui leur sont jusqu'à ce jour spéciaux.

» 3° Marais. — Nous avons cru devoir distinguer comme station les terrains détrempés, presque toujours inondés sous une faible épaisseur d'eau. Les marais passent souvent à l'état de tourbières, mais celles-ci paraissent plus propres aux sols sablonneux, tandis que les marais sont plus particuliers aux terrains d'alluvion. Ils se trouvent sur les bords des grandes rivières, Garonne et Dordogne. Certains cours d'eau secondaires, tels que la jalle de Blanquefort, donnent encore naissance à des marais.

» A. Plantes des marais :

lianunculus opfiiogloxsifolius.

— sceleraius.

Horipa amphibia, Sinapis nigra.

Uerastiu m a quaiicu m .

Hypericum telraplerum. Lotus major.

Lalhyrux palustris.

Potentilla anserinx.

Bidens tripartiti.

— cernua.

Eupatorium cannahinum.

Inul i dyssenterica.

Sonchu^ palustris.

Helminthia echioides.

Myosotis cxspitosa.

Lyslniachia vulgaris.

Scrophularia balbisii.

Stachys palustris.

Lycopus europœus.

Humex hydrolapathum.

Euphorbia palustris.

Salix alba.

— caprea.

Alisina plantago.

Juncus fuscus.

— olaucus.

— ïenageiia.

Typha latifolia.

— angustifolia.

Sparganium simplex.

— ramosum.

Cy parus fuscus.

Scirpus maritimus.

Carex divisa.

— stricla.

Panicum digitaria.

Agrostis canina.

Leersia oryzoides.

Arundo phragmiles.

Equisetum palustre.

— iimosum.

— telmateya.

» 6. Plantes communes aux marais et aux tourbières :

Ranunculus lingua.

Caltha palustris.

Sanguisorba officinalis.

Lytnrum hyssopifolia.

Galium palustre.

— uliginosum.

Cirsium anglicum.

A lisma ranuTiculoidcs .

Iris pseudo-acorus, Cyperus long us.

— flavescens.

Carex pseudo-cyperus, Polystichum thelypteris.

» 4° Bordi des eaux couraites. — Certaines plantes recherchent particulièrement les bords des grands cours d'eau, et viennent sur les vases molles de la Garonne et de la Dordogne. Nous citerons principalement :

Angeli''^ sylvestris.

Tussilago petasites.

Senecio aquaiicus.

Stachys palustris.

Salix triandra.

— pur pur ei.

Leucoium œslivum.

Juncus effusus.

Juncus glaucus.

Cyperus monti. Sctrpus triquetur.

— niaritimus.

Carex riparia.

— paludosa.

Arundo phragmiles.

» Et en outre, un certain nombre d'espèces des marais.

» 5° Tourbières spongieuses ou à SpAagnum. — Nous désignons sous ce nom, proposé par MM. Cosion et Germain, ces tourbières inondées, a sol tremblant et spongieux formé par un épais tapis de détritus végétaux et de

CHAP. II. — DES STATIONS BOTANIQUES DANS LA GIRONDE. 24i

Sphagnum qui ne végètent plus que par leur partie supérieure. Leur végétation est très-bien caractérisée et comprend beaucoup d'espèces spéciales. » À. Espèces spéciales aux tourbières spongieuses :

Drosera inter média.

— rotundifolia.

EloUes palustris.

Evilobium hirsutum.

îtydrocotyle vulgaris.

\alerianella dioica.

Galium boréale.

Myosotis palustris.

Pedicularis sylvatica.

Veronica scutellata.

Aîyrica gale.

Juncus supinxts.

Spiranthes xstivalis, hpipactis palustris.

Scnœnus albus.

— fuscus.

— nigricans.

Eriophorum angustifblium.

Narthecium ossifragum. Carex pulicaris.

— stellulata,

— panicea.

Lycopodium inunda tum .

» B. Caractéristiques, mais moins répandues : Ptychotis thorei. \ Erica mediterranea.

» C. Lorsque ces tourbières sont ombragées, la plupart des espèces précédentes disparaissent, mais on trouve :

Cladium mariscus.

Ckrysosplenium oppositofolium.

Cempanula hederacea.

Euphorbia dulcis.

Listera ovata.

Carex vaniculata.

— hiliguralis.

Osmunda regalis.

PolysticUum thelypteris.

— plix-mas.

Asplenium filix-fxmina.

» D. Les espèces suivantes se trouvent dans les tourbières spongieuses, mais elles supportent un sol moins aqueux et passent sur les sables tourbeux :

Bunium verticillatum.

Lobelia urens.

Erica ciliaris.

Geniiana pneumonanthe.

Anagallis tenella.

Carex ovalis.

— œderi.

— flava,

— punctata.

— panicea.

» E. Quelques espèces des tourbières se retrouvent dans d'autres stations (bois, prairies humides, etc.) :

Trifolium pateivt.

Primula grandiflora.

Veroniea montana.

Gumnadenfa conopsea.

Ptatanthera chlorantha.

Narcissus pseudo-narcissus.

» 6° Tourbières sèches ou sables tourbeuv, — Elles forment le passage des tourbières précédentes à certaines prairies, et on pourrait, dans beaucoup de cas, les désigner sous le nom de pelouses tourbeuses. Nous les prenons ici dans Tétat de nature; quand elles sont cultivées en prairies, elles pas^^ent dans une autre catégorie. Elles ont xm certain nombre de plantes propres ou au moins très-pré fé rentes.

> A. Plantes des tourbières sèches :

Polynala depressa.

Cardamine paroi/lora.

Viola lundi oiia.

Sagina ^ubulata.

Haaiold linoides, Genista anglica.

Jllecebrum verlicillatum.

Gnaphalium luteo-album.

Cicendia pu^illa.

— flUformis.

Salix repens.

l) ipkne cneorum.

Narcissus bulbocodium.

Ixii bulbo'odium.

Allium ericetorum (Thore).

Juncus pyginœus.

LIVUE III.

» B. En outre, toutes les plantes D de la station précédente. » C. On y voit encore quelques espèces appartenant à d'autres stations (bois, etc.) :

Erica scoporia.

Liex ninus.

Ulex Euvopœm, Serralula tincloria.

» 1^ Sables arides, — Les sables siliceux, purs et incohérents, non à rétat de pelouses, fournissent uns végétation particulière, qui est celle des landes proprement dites abandonnées à elles-mêmes. Mais ces sables passent insensiblement d'un côté aux pelouses, de l'autre aux tourbières.

x> A. Sables des landes arides

( islus umbellatus.

Asterocarpus Ulusii.

Tribulm terrestris.

Sisymbriwn sophia. Thiaspi arenarium (Jordan.) JiUcuîella lœoigala.

Potentilla splendeus.

Medicago Gerardi.

» mininia.

Plantago subulata.

■ arenaria.

Phyiolacca decandra.

Ttiesium humifusum.

Scilla autumnalis.

AUium paniculatum.

Carex arenaria.

Agrostis setacea.

Kœleria albescens.

Corynepfwrus canescens.

Fesluca Lacheimlii.

Avena sulcala.

» B. Les espèces suivantes, très-communes dans les sables purs, se retrouvent dans les bois de pins et les taillis sablonneux des Landes :

Cistus alussoides.

» sahifolixis.

Arenaria montana.

Sinapis cheirantus.

Teesaalia nudicaulis.

Erica cinerea.

Sedum re/lexum.

Sarothamnus scoparius.

Ornilhopus perpusillus.

■ ebradealus.

Lupinus reticu^xiius.

Llex nanus.

— europœiis.

Anihericum ptanifolium, Asphodeliis albus.

Aiefia Thorei,

» C. Les suivantes se retrouvent dans d'autres stations sablopneusesy pelouses ou terres cultivées :

Sihne portensis.

Sverguia pentandra.

Vicia Lailnjroidcs.

^ Uypochœns glabra.

» D. Les suivantes,

sablonneuses :

llerniaria glabra.

Asperula cgnancliica.

Galium verum. ^ Anilicmis inixla.

Linariajuncea.

Thymus serpyUum, Cynodon dacïylon.

Avena sir ig osa.

enfin, passent sur des stations différentes, non

Jasions monlana.

Linaria supina.

