S II- — TAILLIS
Les bois taillis du département soumis à des coupes réglées sont en
3enc6 de chêne, d'acacia ou de châtaignier.
Cilônes. — On distingue deux espèces dominantes : le càêne blanc,
lercus pedunculata (Willdenow), et le càêne noir, Quercus robur.
La première espèce peuple surtout les bois de l'Entre-deux-Mers et le
ritoire situé rive droite de la Dordogne.
Le chine noir appartient plus particulièrement aux landes et aux graves
la rive gauche de la Garonne et de la Dordogne; ce dernier croît ins vite que le chêne blanc, mais ses produits, plus estimés, se vendent moins 10 0/0 de plus.
!^es cantons où les taillis de chênes ont le plus d'importance sont ceux .aros, de Langon, de La Brède, de Podensac, de Pessac, de Castelnau, Baint- Laurent, de Lesparre, de Créon, de Branne, de Cadillac et de tout rondissement de La Réole. Les arrondissements de Libourne et de ye sont ceux qui sont le moins boisés. Plusieurs cantons ne possèdent
assez de bois pour leur consommation.
«s taillis peuvent se diviser en deux classes : la première comprend ï. qui occupent les meilleurs fonds à proximité des rivières ou des ;es; ils sont assez bien entretenus, quoiqu'ils ne soient ni alignés ni Lcés convenablement; la deuxième, dont on trouve de nombreux imens dans les landes, comprend les taillis situés dans les fonds peu luctifs auxquels on ne donne aucun soin, où les pins sont mêlés aux les, où les bestiaux vont souvent pacager et détruisent les jeunes ises, où les coupes faites sans soins et sans prévoyance couvrent à e les frais d'exploitation.
i création des taillis de chênes se fait dans les terrains argilo-calcaires ilico-calcaires, en posant du gland sur le sol qu'on a légèrement oprié dans ce but. La nature fait le reste. La dépense qu'entraîne cet xiencement ne s'élève pas à plus de 30 fr. par hectare en moyenne. 3te cependant dans les pays plats à surveiller les fossés d'écoulement aux ; la terre provenant de leur récurage est étendue sur le sol aux ons des fossés et l'améliore beaucoup, ainsi que les feuilles qu'on y ; pourrir au lieu de s'en servir comme litière.
us nos bons bûcherons ont soin de laisser la couronne du taillis nde, d'y faire toutes les entailles obliques et de ne laisser paraître i molgrnon, pour éviter que la souche ne devienne caverneuse et ne 36 de bonne heure.
3 coupes sont réglées par périodes de dix, douze à quinze ans, Dt la qualité du terrain et la vigueur du taillis. C'est-à-dire que dans
un bois de 120 hectares on en coupe régulièrement dix par an en ne laissant de grands arbres se développer que sur la lisière du bois.
Dans tout le département, le produit des taillis se débite en fagots et en bourrées. Quand le fagot prend le nom de /aissonnai, il doit avoir 1™46 de longueur et 72 centimètres de circonférence au premier lien. Les faissonnats se vendent sur place de 65 à 80 fr. le cent. Ils rapportent davantage lorsque Técorce des bois noirs est demandée pour la tannerie.
Le nombre des faissonnats produits par la coupe d^un hectare varie beaucoup suivant la nature du terrain et le nombre d^années qu'on laisse entre chaque coupe. Dans des conditions moyennes, il est de 800 à 1,000,
On fait aussi, avec les branches et quelques petits troncs, de petits fagots qui se vendent de 25 à 35 fr. le cent, selon la qualité, et dont le nombre est. encore plus variable que celui des faissonnats.
Les élagages des faissonnats sont vendus sous le nom de bourrées, et généralement utilisés par la boulangerie et les fours à chaux ou à tuiles. Les bourrées se vendent 10 fr. le cent.
Les frais de culture et d'exploitation se composent de Pentretien des fossés, haies et clôtures; de la coupe, du liage et du transport sur la lisière dvC bois. Quelques propriétaires nettoient leurs taillis à la cinquième pousse, et trouvent, dans la vigueur des pousses suivantes, une large rémunération de leurs dépenses. Le produit de cet élagage suffit souvent à payer les ouvriers qui Pont fait.
Le Chêne dans les landes. — Nous ajouterons, à propos des taillis de chêne, que leur exploitation dans les landes a fait des progrès et qu'elle est susceptible d'y prendre un développement considérable, le jour où ces régions, plus méconnues que déshéritées, seront im peu plus peuplées et lorsque les propriétaires sauront y dépenser avec intelligence quelque argent pour les assainir sans les dessécher complètement, lorsqu'ils voudront attendre quelques années les revenus de leurs capitaux, imiter en un mot l'exemple donné par quelques propriétaires et surtout par M. Chambrelent, dans ses landes de Saint- Alban (Cestas), oii nous allons prendre le type d'une culture rationnelle du chêne.
Après avoir assaini la lande par un système de canaux à ciel ouvert, quand le sol est couvert de bruyères on le défonce à la bêche ou à la pioche à une profondeur moyenne de 20 centimètres, de façon à le nettoyer. Des lignes sont tracées à 1"^50 les unes des autres, et sur chacune d'elles des glands sont posés dans des trous espacés de 1 mètre. On sème les glands à la fin de l'hiver ou au commencement du printemps.
En raison des végétations secondaires qui auraient envahi le sol, on fait des binages pendant quelques années. Pour couvrir les frais de cette opération on a cultivé pendant les trois premières années des pommes de terre entre les lignes distantes de 1°>50. Les produits de cette culture peu productive sont abandonnés à l'agriculteur pour prix de son travail.
Dès l'âge de quatre ans les brins de taillis ont atteint 3 à 4 mètres de hauteur; on ne laisse alors que les plus vigoureux; on enlève tous les rejets traînants, qui servent à lier les fagots et qu'on nomme harts ou certes et qu'on vend au prix de 50 centimes le cent.