‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 228 sur 701 · CHAPITRE l*^*". — TBMPS ANCIENS · texte numérisé non relu

CHAPITRE l*^*". — TBMPS ANCIENS

ainsi répartis en 1521 : six pour la théologie, deux pour le droit canon, daux de droit fran^is, un en médecine et deux pour les arts (^).

L*Université de Bordeaux n^avait point de local qui lui fût spécialement affecté ; la théologie était professée aux Grands-Carmes, le droit au colI%e des lois, la médecine dans une salle située rue des Ayres; les arts^ c'est-à-dire la philosophie et les humanités, au collège de Guyenne.

Collèges : L^ collège Saint-Raphaël. — Fondé et doté par Parchevêquc Pey-Berland, en 1442, il était institué pour Téducation de 12 pauvres ?ièTes qui se destinaient à Tétat ecclésiastique ; ils étudiaient pendant jix ans. Six de ces élèves devaient être du Médoc, patrie du fondateur. J'était déjà un véritable séminaire ; Tarchevêque Prévost de Sansac lui 3n donna le titre en 1583.

CoLLéoB DE Guyenne. — Des amis du merveilleux ont fait remonter K)n origine aux Druides, d'autres Pont daté du siècle d'Ausone; sa rentable date est celle de la fondation de PUniversité, mais sa gloire ne !ommença qu'en 1533, lorsque Jehan de Tartas vint y apporter de granles améliorations et fonda, pour ainsi dire, im nouvel établissement [ui dut plus tard sa grande renommée à André de Gouvéa, son directeur le 1534 à 1547, à Georges Buchanan, à Elle Vinet, à Jules Scaliger.

En 1547, Jean III, roi de Portugal, qui fondait un grand collège à /oimbre, enleva à celui de Guyenne Gouvéa et Vinet. De leur côté, les urats de Bordeaux enlevèrent à Paris Gélida et son ami ^ arc- Antoine luret. Ainsi, comme au temps d'Ausone, les grandes villes se disputaient es professeurs de mérite.

La haute réputation du collège de Guyenne se soutint sous Gélida et près lui sous Vinet, qui, de retour de Portugal, fut choisi pour succéder Gélida. Elle ne déchut point sous Brassier, successeur de Vinet; mais, établissement d'un collège de Jésuites, en 1573, la négligence des uccesseurs de Brassier, et surtout l'enseignement gratuit admis dans le ouveau collège, quand il ne l'était pas dans le collège de Guyenne, ameèrent la décadence, qui fut aussi hâtée par les querelles de religion, et evint telle, qu'en 1669, M. Pellot, intendant de la province, proposa ux membres du corps de ville la suppression de leur collège et son remlacement par un collège de marine où l'on enseignerait la construction avale et le pilotage. Les j urats s'y opposèrent; l'affaire alla en Cour t c'en était fait probablement de leur cause, si un nouvel intendant, ienri d'Aguesseau, né à Bordeaux et père de l'illustre chancelier, n'eut as guidé les j urats dans le parti à prendre et dans le choix d'un irecteur. Pierre Bardin, homme d'ordre et de savoir, fut choisi par (S j urats qui lui fournirent des fonds, le secondèrent de tout leur pouvoir \ le mirent à même de relever la vogue du collège de Guyenne par un [loix de bons professeurs et le rétablissement de son antique discipline. Le personnel du collège, placé sous le patronage et la direction des irats, se composait alors d'un principal, d'un sous-principal, de deiix rofesseurs de philosophie, d'un professeur de rhétorique, d'un régent de

'*} GauUicur. Histoire dp. Collège de Cw'aine, p. 0, beau vol. iii-8», 13 fr.

344 LIVRB V. — INOTRUCTtON PUBLIQUE.

seconde et de cinq régents de basses classes. Il y ayait, en outre, une chaire de mathématiques, fondée le 21 juillet 1591 par Tillustre évéque d'Aire, François de Foix-Candale, et une chaire d'hydrographie, instituée par Louis XIII en 1629. A ces moyens d'instruction, les jurats ajoutèrent, en 1744, renseignement du dessin et nommèrent pour professeur le chevalier de Basemont, artista distingué, auteur d'un dictionnaire d'architecture.

Les fonds alloués par les jurats au collège de Guyenne ne furent, dans le principe, que de 2,000 fr. assignés sur le revenu que la ville retirait de ses droits de comptablie. Après la révolte de 1547, Henri II ayant confisqué ces droits au profit de la couronne, l'allocation attnbuée au collège émana du roi, mais demeura assise sur les droits de comptablie.

En 1586, la jurade augmente cette allocation de 1,000 fr. L'allocation, ainsi portée à 3,000 fr., était versée dans les mains du principal, à charge par lui de tenir constamment les chaires pourvues de professeurs savants et non barbares, disent les statuts du temps. Il devait, en outre, payer leur traitemeùt, les menues réparations et tous les frais du service. Les 3,000 fr. n'auraient pu suffire à toutes ces dépenses ; mais chaque élève interne ou externe, à l'exception de ceux qui appartenaient à des familles notoirement pauvres, payait au principal un droit dit d'écolage de 1 fr. par mois, et chaque élève interne payait pour la chambre qu'il occupait un droit de maison, fixé à 4 écus par an ; ce droit était au profit du professeur de l'élève, mais à charge par lui de fournir à l'élève le lit, le linge, le bois, la chandelle, le blanchissage et les répétitions nocturnes à l'instar des écoles de Paris (disent encore les statuts). Quand le collège de Guyenne comptait 3,000 étudiants (*), peut-être le sort des professeurs était-il supportable au point de vue financier; mais que devenait leur dignité personnelle? Le chaperon et la robe talaire suffisaient-ils pour la défendre?

CoLLéoB DBS Jasurres. — François Baulon, conseiller au parlement de Bordeaux, fonda ce collège le 15 juillet 1571, dans le prieuré de Saint- James (*). C'est à tort qu'on a daté cette fondation de 1572, année déplorable oh Montferrant vint faire sa Saint-Barthélémy à Bordeaux.

On intrigua beaucoup, dans le temps, pour réunir au nouveau collège des Jésuites celui de Guyenne. Le trop fameux jésuite Ogier, dont les prédications fanatiques faisaient alors grand bruit à Bordeaux, s'y employa de son mieux ; les chapitres de Saint- André et de Saint-Seurin offrirent deux canonicats, si la réunion s'opérait; mais les bourgeois de Bordeaux ne voulurent pas que l'argent qu'ils avaient donné pour soutenir leur ancien collège reçût une autre destination.

Les Jésuites n'entrèrent en possession du prieuré de Saint-James et de

(i) Pour De pas trouver ce nombre exagéré, il faut se rappeler que la Faculté des Arts ftuaait partie ou ooUé(^ de Guyenne.

(*) Le prieuré de Saint-James était situé dans le Chs-Monm, et ce clos compronait l'église Saint-James, le logement des pèlerins et des pauvres, un cimetiàre, un jardin et ptusioiirs maisons attenantes, le tout entouré de mura; do là, pjr corruption, le nom de Clos Moro», clos muré^ à moins qu'on ne veuille voir encore ici un souvenir des Maures.

Page 1