AgrosUs vulgaris.

Fesluca ciliala.

» 8® Pelouses naturelles. —L'influence du sol sur la végétation agit dans les pelouses avec toute son intensité, comme on en jugera par les listes suivantes.

» A. Plantes des pelouses sablonneuses :

Ranunculus paroifîorus.

Papauer aryetnone.

/ieiianthemum gullatum. Silène bicolor.

Dianlhus prolifer.

Menchia vrecla.

(Jer€ulium pumilum.

— semi-deca/u!rum.

CIIA.P. II. DES STATIONS B0TAXIQU33 DANS LA OlftONDE.

Fumaria Vaillanlii.

Pot'mtilUi xplendenx, Genista pilosa , Medicago Gerardi.

— minima.

Trifolium Perreymondi.

— scabrum.

Ornithopus saU'vus,

— eompressus,

— ebracteatm.

— perpusillus.

» B. Plantes des pelouses et des friches des terrains graveleux :

Phalaris phleoides»

Avena carryophyllea.

Vicia laihyroides.

Latkyrus angnlatus.

Uypoclmris ylabra.

Stachys arvensis.

Thymus serpyllum, Saloia verbenaca.

Thesium humifusum. Luzula campestris.

Avena caryophyllea.

Triodia dècumbens.

Dianthus prolifer.

Mœnckia erecta.

Potentilla araentea.

Medicaço oroicularis, Hieracmm auricula.

Verbascum ihapsi».

Prunella alba.

Chondrilla Juncea.

Andropogon ischcBmum.

Bromus mollis.

Hordeum maritimum.

Dorycnium su/fruticosum.

Trifolium angustifolium.

Juniperus communis, Carhna vulgaris.

» C. Plantes des pelouses des terrains argileux :

Nasturtium sylvestre.

Senebiera coronopus.

Potentilla auserina.

BupfUeurum tenuissimum .

» D. Plantes des pelouses

Anémone pulsatilla, Papaver nybridum.

Fumaria muralis.

— officinalis.

Diplotaxis muralis.

— viminea.

Iberis amara.

Hutckinsia petrcBa.

Poterium muricatum. Anthyllis vulneraria, Medicago orbicularis.

Hippocrepis comosa.

Seseli montanum.

Pimjfinella saxifraga.

Cirsium acaule.

Carduncellus mitissimus.

Tussilago farfara.

Spiranthes autumnalis.

Oarex glauca.

rocailleuses et des friches calcaires :

Carlina vulgaris.

Peucedanum cei'varia.

Globularia vulgaris.

Teucrium chamœdrys.

— montanum.

— botrys.

Stachys annua.

Ophrys myodes,

— pseudo-spéculum (D. G.) HelianÙiemum vulgare.

Linum tenuifolium.

Diantkus cartfiusianorum.

Inula montana.

AJuga chamœpitys.

Carex gynobasis.

» £. Les plantes suivantes n^ont pas de préférence bien marquée, à notre connaissance du moins. Il est rare cependant qu'elles se retrouvent dans les quatre stations précédentes indiiféremment :

Polygala vulgaris.

Arahis Thaliana, Cardamine hirsuta.

Draba verna.

— muralis.

Capsella buna-pasloris.

Dianthus prolifer.

Linum angu.st%foHum.

— catharticum.

Galium veruw..

Erigeron acre.

Beliis perennis.

Anthémis mixta.

Taraxacum officinale.

Thrincia hirta.

Jasione montana.

Myosotis hispida.

— versicolor.

Euphrasia officinalis.

Plantago major.

— lanceolata.

— coronopus.

Polygonum aviculare.

Carex prœcox.

* 9*^ Rochers, — On passe à la flore rupestre par celle des friches

rocailleuses (groupe 8 D.). Une grande partie des plantes de cette dernière station se retrouvent sur les rochers. Quelques-unes cependant sont spéciales à ceux-ci, comme quelques autres sont propres aux pelouses.

» Certains végétaux recherchent en effet les escarpements abruptes, les expositions apriques et YariàWy que les rochers seuls peuvent offrir.

Helleborus fœtidus.

Helianthemuîn vulgare.

Funiana procumbens .

lieseda p/iyteunia.

— lutea.

Polygala calcarea.

SiUne nutans.

Arabis Gerardi, Linum strictum.

Sedum micranthum.

tihamnus alaternus.

Rhus coriaria.

C9ntranthus ruber.

Centaurea aspera.

Cirsium eriophorum.

Leucantliemum corymbosum.

Heiichrysum stœchas.

Philiyrea siricta.

Luzula Forsteri.

Asplenium tricomanes.

Scolopendrium officinale.

Adianthum capillus-veneris.

» Les deux dernières, dans les parties ombragées, fraîches ou scaturigineuses.

» l(y^Bois. — Ils offrent une végétation assez variée, suivant qu'ils sont humides, secs, montueux, etc. Mais les principales différences nous sont fournies par les bois de pins et les bois d'arbres à larges feuilles.

» A. Plantes des bois de pins des landes sablonneuses :

C/istus salvifolus.

— alyssoides.

Arenaria montana.

Adenocarpus complicatus.

Erica scoparia.

— cinerea.

Calluna vulgaris.

Senecio sylvaticus.

Hieradum umbellatum.

Teucrium scorodonia, Pinus niaritima.

» Il faut ajouter à cette énumération tout le groupe 7 B.

» 6. Plantes des bois et taillis des landes. Us sont presque entièrement formés de Quercus Toza; on y trouve, avec une partie des espèces précédentes :

Hypericum montanum.

Orobus tuberosus.

Uonopodium denudatum.

Uex aquifolium.

Soiidago virga-aurea.

Quercus Toza,

Convallaria polygonatum.

Scilla verna.

Serapias cor digéra.

Epipaclis latifoiia (rare).

Orchis maciUata.

Triodia decumbens.

» C. Taillis et bois montueux secs, formés surtout de Quercus sessUiJlor a, de Quercus Toza et de Quercus peduncula ta.

lianunculus nemorosus.

Aquilegia vulgaris.

Helleborus viridis.

Violi odorata.

Silène nutans.

Androsœmum ofârinale.

Hypericum pulcnrum,

— montanum.

— hirsutum.

Rubtis nemorosus.

Cotoneaster pyracantha.

Ulex EuropcBus.

— nanus, Astragatus glycyphyllos

Trifolium médium.

Coronilla emerus.

Orobus nigcr.

— tuberosus.

Uex aquifolium, Calluna vulgaris.

Erica cinerea.

— scoparia .

Œninthe pimpinelloides, Hedera hélix- Serratula tinctoria.

Hieraciwn murorum.

— sylvaticum.

Vinca minoh.

CHAP. II. D2S STATIONS BOTANIQUES DANS LA Gia^NDE.

Pulmonaria officinalis.

Uthospermumpurpvreo-cœruleiim.

Melampi/rum pratense.

Iklonicu officuialis.

yarcissus pseudo-narcissus.

FMphorbia amijfidaloides, Oonvallarii muUiflora.

Lusula Forsteri.

Ep ipactis ensifolia .

On/lis maculata.

Carex volyrrkyza.

À ira flexuosa.

Brachypodium syloaticum.

P te ris affuilitia.

Polipodium vulgare.

» D. Dans les parties humides ou très-ombragées, la plupart des espèces précédentes disparaissent, et on trouve :

Anenwne nemorosa, Sisymbrium alliaria.

Spircpa ulmaria.

tircœa lutetiana.

Sanicula europœa.

Valeriana offcinalis.

Phyteu7na spicatum.

Sumphytum tuberosum.

Oampanula trachelium.

Campanula glomerata, Mercurialis perennis.

Iris fœtidisswia.

Cirex mdxima, Melica unijlora.

Bromus gtganteus.

— asper.

Aspidium angulare.

» E. Bois des terrains gras et argileux (surtout alluvions) :

Banunculiu auricamtu.

Sisymbrium alliaria.

Viola sylvatica.

Veronica monjana.

AUium ursinum.

Fritillaria meleagris, Carex sylvatica.

— tnaxifna.

» 11" Prairies, — Jusqu'ici nous avons étudié des stations parfaitement naturelles, dans lesquelles les plantes végètent librement et spontanément.

