‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 159 sur 701 · P' EMBRANCHEMENT. — MINÉRAUX · texte numérisé non relu

P' EMBRANCHEMENT. — MINÉRAUX

iw CLASSE. — COMBUSTIBLES.

Dans cette classe, nous pouvons citer la tourbe et les lignites, qui sont assez répandus dans notre département.

Tourbe. — Presque tous les marais du département, desséchés ou non, renferment de la tourbe. Celle des marais de la Chartreuse a été anciennement l'objet de quelques recherches. Cette tourbe perd par la dessiccation la moitié de son poids ; elle brûle bien, mais donne peu de chaleur; ses cendres sont briquetées. Les débris de végétaux dont elle est formée ne sont que peu décomposés ; on y reconnaît encore quelques espèces : des Trispseudo Acorus, des Apium palustre, des Cyperus, etc.

La tourbe des marais de Montferrand est de meilleure qualité, elle est exploitée; celle des vallons latéraux de la Garonne et de la Dordogne n'est que très-peu employée.

La tourbe des marais d'Ambès. et de Saint-Simon, dont la couche presque superficielle n'a pas plus d'un mètre d'épaisseur, se dessèche si facilement et si complètement dans les étés très-chauds, qu'elle peut s'enflammer très-facilement.

Le 8 septembre 1T74, après plusieurs jours d'une chaleur très-vive et sous un soleil ardent, le feu prit au milieu d'une forêt dans les marais de Saint-Simon. Malgré de prompts secours, 180 hectares furent consumés; l'incendie attaqua jusqu'à l'argile sur laquelle reposait la couche tourbeuse. L'embrasement intérieur dura plusieurs semaines, le sol s'affaissa en raison de l'épaisseur de la tourbe consumée.

Au commencement du dix-huitième siècle, une forêt qui n'était séparée de celle-ci que par un chemin, avait éprouvé le même désastre.

En 1800 et 1802, pareils incendies eurent lieu dans les marais d'Ambès et de Saint-Simon. Ce dernier incendie éclata presque en même temps dans les deux marais; il y dévasta plus de 400 hectares.

On trouve les tourbes compactes à la Chartreuse (Bordeaux), Ambarès, Ambès, Montferrand, Baron, Saint-Simon, Saint-Louis, Saint-Julien;

La tourbe grossière dans les marais de Bruges, Blanquefort, Cachac, le Bouscat, les bords de la jalle Saint-Médard ; La tourbe de feuilles, dans la Benauge ; La tourbe de varechs, au bord du bassin d'Arcachon. Lignites. — Les lignites ne se présentent dans la Gironde qu'en nids très-ci rconscrits, disséminés de côtés et d'autres dans la partie inférieure d.u dépôt de sable qui forme les landes; ils reposent ordinairement sur u.ne argile brune ou sont mêlés avec elle. On en trouve même dans les argiles du calcaire à astéries en couches de mince épaisseur.

200 LITRE m. — PRODUITS NATURELS.

A Béliet, un peu au-dessus du ruisseau, on voit un banc ou plutôt un amas d^environ 3 m. d^épaisseur. Ce sont des troncs et des branches qui ont en partie conservé leur tissu ligneux, mais en quelques endroits ils sont passés à Tétat d^une matière noire, brillante et cassante.

C estas, Eysines et Quîtres renferment aussi des lignites. On trouve des bois carbonisés au Bouscat, à Bruges, dans la Garonne, dans la Dordogne, la Gironde, à Tabanac, Arcachon, les côtes de POcéan, Hourtins, Saint-Magne, Pont-Mazois, près de Pessac, etc., des lignites compactes à Cubzac, Macau et Martillac. Des lignites schistoîdes à Capejron (Mérignac), Macau et Martignas.

n* CLASSE. — ROCHES.

Cette classe est la plus nombreuse de cet embranchement; elle comprend : les Hlex, les calcaires, les /aluns, les argiles, les mames, les sàbUs, les sels.

Silex. — Le silex ou pierre meulière de la Gironde est d^origine lacustre, il a une pâte grossière et est souvent criblé de cavités qui le rendent propre à faire des meules de moulin. Il est en blocs détachés au milieu d^argiles. ferrugineuses appartenant au terrain tertiaire. Il n^est exploité que dans le canton de Sainte-Foj, communes de Lèves et de Saint-André, sur le plateau qui doinine la Dordogne et le vallon de la Graveuse.

