‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 160 sur 701 · CHAPITRE ni. — RÈGNE MINÉRAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni. — RÈGNE MINÉRAL

earactensent ces falims, ainsi que des dents et des débris de poissons et de cétacés.

Martillac, sur les bords du ruisseau de Martillac. Remarquable par ses beaux Momdontes,

LéoGNAN, sur les bords de PEau-Blanche, a des dépôts très-riches en Twrritelles, Trochus, Cancellaires et en restes de CheUmiens et de Cétacés, etc.

Cbstas, sur les bords de l'Eau -Bourde, renferme de nombreuses coquilles fossiles, des débris de poissons et d'oiseaux.

Gradignan, également sur les bords de TEau-Bourde. Les LenHcuUUs caractérisent ce dépôt.

Illac, sur les bords d'affluents de la grande jalle de Saint-Médard. Grande quantité d'Âstrées.

MéniONAC, sur les bords de la Devèse. Dépôt très-remarquable par ses belles Pyrules, Cônes, Cypraa, Moules et des Phoîades pétricoles qui sont renfermées dans des pierres qu'elles ont percées.

Saini^Mbdard-en-Jalle, sur les bords de ht grande jalle de ce nom, abonde en Peignes^ en dents de poissons et en restes de Cétacés.

Bordeaux (Terre-Nègre). Ce dépôt, qui diffère de tous les précédents, se recommande par des fossiles de la plus belle conservation : Delphinules, Turbo, Orassatelles, etc. Par suite des nouvelles constructions qui couvrent les anciens emplacements où l'on pouvait se procurer les coquilles de ce dépôt, elles sont devenues très-rares.

Salles, sur les rives de la Leyre et de ses affluents. Coquilles caractérisant l'étage miocène supérieur. On y rencontre plusieurs coquilles étrangères à nos autres localités, de nombreuses dents de poissons et des débris de cétacés.

Tous ces dépôts marins sont recouverts d'une alluvion plus moderne, de terre marneuse, de sable ou de graviers mêlés de minerai de fer en grains; ils reposent le plus ordinairement sur un sable marin siliceux, mêlé de cailloux souvent percés par des Phoîades, des Pétricoles, etc.. Quelquefois ils sont superposés à des marnes argileuses ou au calcaire grossier; dans certaines localités on les trouve au milieu du grès marin (*).

Par l'effet naturel d'une dénudation du terrain, ces couches de fossiles se montrent surtout dans le voisinage des ruisseaux et jusqu'à la distance moyenne de 2 kilom. des rives. Leurs affleurements, qui commencent un peu au-dessous des sources, disparaissent sous les anciennes alluvions de la Garonne.

Les fossiles des faluns se présentent intacts et souvent encore avec leur nacre, tandis que dans le calcaire à astéries 'le teste a disparu et il ne reste plus que le moule.

Un travail très-important sur les fossiles, par M. E. Benoist, est sous presse pour paraître par souscription et par livraisons sous le titre

(<) Nous donnons, commo Jouunnct, lo nom de grés marin ii uno ospôcc de calcairo qui se prévale toujours mêlé d'une très-grande quantité de grnins de uuarl£ oi i\Q sablu. Los calcaireé sableux do LôugnuD, de Gradignan, du Suint-Medard-eu Juflc, sont les types de autre grès marin.

2*70 LIVRE ni. — PRODUITS NATURELS.

de : Description des Coquilles fossiles du terrain tertiaire moyen ou myoeène du sud-ouest de la France.

Il n^y a aucune différence entre les fossiles des grès marins et ceux des falunières dont ils sont voisins.

Dans les marais du bas de la Gironde, entre Saint- Vivien et Jau, il existe des dépôts coquillers dont Torigine est toute récente, mais qui méritent d'être remarqués comme fournissant une preuve des changements que cette partie du territoire a subis. Les canaux ouverts le long de la grande digue pour l'écoulement des eaux ont mis à découvert des couches horizontales de sables alternant régulièrement avec des couches tourbeuses d'environ 48 centimètres d'épaisseur. Le sol est peu élevé au-dessus de la mer, et ce sont les coquilles de cette mer que Ton trouve dans ces sables; mais elles y sont infiniment plus nombreuses que sur le littoral. Ici tout annonce un dépôt récent.

. Argilbs. — L'argile, qui est commune dans tout le département, y est généralement exploitée pour être convertie en tuiles, briques, carreaux et poteries diverses, mais elle est presque partout mélangée de calcaire.

Cependant quelques-unes de ces argiles peuvent donner de la faïence ordinaire.

Les communes de Bazas, Fronsac, Blanquefort, Centras, Rions, et surtout celle de Sadirac, renferment des argiles de cette nature.

A Béliet, près de Belin, se trouve un gisement important d'où la faïencerie Vieillard tire d'excellents matériaux.