» Nous allons passer maintenant à Pexamen d'une autre série de stations, que l'on pourrait appeler artificielles, parce qu'elles ont été créées en quelque sorte par le travail de l'homme. Elles offrent un ensemble de circonstances qui permettent à certaines plantes de prendre un plus grand développement, de se propager plus abondamment. 11 n'est qu'un petit nombre de ces plantes qui ne se retrouvent pas, il est vrai, dans d'autres stations naturelles, mais elles sont loin d'y être aussi abondantes que dans celles que nous allons examiner; elles peuvent, par conséquent, servir à caractériser ces dernières, sinon d'une manière absolue, au moins d'une manière relative.

9 A. Plantes communes à peu près à toutes les prairies :

Thrincia hirta.

Plantago Lanceolata.

RanuncultÂS bulbosus.

— repens.

— acris.

Polygala vulgaris.

Lyclmis flos-cuculi.

Silène pnxtensis.

Dianthus armeria.

Medicago lupullina.

Trifolium repens.

— subterraneum.

Trifolium incarnatum.

Latyrtts pratensis.

Daxicus carota.

Antnscus sylvestris.

Scabiosa succisa, Senecio jacobcpa .

Lenchanlhemum vulaare.

Taraxacum officinale.

Hieradum pilosella.

Hypochœris radicata.

— major.

Rhinanthus major.

Rumex acetosa.

— acetosella.

Polygonum avicttlare.

Muscari comosum.

Lvzula campestris.

Orchis mono.

Serapias lingtia.

Spirantlies autumnalis.

Anthoxantum odoratum.

Agrostis vulgaris.

Poa pratensis.

Dactylis alomerala, Festuca duriuscula.

Bromxis racemosus.

Arrhenatherum elatius.

Lolium perenne.

Plantago roronopus, Salvia vfrbetuica.

Chamagrostis minima .

Brixa média Bromus enctus.

» B. Plantes des prairies sèches ou sablonneuses :

DiarUhus prolifer.

Mxnchia erecta. Trifolium ochroleucum.

— procumbens.

Galium verum.

Crépis iaraxacifolia.

» C. Plantes des prairies fraîches, humides ou tourbeuses :

Cardamine pritensis.

Trifolium patens.

Silatis pratetisis.

Galium mollugo.

Scorzonera humilis.

Primula officinalis.

AJuga reptans.

Galantfius nivalis.

Juncus effusus.

— glaucus,

— obtusiflorus.

Ophris fusca.

» D. Plantes des prairies des palus ou des terrains gras ai^leux :

Orchis latifoUa.

— laxiflora.

— ustulata,

— viridis.

coriophora,

Carex alauca.

— flirta.

— punctata.

— distans, Festuca arutidinacea.

Trirodia decumbens.

Cardamine pratensis.

Itarbarea vulgaris.

Trifolium maritinium.

— patens.

Tussilago far f ara.

Tragopogon pratensis.

Leontodon autumnalis.

Aristolochia rolunda.

Colchicum autumnale.

Carex divisa.

— glauca.

— hirta.

— distans.

Panicum diaitaria.

Alopecurus bulbosus.

Festuca arundinacea.

Triticum caninum.

Hordeum secalinum

» On comprend que les plantes qui viennent d'être énumérées ne sont pas toutes exclusives; nous en avons classé un grand nombre sous le rapport de leur préférence.

» 12° Moissons, — La flore messicole éprouve de grands changements en rapport avec les modifications du sol. Les plantes que nous allons citer sont généralement particulières aux trois faciès les plus distincts que peuvent présenter les moissons, à savoir : P celles des sables siliceux presque purs (culture du seigle); 2P celles des terrains argileux-siliceux (culture du blé); 3** celles des terrains calcaires (culture de Tavoine).

» A. Moissons des sables siliceux des landes (seigle) :

Silène Portensis.

Mxnchia erecta.

yeslia paniculata.

Valeriamllu coronata. ' Chrgsanthemum segetum. Arnoseris pusilla.

Lithosperm\im officinale.

Galeopsis ochroteuca.

Conooloulus^ arvensis.

liumex bucepfialopfiorus.

Anthoxanthum Puelii.

Cynosurus echinalus.

» B. Moissons des terrains argilo-siliceux (blé) :

Torilis helvetica.

Ranunculus philonolis.

Vicia villosa.

— saliva

— angustifolia.

— luteas.

Latirus aphaca.

— sativus.

— hirsutus.

Crassula rubcns.

Scandix pecten.

Valerianella auricula.

Prismatocarpus spéculum.

Bartsia viscosa.

Veronica arvensis.

— acinifolia.

Tulipa oculus'solis (rare).

» C. Moissons des terrains calcaires (avoine) :

Iberis amara.

Coronilla scorpioidex.

Caucalis daucoides.

Turgenia latifolia.

Bupleurum protractum.

Galeopsis ladanum.

Ajuga chamœpilys.

Stacfiys annua.

AUium spfiœrocephalum.

Gladiolus segetum»

» D. Plantes communes à toutes les moissons

Ranunculus arvensis.

Papaver Bhœas.

Agrostemma githago.

Spergula arvensis.

viola arvensis.

Alchemilla arvensis, Medica^o polgcarpa.

Trifolium arveiue.

Ervum hirsutum.

Scleranthtts annuus.

Filago germanica.

Euphorhia exigita.

Festuca pseudo-myuros.

— sciuroides.

Avefia faiua.

Triticum repens.

Lolium temulentum

— muUiflorum.

— arvense.

1^13° Jachères. — Je crois utile de faire une station particulière des jachères ou guérets, parce que les conditions biologiques que les plantes V rencontrent sont assez dissemblables de celles qu'elles trouveraient dans les moissons. Du reste, la grande différence qui existe entre les deux flores provient surtout de ce que la plupart des plantes des jachères sont estivales ou automnales, tandis que celles des moissons sont printanières. On pourrait joindre à cette station les terres cultivées en vignes, parce qu'elles possèdent des caractères assez semblables dans beaucoup de cas. Nous établirons dans ce treizième groupe des subdivisions correspondantes à celles que nous avons distinguées pour les moissons.

» A. Jachères des terrains sablonneux :

Silène Portensis.

Corrigioli litioralis.

Papaver argemone, Arlemisia campestiHs.

Eriger on canadense, Calendula arvensis.

Convoloulus arvemis.

Linaria htneea.

— Pelisseriana.

Cynodon dactylon.

Gastridium lendigerum.

Avena strigosa.

» B. Jachères des terrains sablo-argileux :

Reseda luteola.

Gypsophila muralis.

Cercutriutn vulpatum.

Haphanus sativus.

Linum gallicum.

Trifolium fragiferum.

Ammi majus.

Pelroselinum segetum.

Inula graveolens.

Matricaria chamomilla.

Tolpis barbaia.

Anlhirrinum oruniium.

Linaria elatine.

Euphrasia serotina.

Galeopsis la((anum.

A triplex patula.

Panicum sahguinale.

Gastridium lendigerum.

» C. Jachères des terrains calcaires :

Delphinium Ajacis.

Papaver hybndum.

Altliœa hirsuta.

Jberis amara, Scorpiurus subvillosa.

Coronilla scorpioides.

Caucalis daucoides.

Turgenia latifolia.

Aiuga chemœpitys.

Teucrium botrys.

Stachys annua.

Calamintha acinos.

Eupfiorbia falcata.

— verrucosa.

» D. Plantes communes à toutes les jachères : Spergula arvensis. I Matricaria inodore^*

250 LivnE m. — produits naturels.

Silène gallica.

( 'erastium viscom m.

Raphanux raphanislrum.

Viola tricolor (var). Trifolium repens.

— aroense.

Scleranthxis annuus.

Policarpon tetraphyllum.

FilaQo germanica.

Anthémis mista.

— cotula.

Cirsium arvense.

Anagallis arvensis.

Mercurialis annua.

Chenopodiutn album.

Alopecurus agrestis.

Holcus lanaius.

» Pour compléter Texamen des stations botaniques du département de la Gironde, il nous resterait à passer en revue la flore des haies et des buissons, celle des décombres et des murailles, celle du voisinage des lieux habités; enfin celle des chemins et des routes ou autres lieux fréquemment foulés par le passage des hommes ou des animaux. Mais comme ces stations n^occupent qu^une très-minime portion de la surface du pays, et que, d'ailleurs, elles ne fournissent aucune donnée relativement à la question de Tinfluence du sol, nous les passerons en silence.