Ces silex sont en bancs horizontaux fracturés et interrompus; ils renferment quelques Lymnées.

Calcaires. — Les calcaires des environs de Bordeaux, qui sont exploités à Lormont, Cenon, Saint-Macaire, Béguey, Monségur, etc., sont marins; ils renferment habituellement beaucoup d^osselets d^astéries, de nombreuses coquilles et quantité de débris de poissons et de cétacés du genre halithérium ; ils appartiennent au terrain tertiaire, étage miocène inférieur.

Dans la Gironde, toute la partie supérieure de cet étage consiste surtout en des faluns qui, notamment à Léognan, à Cestas, Saucats, Saint-Médard-en-Jalle et Salles, offîrent des spécimens de coquilles d^une richesse et d'une conservation parfaite, ainsi que de nombreux restes de poissons et de cétacés. Ces coquilles ont été décrites pour la première fois par M. de Basterot. Les espèces principales sont : Oliva plicaria, Bacclnum, Baccatum, Fascialaria burdUgàlensis, Cerithium cirictum etpHcalum, TuriUlla terebraUs, Trochus patulus, Natica glaucina, Arca diluvU, Cardium burdiçalinum, Caràula; les restes de vertèbres y sont surtout représentés par les genres : Squalodan, Delphinus, Chelonia girunâica, et une quantité de dents de squales et de sparoïdes, etc. Le calcaire d'eau douce de TArmagnac et le falun à grandes huîtres de Bazas occupent une place intermédiaire entre le falun de Léognan et le calcaire à astéries.

L'étage inférieur ou éocène est représenté dans la Gironde par les calcaires à milliolites et à orbitolites de Blaye et du Médoc, et par la molasse du Fronsadais, qui consiste en sables et en argiles gris-verdâtre oii l'on a trouvé plusieurs espèces de Paléothérium du bassin de Paris.

Les calcaires du département sont, pour la plupart, d'une dureté

GHAPITBB m. — BÂONB MINltRAL. 267

très-inégale, d*un tissu lâche, peu homogène et souvent terreux; cependant, de nombreux coteaux sont ou pourraient être exploites en pierre de grand et de petit appareil; quelques-uns le sont de temps immémoriid; mais à en juger par les débris de nos monuments antiques, les Romains préféraient aux calcaires du pays, ceux de la Charente- Inférieure, qu^ils pouvaient aisément se procurer par la voie fluviale ; on les préfère encore aujourd'hui quand la pierre doit recevoir des sculptures délicates.

Les calcaires employés ici à la bâtisse sont ou de pierre tendre ou de pierre dure. Les premiers, ordinairement assez blancs, mais quelquefois lavés de jaune, sont d'une pâte bien liée quoique souvent arénacée ; ils se taillent facilement, durcissent à Pair et résistent assez bien aux gelées. La pierre dure, moins belle de couleur, est compacte, sonore, se coupe parfiEtitement à angles vifs et dans les plus grandes dimensions.

Tous ces calcaires sont coquillers, mais les débris de fossiles qu'ils renferment sont ordinairement très-atténués.

Pierres dures. — Les principales carrières de pierres dures sont situées dans les cantons de Saint-Ândré-de-Cubzac, de Lussac, de Créon, de Targon, de Monségur, de Cadillac, de Saint-Macaire et d'Auros ('). C'est avec les pierres sorties des coteaux du Tourne, de Langoiran, de Saint-Macaire, de Frontenac, de Lugasson, de Rauzan et de Puybarban que la plupart des beaux monuments de Bordeaux ont été édiflés. Les carrières de pierres dures de la Gironde ont présenté plusieurs cavernes à ossements. En 1826, on en découvrit une importante dans les carrières de Lavison près de Saint-Macaire, à 25 m. au-dessus des basses eaux de la Garonne.

Les ossements trouvés appartiennent aux genres suivants : éléphant, àcsur, cheoal, cerf, cochon, campagnol, blaireau, taupe, hyène (').

Pierres tendres. — Les principales carrières de pierres tendres sont situées le long de la rive droite de la Gironde et de la Garonne et sur les deux rives de la Dordogne, principalement dans les cantons de Bourg, Saint-André-de-Cubzac, Fronsac, Liboume, Branne, Carbon-Blanc, Créon.

