‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 484 sur 701 · CHAPITRE VI. — ENTREPOTS R^ELS, DOCKS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — ENTREPOTS R^ELS, DOCKS

rendues dans rintérieur du royaume, sous peine de saisie et sans que le propriétaire fût frappé d'une amende s'éleyant à dix fois la valeur de la marchuidise séquestrée.

En 1688, ces entrepôts furent fermés.

En 1733, ridée fut reprise par Walpole, ministre anglais, qui voulut y apporter quelques améliorations ; il essaya de soumettre le vin et le tabac à un entrepôt obligatoire, ajournant, par compensation, le paiement des droits qui frappaient ces denrées jusqu^à leur mise en consommation et leur accordant franchise complète en cas de réexportation. Il fut obligé de retirer ce projet devant une émeute.

Vers 1750, Dean Tucker écrivit en vain en faveur des entrepôts. Quelques années plus tard, les vols qui se commettaient journellement sur les navires chargés de denrées coloniales et mouillés dans la Tamise firent naître Pidée de construire les premiers docks de Londres, c'est-à-dire des bassins à flot entourés de vastes magasins.

En 1799, une Compagnie se fonda et construisit le West India, qui fut livré au commerce en 1802. Une économie de 18 à 19 p. 100 fut aussitôt réalisée sur les frais de manutention, de magasinage, etc. Ces résultats inespérés provoquèrent de nouvelles et nombreuses constructions, du môme genre, le Zondon Dock, en 1803; VFast India Dock, le Commercial Dochj le Swrrey Dock, le Catkerine Dock^ en 1829 ; et en 1855, le Victoria Dock.

Après la chute du premier empire, le commerce de Bordeaux prit un tel développement, que nos négociants-armateurs sentirent la nécessité, à l'exemple de l'Angleterre, de posséder au centre de notre port un entrepôt réel leur offrant toute la sécurité possible avec la faculté de n'acquitter les droits de douane qu'au moment où la marchandise rentre dans la consommation du pays, et à l'État une parfaite régularité dans le paiement de ces droits.

Le 13 mars 1821, une ordonnance royale autorisa la ville de Bordeaux à vendre à la Chambre de commerce un terrain situé à l'entrée du quai des Chartrons pour y bâtir V Entrepôt réel; et dans ce but, la Chambre de commerce fut autorisée à emprunter la somme de 800,000 fr.; ce premier emprunt ayant été insufiOsant, 400,000 fr. furent encore empruntés en vertu d'une nouvelle ordonnance royale du 13 juillet 1825. . Le 15 novembre de la même année, l'Entrepôt réel de Bordeaux fut ouvert au public. Cet édifice, vaste, bien aménagé, pouvant contenir 20,000 tonnes de marchandises, avait été construit sur les plans et sous la direction de l'ingénieur Deschamps, auprès duquel la Chambre de commerce se fit représenter par M. A. Lafon, officier de marine de l'État, dont l'intelligente collaboration valut de très heureuses et très importantes modifications aux premiers plans.

La direction de cet établissement fut confiée, dès son .ouverture, à M. A. Lafon, homme intègre et fort laborieux, qui se dévoua à la chose publique, et reçut, le 21 mars 1818, le titre de Directeur des Magasins généraux de l'Entrepôt réel des Douanes. Il ne prit aa retraite qu'après quarante-deux années de services rendus au commerce bordelais, durant

LIVRB Vm. — COMMBRCB.

lesquelles il sut gagner Testime de tous ceux qui le connurent, le reapeet et Tafféction de ceux qui furent placés sous sds ordres.

D^heureux résultats financiers ne se firent pas attendre. Toutes les marchandises étrangères étant obligées d^entrer dans ces magasins, la Chambre de commerce de Bordeaux put facilement se libérer de ses emprunts.

Les marchandises devenant de jour en jour plus abondantes, la Chambre de commerce fut autorisée, par ordonnance du 24 mai 184*7, à faire un nouvel emprunt de 300,000 fr. pour ériger d'après les plans de M. Buigaet un nouvel édifice appelé Annexe pouvant recevoir 12,000 tonnes et situé derrière le premier, entre les rues Foj et Vauban.

Les affaires augmentant toujours, ces deux vastes bâtiments devinrent trop exigus, et la Chambre de commerce obtint du gouvernement une partie du Magasin des Vivres de la marine pour y loger les liquides, les alcools et autres matières inflammables ; enfin, elle fut de nouveau obligée de louer un autre magasin, situé quai de Paludate, n° 113.

Les frais de magasinage et de manutention dus par les marchandises introduites dans l'Entrepôt réel et ses annexes se paient d'après les tarifs adoptés par la Chambre de commerce de Bordeaux et de la fiaçon suivante: Quelques jours après la réception de la marchandise, et lorsque celle-ci paraît avoir fait les frais que réclame sa réception, t^s que Fouverturedes colis pour la reconnaissance de la douane, vidage, encarrassage, etc., il est dressé un compte, dit compte d*enirée, qui est mis en recouvrement chez le négociant au nom duquel la marchandise est entrée; l'administration attend ensuite que la partie de marchandise déclarée à l'entrée soit soldée par une dernière sortie pour dresser et mettre en recouvrement un nouveau compte, dit de sortie, ou sont portés les frais de magasinage avec tous ceux qui ont été faits depuis l'époque ou a été remis le compte d'entrée.

Après trois ans de séjour, si la partie n'est pas soldée, on reporte a nouveau ce qui reste en magasin, et l'on fait payer tout ce qui est dû par le propriétaire de la marchandise.

Toutes les marchandises sont assurées contre l'incendie par les soins de la Chambre de commerce.

Valeur des marchandises assurées dans les magasins de V Entrepôt réel de Bordeaux,

par trimestre et année.

1" janvier

1er avril

- l'rjuillet

1er octobre*

L'Angleterre, nous venons de le dire, fut la première à édifier ces magasins publics qui ont rendu et rendent encore de si grands services; elle ne s'arrêta pas là dans la voie du progrès commercial.

Page 1