» Nous ferons observer que toutes les listes que nous avons données ne sont et ne peuvent être relatives qu'à notre champ d'études, et que dans une autre région, elles pourraient sembler inexactes. Il suffit, en effet, d'ouvrir quelques flores locales pour se convaincre que telle espèce qui demande un terrain sec dans certains pays, peut rechercher im terrain humide dans un autre. II paraîtrait, d'ailleurs, qu'une même plante peut se contenter d'un sol de moins en moins humide à mesure que son habitation devient plus septentrionale (').

)} Des Rapports qui existent entre le mode de répartition des plantes et la constitution géologique du pays. — Après avoir indiqué les principaux traits qui distinguent les différentes stations botaniques de notre champ d'études, nous allons rechercher comment ces stations sont distribuées et comment, par suite de cette distribution, elles concourent à donner aux différentes parties de notre pays leur caractère floral particulier. Nous les verrons en relation directe avec la nature du sol et avec les principaux accidents topographiques de la contrée, accidents qui résultent eux aussi, en grande partie, de sa constitution géologique; de sorte qu'en définitive nous sommes ramenés à examiner les rapports qui existent entre la distribution des végétaux de notre région et l'étendue superficielle des terrains qui en forment le sol.

» Afin d'éviter les longueurs et les périphrases, nous emploierons la terminologie proposée par M. Thurmann, qui est relative aux différents états mécaniques et hygroscopiques sous lesquels le sol peut se présenter.

» Comme cette terminologie n'a encore été employée que par son auteur, il est important de rappeler ici sommairement les principes qui en font la base.

» Les roches s'altèrent avec une facilité plus ou moins grande au contact des agents atmosphériques ; cette altération, très-lente et presque nulle chez les unes, est très-rapide chez d'autres.

(^) Thurmann : Essai de Phytûstatique^ 1. 1, p. 403.

» n en résulte que celles-ci donnent naissance à un détritus abondant, et M. Thunnann leur a donné le nom A^eugéogènes.

» Les premières, au contraire, ne produisent qu'un détritus très-faible et M. Thurmann leur donne l'épithète de dysgéogènes.

» Certaines roches, par leur désagrégation, tendent à produire des détritus dont la divisibilité appréciable est infinie; la limite extrême de cette divisibilité est Tétat terreux, et ces roches sont dites pélogènes. Dans d'autres roches, la divisibilité a une limite, et cette limite extrême est rétat sableux ; elles sont dites psammogènes,

» Les roches varient par leur aptitude plus ou moins grande à se laisser imbiber par l'eau, selon leur degré de porosité, d'où résulte leur état ou leur capacité hygroscopique. Ainsi, tandis que les marnes, les sables absorbent aisément ce liquide, un calcaire compacte n'est mouillé qu'à sa surface et n'est nullement pénétré par lui. Les roches absorbantes donneront lieu à des stations fraîches ou humides, les roches non absorbantes à des stations sèches. On comprend, dès à présent, Timportance de l'aptitude à la désagrégation, les roches eugéogènes devant produire des sols plus hygroscopiques par la division de leurs éléments que les roches dysgéogènes ; de telle sorte que les premières fourniront généralement des stations plus fraîches que les secondes.

» Il faut distinguer en outre la perméabilité, ou faculté que possèdent

certaines roches de se laisser traverser en grand par l'eau sans être pour

cela pénétrées par elle en petit. La perméabilité des calcaires, traversés

par des fissures et des fentes nombreuses, est bien connue; celle des

argiles est presque nulle ; mais, en revanche, leur hygroscepicité est très

grande. C'est de ces inégalités de perméabilité que résultent les sources.

» On peut établir deux catégories de plantes : l'une comprenant les

espèces qui recherchent la fraîcheur ou l'humidité, ce sont les' higrophiles;

Tautre comprenant celles qui recherchent les stations sèches, ce sont les

J^rophiles. D'après ce qui précède, on voit que la première de ces

catégories correspond généralement aux roches sous-jacentes eugéogènes,

la deuxième aux roches dysgéogènes.

» Après avoir déterminé la valeur des expressions que nous allons être obligés d'employer à chaque instant, nous allons étudier le mode de répartition des végétaux ou des stations dans notre champ d'observation. » Le département de la Gironde est nettement divisé en deux parties à peu près égales par la vallée de la Garonne et de la Gironde, et ces deux parties présentent de grandes différences dans leur orographie et leur constitution géognostique. A l'ouest s'étend un pays plat, sablonneux; à l'est, s'élève un pays de coteaux qui est lui-même subdivisé par la vallée de la Dordogne en deux parties qui offrent .encore des différences issez niarquées, quoique d'une moindre importance que celles qui existent entre les landes d'une part, et la région mon tueuse de l'autre. Vous étudierons successivement chacune de ces trois subdivisions, puis es grandes vallées.

» IMPARTIE OCCIDENTALE OU LANDES PllOPREMENT DITES. — LcS landcs

brment un triangle dont la base est la limite des départements de

la Gironde et des Landes; le oôté oriental, la vallée de la Gironde et de la Garonne; le côté occidental, TOcéan. Elles sont séparées de rOcéan par la chaîne des dunes qui appartient à la zone marit'me. Celle-ci nous paraît avoir été suffisamment caractérisée par ce que nous avons dit.

» Cette partie du département offre partout un pays plat et uni, excepté dans la partie S.-Ë., dans Tarrondissement de Bazas, où elle s^accidente et rappelle jusqu'à un certain point Taspect du pays de coteaux de la rive droite de la Garonne. Elle est traversée par deux cours d'eau principaux : la Leyre, qui se jette dans FOcéan par le bassin d'Arcachon; le Ciron, qui vient déboucher dans la Garonne. Il y a en outre une foule de petits ruisseaux de faible importance qui se rendent dans la Gironde et la Garonne et dont les principaux sont : du N. au S., la jalle de Beychevelle, la jalle de Blanquefort, TEau-Bourde, TEau-Blanche, le ruisseau de la Brède, le Gua-Mort et le ruisseau de Bazas.

» Les terrains qui entrent dans la constitution géologique de la plaine des landes sont le diluvium, les terrains pliocène, miocène, éocène, et un ou deux lambeaux de terrain crétacé. Le sable des landes, qui appartient au terrain pliocène, a seul un grand développement superficiel ; il recouvre tout le pays d'une nappe uniforme, et ce n'est que dans les dépressions parcourues par les cours d'eau que l'on voit affleurer les terrains inférieurs. Le sable des landes est recouvert, dans le voisinage de la vallée de la Garonne, par une couche peu épaisse de cailloux diluviens.

» Au-dessous <lu sable des landes affleurent, dans les vallons, des roches diverses que nous allons mentionner rapidement : 1® les faluns sont des sables calcaréo-siliceux qui renferment une immense quantité de débris de coquilles passées à l'état calcaire ; ils sont associés fréquemment à des molasses quelquefois assez solides pour être exploitées comme mauvais moelloD, et appartiennent, les uns au terrain pliocène inférieur, les autres au terrain miocène supérieur; 2^ les deux calcaires d'eau douce miocènes qui subdivisent les faluns en trois groupes sont compactes ou marneux et n'ont qu'un faible développement; 2^ le calcaire à astéries, qui appartient au terrain miocène inférieur, est généralement grossier, caverneux, dur ; il se montre dans un petit nombre de points, et ne forme des coteaux que dans le Bazadais; 4t^ le calcaire grossier éocène, limité au Médoc, aux environs de Saint-Estèphe et de Lesparre, a des caractères minéralogiques k peu près identiques à ceux des calcaires à astéries; 5^ les calcaires crétacés du deuxième étage sont durs, compactes, s;? délitent en gros fragments, mais ne produisent qu'un faible détritus.

» Le sable des landes est entièrement et exclusivement siliceux, mais on rencontre souvent des dépôts d'argile à sa base, et dans son épaiss?ur se trouve h peu près constamment une couche ferrugineuse plus ou moins consistante. Cette couche, qui a reçu le nom (ïalios (voir p. 3G), est peu perméable ; elle retient les eaux a sa surface, et elle est une des principales causes de la formation des tourbières. Celles^i s'observent dans toutes les dépressions, dans tous les lieux bas où les eaux se

réimlssent sans pouvoir ni s^ocouler ni être absorbées par suite de la présence de cette couche.