La rive gauche de la Garonne et de la Gironde ne présente que des carrières de pierres dures ou tendres très-peu importantes, qui servent aux constructions locales et ne sont que rarement exportées.

L'exploitation de la pierre, en entamant les coteaux du littoral, a produit de larges escarpements hauts de 25 à 30 m., qui permettent d'étudier toute cette formation calcaire; on voit que ces bancs sout séparés les uns des autres ou par des couches argileuses et marneuses ou par des couches calcaires susceptibles quelquefois de fournir de bon moellon, mais souvent trop friable pour recevoir cet emploi.

Calcaires lacustres. — Le calcaire lacustre recouvre une partie des communes de Blaye, de Plassac, de Villeneuve, de Cars, etc.

(<) Voir, pour plus de renseigaemeats, à l'ôtudo détaillée de ces cantons dans notre tome II.

(>j Voir, pour plus do détails, Mémoires (Actes de l'Académie de Bordeatuo, 1829, p. 213), et Actes de la Société Linnéenne, tome I, p. 60 ot suiv.; Comptc-rondu dos Actes de la Société Unnéenne, tome XXX, p. S9.

268 uvBB m. -^ PBODurrs naturels.

La route de Saint-André-de-Cubzac à Blaje passe sur cette roche exploitée sur plusieurs points pour les empierrements ou les murs de clôture. Par suite de sa dureté, elle est rarement exploitée sur plus de 1 m*. 50 c. d'épaisseur, quoique sa puissance soit plus grande; mais sa dureté empêche de descendre plus profondément.

Cette pierre, de couleur grise ou violacée, est caverneuse près de la surface, compacte dans la profondeur, et ne contient que très-peu de fossiles ; elle appartient à Tétage éocène.

Les communes de Branne et de Saint-Aubin, sur la rive gauche de la Dordogne, de Sainte-Groix-du-Mont, sur la rive droite de la Graronne, renferment aussi des calcaires lacustres (calcaire blanc de PAgenais). Sur la route de Bayonne, à la porte de Bazas, un calcaire lacustre jaune (calcaire gris de PAgenais), en lits très-minces mais peuplé d'une infinité de Pîanorbes, recouvre des marnes d'origine marine. Ces marnes reposent sur une couche qui est remplie de petites Bythinies et de Paludines, Saint-Léger de Castelnau, Beaulac (Cudos) et plusieurs autres communes landaises offrent le même genre de calcaire, mais il n'a quelque importance que dans celles de Léognan et de Saucats, où il a été exploité comme pierre à bâtir pour quelques constructions rurales. C'est un calcaire silico-mameux brechitique, à taches noires et brunes, sur un fond gris sale; quelques morceaux sont tigrés et reçoivent un poli grossier (calcaire gris de l'Agenais.)

La couche de calcaire lacustre est établie à Saucats entre deux couches marines et renferme des Pîanorbes, des Lymnées, des Hélices, des Cyclostomes, des Bythinies.

Pierre à chaux, — Dans presque tout le département, les calcaires du pays sont exploités pour la fabrication de la chaux, mais ils ne donnent en général qu'une chaux grasse moyenne. Nous devons^ en excepter les calcaires d'eau douce de la commune de Plassac, qui produisent une excellente chaux hydraulique.

Paluns. — Les faluns sont une richesse naturelle propre à la rive gauche de la Garonne. Il n'y a malheureusement qu'un très-petit nombre de cultivateurs qui sachent en tirer parti.

Les faluns occupent une zone interrompue, à peu près parallèle au fleuve, longue d'environ 40 kilom. sur une largeur moyenne de 10 kilom. Dans cette zone, les communes les plus remarquables par leurs faluns et leurs débris fossiles sont :

Saint-Michel db Castelnau et'Giscos, sur les bords du Ciron. Dépôt de fossiles.

Bazas, sur les bords du Beuve. Dépôt de fossiles marins et d'eau douce.

NizAN, sur les bords du Ribedieu et du Pesquey, abonde en Neriles et en Cerithes.

Landiras, sur les bords du Guâ-Mort, renferme beaucoup de turriielles.

Labrèob et Saucats, sur les bords du SaintJean, ont de nombreuses couches; sur quelques points le dépôt marin est superposé a un dépôt d'eau douce. On y trouve des Neriles, des Cerilhes, des Buccins, des Olives, des lucines, des Vénus, des Lutraires, des Afactres, etc., etc., qui

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