‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 278 sur 701 · CHAPITRE IV. — BIBLIOTHÈQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — BIBLIOTHÈQUES

volumes de chansons histoiûques ou satiriques et de vaudevilles, contenant, au sujet de bien des personnages du dix-septième siècle et du commencement du dix-huitième, uhe foule de détails piquants, quUl ne faudrait pas accepter sans réserve (*).

Dans la classe des sciences et arts, nous signalerons, en première ligne, plusieurs manuscrits, avec ou sans nom d'auteur, dont le sujet se rapporte aux œuvres d'Aristote ou aux commentaires dont elles ont été l'objet; une traduction d'Hippocrate, en langue romane, et un précieux nanuscrit intitulé : De perspeciiva pingendi, auctore Petro pictori Burgensi, n-P, sur papier fort.

Les manuscrits relatifs à Thistoire sont les plus curieux de notre )ibliothèque ; nous signalerons entre autres trésors :

Deux cartulaires de l'abbaye de la Sauve, in-f**.

Translation de la première guerre punique que compila maistre Léonard de [retio (Léonard Bruni), 1 vol. in-f^, sur parchemin, 76 feuillets /'1445).

Une traduction de Tite-Live par le bénédictin Bercheure, manuscrit mé de miniatures précieuses et sur lequel M. A. Gautier, ancien maire e Bordeaux, a publié une notice importante dans les Actes de V Académie ? Bordeaux.

Le livre deus privileyges de Bntre-due-Mars, contenant les privilèges îcordés par les rois d'Angleterre aux habitants de l'Entre-deux-Mers et enquête dressée, sur les torts à eux faits par les officiers desdits rois, i-4o, 24 feuillets (treizième et quatorzième siècles).

Becueil épistolaire, formé à l'aide des papiers de Burchard, célèbre notaire s la chancellerie des papes, durant la seconde ihoitié du treizième siècle. a savant de premier ordre, M. Léopold Delisle, en a fait l'objet d'une mmunication importante à l'Académie des Inscriptions (séance du ► avril 1877); il y signale une source historique d'une pureté irréprocha- 3, à laquelle on peut puiser les informations les plus certaines sur les énements qui agitèrent le monde chrétien, depuis 1261 jusqu'en 1287. >ir le Journal officiel du 24 avril et la Beoue des questions historiques, XXII, p. 304.

Nous devons signaler, d'une façon toute spéciale, une collection des mbreuses copies des registres secrets du Parlement de Bordeaux, dans [uelle M. Boscheron des Portes a puisé de précieux documents pour îistoire du Parlement de Bordeaux, qu'il a terminée quelques jours avant mort, et qui vient d'être publiée par les soins de M. Brives-Cazes,

manuscrit des compositions historiques de Bernard Gui, qui fournit mportants secours pour l'édition nouvelle des écrits destinés à faire tie des Historiens des Gaules, recueil de premier ordre, entrepris il y a

siècle et demi par les Bénédictins, continué pur l'Académie des Ins- )tîons, et dont le XXIII® volume a récemment paru. >cs manuscrits de jurisprudence sont nombreux dans la collection de

Oa peul regarder ce recueil comme un extrait de la fameuse collection manuscrite lée p<-ir les soins du comte do Mauropas, et qui, conservée à lu Bibliottiôquo nationale, pie 64 volumes. 11 en a été publié quelques nxiraits dans le Nouveau Siècle de Lùvis XI v ts, Garnier, 1800) et dans un recueil en 6 volumes, in-18, imprimé à tiruxeiles en 1866.

426 LIVRE V. — IXSTUUCTION PUBLIQUE.

Bordeaux, par le motif que le droit canonique ou ecclésiastique occupait une place considénible dans les bibliothèques du moyen dge et dans celles des temps qui ont précédé notre époque.

Les manuscrits de théologie sont encore plus nombreux ; ils contiennent beaucoup de copies des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament; leurs commentaires très- variés, des traités de théologie scolastique, des sermonaires et plusieurs ouvrages purement ascétiques. Et, au milieu de ces lourds et tristes volumes, brille, comme une perle, un véritable bijou paléographique, le Cérémonial des Carmes déchaussés, écrit, dessiné et relié, au dernier siècle, avec un luxe et une élégance que le règne de M*"® de Pompadour n'a jamais dépassé. Chaque miniature forme un véritable tableau d'une valeur inestimable.

Deux manuscrits, d'un caractère religieux et provenant de pays étrangers, méritent une mention spéciale. L'un a été donné à la Bibliothèque de Bordeaux par M. Ochea, en 1836; il est accompagné de cette note: Modèle d* écriture Schingalie ou Ceylanaise. C'est l'évangile selon saint Luc traduit de Schingali en Pâli, ou langue sacrée de la presqu'île au delà du Gange (*). Ce livre est composé de feuilles de coryphe du Malabar. Les Malabares écrivent sur ces feuilles, qui ont la forme d'une règle, en y traçant, avec un stylet de fer, des caractères qui, pénétrant dans leur épiderme supérieur, deviennent ineffaçables.

L'autre manuscrit est en langue arabe ; il a été trouvé dans la bibliothèque des capucins de Cadillac.

Pendant que nous parlons de manuscrits étrangers, n'oublions pas de rappeler les divers manuscrits, les uns arabes, les autres barbaresques ou turcs, offerts par M. le général Daumas à la bibliothèque de Bordeaux.

A côté des manuscrits en volumes ou en cahiers, notre bibliothèque possède, par centaines, des autographes ou de simples signatures d'hommes célèbres qui comptent au nombre de ses plus belles richesses.

Nous citerons, en tète, une quinzaine de volumes, portant la signature de Montaigne, qui ont attiré l'attention de tous les érudits venus à Bordeaux, et qui cependant sont bien peu de chose à côté du célèbre exemplaire de la 3^ édition des Essais, publiée à Paris en 1588, et dont les marges sont couvertes de corrections ou d'additions, tracées de la main même de l'immortel philosophe; une foule de passages y sont supprimés ou modifiés par des corrections interlinéaires. Il y a là d'inappréciables matériaux pour une édition définitive des Essais; mais jusqu'ici il n'en a pas été tiré parti. A peine quelques éditeurs de Montaigne: Naigeon en 1802, Amaury Duval en 1820, y ont-ils puisé quelques leçons nouvelles. A cet égard, tout reste encore à faire (*).

En terminant notre étude sur la Bibliothèque de la ville de Bordeaux, nous devons signaler la collection de livres relatifs à Bordeaux ou à des Bordelais, connus à divers titres, collection déjà très-étendue et offrant de

(1) (iondullur, an siijol do coUo lani^uo sacréo du IV)udliisnio inèridiuual, Touvraj^o do MM. K. Huriiouf et C. Lassen : Etsatsui- le Pâli; Paris, 18ài, iu-S".

,<) Vuir une brocliuru iuipriinùj uu 18.'<6. ùerons inédites des Essais de Montaigne^ pur ua luombru du rAcudémio do Bordeaux ( G. Bruuoi).

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