» Le sol des landes est essentiellement psammique; sa stérilité n'est qu'apparente et provient de plusieurs causes : 1^ de sa mobilité, qui ne permet pas à certains végétaux d'y trouver un point d'appui suffisant; 2® de la facilité avec laquelle il se dessèche à la surface pendant les chaleurs, de sorte que la plupart des végétaux à racines peu profondes y périssent; mais cette aridité n'est que superficielle, et l'on sait qu'à une petite profondeur le sable est dans un état constant d'humidité; 3^ de la couche stérile d'alios, souvent trop rapprochée de la surface, et qui arrête alors les racines des plantes dans leur développement. Les essais de culture entrepris ont prouvé qu'on peut remédier à ces différentes causes d'improductivité (voir p. 38).

» Les landes, abandonnées à elles-mêmes, offrent de vastes étendues découvertes, caractérisées par toutes les plantes du groupe 7.

» Les Ukx nanus et etiropœus, VBrica cinerea, s'y font remarquer en première ligne par leur extrême sociabilité, et sont entremêlés de touffes à"^ Aetna Thorei et à^AgrostU setacea; les étendues de bruyères sont entrecoupées, dans les parties plus fraîches, par des pelouses dont le tapis est principalement formé par les plantis du groupe 8 A.

» Ces pelouses passent aux sables tourbeux caractérisés par les Brica ciliaris, S. tetralix, les Ulex, les Daphne cnearum, Viola lanci/olia, Poliga^a depressa, etc. (groupe 6). Les' tourbières spongieuses proprement dites sont limitées aux dépressions naturelles et au voisinage de certains ruisseaux, lorsque ceux-ci coulent sur des terrains très-plats qui permettent à leurs eaux de s'étendre sous forme stagnale. Elles ont une physionomie extrêmement tranchée, et le Myrica gale en est une des plantes les plus caractéristiques, ainsi que la plupart des espèces du groupe 5.

» Nous ne nous sommes occupés jusqu'ici que des landes découvertes et abandonnées complètement à elles-mêmes. La culture s'efforce d'en tirer parti en les défrichant, en y semant le pin maritime. Les bois de pins ont une grande extension et réussissent bien presque partout, excepté dans les lieux tourbeux et inondés qui les repoussent absolument.

» Ils renferment en abondance toutes les espèces du groupe 10 A. Çà et là, il y a des taillis de Qii^rcus Toza, dans lesquels les plantes du groupe 10 6 se plaisent plus particulièrement. Les prairies des landes sablonneuses ou tourbeuses sont toutes le résultat de la culture. Nous avons mentionné les espèces qu'on y rencontre principalement (groupe 11 B).

» La culture des céréales n'occupe qu'une petite portion de la superficie des landes. Le seigle, le maïs, le millet, le Poligonum fagopyrum sont les seules plantes qui soient cultivées en grand. Les moissons de seigle, et celles plus rares de froment, sont caractérisées par les plantes du groupe 12 A, et leurs jachères par celles du^groupe 13 B.

» Les petites lagunes, les flaques d'eau qui ne se dessèchent pas et qui ne se voient guère que dans les parties tourbeuses, renferment, avec beaucoup de plantes des eaux tranquilles ordinaires, quelques espèces

254 LIVRE m. PRODUITS NATURELS.

particulières, comme Galium débile, Manunculus hederaceus, S. oîoUitcot, H. tripartUus, Hehsciadmm inundatum, Alisma natans. (Voyez groupe 2.)

» Nous avons parlé des terrains plus anciens qui afQeurent au-dessous du sable des landes. Les faluns, et surtout leurs molasses, sont des roches hémipsammiques dont les caractères, sous le rapport botanique, sont intermédiaires à ceux des sables et des calcaires. Elles sont assez meubles, assez solides pour que quelques xérophiles du groupe 8D puissent y prospérer; telles sont : les Ajuça chamttpitys, Ca^amintka annot, Arabis Gerardi,

» Les affleurements calcaires dysgéogènes des divers étages miocène inférieur, éocène et crétacé, ont des caractères stationnels encore plus tranchés. Isolés au milieu de grandes étendues de sables meubles, ils produisent une foule de plantes des pelouses rocailleuses et des rochers, qui forment comme des colonies perdues au milieu d^une tout autre végétation.

» Les xérophiles suivantes s^y trouvent alors, quelques-unes en abondance : Famana procumbens, Ajuga chamœpitys, Anthyllis vulnerma, Cirsium acaule, TeucHum montanum, Belianthemum vulgare, DUmthru carthusianorum, Zinum tefiuiJbUum, Arabis Gerardi, Et dans les mêmes terrains, mais sur les lisières des bois et dans les buissons : Spirea JlHpendula, Oeranimn sançaineum, Aquilegia vulçaris, Inula salicina.

» 2** PARTIE MÉDIA.NK OU ENTRE-DEUX-MERS. — On uomme Eutrc-deux- Mers cette partie triangulaire du département de la Gironde qui est comprise entre la Garonne et la Dordogne, et qui se termine en pointe au Bec-d'Ambès, confluent de ces deux fleuves (voir p. 4).

» L'Entre-deux-Mers est un pays de coteaux, accidenté, surtout au voisinage des grandes vallées, et qui va se relevant vers le S.-E. La partie centrale présente souvent l'aspect d'un plateau qui atteint 101 m. à Créon et 138 m. à Soussac, entre Sauveterre et Sainte-Foy. Les vallées, petites et nombreuses au N.-O., deviennent assez larges, assez profondes au S.-E., oïl elles sont plus éloignées les unes des autres. Les cours d'eau qui arrosent l'Entre-deux-Mers sont faibles et peu étendus ; un seul offre quelque importance, c'est le Drot, dans la partie tout à fait austro-orientale .

» Ce pays est constitué par les terrains suivants : le diluvium, le terrain miocène supérieur et inférieur, et le terrain éocène. Le terrain éocène n'existe bien développé que dans la partie orientale de l'Entre-deux-Mers qui appartient au bassin de la Dordogne. Au sud d'une ligne allant de Branne à Sauveterre et Duras, il est presque partout recouvert par les terrains plus modernes, et n'affleure qu'au fond des vallons. Il consiste en molasses le plus souvent sableuses, peu solides en général, mais se solidifiant quelquefois fortement par places. Ces molasses deviennent quelquefois argileuses et renferment des amas subordonnés d'argiles plus ou moins pures. La partie supérieure de ce terrain est formée par des calcaires d'eau douce blancs, rarement marneux, ordinairement durs et solides, avec meulières caverneuses.

» Le terrain miocène Inférieur est entièrement formé par le calcaire à

astéries tendre ou dur ; il renfenne quelques amas lenticulaires d^argiles calcarifères. Ce calcaire acquiert une grande épaisseur à l'ouest d'une ligne tirée de Castillon à Sauveterre, mais il est souvent recouvert par le diluvium. Il se retrouve aussi au-dessus du terrain éocène dans la partie du pays dont nous avons indiqué plus haut sommairement la circonscription.

»Le terrain miocène supérieur ne se développe que dans la partie orientale de PEntre-deux-Mers, mais il occupe seulement la portion qui appartient au bassin hydrographique de la Garonne, et ne commence k avoir quelque importance qu'à l'est d'ime ligne allant de Sauveterre à Sainte-Orolx-du-Mont. Sa composition est assez variée ; il comprend deux dépôts marins et deux dépôts d'eau douce. Ceux-ci sont des calcaires compactes ou argilifères, rarement marneux. Les dépôts marins consistent en molasses calcaires sableuses coquillères, généralement assez solides, et en argiles ou marnes principalement développées dans l'arrondissement de la Réole.

» Le diluvium joue un rôle très-important pouç l'objet qui nous occupe; il recouvre comme \m épais manteau tous les plateaux et couronne tons les coteaux de la partie de l'Entre-deux-Mers qui appartient au versant de la Garonne. Sur le versant de la Dordogne, il est beaucoup moins développé et ne forme souvent que de minces dépôts superficiels. Ce diluvium consiste en amas puissants de gravier et de cailloux roulés de quartz ordinairement ferrugineux, dans lesquels sont intercalées des masses de sable grossier. Vers la partie supérieure, il y a sur quelques points des argiles d'une grande pureté.

