CHAPITRE IV. — BIBLIOTHÈQUES
lui que Ton doit la mise en ordre de ce vaste dépôt, aussi bien que la rédaction des principaux catalogues. Il eut pour adjoint, dans Torigine, M. Latapie, qui avait été secrétaire du grand Montesquieu.
JouANNET, savant distingué, membre de PÂcadémie, succéda, le 18 octobre 1830 à M. Monbalon, et dirigea la bibliothèque jusqu'au 10 avril 1845, époque à laquelle il est mort, dans sa 80^ année.
Dblas succéda à Jouannet, après avoir été longtemps son sous-bibliothécaire, chargé de Timpression des catalogues préparés par Monbalon et de refondre celui de la théologie. Comme bibliothécaire, il consacra ses veilles, de 1845 à 1855, à faire le catalogue de la musique et des suppléments pour les belles-lettres, les sciences et arts, et l'histoire.
Calixte Dupont, avocat et membre du Conseil municipal de Bordeaux, succéda à M. Delas, le 1«' janvier 1856. Le 15 septembre 1859, il était enlevé, jeune encore, à ses fonctions et à ses nombreux amis.
J.-B. Gergerès, ancien magistrat, homme d'esprit et de savoir, lui succéda le 1®' octobre suivant.
Durant son passage dans ces fonctions honorables et difficiles, il écrivit, à l'occasion de la réunion, à Bordeaux, de la 28® session du congrès scientifique de France, le travail le plus complet qui ait été fait sur la bibliothèque de Bordeaux ; il a pour titre : Histoire et description de la Bibliothèque publique de la ville de Bordeaux^ et aperçu des principaux ouvrages, soit imprimés, soit manuscrits, qu'elle renfsrme, in-8o, 2'Ï5 pages, Bordeaux, 1864.
En 1869, une n\prt subite enleva Jean-Baptiste Gergerès aux richesses littéraires et scientifiques de notre bibliothèque et aux pauvres de notre cité, auxquels il partageait ses soins pleins de vénération pour les unes et de charité pour les autres. Il était doué d'une activité rare chez un octogénaire.
Hector Mbssier, ancien professeur des classes supérieures de l'Université, ancien chef de cabinet du maire de Bordeaux, succéda à J.-B. Gergerès en juillet 1869, et il remplit encore aujourd'hui les fonctions de conservateur de la Bibliothèque. Ami passionné des livres, bibliophile aussi savant qu'il est écrivain élégant, M. Messier a publié, dans divers recueils littéraires, des articles de haute critique, ou la sûreté du jugement s'accorde avec la vigueur du style. Plus que tout autre, M. H. Messier était appelé à remplir les délicates fonctions qui lui ont été confiées.
La Bibliothèque publique de la ville de Bordeaux occupe, dans l'hôtel de l'Académie, formant le coin de la rue Jean-Jacques Bel et des allées de Toumy, 14 pièces, entièrement remplies de livres. Les deux pièces principales sont immenses : l'une a 18 m. 40 c. de longueur, 5 m. 15 de large sur 7 m. 40 de hauteur; l'autre, qui est consacrée aux lecteurs et où 40 personnes peuvent travailler à l'aise, a 15 m. 40 c. de long sur 7 m. 10 c. de large et 7 m. 40 c. de haut; l'une et l'autre sont, aux deux tiers de leur élévation, bordées d'une galerie saillante, portée par des consoles en fer.
Elle figure au budget de la ville de Bordeaux pour la somme de 20,400 fr., dont 11,400 fr. pour le payement du bibliothécaire, du sous-
bibliothécaire et de 4 employés, et 9,000 fr. pour les frais d'entretien et acquisitions de livres.
Cette bibliothèque est ouverte au public tous les jours non fériés, le samedi excepté, de II heures du matin à 4 heures du soir, et de 7 h. 1/2 à 10 heures du soir; du 1®' juin au P' septembre, les séances du soir sont supprimées, mais celles du jour s'étendent de 11 heures à 5 heures. Elle reçoit annuellement près de 10,000 lecteurs.
Les personnes qui désirent travailler le soir, doivent demander, dans la séance qui précède, les ouvrages dont elles ont besoin, dans le but d'éviter d'entrer dans les diverses salles avec de la lumière.
Durant les vacances, qui commencent le 1®' septembre et finissent le 1" novembre, la bibliothèque n'est ouverte que le mercredi, de 11 heures du matin à 4 heures du soir.
Nous voudrions pouvoir signaler à nos lecteurs toutes les richesses que renferme notre bibliothèque, comme manuscrits ou ouvrages imprimés ; mais la place nous manque ; car les ouvrages rares ou curieux se comptent par milliers ; nous devons donc ne signaler que les plus remarquables des manuscrits, et renvoyer nos lecteurs au consciencieux et savant travail de M. J.-B. Gergerès.
Manuscrfts. — La Bibliothèque de Bordeaux est loin de posséder tous les manuscrits qui auraient pu et même dû lui appartenir, si le désordre le plus grand n'avait, au commencement de ce siècle, suivi son organisation dans le local actuel.
Cependant, nous y trouvons encore 1,300 manuscrits, parmi lesquels il s'en rencontre de très-curieux. On peut les diviser comme suit :
Belles-Lettres 100
Sciences et arts (y compris la musique) 240
Histoire 280
Jurisprudence 280
Théologie 400
Dans ce nombre ne sont compris ni les manuscrits de Bernadau, achetés par la Ville en 1860 (ils forment environ 106 volumes), ni une centaine de volumes in-folio ayant appartenu à l'ancienne Académie de Bordeaux et contenant des mémoires envoyés aux concours sur divers sujets . ainsi que des travaux particuliers de plusieurs membres de l'Académie. Presque tous ces mémoires sont relatifs à des questions de médecine, de physique, de chimie, et des sciences naturelles ; un très-petit nombre sont relatifs à l'histoire.
Le catalogue de ces divers manuscrits demandait une grande patience, jointe à des connaissances variées. 11 a été vainement entrepris par MM. de Cayla, de Conilh et Jouannet. Il était réservé à M. Jules Delpit de mener à fin ce long et difficile travail. Le Conseil municipal de Bordeaux a voté des fonds pour la publication de ce catalogue, dont l'impression est déjà fort avancée, et qui, nous l'espérons, sera bientôt terminée.
Nous signalerons quelques trésors, tels que :
1^ Un roman de chevalerie, en prose, du quinzième siècle ; 2^ douze