‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 458 sur 701 · CHAPITBB II. — DEUXIEME PERIODE · texte numérisé non relu

CHAPITBB II. — DEUXIEME PERIODE

Chine, de la Cochinchine, du Chili, du Pérou, partout ou il était possible de renouer d^anciennes relations ou d*en créer de nouvelles.

L^un de ses chefs, M. Balguerie-Stuttenberg, mort le 19 août 1825, à rage de quarante-six ans, a mérité le titre de Bienfaiteur de la vUîe de Bordeaux, que lui a donné M. Billaudel dans le véridique éloge qu'il a fait de ce grand négociant. Le premier en France, il donna Texemple de ce que peut Te^rit d'association.

Le pont magnifique qui unit les deux rives de la Garonne, PEntrepôt réel, la Caisse d'épargne, l'impulsion — malheureusement aujourd'hui éteinte — donnée à nos forges et à nos fonderies, etc., furent le fruit de l'esprit d'association que M. Balguerie-Stuttenberg réussit à introduire dans nos mœurs.

U en fut de même de la Banque de Bordeaux fondée en 1818, de la belle usine de faïencerie dont nous venons de parler.

L'union des capitaux et des efiforts intellectuels n'a cessé depuis lors de faciliter dans le commerce comme dans l'industrie des entreprises considérables qui depuis trente ans ont beaucoup contribué à la prospérité commerciale de Bordeaux.

Mais avouons que cet esprit d'association, si puissant, n'est pas encore à Bordeaux ni en France, à beaucoup près, aussi grand que chez nos voisins les Anglais, qui y puisent toute la supériorité commerciale qu'ils ont sur nous.

Qu'on cesse néanmoins d'accuser Bordeaux et le département d'être restés stationnaires au milieu du mouvement général; que l'impatient désir du mieux ne nous rende pas injustes envers le bien opéré. Si' pendant vingt ans Bordeaux resta courbé sous le poids de ses pertes, nous croyons en avoir indiqué les véritables causes, contre lesquelles il a été longtemps difficile et même impossible de réagir. Depuis 1790 sa Chambre et son Conseil de commerce n'ont pas cessé de défendre auprès du Gouvernement les vrais principes favorables au commerce. Qu'on lise les nombreux mémoires des membres de cette assemblée, adressés aux différents ministres, en réponse aux questions commerciales sur lesquelles ils étaient consultés, et l'on conviendra que si leur voix eût été favorablement écoutée, l'ancien tarif des douanes n'eût pas été remplacé par des tarifs de plus en plus exagérés, et l'on serait entré avant 1860 dans la voie du libre-échange, qui a rendu de si grands services à la place de Bordeaux et à la majeure partie de la France ; on |se serait souvenu de cette vérité émise par le Conseil de commerce de -Bordeaux le 26 pluviôse an X : IL/aut se garder de voir dans rétablissement des douanes une ressource fiscale, des vues plus vastes doivent présider à leur organisation, et le port de Bordeaux, ainsi que la majorité du commerce français, eût pris un développement et un essor que le libre-échange bien pratiqué peut seul leur donner.

L'examen comparatif du mouvement commercial en France avant et après les traités de commerce de 1860 nous prouve surabondamment l'excellence de cette vérité.

LIVRB VIII. — COMMERCE.

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