» L'Entre-deux-Mers, envisagé en grand, est donc formé par le terrain miocène inférieur calcaire, au nord-ouest d'une ligne tirée de Castillon à Cadillac. La partie au sud-est de cette ligne est elle-même subdivisée en deux portions par une ligne allant à peu près de Sauveterre à Duras, et au nord de laquelle le terrain éocène (molasses et calcaires d'eau douce) forme le sol, tandis qu'au sud ce sont les terrains miocènes supérieurs^ U faut ajouter encore le diluvium qui recouvre les hauteurs dans presque toute la partie qui dépend du bassin de la Garonne.

» Le diluvium est un terrain eugéogène pélopsammique qui passe quelquefois à l'état psammique ou pélique sur de petites étendues. Quand il possède ses propriétés générales pélopsanmiiques, il produit un sol assez fertile, à moins de circonstances locales particulières, et ne perd cette fertilité que lorsque ses propriétés péliques ou psammiques deviennent très-prédominantes. Les principales cultures sur sol diluvien sont celles de la vigne, du bléj les prairies, les bois de chênes et de châtaigniers, ceux-ci ordinairement soumis à des coupes réglées. Dans les parties supérieures du diluvium, il y a des couches argilo-sableuses sans cailloux, plus répandues qu'on le croirait au premier abord, et qui contribuent à rendre le sol fertile. C'est ce dont on peut s'assurer en jetant un simple coup d'œil sur les terres arables de l'Entre-deux-Mers, à Floirac, Cenon, Créon, etc., et on verra que les cailloux quartzeux y iiont fort répandus. Ce n'est que dans les parties centrales du plateau,

vers Créon, que ces couches argileuses acquièrent une épaisseur not4ible et une importance géologique réelle.

» Les moissons du diluvium pélopsammique sont caractérisées par les plantes du groupe 12 B, et leurs jachères par celles du groupe 13 B.

» Les prairies offrent presque toutes les plantes du groupe II C, c'est-à-dire qu'on y voit prédominer les hygrophiles péliques, quoique en moindre majorité que dans les prairies des alluvions vaseuses.

» Les taillis et les bois nous offrent toutes les espèces du groupe 10 C, et dans les parties très-fraîches ou ombragées, celles du groupe 10 D. Comme ces bois sont ordinairement montueux, on y voit un passage insensible des stations assez sèches aux stations fraîches. Cependant on peut reconnaître d'un coup d'œil le caractère hygrophile des plantes du groupe C, caractère qui devient de la dernière évidence dans le groupe D. lies pelouses, assez rares parce qu'on les a presque partout transformées en prairies, n'ont pas de caractère propre bien tranché, mais on y trouve le plus souvent les espèces du groupe 8 B mêlées à un certain nombre d'autres.

» Lorsque le diluvium prend un caractère psammique prononcé par suite de la rareti des argiles et de la prédominance du gravier,' on observe des modifications correspondantes dans la flore. C'est ainsi qu'à Lormont on retrouve un certain nombre de plantes de nos stations sablonneuses des landes : des Asterocarptts Clusii, Linaria Pelisseriana, Arenarla mantana, Omithopus roseiis. Dans les bois autour de Créon, le sol est assez divisé, assez riche en humus et assez frais pour nourrir les Erka ciliaris, B, Scoparia, Lobelia urens, toutes plantes des tourbières un peu sèches. Dans quelques parties, au voisinage des sources, le sol est assez humide pour admettre le Carex pulicaris et le Pinguicula lusitanica, qui recherchent particulièrement les tourbières spongieuses. Le gravier pur possède les caractères d'un sol psammique modifié par la compacité qu'il peut acquérir en se desséchant, par suits de la petite quantité d'argile mêlée à ses éléments sablonneux. Aussi voit-on apparaître assez fréquemment, sur les pelouses de cette nature, un certain nombre de xérophiles préférentes ou exclusives {Medicago orbicularis, Prunella alba, Dorycnium sufruticosum , Tri/olium angusti/olium) , mêlées à des espèces psammophiles (groupe 8 B.) Dans certains lieux à peu près complètement stériles, on trouve d'autres espèces, comme des Carllna vulçaris, JSgUops otata (rare), Hemiaria glabra, et quand le sol devient assez meuble des Erica cincrca, Ulex europœus et U. 7ianus, Le pin maritime y réussit très-bien. Le calcaire à astéries acquiert une grande imporMnce dans TËntre-deux-Mers. C'est une roche dysgéogène, quoique à un degré médiocre. Il forme le plus souvent le flanc des vallons, quelquefois aussi le sommet de certains coteaux. Dans ce dernier cas, les moissons et les jachères, qui sont à peu près les seules cultures outre celle de la vigne, nous offrent toutes les plantes des groupes 12 C et 13 C. Les pelouses et les friches rocailleuses possèdent une végétation tout aussi spéciale (groupe 8 D.) Les flancs des coteaux qui encaissent les vallons ou qui bordent les grandes vallées offrent souvent, vers leurs sommets, des rochers calcaires caractérisés par tout le groupe 9.

» La partie S.-E. de TEntre- deux -Mers est encore fort peu côimue sous le rapport des études auxquelles nous nous livrons; aussi n'en parlerons-nous que d'une manière fort générale. Les terrains miocènes supérieurs, soit par leurs calcaires d'eau douce, soit par leurs calcaires arénifères marins, produisent des stations identiques à celles des calcaires à astéries, tandis que, par leurs molasses plus ou moins argileuses, on passe a la végétation du terrain d'eau douce éocène. Celui-ci est mieux développé, du reste, sur la rive droite de laDordogne, et ce que nous en dirons plus loin pourra s'appliquer en général à l'Entre-deux-Mers. Le calcaire d'eau douce blanc éocène fournit aussi des stations identiques aux autres terrains calcaires.

» Nous devons nous borner, pour le moment, à ces généralités ; des études locales ultérieures permettront peut-être plus tard de constater certaines différences, mais il est probable qu'elles ne seront pas d'une bien grande importance.

» 3° Partie a l'est de la Gironde et de la Dorddgne. — Ce pays, limité au N. et à l'E. par les départements de la Charente-Inférieure et de la Dordogne, offre une assez grande variété dans son relief (voir p. 4). Tantôt accidenté et entrecoupé de vallons nombreux, il présente aussi, surtout vers le N.-O., de grandes plaines unies. Sa plus grande élévation au-dessus de la mer ne dépasse guère 100 m. et est généralement beaucoup moindre. H est arrosé vers l'E. par une rivière, l'Isle, qui reçoit elle-même la Dronne. Il est en outre sillonné par des ruisseaux assez nombreux, dont les plus importants sont la Li venue, qui se jette dans la Gironde à Saint- Louis- du -Marais, au N. de Blaye; le Moron, qui se réunit à la Dordogne, à Prignac; la Saye et le Larry qui se jettent dans l'Isle en venant de l'O., enfin le Palais et la Barbanne, affluents de la même rivière et qui coulent de l'E. à l'O.

» Les terrains miocène inférieur et éocène constituent à eux seuls cette partie du département.

» Le terrain éocène comprend : I^ des calcaires grossiers durs, arénifères, qui n'occupent qu'une surface peu étendue aux environs de Blaye ; 2f* des molasses sableuses (') passant sur certains points à l'état de gravier, et renfermant des couches subordonnées d'argile et de calcaire d'eau douce ; 3^ le Jcalcaire lacustre, peu développé, qui forme la partie supérieure de ce terrain. La molasse est d'une grande importance par l'étendue et I épaisseur qu'elle atteint dans le pays dont nous nous occupons.

