CHAPITRE VII. — SUCRES BRUTS, MORUES
La moyenne annuelle de Timportation des cacaos pour les années 1874, 1875, 1876, a été de 4,640 tonnes, dont 1,253 venant de Venezuela; 353 de l'Angleterre; 161 du Brésil; 70 de Cuba, et 2,803 des autres pays. Les Colonies françaises nous en fournissent très peu relativement à ce qu'elles nous expédiaient autrefois.
L'exportation de ces cacaos a suivi la progression ci-après : 800,000 fr. en 1862; 1,500,000 en 1873; 2,000,000 en 1875, et 4,557,000 en 1876, équivalant à 2,690 tonnes. Elle n'a atteint que 2,000 tonnes en 1877. Elle a lieu principalement vers l'Espagne.
Sucres bruts ou assimilés aux raffiués. — L'importation des sucres coloniaux ou étrangers a un peu augmenté de 1860 à 1875 ; mais depuis deux ans, elle a considérablement diminué sur notre place. L'une des causes de cette diminution, c'est la concurrence qui leur est faite par les sucres de betterave que nous recevons principalement du nord de la France (*).
Cette importation des sucres coloniaux et étrangers s'élevait en 1841 k 11,421,461 fr., dont 9,883,878 fr. pour les sucres provenant des colonies françaises, et 1,537,583 fr. pour ceux de l'étranger.
La valeur totale de cette importation a atteint en 1858, 12,500,000 fr.; en 1862, 17,400,000 fr.; en 1873, 11,500,000 fr.; en 1875, 13,100,000 fr.; en 1876, 5,992,000 fr., équivalant à un poids de 14,400 tonnes de sucre brut ou raflBné sur lesquels le sucre brut comprend 10,560 tonnes, dont 9,450 viennent des colonies françaises et 1,110 de l'étranger.
En 1877, cette importation s'est élevée à 14,709 tonnes, dont 916 de sucres assimilés aux raffinés venant des colonies françaises, et 12,793 de sucres bruts divisés comme suit :
Sucres coloniaux : 11,801 tonnes, dont 3,658 tonnes venant de la Guadeloupe, 6,128 tonnes de la Martinique, et 2,015 de l'île de la Réunion.
Sucres étrangers : 992 tonnes, dont 948 venant de l'île Maurice, 17 de l'Angleterre, et 27 d'autres pays.
Morues. — Cette espèce forme la presque totalité des poissons frais ou secs importés à Bordeaux. Le commerce des morues avait depuis long^temps une certaine importance, mais il a pris depuis quelques années un essor nouveau et considérable.
La valeur des poissons frais, secs ou marines, importés à Bordeaux s'est élevée à 2,500,000 fr. en 1858; à 3,200,000 fr. en 1862; k 10,900,000 fr. en 1873; à 8,200,000 fr. en 1875, et à 10,338,000 fr. en 1876, équivalant à un poids de 14,250 tonnes. En 1877, ce poids a été de 14,184 tonnos, divisées comme suit : morues, sèches ou salées, 13,557 tonnes; stoL*kfîsli, 428 tonnes; autres poissons secs ou salés, 220 tonnes; sardines et autres poissons marines ou à l'huile, 199 tonnes. Les morues nous viennent presque toutes du banc de Terre-Neuve et de la côte d'Islande.
(<) Voir, page 7l5, notre arliclo sur les cxporlalioas.
État des retours de la pêche à la morue efectués dans le port de Bm-deaux.
liTius — noNin — noTUiicu
HiviKfii Nombre
RAVINES } Tonnage
^ / Morues vertes :
s l Morues sèches
g V Huiles
g i Draches
g f Rognes
S \ Issues
a ./Portugal
r 8 i ( Italie
g|,V Espagne
S 2 s < Algérie
g a^i Martinique
g ^.sf Guadeloupe
\ Pays étrangers de TAmérique.
Totaux
Kllogr.
Kllogr.
Kilogr.
lit 16471
KDfivr.
Tissus de coton. — LMmportation de ces tissus a suivi la progression suivante: 2,800,000 fr. en 1858; 1,700,000 fr. en 1862; 7,100,000 fr. en 1873; 4,800,000 fr. en 1875; 6,425,000 fr. en 1876, équivalant au poids de 1,130 tonnes.
Les documents relatifs à 1877 ne contiennent le poids que pour une partie des tissus de coton divisés comme suit :
Toile écrue 214 tonnes.
