CHAPITRE iw. — TEMPS ANCIENS
ses dépendances qu'en 1573. Les dispositions à prendre, pour approprier ce local à sa nouvelle destination, retardèrent même longtemps encore le plein exercice du collège. Peu de temps après, pendant les troubles de la Ligue, les Jésuites furent obligés de quitter Bordeaux. Es y rentrèrent en 1602; la jurade leur donna même, en 1604, une somme de 6,000 fr. pour rétablir et réparer les classes et le pensionnat.
On enseignait dans ce collège la théologie, la philosophie, la rhétorique et les humanités. Il y avait un principal, deux préfets, Tun pour les classes supérieures, Pautre pour les basses classes ; trois professeurs de théologie, deux de philosophie, un d^éloquence, un de poésie, six pour les autres classes. La communauté avait un pensionnat nombreux et des revenus considérables. Elle prospéra jusqu'en 1762, époque où l'ordre fut supprimé. Les Jésuites ayant été obligés de quitter Bordeaux, leur collège prit le nom de la Madelaine,
Collège de la Madblaine. — Après l'expulsion des Jésuites, les classes ne furent pas longtemps fermées; elles se rouvrirent le 7 janvier 1763. La Commission nommée pour leur installation avait fait venir de Paris des professeurs ecclésiastiques pour occuper les chaires.
En 1772, des lettres patentes, datées du 7 juin, réunirent le collège de la Madelaine avec tous ses revenus au collège de Guyenne, et celui-ci fut transféré à l'ancienne maison professe des Jésuites. D'autres lettres patentes du 17 avril 1785 confièrent l'enseignement à la congrégation des Doctrinaires.
Les professeurs qu'ils remplacèrent furent indemnisés et l'on exécuta complètement un projet conçu depuis 1763 : il fut établi dans le collège un pensionnat susceptible de recevoir au moins cent élèves sous la direction d'un principal, de deux sous-principaux et de trois maîtres d'études.
Le collège royal de Guyenne devenait florissant entre les mains des Doctrinaires, lorsque survint la Révolution.
Petits Collèges, Pensionnats et Écoles oratuttes. — Avant la Révolution, outre le collège de Guyenne, il existait dans le département de petits collèges, quelques écoles de latinité, des pensionnats et des instituteurs particuliers.
Quant à l'éducation des filles, plusieurs communautés religieuses étaient à peu près les seules maisons où elles pussent recevoir qu^que instruction : on leur montrait à lire, à écrire, à compter, un peu d'histoire, de géographie, divers ouvrages de main. L'enseignement religieux y était plus soigné que la culture de l'esprit ; mais le prosélytisme enlevait quelquefois au profit du cloître des enflants que leur famille destinait au monde. Il est doux de penser qu'aujourd'hui les conmiunautès de femmes, ou l'on suit en général des modes d'enseignement plus développés, plus sages, sans être moins religieux, n'offrent plus rien de semblable à craindre.
Les premiers exemples d'instruction primaire gratuite en fiaveur des enfants pauvres remontent au conmiencement du dix-septième siècle; ils furent l'ouvrage de quelques religieuses auxcjuelles leur iQstilnit imjMisait
ce devoir ; mais cette œuvre de chante ne fut profitable qu^aux filles. Ce n^est qu*en 1758 que les garçons jouirent du même avantage. Alors, Tarchevéque Audibert de Lussan et Pintendant M. de Toumy fils obtinrent du corps de ville qu^il fît venir six Frères de la Charité. Ces Frères formèrent quatre écoles; la ville les dota de 2,000 fr. et leur assigna pour logement des maisons pourvues des meubles nécessaires. Ainsi se trouvèrent fondées les écoles chrétiennes de garçons à Bordeaux, qui sont aujourd'hui au nombre de 10 et comptent 65 professeurs et 4630 élèves.