‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 50 sur 701 · S V. — LA GARONNE · texte numérisé non relu

S V. — LA GARONNE

la Garonne prit nnissanpp iiprèri lo soulèvement des Pyrénées qui diTonscrivit le prand bu'ssin tertiaire Ae l'Aquitaine; elle fut produite par les pluies diluviennes tombant sur les hauteurs de cette chaîne de montagnes, dont les écoulements superficiels et souterrains formèrent d'abord im simple ruisseau, qui, par de nombreux affluents, s'élargit et forma le beau fleuve sur les bords duqviel la végétation devait florir et les ricbes citéâ se multiplier. Alors sa réunion avec la Dordogne se faisait au pied des coteaux tertiaires d'Amborès; de là à la Pointe-de-Grave, ces deux rivières s'épanchaient en un griind lac, dont les eaux percèrent les rochers qui leur formaient une barrière naturelle de la PointeKles- Olives à Cordousn et à Bojan, et s'y ouvrirent- des chenaux par lesquels les eaux de l'Océan pénétrèrent dans l'intérieur de ces rivières.

Par l'effet des terres qu'elle apportnit nvec elle, la Garonne vit ses rives se combler sur d'assez grandes largeurs, et son confluent avec la Dordofçne ae reporter au Bec-d'Amhès. Alors aussi les eaux de la partie basse du fleuve furent soumises au mouvement de fiux et de reflux de l'Océan.

La Uaromie est longue de 610 kilum., si on ajoute à son cours l'estuaire girondin, dont elle est le principal tributaire. Elle sort du Tsl d'Aran (Espagne), où elle se forma auprès des ruines du chîLteau de Castelléon, par la réunion de la Garonne orientale et de la Oaronne occidentale. De ces deux branches, la première, la plus longue, naît à 1,672 m. d'altitude, près du col de Pejrablanca. La Garonne occidentale plus abondante, est formée à 1,430 m. au-dessus de la mer, près (TArtignes-Tellin, dans une des gorges (d'après Joanne) les plus sublimes des Pyrénées, par un ensemble de sources énormes, et qui a reçu le nom itGoitrUdtJoitiou; ces sources ramêiientaujour les eaux des glaciers de la Haladetta (3,30i m.), engouffrées dan^ le trou du Toro (2,024 m. d'alt.). la GiLToniie naissante entre en Pranoe au Pont-du-Roy, près de Bagnères de Lunhon, à 590 m. d'alt., entniînant dans son cours, qui a déj& 50 kil. de long, des délitements de rocher.-^ qui formeront les vases et les illuvioas de la basse Garonne.

Du château de C'astelléon au Poiit-du-Boy (origine du flottage), la pente est celle dea gaves des Pyrénéi;s : 37 m. par kilom., ïur une longueur de ■, . . 50,000""

Du Pont-du-Roy au confluent du Salât (origine de la navigauou), la déclivité est de 3 m. 79 par kilom., sur une longueur de 86,000

Du confluent du Salât à Toulouse, la pente n'est plus que de I m. 65 par kilom., sur une longueur de 80,000

Le parcours do la Garonne dans les quatre départements qu'elle arrose est ensuite réparti comme suit :

Ile Toulouse il son entrée dans le Tam-etrGaronne 33,390

À reporter 249,390"

90 LIVRE I«f — TOPOORAPHIB.

Repart 249,290»

Dans le département de Tam-et-Garonne 81,000

Dans le département de Lot-et-Garonne 107,750

Dans la-Gironde, en amont de Bordeaux 69,960

Dans la Gironde, en aval de Bordeaux 25,000

Total 533,000

Sur Tensemble des 292,000 m. qui séparent Toulouse de Bordeaux, la pente de la Garonne est de 126 m. 47 c, répartis en une multitude de biefs et de rapides; elle varie entre 75 centimètres et 11 centimètres par kilomètre; la moyenne est de 43 centimètres par kilomètre ou de

En temps de crue, la rapidité de Teau est telle, qu^un bateau monté par quatre rameurs et descendant la Garonne d'Agen à Langon peut faire 20 kilom. à Theure.

Avant d'entrer dans le département de la Gironde, oii elle reçoit de nombreux affluents que nous énumérerons plus loin, la Garonne reçoit sur sa rive droite : le Salât, la Rize, l'Ariége, le Tarn navigable jusqu'à Gaillac, le Lot navigable au moyen d'écluses dans le département de Lot-et-Garonne. Sur sa rive gauche : la Pique qui passe à Bagnères de Luchon, le Neste flottable sur une grande partie de son cours, la Save, le Gers, la Bayse.