(dont 126 venant d'Angleterre).
Toile teinte 786 —
Toile cirée 4 —
Toiles imprimées 629,000'
(dont 180,880 venant d'Allemagne et 111,000 d'Angleterre).
Mousseline 68,000
(dont 38,000 venant de la Suisse).
Broderies 1 40,000
(dont 113,000 venant de la Suisse).
Dentelles et tulles 28,000^
Bonneterie 31 ,000
(dont 19.000 venant d'Allemagne).
Passementerie 14,500
dont 12,500 venant d'Allemagne).
Étoffes mélangées 70,500
(dont 41,000 venant d'Angleterre )
Guinées des Indes ( 1 1 3,000 piè»
ces) 475.000
Tissus de laine. — La valeur des tissus de laine, qui était presque nulle en 1858, a atteint 2,100,000 fr. en 1873; 2,400,000 en 1875, et 2,360,000 fr. en 1876, équivalant à un poids de 323 tonnes. Ce poids sVst élevé en 1877 à 412 tonnes; sans y comprendre les tissus mélangés, dont: couvertures et tapis, 7 tonnes; mérinos, 16 tonnes; draps, 215 tonnes (dont 134 venant d'Allemagne, 44 de Belgique et 29 d'Angleterre); étoffes diverses, 128 tonnes (dont 26 venant d'Allemagne et 46 d'Angleterre);
CHA.P. Vif. — TABACS, CÉRÉALES, LEGUMES, VIANDES. 725
bonneterie et passementerie, 46 tonnes (dont 32 menant d'Allemagne); étoffes mélangées laine et coton, 1,334 tonnes (dont 1,322 venant d'Angleterre et 1 d'Allemagne).
Tabacs. — Les tableaux officiels de la douane divisent l'importation des tabacs en deux parties : tabacs en feuilles et tabacs préparés. Ces importations varient beaucoup d'une année à l'autre. Tabacs en feuilles, — Cette importation s'est élevée à 4,400,000 fr. en 1858; à 1,800,000 fr. en 1862; à 8,600,000 fr. en 18'73; à 4,100,000 fr. en 1875; à 10,272,000 fr. en 1876, équivalant à 8,560 tonnes. En 1877 ce poids s'est élevé à 8,817 tonnes, dont 7,076 nous viennent des États Unis, et 300 de l'Algérie. La réexportation dans cette même année a été de 433 tonnes. Tabacs fabriqués. — Cette importation s'est élevée à 850,000 fr. en 1873; à 744,000 fr. en 1875, pour 73 tonnes; à 799,000 fr. en 1876, pour 109 tonnes. En 1877, ce poids n'a été que de 89 tonnes de cigares venant pour 2/6 de la Belgique, et pour 1/6 de Cuba et de Porto-Rico.
La réexportation est très variable; elle a atteint, en 1876, 2,358,000 fr., équivalant à 392 tonnes. En 1877, ce poids n'a été que de 102 tonnes, dont 11 de cigares et 91 de tabac en poudre.
Céréales (grains et farines). — Cet article est, comme importation, presque nul dans certaines années et très important dans d'autres. La valeur des céréales importées à Bordeaux par le commerce extérieur a été de 2,500,000 fr. en 1873; 11,000,000 en 1874; 700,000 fr. en 1875 et 3,850,000 fr. en 1876, équivalant, dans cette df^rnière année, à un poids de 17,656 tonnes. En 1877, ce poids s'est élevé à 34,143 tonnes, qui se sont divisées comme suit :
Froment, 9,452 tonnes; maïs, 8,984; orge, 16; avoine, 15,028; farine, 665.
En 1877, l'Allemagne nous a fourni 7,577 tonnes d'avoine et 675 de froment; l'Algérie, 7,467 t. de froment; la Russie, 2,000 t. d'avoine; les États-Unis, 1,212 t. de froment; la Turquie, 350 t. de maïs.
Si le commerce de Bordeaux reçoit irrégulièrement des farines du dehors, il en reçoit régulièrement et en grande quantité des départements voisins, surtout du Lot-et-Garonne, car nous avons vu déjà, page 330, Consommation de Bordeaux, que la production de notre département était loin de suffire à sa consommation (').
Légumes secs et leurs farineux. — Cette importation, autrefois peu considérable, l'est aujourd'hui davantage, mais elle est très variable. En 1876, elle a atteint 1,378,000 fr., équivalant à un poids de 3,937 tonnes. En 1877, elle n'a été que de 2,097 tonnes, dont 58 i venant d'Allemagne et 117 d'Italie.
