CHAP. VI. — PLATRE, GLACES, PRODUITS BITUMINEUX
bout de 4 à 5 mois. Ce retard dans la prise a permis d^appliquer le ciment à la fabrication d^une grande quantité d^objets, tels que tuyaux pour conduites d^eau (comprimés au lieu d^être coulés), aqueducs, égouts, balustres et balustrades, pierres factices avec moulures, etc.
Aujourd'hui, Bordeaux possède 3 usines fournissant au département de la Gironde et aux départements voisins de nombreux produits très usités en agriculture et en horticulture. Elles occupent environ 50 ouvriers payés de 3 à 5 fr. par jour, selon la saison et Phabileté des ouvriers. La valeur de leurs produits atteint annuellement de 450 à 500,000 fr., y compris la vente des ciments, qui forme presque un quart de cette somme.
Les matières premières proviennent presque toutes de Boulogne-sur-Mer et d'Angleterre. Depuis dix ans environ, le Lot-et-Garonne envoie à Bordeaux divers ciments dont le prix est réduit et la qualité médiocre .
Produits bitumineux. — Cette industrie a été importée dans notre département vers 1850. L'emploi de ses produits dans la construction des trottoirs, cours, terrasses, etc., tend à augmenter tous les jours.
Les charbons anglais sont la matière première de cette industrie, qui donne comme produits secondaires des huiles lourdes, de la benzine, du sulfate d'ammoniaque et du noir de fumée.
L'établissement où elle est'exploitée à Bordeaux -Bacalan, occupe en moyenne 15 ouvriers. Ses produits sont écoulés dans la Gironde, dans les départements limitrophes et au Sénégal.
Pllltre. — Bordeaux possède 5 usines pour la fabrication du plâtre, dont 2 plus importantes que les autres, situées à La Bastide. On trouve aussi k Liboume et à La Réole 2 usines d'une importance moyenne.
Ces 7 usines occupent, en temps ordinaire, de 70 à 80 ouvriers, presque tous payés à la journée ; leur salaire moyen est de 3 fr. par jour.
La valeur annuelle des plâtres fabriqués dans ces usines peut atteindre 500,000 fr. en moyenne.
Les matières premières viennent des environs de Paris, surtout des Buttes-Montmartre. Bordeaux les reçoit par grands navires de 500 à $00 tonneaux, qui prennent leur chargement au Havre ou à Rouen.
Les produits sont consommés dans la région du Sud-Ouest; Bordeaux )n expédie aussi aux colonies, principalement en Nouvelle-Calédonie et i Buenos- Ayres.
Glaces. — Le commerce des glaces et des verres à vitres prend à Bordeaux un grand développement; nous en reparlerons dans notre ivre Vm.
Plusieurs petites industries gravitent autour de ce commerce.
L'argenture des glaces est faite à Bordeaux La Bastide dans deux ateliers très bien montés.
La taillerie des cristaux est l'objet d'un atelier spécial, avec moteur à
apeur.
Les cadres sont faits à Bordeaux dans 4 ateliers spéciaux dont un marche
la vapeur. Ces 4 ateliers fabriquent pour près de 150,000 fr. de cadres.
La dorure occupe près de 70 ouvriers ou patrons, et se répartit entre
0 ateliers, dont 5 principaux ont chacun 5 ou 6 ouvriers.
644 LIVRB VII. — INDUSTRIB.
Scieries mécaniques. — Cette industrie n^a été introduite dans la Gironde que vers 1830; en 1840, il n'existait encore à Bordeaux que les établissements de MM. Espila et Déjean et de M. Bénazet, occupant 20 ouvriers. Aujourd'hui, le département ne compte pas moins de 67 usines plus ou moins considérables, ayant pour moteurs des roues hydrauliques ou la vapeur, et occupant environ 700 personnes (ouvriers ou manœuvres) dont le salaire moyen est de 4 fr. 50 par jour. Ces usines produisent pour plus de 2 millions de francs de travail.
Un grand nombre de scieries établies dans nos landes débitent presque exclusivement du bois de pin. Celles qui sont établies à Bordeaux refendent surtout des bois du Nord ; on en compte 12, dont les 3 principales pos;sèdent près de 20 scies et diverses machines à raboter, bouveter, découper, etc., et fabriquent sur une grande échelle des parquets en bois du Nord ou en bois de chêne (').
La tonnellerie bénéficie beaucoup de cette industrie. Depuis 1837, de nombreuses scies à ruban sans iin spéciales pour les bois merrains ont été établies dans 37 usines de Bordeaux ou des environs par M. Mcioski qui a été le premier à entreprendre dans nos départements le sciage des merrains à la mécanique.
Les bois blancs travaillés dans les scieries de Bordeaux viennent presque tous de Suède, de Norwége, de Prusse ou de Russie (*).
iQjection des bois. — Cette industrie nouvelle, due à un Bordelais M. Boucherie ('), remonte tout au plus à quarante ans. Depuis cette époque, elle a pris un grand développement en France et à Pétranger.
M. Boucherie a fait ses premières expériences dans rétablissement occupé aujourd'hui par M. Oxéda, et fondé en 1850 par M. Lecoj, premier concessionnaire des brevets de M. Boucherie expirés en 1861.
Depuis cette époque, plusieurs usines ont été fondées à Bordeaux; elles occupent aujourd'hui plus de 50 ouvriers dans la saison où les travaux sont en activité. Leurs principaux produits sont : échalas et carassons pour vignes; tuteurs pour arbres et piquets de toutes dimensions; clôtures et portes en bois de pin injecté et fil de fer galvanisé; lattes à bouteilles et tins à barriques; caisses d'orangers, etc.
Clôtures en treillage mécaiilq[ae. — Ces clôtures, de jour en jour plus usitées dans notre département, sont fabriquées soit avec des bois de pin injectés comme dans les établissoments que nous venons de signaler, soit en bois de châtaignier comme dans l'usine Guz et C^.
Les cinq maisons qui fabriquent ces différents genres de clôtures sont établies à Bordeaux, d'où elles expédient leurs produits dans tout le département de la Gironde et dans les départements voisins. Elles occupent un nombre d'ouvriers très variable.
(1) La fHbricalion des parquets en chêne ou on sapin prend depuis trois ans une importance èroisaunto; mais ce ({ôveioppement augmentera encore plus rapidement le jour où les Gompaguies des cliemins de fur du Midi et d'Orlôans n'appliqueront plus à ces bois des tarifs souvent doubles de ceux des bois bruts.
{i] Le port de Bordeaux reçoit annuellement pour 10 à 11 millions de francs de ces liois do Nori ot les exporte dans les quinze ou seize dopurlumonts do la région du Sud-Ouost.
(3; Voir à la partie biugiaphiquo do nutro toruj ill.