‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 358 sur 701 · PRAIRIES NATURELLES · texte numérisé non relu

PRAIRIES NATURELLES

; prairies naturelles du département peuvent se diviser en quatre les classes : 1° prairies de palus; 2P prairies basses; 3° prairies nageuses; 4** prairies sèches. Les trois premières bordent la Gironde, rdogne, la Garonne et quelques-uns de leurs principaux affluents; Y occupent des terrains que l'on désigne sous le nom général de

Les prairies sèches se trouvent dans les vallons et souvent sur des as supérieurs.

première classe comprend les prairies de palus sèches les moins Ses aux crues subites de nos rivières. Au second rang viennent ces 3S plus basses, plus humides, plus sujettes aux dégradations des

et dont le foin n'a jamais la bonté de celui des prairies de palus ;. Enfin les prairies marécageuses sont celles qui, souvent inondées, euplées d'herbe de marais. Quelques-unes de ces dernières prairies Qt un foin très-inférieur, dont les animaux se contentent, faute de ; mais beaucoup d'autres ne peuvent être considérées que comme irais dont le meilleur produit est le jonc et la bauge (*).

meilleures prairies de palus sont situées dans les vallées de la ae, de la Dordogne, de l'Isle et de la Dronne. Elles produisent à 6,000 kilog. de foin par journal de 33 ares, y compris le regain

n local do plantes de marais servant de litière et formant d'exccUonl fumier.

qui entre à peu près pour un quart dans ce produit total (^) et se paie environ 1/3 de moins que les premières herbes. Les prairies marécageuses S(>nt plus productives dans les années sèches et chaudeit, mais leur produit est toujouis d'une qualité inférieure.

Dans la vallée de la Gironde, les prairies de palus sont assez étendues, surtout sur la rive gauche de notre beau fleuve. Elles conservent le nom de palus depuis l'embouchure de la Garonne jusqu'à Saint-Christolv ; mais de ce dernier point jusqu'à Soulac, on les nomme prés salés et malles: on désigne ainsi les riches délaissements de la Gironde et les terres qui ont été conquises sur son domaine, grâce aux digues construites par les Flamands qui vinrent au xvii® siècle dessécher les marais des bords de la Gironde, appelés depuis polders de Hollande, Ces mattes, d'une fertilité prodigieuse, sont propres à toutes les cultures et nourrissent des quantités de bestiaux des races bovine, ovine et chevaline. Le principe salé que contiennent la plupart des foins récoltés dans ces mattes est très-favorable à l'engraissement des bestiaux.

Du côté opposé, sur la rive droite de la Gironde, le canton de Saint- Ciers-La-Lande présente de vastes marais desséchés de la même manière par les l'iamands, et possède d'excellentes prairies.

Las prairies de vallons de notre département sont généralement très-mal entretenues ; aussi ne donnent-elles qu'un revenu médiocre, en rapport du reste avec les soins qu'elles reçoivent. Nous devons cependant excepter celles des vallons du Drot et celles qu'arrosent le Ciron, TEuille, le Moron, la jalle de Blanquefort.

Quelques-unes de ces prairies rendent jusqu'à 4,000 kilog. de foin par journal ; mais la plupart demandent à être fumées.

Ces deux derniers vallons ont aussi leurs parties marécageuses.

Quant aux autres vallons de l'intérieur dans les arrondissements de Libourne, de Bazas, et dans l'Ëntre-deux-Mers, la plupart des ruisseaux qui les arrosent ayant leur lit au milieu de terrains accidentés, quelquefois entre des coteaux sujets à être ravinés, les prairies y sont exposées à de fréquentes dégradations. Le rachat des sinuosités trop répétées, un meilleur entretien des ruisseaux, éviteraient souvent que toutes les espérances d'une année soient anéanties parles pluies abondantes et les débordements qui arrivent quelquefois au moment de la fenaison.

Les prés secs situés sur la déclivité de quelques coteaux ou sur des plateaux élevés donnent des foins estimés, mais en général peu abondants. Cependant, lorsque l'art vient au secours de la nature, quand ces prés peuvent être irrigués convenablement, ils rendent jusqu'à 3,000 kîL de foin par journal.

Dans les landes, les prairies naturelles donnent ordinairement, suivant la qualité du sol, de 1,000 à 2,000 kilog. par journal; celles qui sont bien fumées et irriguées à volonté, ont produit jusqu'à 3,000 kilog. Nous avons observé que ces prairies tendent tous les jours à diminuer de valeur, par la présence de végétaux parasites qu'on ne détruit pas assez soigneusement.

(*) C'est aux cUalcura sècUos do nos ûl6s qu'il faut attribuer co peu do rcgaiu.

Page 1