S X. - COURS MUNICIPAUX
CouTB de Géométrie et de Mécanique appliquées aux arts.— Ce
cours a été fondé par la ville en 1832. Il comprend renseignement de la géométrie plane et de la géométrie dans Tespace, de la trigonométrie, de la géométrie descriptive, de la statique et de la mécanique industrielle. Ce programme embrasse les diverses connaissances exigées pour robtention du grade de conducteur des ponts et chaussées. Il est développé en quatre années.
Indépendamment des leçons théoriques qui ont lieu le soir, deux fois par semaine, dans la grande salle de FAcadémie, rue Jean-Jacques-Bel, et qui admettent indistinctement tout auditeur sans inscription préalable, le professeur dirige chaque année des opérations pratiques faites sur le terrain par des élèves spécialement inscrits. Ces opérations ont pour objet les applications diverses de la trigonométrie, le levé des plans, le nivellement et en général Tusage des instruments topographiques dont
le cours est abondamment pourvu. Ce cours figure au budget de la ville pour la somme de 3,000 fr.
Cours de Botanique. — Dès Tannée 1629, Bordeaux possédait un cours gratuit de botanique fait par MM. Lopez et Maures, docteurs en médecine. En 1726, les jurats voulant encourager une étude qui se rattache si intimement à celle de la médecine, fondèrent un jardin des plantes près Tenclos Arnaud Guiraud, et nommèrent un professeur de botanique dont le traitement était de 300 fr. par an pour faire un cours public et gratuit trois fois par semaine durant les mois de mai et de juin.
Cet établissement a éprouvé plusieurs mutations, les cours ont même été souvent suspendus. De 1730 à 1750, le jardin fut transféré rue Mautrec : c'est là que professèrent successivement les docteurs Grégoire, Séris, Castets et Campaigne, savants distingues du siècle dernier. Sous rintendance de M. Dupré de Saint-Maur, l'école et le jardin furent installés près des Incurables; plus tard, on les transféra à Baratet, près de Saint-Nicolas, c'est là que professa le célèbre François Latapie. (Voir notice biographique tome III). De Baratet, ils passèrent au Jardin du Palais archiépiscopal. Sous la préfecture de M. Thibeaudeau (1799), ils allèrent occuper une partie de l'enclos des Chartreux, où ils furent dirigés par M. Dargelas, jusqu'en 1837,
Là s'arrêta ce que nous pourrions appeler la première période de nos cours de botanique, période durant laquelle l'étude des plantes n'était pas encore faite scientifiquement dans notre pays. La connaissance empirique et routinière des plantes médicinales était le but unique que se proposaient d'atteindre les professeurs. L'anatomie, l'organographie, la physiologie, les classifications méthodiques et naturelles étaient alors lettres closes; il est une exception à faire en faveur du professeur Fr. Latapie, qui devança un peu son époque.
La seconde période commença à l'arrivée de M. Gachet (1837). Dès lors, le professorat s'incarna dans la personne du directeur du jardin des plantes, et les cours s'inspirèrent des découvertes et des progrès successivement réalisés ailleurs pendant un demi-siècle ; en 1842, le vénérable M. Laterrade désira continuer le cours de botanique et il le professa jusqu'à sa mort (novembre 1859), M. Durieu de Maisonneuve le poursuivit jusqu'en 1873, époque à laquelle il pria le maire de Bordeaux de le décharger de cette tiche devenue trop lourde pour lui, tous les jardins et squares de la ville venant d'être réunis à la direction du Jardin des Plantes, confiée alors aux soins de ce savant botaniste.
En 1874, commença, pour notre cours de botanique, ime troisième période. M. Armand Clavaud, botaniste des plus érudits, mais étranger à l'administration du Jardin des Plantes, fut chargé de succéder à M. Durieu de Maisonneuve. M. Armand Clavaud a remplacé son maître et ami avec un succès complet. Son cours est fait avec l'aide de grands tableaux, oîi un nombre considérable de figures, grossies suivant la nécessité, viennent graver dans l'esprit des auditeurs l'ensemble des faits anciennement ou nouvellement acquis à la science en France et à