La Garonne entre dans notre département par 5 m. d'altitude et à 10 kilom. au S.-E. de la Réole. La partie amont de l'île Col-de-Fer, rive droite, et un peu plus bas, celle du Lizos, rive gauche, marquent son entrée; sa largeur, qui a 120 m. à Toulouse, 150 m. à Agen, est alors de 200 m. ; mais elle est réduite à 150 m. devant la Héole, pour augmenter de largeur après Langoiran, et atteindre devant Bordeaux 500 m. au pont de pierre, 590 m. en face de la rue Borie et 1,300 m. en face du port de Macau. Là, elle s'élargit subitement et atteint 2,000 m. entre la rive gauche et la pointe du Bec-d'Ambès, où, réunie à la Dordogne, elle devient la Gironde.

La Garonne est l'un des fleuves dont les eaux sont à la fois les plus abondantes et les plus limoneuses par suite des rivières importantes qu'elle reçoit et des terrains qu'elle et ses affluents arrosent; elle est peu encaissée, et ses berges sont formées d'une couche d'alluvions recouvrant des bancs de graviers qui reposent presque tous sur le tuf.

L'état limoneux de la Garonne est dû non-seulement à la nature des terrains qu'elle traverse, mais aussi au mouvement d'oscillation auquel elle est soumise depuis les environs de Langon jusqu'à son embouchure. Dans ce mouvement, le flot porte vers la terre des dépôts de sable dont la grosseur diminue à mesure qu'on remonte la rivière, et le jusant porte vers la mer des dépôts dont la grosseur diminue à mesure qu'on descend cette rivière. Il s'ensuit qu'à l'embouchure de la Gironde le flot dépose les sables les plus gros, tandis que le jusant entraîne vers la mer la plus grande partie de ses vases les plus fines et laisse s'accumuler les dépôts apportés par le flot. C'est donc le flot qui forme

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ea p!ii3 grande partie les barres (bancs de sable) et les Ilots qui finiraient par obstruer entièrement le bas (ie la Gironde si les grandes craes, en ■ugmentimt la vitesse des courants de jusant, ne lui donnaient la force de déblayer et d'approfondir les passes.

Pour la basse fraronnc, il n'eu est pas tout à fait de mSme; on peut attribuer la formation des dépâts de vase ou de sable au jusant, car c'est toujours après les petites et nombreuses crues de l'hiver que les passes sont le plus encombrées.

Régime des marées, — La marée se fait sentir jusqu'à Barie, k i bilom. en amont de Cnstets, quand 1b hauteur des eaux est au zéro du pont de Bordeaux et au moment des syiygîes d'équinoxe. Durant les mjgjea ordinaires, la marée atteint Caudrot, à 2 kilom. en amont de Cnatets.

Les marées de quadrature d'éiiuicoie s'arrêtent à Saint-Macaire.

A Langon, la marée est toujnurs trèî-apparente lorsque les eaux de la Gariinne aont a moins d'an mètre nu-dessus de l'étiage. L'élévation des eaut y est de 40 k 50 ceuliniètres dans les marées de quadrature; elle ïci^int 1 m. 90 c. dans les circonstances les plus favorables de basses eaux et de grandes marées d'équinoxe.

Au-dessoœ de Barsae, les marées se font sentir à toute hauteur d'eau.

On voit par l!i qu'en amont de Langon les marées ne peuvent être que i'aa très-faible secours pour la navigntion, et que c'est surtout Jà que l'amélioration des passes navigables offre un grand intérêt.

Débit de la Garonne. - — Le module ou débit mojen des eaux de U Garonne, d'après les observations laites par le service des ponts et chaussés, a Langon, de 1839 il I86i, est de 687'n-<=- par seconde, soit 21,920 millions de mètres cubes par an. Ce débit correspond à une hauteur de 2 m. 62 c. à l'éclielle du pont de Langon.

C'est pendant le mois d'avril qu'il en passe le plus, et pendant te mois d'aoilt qu'il en passe le moins. A Toulouse, le débit mojen n'est qoe de 150"'-'^- par seconde.

D'après M. Baumparten, le débit minimum de la Garonne, à Tonneins, en temps d'étiage, est do 31^-''- par seconde, tandis que dans les crues les plus fortes, le tiébit maximum a atteint lOiSOÛi^-i^- par seconde.

Êpoqae et durée des basses eaux et des crues. — Les basses eaux ont lieu généralement pendant les mois d'aoilt et de septembre.

Les crues se produisent en général du mois de décembre au mois de juin.

Les crues donnent lieu à des soubertet. Il y a souberne, lorsque la tnarée refoulée par les eaux supérieures ne se fait plus sentir au delà ilu point oîi la force et la hauteur du flot égalent celle de la crue. On a vu par de» crues extraordinaires, la msree arrêtée à 20 kilom. au-dessous de Bordeauic.

Les débordements annuels atteifrnent^néralementT ra. 50c. au-dessus de l'étiage à Langon. Les déliordements extraordinaires atteignant jusqu'à U m. 80 c.

LIVRB iw — TOPOGRAPHIE.

Régime des eaux de la Garonne, pendant Vannée 487â, et régime mofen

des 5S dernières années.

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