(1) Au momeat où nous mettons ces lignes sous presse, nous recevons un document ofnciei qui eût étô mieux placé dans notre livre VI : Agriculture; mais nous n'avons pu r«ivoir plus tôt.
La rccoilc des céréales de 1877 a donné, d.ins les 90,000 hectares ensemencés dans notre dcfiarlcment, 720,000 tiectolitres do blé pesant 5^17,000 quintaux : ce qui donne un reudomunt inuyea par liectare de 13 hectolitres pesant chacun en muyeune 76 kilogrammes. On voit ainsi que la Gironde produit à peine la moitié du blé qu'on y consomme ou qu'on exporte.
Viandes fraîches ou salées. — Notre commerce extérieur ne s^était que très peu occupé jusqu^à ces deruières années des viandes. En 1875, nous avons vu la valeur de leur importation atteindre 1,796,000 fr., et en 1876 elle est montée à 4,076,000 fr., équivalant à un poids de 2,881 tonnes. Ce progrès a été encore plus grand dans Tannée 1877, durant laquelle cette importation a atteint 3,316 tonnes, dont 213 de viandes fraîches, et 1,203 de viandes salées.
Les viandes salées (porc et lard) ne figurent à Timportation moyenne annuelle, de 1874 à 1876, que pour 447 tonnes, dont 248 venant de PAngleterre, 94 des États-Unis, 46 de l'Allemagne, 30 de l'Italie, et 29 de différents autres pays.
L'exportation de ces mêmes viandes salées s'est élevée à 1,200,000 fr. en 1875, équivalant à 960 tonnes. En 1877, elle n'a atteint que 558 tonnes; mais l'exportation des viandes salées, autres que porc et lard, s'est élevée à 285 tonnes.
Fromages. — La valeur des fromages importés à Bordeaux a atteint successivement 1,500,000 fr. en 1858; 2,900,000 fr. en 1862; 4,700,000 fr. en 1873; 4,000,000 en 1875, et 4,144,000 fr. en 1876, équivalant à un poids de 2,368 tonnes. Ce poids s'est élevé à 2,400 tonnes en 1877.
La moyenne annuelle des fromages importés à Bordeaux, de 1874 à 1876,' a été de 2,337 tonnes, 'dont 2,196 venant des Pays-Bas, 85 de la Suisse, 10 de l'Italie, et 15 d'autres pays.
Gommes pures exotiques. — Cet article nous vient en grande quantité du Sénégal et de la côte d'Afrique. Malheureusement, nous n'avons pas à signaler d'augmentation dans la valeur de cette importation, qui s'est élevée en 1858 à 4,100,000 fr.; en 1862, à 2,300,000 fr.; en 1873; à 4,000,000, en 1875; à 2,600,000 fr., et en 1876, k 3,691,000 fr., représentant un poids de 2,307 tonnes. En 1877, ce poids s'est élevé à 2,564 tonnes.
La réexportation de cet article vers l'Angleterre, la Russie et l'Allemagne a atteint 1,200,000 fr. en 1862, 1,400,000 fr. en 1873; 900,000 fr. en 1875; 933,000 fr. en 1876, équivalant à un poids de 444 tonnes. En 1877, cette exportation s'est élevée à 663 tonnes.
Arachides. — L'importation de cet article à Bordeaux, qui atteig-nait 1,400,000 fr. en 1858, s'est élevé à 2,300,000 fr. en 1862; à 3,200,000 fr. en 1873 et 1875, et à 2,576,000 fr. en 1876, équivalant à un poids de 8,589 tonnes. En 1877, cette importation est montée à 11,604 toxuies, dont 9,381 venant du Sénégal; 2,108 de la côte occidentale d'Afrique et 115 d'autres pays.
La moyenne des années 1874 à 1876 s'est élevée à 9,025 tonnes venant du Sénégal, et 346 venant de la côte occidentale d'Afrique.
Ces arachides sont en grande partie destinées à alimenter les deux grandes huileries dont nous avons parlé dans notre livre VII, page 614.
Huiles fixes pures. — Cette branche de notre commerce peut être mise au nombre de celles qui ont prospéré.
La valeur des huiles fixes importées en 1858 était de 950,000 fr. (997 tonnes). Elle s'est élevée à 2,135,000 fr. en 1869 (2,653 tonnes) ; m