S V — ÉCLAIRAGE
Les premiers essais d'éclairage au gaz de la ville de Bordeaux remontent à 1832, époque à laquelle M. Benel, directeur d'une Société anonyme peu importante, fut autorisé a canaliser quelques quartiers de la ville pour y distribuer du gaz extrait de la résine. A partir de 1836, une plus grande extension fut donnée à l'éclairage au gaz de la ville; un cahier des charges fut dressé par l'Administration municipale, et à la suite de modifications apportées en 1838, il fut procédé à ime adjudication ù laquelle prit part la Compagnie continentale du Gaz de Londres. Cette Compagnie, qui n'avait soumissionné que pour un an, fut déclarée
(f) Nous extrayons la plupart de ces documcnis du pnipîcr bulletin de la SoriHé de Géographie commereiah de Bordtauw,
adjudicataire le 28 août 1839 et, après plusieurs prorogations successives de gré à gré, cette concession n^a pris fin qu^en juin 1876 pour passer entre les mains de la Compagnie du Gaz dé Bordeaux, qui est concessionnaire de ce service pour vingt-huit ans et six mois, suivant un cahier des charges qui accorde à la ville de Bordeaux, après ce délai, la possession des usines et de la canalisation, achetées ou créées par la nouvelle Compagnie.
Cette compagnie possède deux usines, dont Pune à Bordeaux, Tautre à la Bastide. La création de cette dernière remonte à 1859.
La consommation du gaz à Bordeaux, qui était en 1848 de 1,400,000™^* atteint actuellement près de 8,000,000°ic* dont im huitième environ pour réclairage public. Cette progression énorme que nous constatons entre 1848 et 1877, ne peut que continuer par suite de la réduction de prix accordée par la nouvelle Compagnie ; réduction qui permet d'appliquer chaque jour davantage le gaz d'éclairage au chauffage des appartements ou des fourneaux de cuisine.
Si la nouvelle Compagnie sait provoquer et faciliter la consommation, sa fabrication devra augmenter dans de grandes proportions, car on consomme à Bordeaux à peu près 35™*^- de gaz par habitant, alors que cette consommation atteint à Paris environ 81™'<^
Le prix du gaz est actuellement de 22 centimes le mètre cube pour les particuliers, et sera réduit de 1 centime après chaque période de dix ans.
Liboume et Arcachon sont les seules villes du département où Ton ait, à l'exemple de Bordeaux, créé des usines à gaz.
A Liboume, la consommation du gaz peut être évaluée à 152,000oi.c. pour les particuliers et 73,0000»^- pour l'éclairage public. Le prix du gaz y est fixé à 25 centimes le mètre cube pour les particuliers et 3 centimes par bec et par heure pour les services publics.
A Arcachon, l'usine à gaz fournit environ 100,000<°-c- de gaz aux particuliers et 15,000™-^- à la ville. Son prix est de 45 centimes le mètre cube pour les particuliers et de 30 centimes le mètre cube pour la ville.