S I. — DES CHANTIERS DE CONSTRUCTION DE NAVIRES
Nous voyons dans Vllisioire du Commerce et de la Navigation à Bordeaux (^) de M. Francisque Michel que sous les Romains, le commerce de ce port consistait surtout dans le transit fait par des navires étrangers. La marine de Bordeaux n'était composée que des bateaux pontés conduits par des rameurs.
Sous la domination anglaise, la marine de notre port se composait de navires à un seul rang de rameurs appelés galères et de navires à voiles appelés anguilles et baleiniers, A cette époque les constructions navales de Bajonne étaient beaucoup plus renommées que celles de Bordeaux.
Au xvii^ siècle, la marine marchande de Bordeaux ne se composait encore que de caboteurs incapables d'affronter la haute mer.
Les chantiers de construction étaient alors établis en PaludatCc Le chantier du Roi avait seul de Timportance. En 1671 , la flotte de Louis XIV se composait de 119 navires de tous rangs, dont 4 du premier rang. 7 du deuxième et 4 du cinquième avaient été construits dans ce chantier du Eoi.
A partir du xviii® siècle, les constructions navales prirent à Bordeaux une importance considérable. Les chantiers de Paludate devinrent moins nombreux, mais beaucoup plus importants ; en 1760, furent créés par la maison Chaigneau frères les chantiers de Lormont, qui acquirent en peu de temps une grande renommée. Peu après s'établirent de nouveaux chantiers à Bacalan, et Bordeaux devint le premier port de construction de France. Ses bâtiments se distinguaient par une marche très-rapide et par leurs grandes dimensions.
C'est à Bordeaux que fut inauguré, le P' avril 1787, le premier départ des 24 paquebots à voiles devant former un service régulier entre les principales villes de l'Amérique centrale, Bordeaux et le Havre.
Quelques années plus tard, les guerres de la République et de l'Empire anéantirent le commerce de Bordeaux, mais les chantiers de construction ne chaumèrent pas ; ils lancèrent un grand nombre de corsaires et préparèrent les bateaux plats qui devaient former la flottille destinée à opérer une descente en Angletterre.
La maison Guibert et Courau et la maison Moulinié prirent une part importante dans ces constructions. Sous la Restauration, le commerce de Bordeaux prit un nouvel essor, et les chantiers de la Gironde trouvèrent un nouvel aliment dans la construction des navires à vapeur.
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LIVHE VIII. — COMMERCE.
La navigation à vapeur, inaugurée en Amérique en 1807, fut introduite en Angleterre sur la Clyde en 1812, transportée en France sur la Seine en 1814 et appliquée sur la Garonne en 1818. Bordeaux est donc la seconde ville de France qui ait eu des bateaux à vapeur, et ses chantiers de construction recurent de bonne heure des commandes nombreuses de tous les points de la France pour ce genre de bâtiments, dont la coque fut d^abord construite en bois ; puis le bois fut abandonné pour le fer.
Les chantiers de construction de Bordeaux se sont constamment lenus au niveau de tous les progrès ; mais les ateliers de forge et de construction de machines à vapeur n^ont jamais pa rivaliser avec les usines de Nantes, du Creusot et autres, où nos constructeurs vont le plus souvent chercher leurs machines.
La construction des navires mixtes en bois et fer est une heureuse innovation, due en 1841 à M. Armand.
Nous avons donné, page 595 de ce volume, dans nos notices industrielles, quelques renseignements sur les constructions navales à Bordeaux qui peuvent former le complément de ce paragraphe.
Jteleoé des constructions navales faites de 18^3 à 1874 dans les chantiers de Bordeaux.
De 1835à 1840
De 1841 à 1846
De 1846 à 1852
De 1853 à 1857 (guerre de Crimée) . . .
De 1858 à 1860
De 1861 à 1865
En 1866
En 1867
En 1868
En 1869
En 1870
En 1873
En 1874
En 1875
En 187Ô
On remarque dans ce tableau troid périodes au point de vue de Pimportance des constructions :
1° De 1840 à 1857, période de croissance qui atteint en 1857, à cause de la guerre de Crimée, des chiffres qui n^avaient jamais été vus dans la statistique de la construction girondine.
2° De 1858 à 1867, le nombre des navires construits varie de 20 à 30 par an, et leur tonnage moyen est d^environ 400 tonneaux; c^est, en somme, pour le port de Bordeaux un état normal meilleur que celui du milieu de la période précédente. On a construit pendant cette période
NOMBRE
da lavires cvistraiU