» Le terrain miocène inférieur, ou calcaire à astéries, recouvre au S. de Blaye, jusqu'aux limites du département, la formation lacustre éocène, mais il ne s'écarte que peu de la vallée de la Dordogne. Ses caractères i^nt à peu près les mêmes que dans l'Entre-deux-Mers; seulement, vers Blaye et la Roque, il devient plus arénifère, plus sableux,. et contient des iznas d'argiles marneuses.

s- Nous n'étudierons pas ici avec beaucoup de détails les caractères de

/l • Ts'ous avons déjà traité la question (çcoiogiquo; mais nous rappollerons ici que 1. it^'ilin rousidcro les parties les plus ioréneuied décos molasses comme udo modlûcalion lîéraie des calcaires grossière ôocèoes.

la flore du calcaire à astéries. Ce que nous en avons dit pour PEntredeux-Mers s^applique parfaitement au pays à TE. de la Dordogne. On peut en dire autant du calcaire grossier éocène et des calcaires d*eau douce; ces derniers sont du reste si peu développés, qu'ils méritent à peine une mention particulière. La molasse éocène constitue des coteaux ou des plaines. C'est une roche eugéogène ordinairement sableuse et produisant alors un sol psammique ; elle devient quelquefois argileuse et donne naissance a un sol pélopsammique, plus rarement pélique. Dans la vallée de Tlsle, le volume de ses éléments augmente beaucoup, et elle passe à Pétat d'un gravier ou poudingue qui rappelle singulièrement le diluvium caillouteux de TEntre-deux-Mers.

» Au N. d'une ligne un peu courbée vers le N.-E., tirée de Blaje à Cubzac, la molasse devient essentiellement psammique. Elle forme des plaines unies, sablonneuses, arides, couvertes de vastes étendues de bruyères, entrecoupées de bois de pins, et qui sont désignées sous le nom de Landes de Saintonge.

» Ces plaines rappellent au plus haut degré la physionomie des grandes landes proprement dites, et nous voyons ici le sol exercer une influence de premier ordre. Un. exemple, pris entre Blaye et Montlieu, im peu en dehors des limites de notre département, nous donnera une idée de l'importance de cette influence.

» Les landes de Bussac forment une plaine unie, sablonneuse, arrosée par de petits cours d'eau, au milieu de laquelle s'élèvent des monticules de roches calcaires arénifères dont le caractère dysgéogène est assez prononcé. Ces monticules nous offrent des plantes des friches rocailleuses et des rochers (groupe 8D et 9), telles que HippocrepU comosa, Teucrium montanum et quelques autres xérophiles que nous n'avons point citées dans nos listes à cause de leur dispersion restreinte, mais qui n'en sont pas moins caractéristiques, comme les Pàalançium ramosum, les Prunella hyssopi/olia. Dans les landes, les pelouses sablonneuses et les jachères produisent un grand nombre d'espèces de nos groupes 7 et 13 A, telles que les Asterocarpus Cluni, SHene Poriensis, Dans les parties humides il se forme des tourbières où apparaissent les caractéristiques des groupes 5 et 6 : Myrlca gale, Drosera rotundi/olia, Oalium boréale, Abama OBsiffoga, Lobelia wens. Dans certaines parties mélangées de sable et de débris calcaires, il y a une végétation mixte. Certaines espèces enfin sont communes aux landes sèches et aux calcaires des coteaux, comme les Peucedanum officinale, Aspercula cynanchica, Achillea ptarmiea, Carlinm viilgaris.

» Il est facile de juger, par ce seul exemple, de la physionomie des landes de Saintonge.

» Entre l'Isle et la Dronne, et aux environs de Guîtres et de Centras, le pays est principalement formé par la molasse, soit à l'état de macigno tendre, sablonneux, comme vers Abzac et Minzac, soit à l'état de gravier. Le sol est alors principalement psammique, et nourrit les bruyères, les ajoncs et une partie des plantes signalées sur le diluvium de TEntredeux-Mers dans des circonstances analogues. Les coteaux de molasse

sont ordinairement couronnés de calcaire à astéries. Le tertre de Fronsac cependant ne présente point de dépôts de cet âgq et est entièrement formé de molasse sableuse, concrétionnée par places ; à la base seulement il y a des assises argileuses calcarifères exploitées. Ses pentes sont très-rapides du côté qui fait face à la Dordogne; nous trouvons donc ici un exemple de ce que sont les stations du terrain de molasses dans des circonstances semblables. Presque toutes les plantes recueillies sur les flancs de ce tertre appartiennent à notre groupe 8 D : Buphtalmum spinosum, Linum strictum, L, tenui/blium. Nous voyons ici, à une agrégation faible des éléments d^une roche sableuse, jointe à la disposition particulière des lieux qui ne permet pas aux eaux de pénétrer profondément et de se maintenir dans le sol, correspondre la présence de plusieurs espèces xérophiles bien caractérisées.

» Nous pensons que les exemples que nous venons de donner, joints à ce qui a déjà été dit, suffiront pour donner ime idée générale de la distribution des végétaux dans cette partie du département de la Gironde. » A9 Grandes vallées. — Il ne nous reste plus, pour compléter Pexamen rapide que nous venons de faire, qu^à examiner les stations qui sont distribuées le long des grandes vallées de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne.

» Des marais s'étendent le long de ces grands cours d'eau, et aussi, mais plus rarement, sur le trajet de cours d'eau plus faibles, tels que la jalle de Blanquefort dans les landes. Ces derniers participent déjà beaucoup de la nature des tourbières, et ne deviennent réellement marais qu'au voisinage des grandes vallées.

» Dans la partie inférieure du cours de la Gironde, au-dessous de SaintrChristoly et de Mortagne, il y a des marais salants considérables, surtout sur la rive gauche. Ces marais produisent toutes les caractéristiques des prés salés ; ils sont, du reste, fort peu connus sous le rapport botanique.

» Sur la rivé gauche de la Garonne, il y a de fréquents marécages ou des dépôts de vases anciens, principalement cultivés comme saussaies. Mais ce n'est qu'au N. de Bordeaux jusqu'à Ludon, et sur la rive droite à Montferrand et au Bec-d'Ambès, que ces marais prennent un grand développement. Ce sont des marécages inondés ou de vastes prairies submergées en hiver, entrecoupées de canaux nombreux qui servent à 1 ''écoulement des eaux. Nous y trouvons toutes les plantes de nos groupes 2 A et B et 3 A et B.

» Les vases molles des bords de la Garonne et de la Dordogne produisent en abondance les espèces du groupe 4 mêlées à quelques autres sporadiques.

» La vallée de la Dordogne possède aussi de grands marais, principalement sur la rive gauche, vis-à-vis de Cubzac, et depuis Saint-Loubès jusqu'à Brannes, et sur la rive droite en aval et en amont de Libourne. lueurs caractères sont à peu près les mêmes que ceux de la vallée de la Graronne ; ils sont, du reste, moins connus.

» Les plus grands marais du département sont ceux qui s'étendent sur

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la rive droite de la Gironde à partir de Blaye jusqu^k Mortagne, mais ils sont à peu près inconnus botaniquement.

» Les alluvions anciennes de la Garonne et de la Dordogne consistent en terrains argileux gras et frais, de nature pélique, et sont cultivés le plus souvent en prairies caractérisées par les hygrophiles péliques du groupe 11 D. Les bois de ces terrains produisent toutes nos espèces du groupe 10 E. Les moissons et les jachères admettent beaucoup de plantes des terrains pélopsammiques (groupes 12 B et 13 B), mais on y trouve en outre plusieurs hygrophiles péliques particulières, comme les Ammi Disnaça, Phalaris pa/radoxa, Ph, minor, Linaria spuria,

» Sur les aires de dispersion de quelques espèces. — Dans tout ce qui précède, nous avons négligé les faits de détail, pour nous occuper principalement des faits généraux.

» Nous aurions maintenant à examiner les modifications que présente la flore dans les différentes parties du département, à conditions égales de sol. Malheureusement, le petit nombre d^obscrvations qui ont été faites sur ce sujet nous obligera à être bref.

» Tout végétal tend, par ses différents moyens de reproduction, à accroître son aire de dispersion. Cette tendance à se propager en surface a des limites, et dans un pays de plaines comme le nôtre, on pourrait citer comme barrières à la progression des végétaux les espaces constitués par un sol qui repousserait certaines espèces ; par exemple, une zone dysgéogène pourrait opposer un obstacle à la dispersion de proche en proche de beaucoup d^espèces hygrophiles. Plusieurs causes, au contraire, tendent à disséminer les espèces, et on peut citer en première ligne les cours d^eau, qui peuvent transporter des graines fort loin de leurs lieux de provenance, puis les courants atmosphériques, etc.

