S V. — FOIRES ET MARCHÉS
A répoque où le commerce était entouré d'entraves à l'intérieur, les foires avaient une très-grande importance ; ces réunions étaient généralement l'objet de privilèges et d'immunités précieuses ; elles formaient les principaux débouchés pour l'écoulement des produits de l'industrie et de l'agriculture; mais depuis que le commerce a recouvré sa libre action elles ont perdu beaucoup de leur utilité et de leur importance, elles n'attirent plus, comme autrefois, de très-loin, souvent de pays étrangers, vendeurs et acheteurs (*); elles ne servent plus guère aujourd'hui qu'à l'approvisionnement des localités où elles se tiennent et de celles qui les avoisinent; elles ne diffèrent plus des marchés que par des caractères difficiles à apprécier, car les marchés de certaines communes sont plus importants que les foires d'autres communes voisines. La nuance la plus saillante consiste dans la périodicité, plus rapprochée pour les marchés que pour les foires, et surtout dans la présence du gros bétail, qui forme la plus grande partie des affaires traitées dans toutes les foires de la Gironde (Bordeaux excepté), tandis que sur les marchés hebdomadaires ou bi-hebdomaires de tous nos gros bourgs on ne trouve ordinairement que les animaux de basse-cour avec tous les objets les plus usuels de la vie des champs. Bordeaux est la seule ville du département où des marchés hebdomadaires importants soient réservés à la vente des animaux de boucherie sur pied.
La création de nouvelles foires et de nouveaux marchés, ou le changement de jour de ces réunions, sont subordonnés à des formalités assez nombreuses. L'institution des foires a lieu en vertu de décrets délibérés en Conseil d'État. Pour les marchés, ce sont les préfets qui statuent, sauf pour les marchés à l)estiaux, qui sont placés dans les attributions du ministère de l'agriculture. L'instruction préalable est à peu près la même pour les foires et pour les- marchés, et les affaires doivent être soumises aux délibérations des Conseils généraux. (L. de 1838.)
Foires. .— Le nombre des foires de notre département est de 772 (*) reparties dans 131 communes; les plus importantes sont celles de :
Bordeaux : 2 foires principales du 1er au 15 mars, du 15 au 31 octobre, tenues sur la place des Quinconces par des marchands de tous genres, et de nombreux baladins; foire Saint-Fort, 16 au 18 mai, remarquable par son marché aux fleurs.
(1) Le3 foires de Bordeaux étaient fréquentées autrefois par de nombreux marchands étrangers* surtout par des Génois.
C) En 1826, on ne comptait dans le département que 319 foires; dôs I8i0, co nombre s'était déjà élevé à près de 600, d'après JouanneL
682 LIVRE VIII. — COMMERCB.
LiBOURNE : 11 novembre. Importante surtout i>our la vente des chevaux.
8àikt-Denis-de-Pilb : Foire du 16 mai.
LiiNGON : 29 septembre et les deux jours suivants, foire remarquable par les nombreux bestiaux qui y sont amenés.
Castres : Foire du 11 novembre renommée pour les provisions en oies et dindons.
BouRC : 1er au 8 septembre.
Lamarque : Foire des 23, 24, 25 août, importante pour les approvisionnements en objets de vendange.
Saint-Estèphe (Médoc) : 7, 8, 9 septembre, analogue à la précédente.
AvBNSAN : 15 juillet. Foire remarquable pour les chevaux.
Saint-Laurent (Médoc) : Foire des 22, 23, 24 octobre tenue au village de Beroos Très-importante.
8aint-Mêdard-bn-Jalle : Foires importantes pour chevaux, surtout celle du 11 novembre.
SAiNTE-HéLÈNB : 15 et 16 septembre.
Salles -. Foire des 12 et 13 mai, l'une des plus importantes des landes.
Parmi les 760 autres foires du département que nous énumérons dans notre tome II et qui ne durent presque toutes qu^un jour, il en est un grand nombre ou les affaires en bétail (race bovine) atteignent des sommes considérables.
Les 772 foires du département sont réparties comme suit dans les 6 arrondissements :
Dans 71 communes de rarrondisst de Bazas 134 foires onl lieu dans 19 communes.
— 56 — — Blaye 90 — — « —
— 158 — — Bordeaux .'. 148 — — 54 — ~ 80 — — Lesparre... 33 — — 10 —
— 183 — — Libourne...Sl4 — — Î3 —
— 103 — — LaRéole...l53 — — 13 —
Une grande partie de ces foires sont tenues dans les chefs-lieox de canton.
C'est rarrondissement de Bazas qui est le plus riche en foires; il j en a presque deux par commune ; ce sont ceux de Bordeaux et de Lesparre qui en ont le moins. Ils en sont cependant largement et suffisamment pourvus, car si les foires ont une incontestable utilité au point de vue de la vente ou de l'échange des produits, si en principe et en fait elles constituent une excellente institution, dans la pratique elles deviennent nuisibles quand elles sont multipliées outre mesure.
Marchés* — 55 communes de la Gironde ont des marchés :
Quotidiens dans 5 communes : Bordeaux, Lesparre, Gérons, Cadillac, Saint Macaire (seulement pendant la saison des truits pour les trois dernières);
Semi-quotidiens ou bi- hebdomadaires pour 8;
Hebdomadaires pour 42.
On en trouvera les noms dans notre tome II.