Il existe, dans les landes, quelques gisements d'argile réfractai re. Les anciennes verreries de Bordeaux, Carcans et Bazas, employaient à la fabrication de leurs creusets les argiles du pays. Aujourd'hui on exploite a Canéjan et Cestas des argiles servant à fabriquer d'excellentes briques réfractaires et alimentant des usines importantes. Celle qui est établie sur la propriété de M. Rollet, à Cestas, fabrique des produits très^renommés.

Certaines argiles du département renferment des cristaux allongés de chaux sulfatées, en assez grande quantité pour appeler l'attention des cultivateurs. A Eysines, dans la propriété Catros, un dépôt de lignites est surmonté de 2 à 3 m. d'argile de cette nature. A Saint- Julien (Médoc) quelques argiles présentent la même particularité.

Marnes. — La marne résulte d'un mélange intime d'argile et de calcaire en proportion à peu près égale. Elle jouit de la propriété de se déliter par l'action de l'air humide. La marne est très-abondante dans tout le département; elle s'y trouve en couches superficielles ou interposées entre les bancs de calcaire grossier; on l'y trouve aussi en nids plus ou moins considérables, souvent assez près de la surface du sol.

On sait tout le parti qu'en tire l'agriculture pour l'amendement et pour l'ameublissement des terres. Depuis quelques années ce produit naturel est tous les jours de plus en plus apprécié et recherché par les agriculteurs de notre région. De nombreux gisements ont été découverts en Médoc et sont aujourd'hui avantageusement exploités par les propriétaires de vignobles.

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La plupart des argiles exploitées dans la Gironde pour la fabrication des briques contiennent une très-grande quantité de marne.

Sablbs. — Les flots de fond qui accumulent les galets sur les plages, y amoncellent aussi des sables et des graviers en masses plus ou moins considérables. C^est à leur accumulation provoquée par le mouvement des vagues et des courants que sont dus ces bancs de sable qui deviennent des écueils dangereux pour les navigateurs et qui rendent si difficile Pentrée de la Gironde.

Les allu viens marines sablonneuses se forment d^une manière très-simple; à mesure que la vague s^étend sur la grève, elle diminue de vitesse et permet ainsi aux matières tenues en suspension dans Peau de se déposer; après quoi la vague se retire lentement. Les dépôts formés de cette manière sont ensuite heurtés par de nouvelles lames de fond et poussés plus haut; ils sont peu à peu accumulés aux points les plus élevés de la plage où, séchés par le soleil, ils sont bientôt emportés par les vents de mer qui en forment des dunes. *

Les dunes sont composées de monticules placés les uns à côté des autres, séparés par des vallons assez souvent humides, et dans lesquels le terrain détrempé s*entr'ouvre sous les pas du voyageur imprudent ; on leur donne, sur les côtes de la Gascogne, le nom de Bedouses, blouses ou tremblants. Les dunes' sont dirigées du S.-O. au N.-E., c'est-à-dire dans la direction générale des vents qui dominent sur le littoral. Ces vallons forment quelquefois des bassins qui s'ouvrent, les uns à la mer, les autres dans Tintérieur des terres, suivant Tinclinaison du terrain. Dans nos dunes du golfe de Gascogne, ces bassins forment des étangs qui acquièrent une très-grande étendue : tels sont ceux de Zacanau, de Cazau^ de Hourtin, Ce qui rend les dunes redoutables pour Thomme, c'est la violence avec laquelle les vents les refoulent dans l'intérieur des terres. Brémontier a appliqué en grand le moyen de fixer les dunes par les semis de pins indiqué par l'abbé Desbiey. Outre les dunes, les sables occupent encore une portion considérable du département; les landes en renferment à elles seules assez pour fournir matière à de nouvelles chaînes de dunes si jamais l'Océan venait reconquérir son ancien domaine. Ces sables, parfois mêlés de graviers, reposent sur une couche d'argile brune souvent très-mince, mais presque toujours indiquée. Dans les sablières de Terre Nègre (faubourg de Bordeaux), M. Jouannet découvrit, à 7 m. de profondeur et à environ 50 centimètres au-dessus du dépôt marin, au milieu d'un amas de gros sablons et d'argiles ocracées, deux molaires d'éléphant fossiles (manmiouth) très-altérées mais parfaitement reconnaissabies.

L'arrondissement de Bazas a fourni plusieurs exemples de dents d'hippopotame trouvées dans des terrains à peu près pareils.

Les sables d' Aillas et ceux de Montagoudin renferment des débris de rhinocéros.

Les sables industriels servant à la fabrication des faïences et du verre sont tirés dans la Gironde, principalement de Belin et de Beliet.