» Un autre obstacle résulte, comme Ta fait voir de CandoUe, de Textrême sociabilité de certaines espèces. Toute plante se développe avec d^autant plus de vigueur que le sol lui convient mieux, et dans ce cas elle tend à étouffer toutes celles auxquelles ce sol est moins favorable. A conditions égales de convenance, certaines espèces vigoureuses ou très-sociables s'emparent de presque tout le terrain, de telle sorte qu'il ne reste plus de place pour les espèces plus faibles ou moins nombreuses en individus.

» Outre ces obstacles qui restreignent l'aire des espèces, il en est un autre dont la cause est plus difficile à apprécier; ce sont les limites accidentelles de dispersion. On sait que beaucoup de végétaux ne sont pas disséminés dans toute l'étendue d'un pays dont le sol et le climat ne les repousseraient nullement, et qui ne présenteraient pas de barrières semblables à celles dont il a été question plus haut. 11 y a donc ici une influence particulière, naturelle, qui agit conmie cause de délimitation des aires. Nous aurons à en signaler quelques exemples. On peut se proposer de rechercher à quels centres de végétation appartiennent certaines plantes dont l'habitation est bornée à des portions déterminées de notre champ d'études. Or, parmi ces espèces, il en est quelques-unes dont l'aire est très-limitée et se trouve comprise tout entière dans notre

département, tandis que quelques autres se rattachent aux départements voisins.

» Parmi les premières, nous citerons les suivantes, qui sont remarquables sous ce rapport :

» l'' Le Silène lata abonde dans les lettes d'Ares et dans toutes celles de la pointe qui ferme à PO. le bassin d'Arcachon jusqu'à Piquey. Ses limites de dispersion ne sont pas connues au N., mais on sait qu'il ne se retrouve pas dans les stations analogues au S. du bassin d'Arcachon jusqu'à Bayonne, ni dans les stations des landes, qui ne le repousseraient probablement pas.

» 2^ UBrica lusitauica est très-abondant dans tous les lieux humides à Ares, puis au S. du bassin d'Arcachon jusqu'à Cazaux. 11 ne paraît pas s'étendre au delà.

» 3^ UBrica mediterranea est borné aux tourbières situées à l'O. de Pauillac, et n'existe pas dans les stations analogues du reste des landes. » 4^ Le Lobelia Dortmanna est particulier à l'étang de Cazaux et à quelques autres étangs du département des Landes, mais il n'a pas été retrouvé au N. de Cazaux non plus que dans les grandes lagunes des landes.

» 5° Le Salvinia natans, si abondant dans les marais des environs de Bordeaux, se retrouve à Bassons et aussi dans les marais de Blaye, mais il n'a jamais été signalé en amont de Bordeaux ni dans la vallée de la Dordogne.

»6^Le Scorpiwrus subvUiosa est très-répandu sur les friches calcaires des coteaux de la rive droite de la Garonne, depuis Quinsac jusqu'à Haux et Saint-6enès-de-Lombaud. 11 n'a pas été retrouvé ailleurs, et paraît avoir une aire peu étendue.

» Nous ne possédons que peu de renseignements sur les espèces qui, apparaissant sur nos lisières ou dans des portions restreintes de notre champ d'études, se rattachent à des centres de dispersion appartenant à des départements voisins.

» Les observations les plus intéressantes à faire sur ce sujet seraient relatives à la partie très-imparfaitement connue de la Gironde limitrophe du Lot-et-Garonne. La vallée de l'Isle seule nous fournit quelques indications curieuses, en nous montrant certaines espèces qui descendent du département de la Dordogne, telles que les Potentilla argentea, Ranuneullu^ chœrophyllôs, Saxifraga granulata, et peut-être aussi les Sàlla nutans et les Satureia hortensis,

» Les grands cours d'eau peuvent servir de véhicule pour apporter au loin les graines et doivent aider beaucoup la migration des plantes; aussi voit-on quelquefois apparaître accidentellement sur les bords de la Garonne des espèces qui ne tardent pas à disparaître parce que le sol ou le climat ne 4eur conviennent pas; de ce nombre sont le Xantàium spitosum, le Chenopodium botrys, qui nous arrivent des pays méridionaux, tandis que quelques autres viennent probablement de plus loin, comme YArabU turrita.

» D'autres plantes, au contraire, trouvent dans les conditions nouvelles

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qui leur sont offertes les éléments favorables à leur existence. Celles-ci prennent possession du sol, s'acclimatent, et finissent par s'établir d'une manière stable dans leur nouvelle habitation ; dans beaucoup de cas, il est facile de remonter à leur point de départ en suivant leur dispersion de proche en proche. Les transports de ce genre sont fréquents dans la vallée de la Garonne ; on peut citer conmie exemples :

)!> l^ Le Chilactites Umentosa, si commun à la Tresne, et qui nous arrive sans dioute de la Haute-Graronne et de PAgenais avec Tespèce suivante ; 2^ le Scàbiosa mariUma, qui tend à se répandre sur les berges du fieuve et qui descend jusqu'à Bordeaux; 3° probablement le Tulipa oculm-solis si abondant dans les terres arables et les vignes de Paillet ; 4^ peut être enfin le Crupina vulgaris, qui croît en abondance à Barsac. Certaines espèces, quoique moins rapprochées du cours de la Gràronne et appartenant aux coteaux, diminuent et finissent par disparaître à mesure qu'on descend dans la direction du cours du fleuve, c'est-à-dire probablement à mesure qu'on s'éloigne de leur point de départ originaire. L'histoire de celles-ci est plus obscure et ne pourra être éclairée que par de nouvelles recherches ; nous pensons que le Psoralea bituminosa, peut-être le Centaurea aspera et le Reseda phyteuma, pourraient se rattacher à cette catégorie.

» La vallée de la Dordogne doit présenter des faits de dispersion semblables, mais ils sont moins connus et paraissent être moins saillants.

» Il nous resterait à parler des naturalisations; mais comme cette question ne se rattache qu'accessoirement à notre sujet, nous n'entrerons pas dans de grands développements.

» Certaines espèces sont naturalisées à dessein par les agriculteurs dans notre département : c'est ainsi qu'on trouve fréquemment dans les haies VAtriplex àalimus et le Paliurus aculeatm, plantes méditerranéennes. D'autres sont introduites avec des graines de provenance étrangère : c'est ainsi que les moissons des landes renferment quelquefois en abondance le Phaiaris Canariensis; c'est peut-être à la culture du riz que nous devons le Scirpus mucranaius. Quelques plantes d'ornement s'échappent avec facilité des jardins et se répandent à l'état subspontané. De ce nombre sont le Solidago canadensis (L.), le Nicandra physalodes Gœrtn, peut-être aussi le Oyclamen neapoUianum du parc du château de Tustal, près de Sadirac.

» VBriçeron canadense, le Datura stramonium, le Phytolacca decandra^ si complètement naturalisés dans notre département, sont des plantes trop connues pour que nous fassions autre chose que les mentionner.

» Il est encore un certain nombre de végétaux qui peuvent se naturaliser par suite de circonstances accidentelles et indépendantes de toute intention humaine. A Bordeaux, le délestage des navires a amené plusieurs importations de ce genre sur les rives de la Garonne. C^est ainsi que le Cyperm vegetus (Willd.) d'Amérique croît aujourd'hui avec vigueur aux portes mêmes de la ville.

» M. Des Moulins attribue une origine analogue à une des graminées

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les plus abondantes dans les prés d*alluvion de la Garonne, le Panicum digitaria. Cependant, ces naturalisations sont loin d*être toujours aussi complètes, et souvent une plante disparaît après s^être montrée pendant plusieurs années. Lorsqu^on fit le chemin de halage de la rive droite de la Garonne, on employa beaucoup de matériaux qui avaient servi de lest aux navires, et on vit apparaître sur cette chaussée plusieurs plantes maritimes qui ne s^y retrouvent plus aujourd'hui, comme les Salsolorkali Sckoberia marUima, Atriplex portulacoïdes, mêlées au Qlaucium luteuin qui dans notre région est bien particulier à la zone littorale.

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