‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 426 sur 701 · CHAPITRB IV, INDUSTRIES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRB IV, INDUSTRIES ALIMENTAIRES

C^étaît aatrefois une industrie libre, soumise seulement à un léger droit annuel de 3 sols payé à la maîtrise des eaux et forêts. Elle employait un grand nombre de pêcheurs et de bateaux appelés JUadières, mais depuis la loi du 14 floréal an X et rétablissement des licences, le personnel et le matériel ont diminué dans une proportion aussi fâcheuse pour les pêcheurs que pour Tinscription maritime.

C'est surtout dans le quartier de Langon et plus encore dans celui de Libourne aux syndicats de Branne et de Lavagnac (*) que rétablissement des licences a nui aux familles des marins classés ; il en est résulté que dans ce dernier syndicat un grand nombre d'enfants, de femmes et de vieux marins ont cherché une ressource dans la fabrication des filets, qui est devenue maintenant à Sainte-Terre et aux environs une industrie importante (') exportant fort loin ses produits.

Les bateaux généralement employés pour cette pêche et appelés flladUrei, ont ordinairement 5 à 6 mètres de quille et 7 mètres de rétrave à Tétambot, 85 centimètres sur quille jusqu'à la lisse et environ 2 mètres de largeur au milieu; l'étrave est fort haut, le mât est au tiers avec une voile en langue, on met quelquefois à Pavant un deuxième mât. Ces bateaux n'ont jamais que deux voiles et ne portent ni bonnettes, ni étaines.

L'Ostréiculture forme l'un des principaux revenus des habitants du littoral du bassin d'Arcachon ; elle tend à prendre une certaine importance à l'embouchure de la Gironde, dans la commune du Verdon.

Il est incontestable, dit M. Mouls ('), que, de tout le littoral de la France, la baie d'Arcachon est, par privilège de la nature, l'endroit le plus favoraNe à l'ostréiculture ; que, nulle part, les méthodes de M. Coste n'ont été ni mieux appliquées en grand, malgré les efforts de la routine, du dénigrement et du monopole ; que l'industrie seule des huîtres y est appelée à donner un revenu considérable, et qu'à ces divers titres, cette baie mérite un sérieux examen, une étude spéciale et distincte.

\^ Elle est un grand centre de repeuplement. Grâce à la qualité supérieure de ses fonds sablonneux et coquilliers, à l'excellence de ses eaux paisiblement agitées, les huîtres s'y multiplient avec profusion et grandissent vite; ses quinze mille hectares de superficie pourraient être facilement convertis en im vaste champ huîtrier, véritable grenier d'abondance destiné à devenir, par la rapidité et la facilité des communications, le centre le plus actif des approvisionnements des marchés français et même étrangers.

2^ Elle est non seulement un grand centre de reproduction, mais en même temps (et de là vient sa supériorité sur les autres points du littoral) un lieu de perfectionnement où ce mollusque acquiert de lui-même, tout naturellement, des qualités qui permettent de le livrer immédiatement à la consommation. Les manipulations, les préparations onéreuses,

(i) Voir, pour les divisions en quartiers et syndicit?, les pages 2K3 ol Sli do la Statistique du iuuanncl, tomo II.

(*) Vtiir notro tomu II, p. 641.

^»; Lu HftUretf i vol. iu-H. Prix : i fr. 25.

si nécessaires ailleurs, peuvent être ici en partie supprimées. Quels avantages inappréciables !

30 La qualité de ses produits est excellente. Très estimées à Bordeaux et dans tout le midi de la France, nos gravettes ont un goût exquis. Cultivées à la manière d^Ostende, elles seraient nacrées, transparentes, ânes, délicates comme les huîtres de ce nom.

Les terrains situés à Test de Tîle aux Oiseaux se prêtent merveilleusement à la transformation de nos gravettes en huîtres vertes d'une qualité supérieure à celles de Marennes.

Cette baie a été de tout temps habitée par les huîtres, tant le sol et les eaux y sont en harmonie avec les habitudes de ces mollusques. Ses huîtres portent le nom de çravettes, à cause du fond de graves et de sable qui les reçoit. Elles affectent une forme particulière qui les distingue des huîtres des autres parages. Dans la çravette, les deux valves s'allongent notablement en pointe du côté opposé à la charnière.

On peut diviser en deux sections l'industrie huîtrière :

1® Les huttrières naturelles qui occupent environ 200 hectares, en grande partie compris dans le bassin d'Ârcachon.

Elles ont beaucoup diminué d'importance depuis quelques années.

Ces huîtrières naturelles, qui ont produit, de 1861 à 1864, 12 millions 500,000 huîtres, année moyenne, soit 61,000 huîtres par hectare, ont vu leur production annuelle moyenne tomber à 12,000 huîtres par hectare de 1865 à 1868; se relever à 15,000 huîtres de 1869 à 1872 et atteindre un chiffre plus élevé de 1873 à 1876.

Statistique des huttres pêchées sur les fonds communs (huttrières naturelles) dans les quartiers maritimes de La Teste et de Pauillac,

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