S IX — USAGES PARTICULIERS
Les mâts couronnés de fleurs, plantés le 1®*" mai à la porte d'un maire chéri de sa commune; les charivaris donnés aux veufs qui se remarient, le gui-l'an neuf, les œufs de Pâques et tant d'autres usages populaires ont presque tous disparu des habitudes de notre département; un de ceux qui existent encore un peu, c'est l'usage des feux de Saint- Jean, qui se répètent à la Saint-Pierre. Les croix fleuries, que le voyageur voit clouées au-dessus des portes dans nos hameaux et nos villages, ont pas.^ trois fois dans la flamme des bûchers de Saint- Jean ou ont été bénies le jour des Rameaux. Nos paysans ne connaissent pas de meilleur préservatif de la foudre.
L'exagération que nous avons quelquefois entendu reprocher au peuple de Bordeaux se montre dans les dimensions qu'il donne au faisceau de fleurs à distribuer par les mariées, et auxquels on donne dans notre département le nom de courotme. Souvent, il faut un brancard' et deux hommes pour la porter. Le cerceau qui forme sa base a plus d'un mètre de diamètre, et la cloche en fleurs qui le surmonte, couronnée du bouquet nuptial, a le double de hauteur. C'est affaire de vanité. A l'ampleur de la couronne, on juge de la dépense ; au nombre des bouquets de roses roses et de roses rouges ou d'œillets, on peut calculer le nombre des invités. Les roses roses sont destinées aux dames, les œillets ou les roses rouges sont pour les hommes. L'usage antique d'une jonchée de myrte ou de laurier aux domiciles des mariés et à l'église s'est conservé dans le département.
La fin du carnaval se célèbre à Bordeaux de manière à caractériser la gaieté nationale. Voici comment Jouannet décrivait cette fête en 1840 :
« Quelque temps qu'il fasse le mercredi des Cendres, Caudéran, une commune de la banlieue, voit accourir tout le peuple de la ville : c'est la dernière explosion *des joies du carnaval. Ce fut peut-être autrefois un pèlerinage. Depuis deux heures jusqu'à la nuit, les deux côtés de la route sont couverts de piétons et de masques grotesques : au milieu circulent les voiturfc.' Les guinguettes et les maisons de campagne sont remplies; pendant quatre heures, c'est un délire de gaieté, une espèce de satumale. Un plat de limaçons est le mets obligé de la fête. »
Ces lignes, qui étaient très-exactes il y a trente-cinq ans, quand elles furent écrites, ne le sont plus aujourd'hui : la foule continue bien k se porter tous les ans sur la route de Caudéran, mais elle n'y trouve plus que quelques rares masques déguenillés : ce délire de gaieté d'autrefois a bien diminué. C'est encore une vieille tradition qui disparaît.
Quelques communes du Médoc et des Landes offrent dans les cérémonies des mariages et des funérailles des usages particuliers.
Le jour des noces, la future choisit un de ses parents, lui donne un mouchoir et le nomme porte-emeigne. Le mouchoir, attaché à un br'iton