Dans presque tous les grands dépôts de sable du département, on rencontre çà et là des blocs roulants isolés, corrodés par les eaux et usés

sur tous leurs angles. Ce sont ou des calcaires grossiers, ou des grès très-compactes, ou des grès marins. On y rencontre quelquefois, près de la surface, des agglomérats tout modernes dans lesquels la chaux carbonatée incrustante a enveloppé des sables et des coquilles terrestres.

Jouannet cite, comme remarquable pour l'histoire des dunes, un sable que l'Océan rejette sur les rives du Bas-Médoc dans les gros temps et à l'époque des hautes marées. Il est violacé, composé de petits sphéroïdes de quartz hyalin jaune, roageâtre et violet, mêlé de grains de fer oxydulé magnétique. Ce même sable existe le long de l'étang de Hourtin. Il forme aussi une couche interrompue en dehors des dunes de Soulac, au bord même de l'Océan, presque au niveau de la mer basse.

Le sable que les orpailleurs venaient exploiter dans le commencement du siècle dans les délaissements de la Garonne, près de Langon, contenait des granules de ce fer oxydulé magnétique.

Sels. — Chlorure de sodium (sel marin). — Ce sel se trouve en efflorescence sur les sables et les plantes marines, mouillés à la marée haute par la mer, pendant les chaleurs de Tété.

On récoltait le sel marin dans les marais salants à Audenge et à Saint Vivien. Ces marais ont perdu toute leur importance. Ils sont transformés en pêcheries.

Nitrate de potasse, — Les salpêtres forment une branche d'industrie très-considérable, soit comme ingrédient de la poudre à canon, soit pour la préparation de l'acide nitrique (azotique). A Lormont, à Floirac, à Bourg et sur la route de Bourg à Saint-André-de-Cubzac, on remarque beaucoup de calcaire nitrifère, mais compacte. Ces calcaires, exploités pour la construction, fournissent des matériaux de mauvaise qualité qui rendent nos maisons insalubres. L'exploitation comme carrière de salpêtre en serait très-simple si l'on trouvait des parties assez riches pour qu'elle soit avantageuse.

III« classe. — MÉTAUX.

Fer. — Le minerai de fer se rencontre surtout dans la partie méridionale des landes, mais plus particulièrement aux endroits ou le sol, aride et un peu déprimé, forme de larges bassins inondés pendant l'hiver. Dans ces localités, peuplées de maigres ajoncs, de fougères, de carex et de bruyères, le minerai se trouve tantôt en grains ordinairement voisins de la surface et par couches qui dépassent rarement 70 millim., tantôt en petites masses isolées, plus rarement en couches continues dont répaisseur atteint tout au plus 3 décim. Quelquefois on en rencontre deux ou trois bancs superposés les uns aux autres, séparés seulement par une mince couche de minerai en grains.

Ces fers, mêlés à ceux du Périgord, ont longtemps alimenté les forges de Beliet, Lugos, Castelnau-de-Mesme, Beaulac, etc. Les principaux gisements appartiennent aux communes de Salles, Saint-Léges, Saint- Symphorien, Cabanac, la Teste, Audenge. Ils sont aujourd'hui presque entièrement épuisés et tout a fait abandonnés depuis que les traités de

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commerce ont permis aux fers étrangers de lutter avec nos fers landais et ont amené la fermeture de la plupart des forges de nos landes (').

11 existe bien d^autres gisements de minerais de fer en dehors de ceux que nous venons de signaler, car les hydrates de fer sont très-répandus dans nos landes; c^est le fer hydraté qui cimente presque partout les poadingues de Talios ; c'est lui qui quelquefois, agglutinant et solidifiant autour des racines d'arbres les sables siliceux qu'elles traversent, les enveloppe d'un véritable grès ferrugineux et forme ainsi des tuyaux de dimensions variables.

Les géodes et les œtites, que nous rencontrons dans nos dépôts artificiels, le grès ferrugineux que le Landais appelle pierre de fir et qu'il emploie jdans ses constructions rurales, la greluche, nom local d'une autre espèce de grès qui, sous le minerai en roche, descend en protubérances stalacti formes dans les sables inférieurs, tous ces produits naturels sont l'ouvrage du fer hydraté.

Le fer sulfuré jaune et blanc, assez rare dans les calcaires du département, se montre dans les argiles partout où elles ont enveloppé des bois déposés avec elles. La commune de Cestas est la seule où M. Jouannet ait trouvé, près d'une ancienne tuilerie, ce minerai assez abondant pour mériter peut-être xm jour d'être extrait comme propre à quelque fabrique de vitriol et de cendres végétatives.

Or. — L'or graniliforme se trouve en grains ou pépites dans le sable de la Garonne. Il y a environ une soixantaine d'années qu'on exploitait les sables délaissés par la rivière aux environs de Langon; on a trouvé quelquefois certaines pépites d'un poids assez considérable. Cependant cette industrie ne trouvait pas à rémunérer le personnel qui s'y adonnait et a dû être abandonnée.

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