‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 438 sur 701 · CHA.PITRE VI. — TUILERIES ET BRIQUETERIES · texte numérisé non relu

CHA.PITRE VI. — TUILERIES ET BRIQUETERIES

Enfin, sur la rive gauche de la Garonne ou de la Gironde on trouve quelques groupes de carrières dans les cantons de Langon, Podensac, Pauillac et Lesparre. Les carrières de Saint-Pey de Langon fournissent lepuis près de dix ans de grandes quantités de pierre analogue à celle de Saint-Macaire.

Toutes ces carrières se trouvent comprises dans les couches inférieures lu terrain tertiaire.

Au point de vue commercial, les pierres se divisent en trois catégories t)ien nettement tranchées :

I. Les pierres tendres, qui se débitent et se vendent en doublerons, pour parpaings et demi-parpaings ; ces doublerons mesurent généralement : pour les pierres de Villegouge et analogues, 60 c. X 30 X 30 ; pour les pierres de Bourg ou analogues, 66 c. X 33 X 33. On donne à ces pierres les dimensions très variables : pierre 1/4, pierre 1/2 et pierre de 2; ces iimensions se trouvent en longueur, largeur ou en carré ; elles se vendent m moyenne 140 /r. le cent pour les doublerons, et 110 fr. le cent pour es petits doublerons.

n. Les pierres dures, qui se débitent : 1^ en doublerons (dimension de 3ourg), se vendant au mètre cube au prix de 45 fr. le mètre cube sur le narché de Bordeaux; 2® en marches de 40 c. sur 22 c. d^épaisseur et l mètre de longueur, dont le prix est de 6 fr. le mètre linéaire; 3^ en ûerres plates de 1 m. de long, 33 c. de large et 18 c. d'épaisseur, valant i fr. le mètre ; 4*' enfin, en pierres d'appareil, de dimensions variables, se 'endant 60 a 100 fr. le mètre cube.

III. Les moellons pour enrochements, maçonneries, fondations, provenant en général de pierres dures, et valant de 6 à 7 fr. le mètre cube. On ire la plupart de ces moellons de Gérons, Podensac, Barsac et Toulenne UT la rive gauche de la Garonne, de Béguey et de Rions sur la rive droite.

L'évaluation de la quantité de pierres extraites chaque année, ainsi que u nombre des carrières et des ouvriers qui y travaillent, est naturellement ssez difficile à cause de la grande division des exploitations; on peut ompter cependant qu'il existe dans le département de la Gironde aviron un millier de carrières occupant 2,500 ouvriers et fournissant haque année 150,000 mètres cubes de pierres de taille et 200,000 mètres abes de moellons; mais on doit considérer ces chiffres non seulement 3nmie approximatifs, mais encore comme soumis d'une année à l'autre à es fluctuations très-grandes provenant de la situation essentiellement ariable de l'industrie du bâtiment.

Tuileries et Briqueteries. — On compte dans le département 90 établissements de ce genre ; la plupart fabriquent la tuile, la brique, ! carreau, et font cuire de la chaux à l'occasion ; tous nos cantons en 3ssèdent au moins deux ou trois. Les centres principaux se trouvent Eins les cantons de La Réole, de Podensac, de Pessac, de Fronsac, de uitres et de Liboume (*).

(i; Le canton de La Rôole rôunit à lui seul 50 usines presque toutes situées sur les bords

i Orot. Ces usines fabriquent principalement des tuiles creuses très-estimées.

Dans le canton do Podensac on produit surtout des briques. ViroLido et Proignac sont les

Ces usines emploient au moins 2,000 ouvriers occupés à cette industrie du commencement d'avril à la fin de septembre, période qui constitue une campagne; ils reçoivent par campagne de 350 à 550 fr. et la nourriture. Dans une campagne ordinaire, ces 2,000 ouvriers peuvent produire 100 millions de briques, tuiles ou carreaux, dont la valeur moyenne peut être évaluée à 25 fr. le mille pour les tuiles ordinaires, à 45 fr. le mille pour les briquet réfractaires, et à 30 fr. le mille pour les tuiles.

Ces usine i sont ordinairement situées à côté des carrières d'argile, qui sont toutes exploitées à ciel ouvert. Elles emploient conmie combustible des bûches de pin et des fagots composés de branches de pin et de bnijèrea.

Les constructions que Ton fait dans le département absorbent près des neuf dixièmes des produits de nos usines. Le dixième qui est exporté dans les colonies ou en Espagne est ordinairement composé des meilleors produits.

Chaux hydrauliq[ae. — On commença Texploitation de la chaux hydraulique dans la Gironde à Toccasion du quai vertical de Bordeaux ; eue a été poursuivie avec grand succès, les ingénieurs et les architectes remployant tous les jours davantage.

Il n'existe actuellement qu'une seule usine à chaux hydraulique dans la Gironde; elle est située à Plassac, près Blaye; elle occupe 15 ouvriers en temps ordinaire. Ces ouvriers sont employés, les uns à la tâche, les autres à la journée; les premiers peuvent gagner jusqu'à 5 fr. par jour; les seconds sont payés 3 fr. et 3 fr. 50 par jour.

Les matières premières proviennent des carrières de Sainte-Luce et de Blaye. X<es produits, dont la valeur annuelle moyenne est de 150,000 fr., sont consommés dans notre département et en Saintonge ; on en expédie aussi en Nouvelle-Calédonie. Arcachon en emploie beaucoup pour enduire les tuiles employées à la culture des huîtres. Le département en consomme environ les sept dixièmes.

La chaux orilinaire est fabriquée dans la plupart des tuileries du département.

Ciment. — L'emploi du ciment a commencé à se généraliser dans la Gironde vers 1850. De 1850 à 1860 on y employait annuellement de 600 à 700 tonnes de ciment pour divers usages, tels que bassins, tuyaux pour conduites d'eau, enduits des murs humides. Pendant cette période de dix ans, deux fabriques de produits divers ont opéré sur un chiffre moyen de 200,000 fr.

La découverte du ciment appelé Portland ou ciment k prise lente généralisa l'emploi de cette matière, qui, dès son début, nécessitait des ouvriers habiles pour l'appliquer. Le premier ciment romain durcissait au bout de 3 à 5 minutes ; le ciment Portland ne durcit qu'au bout de 12, 24 et même 48 heures, et n'acquiert son durcissement définitif qu'au

centres principaux; dans cette derniôre commune se trouve une usine importante dont les produits sont fort recliorchôs.

Dans le canton de Possac on trouve, à Cestas et & Ganéjan, deux usines importantes qui produisent des briques réfractaires de la plus grande résistance et des pivés céramiques employés depuis quelques années pour la construction des trottoirs de Bordeaux. Ces usinaa emploient la vapeur comme moteur.

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