CHAPITRE II. — DIX-NEUVIÈME SIÈCLE
(l^au moins douze années, a fournir les bâtiments nécessaires à Tinstallation de la Faculté, à approprier les bâtiments aux besoins de renseignement et k les pourvoir du mobilier et d^une bibliothèque; cette délibération est communiquée à M. le Préfet, à M. le Recteur, et, en même temps adressée à M. le Ministre de Plnstruction publique.
Le 3 mai 1872, une proposition de loi relative à la création d'une Faculté de médecine et de pharmacie à Bordeaux est déposée à T Assemblée nationale par MM. Emile Fourcand, Adrien Léon, Simiot, Richier, Princeteau, Adrien Bonnet, Jolmston, de Carayon-Latour, marquis de Lur- Saluces, duc Decazes, etc., etc., et le 16 mars 1874, M. Paul Bert présente un rapport très-complet et très-remarquable, traitant les diverses questions concernant la nécessité de créer des Facultés nouvelles, le choix des villes qui peuvent devenir le siège de ces nouvelles Facultés et leur organisation. Comme conclusion, il demande la création immédiate à Bordeaux et à Lyon de Facultés de médecine et de pharmacie ; ce rapport est adopté le 8 décembre 1874.
Le 21 décembre 1874, le Maire de Bordeaux nomme une commission pour étudier Torganisation matérielle d'une Faculté. Cette commission se met k Tœuvre, et comprenant que l'agrandissement sur plan serait trèsdifficile et onéreux pour la ville, elle décide l'édification de la Faculté sur le terrain occupé par les hospices contigus des Incurables et de la Maternité; elle trace im programme embrassant tous les détails nécessaires aux constructions des bâtiments. — M. Micé, dans un rapport parfaitement étudié, fait connaître le jugement de la commission.
Le 24 août 1876, la Ville ouvre un concours public. Elle détermine les conditions de ce concours, le plan du terrain (9,426 mètres carrés environ), le programme détaillé des constructions. La somme consacrée k cette construction s'élève a 1,500,000 fr. Le 15 octobre 1876, la ville de Bordeaux re.'oit un nombre considérable de plans, la plupart très-remarquables, qui restent pendant plusieurs jours exposés au jugement du public, et, au mois de novembre suivant, une commission, composée de membres du Conseil général, des bâtiments civils, du doyen et d'un professeur de la Faculté de médecine de Paris, du directeur et d'un professeur de l'Ecole de médecine de Bordeaux, se réunit k Paris pour juger ces divers plans. Aucun d^eux ne réunit les conditions absolues que désirait trouver la commission. Le maire de Bordeaux charge M. Pascal, l'un des auteurs couronnés, architecte k Paris, de faire un plan général d^organisation matérielle, en combinant le sien avec ceux qui avaient été constatés les meilleurs. L'emprunt présenté aux Chambres par le Conseil municipal pour les dépenses, a été voté le 21 juin par la Chambre des députés et le lendemain par le Sénat, et, sans nul doute, les bâtiments de la Faculté bordelaise seront mis k exécution sous bref délai.
La création d'une Faculté de médecine et de pharmacie s'impose k Bordeaux par suite du développement considérable que l'Ecole préparatoire a pris dans ces dernières années, sous la direction intelligente et active de M. E. Gintrac, et sous celle de M. Henri Gintrac. Quand on compare la masure informe, étroite et obscure qui représentait en 1842
LIVRB V. — INSTRUCTION PUBLIQUE.
le bâtiment de TEcole et le monument actuel, quand on compare Tenseig^nement qui se donnait à cette époque et celui qui se produit aujourd'hui, et surtout quand on compare les moyens dMnstruction de jadis et ceux de nos jours, on n^est plus surpris de Taccroissement que cette École a subi. Locaux parfaitement appropriés à leur destination, salles de dissection vastes et salubres, sujets toujours nombreux pour la préparation anatomique, dissections obligatoires et surveillées par le chef des travaux anatomiques, laboratoires d'anatomie et de physiologie heureusement disposés, manipulations chimiques et pharmaceutiques sous la direction du chef des travaux chimiques, excursions botaniques présidées par le professeur de botanique, musée anatomique considérable, collections nombreuses de matière médicale, riche bibliothèque facilitant les recherches, vaste hôpital offrant à la science une ample moisson de faits et permettant aux élèves de s'habituer sans obstacle à Tart difficile de l'observation médicale, en un mot, tout ce que réclament les études théoriques et tout ce qui exige Tinitiation de la pratique, est largement et libéralement accordé à TÉcole de Bordeaux.
Les chaires des professeurs titulaires sont au nombre de treize :
Anatomie, physiologie, pathologis interne, pathologie externe, (hérapeutiçue, accouchements, chimie, histoire naturelle, pharmacie, clinique interne, clinique externe.
En outre, des professeurs suppléants pour la médecine, Panatomie et la physiologie, la chirurgie, les. sciences accessoires, complètent, avec le chef des travaux anatomiques et le chef des travaux chimiques et pharmaceutiques, renseignement de TEcole.
Si la prospérité d'une institution scolaire se mesure par le nombre des personnes qui viennent y puiser l'instruction, elle est incontestable pour l'École de Bordeaux ; témoin la statistique des inscriptions prises dans ces vingt-cinq dernières années.
Inscriptions à l* École secondaire de médecine et de pharmacie.
AlXiU KdLAltU.
1I8CKIFTI0IS
IMMiAf.
Fkanucic.
lorAoï.
Anin scouiRU.
iisGiiPriiii
IMKilt.
Pkarwcie.
imn.
La prospérité de l'École de médecine et de pharmacie est donc incessamment croissante. Le nombre des élèves augmente, les études .se développent sur de plus larges bases et se fortifient, le niveau des examens