‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 53 sur 701 · VASES PRISES · texte numérisé non relu

VASES PRISES

Il TvIm

àBlaje

Voir page 49 les analyses de terres d'alluvion faites par M. Baudrimont.

La quantité moyenne de matières terreuses contenues dans les eaux de la Garonne est de 4 gr. par litre, et, d'après les calculs de M. Manès, la Garonne et la Dordogne apporteraient annuellement dans la Gironde de 5 à 6 millions de mètres cubes de vases. Ce sont ces vases qui ont formé et étendent chaque jour les terrains submersibles et les îles de la Garonne et de la Gironde.

Iles de la Garonne. — Créées par les eaux dont elles modifient ensuite la cours, ces îles provoquent de nouveaux atterrissements et changent le régime des courants.

En sus des îles que nous allons énumérer, il existe des bancs de sable et de gravier sans végétation, dont la forme incertaine et changeante ne permet pas de leur assigner une contenance.

Nous indiquerons entre parenthèses le nom de la commune à laquelle appartient chacune de ces îles, qui présentent toutes de riches prairies ou de magnifiques vignobles.

tipwldi

lie de Gratte-Qui-N'a (<) (Blanquefort) . . 27

— d'ArciDS (la Tresno), vignes 25

" des Juifs (GambioDos), vignes 15

— de Laiande (Quinsac), vignes 47

— eu formation (Podensac) 15

— de Haymond et du Qd-fiem (PaiUet). e5

Siptrlcii

rakictuM Ile de Carotte et du Gros (Sointe-Groix-

du-Monl) 35

Ile du Port (Prdiguac), vignes 10

— de Jars (Touienne), vigues 65

— de Sainl-Macaire (Sainl-Mucaire). ... 10

— de Floudés (Floudôs) 8

(i) Notona en passant que la question si controversée des alluvions créées par ces travaux vient d'être décidte, et que l'administration concède aux riverains, avant maturité, les atterrissements situés dans les portions du lit de la Garonne qui ne sont pas nécessaires à l'écoulement des eaux. Les atterrissements dont la concession est déjà autorisée dans notre département s'élèvent à 68 hecL 82 ares 38 c, valant 78,423 fr. i6 c.

fi) Cette lie, distante de Bordeaux de 11 kilom., ne mérite plus aujourd'hui ce nom par suite des atterrissements qui se sont formés dans Tanclea bras qui la séparait de la rive gauche avant la construction des digues en pierre établies par radministratioo en amont et en aval pour améliorer les pusses de Bassens et de Montferrand. Les 26 hecL 67 c. de cette ancienne Ile sont divisés comme suit s vignes, 10 hocL 67 c. vimiôrcs, 8 becL 67 c^ aubiers, 12 hecU; jardin, 1 hecU 33 c.

CHÂPITBB IV. — LBS EAUX. — LA GARONNE. 95

Les Iles cî-aprèa qui figurent sur le tableau des tles de la Oarenne dressé par Jouaimet en 1838, sont aujourd'hui réunies à la terre ferme.

lie lia Turieu (Porloisj li> Ili^d^Coaleta (Ouatais} 38

— ilu Tï^n (IlioDS) S - iloB.'irie (Barie) 4

-iIcKirguerilolHiana} 18 - ilo Slùgoma (la Béole) 17

— da Grand- Vert (tUuaa) Xi — ilc Girooilo (Girondu) 10

— de Burgule (CèroDs) 10

Tirant d'eau à l'êtiage entre Bordeaox et Caatata. — Nous

empruntons aux notes de l'inspection ^.'l'iit'nile de IOT5, fournies par ringéaieur en chef, le résumé sui\:uil. lii' rUiatoire des travaux de la Garonne.

« Dès l'origine des travaux d'amélioration de la navigation de la Garonne, c'est-à-dire il j a quarante ans environ, on s'était proposé d'assurer ù ta Garonne un minimum de tirant d'eau k l'êtiage de 3 m. ; on espérait que la fixation et la limitation du lit moyen suffiraient pour mer ce tirant d'eau minimum sur lea points les plus maigres. Cette errance ne s'est pas re'alisûe.

> Ou a pensé alors à compléter ramélioration par la limitation et la fixation du lit des basses eaux. On a eu recours à des ouvrages dits d'étiage, consistant en un système d'épis transversaux, soit isolés, soit reliés longitudinalement, élevés seulement i un mètre au-dessus de l'êtiage. Ces travaux devaient être les auxiliaires du lit moyen, et pariaire le creusement de la passe lorsque ceus-ei n'auraient pas suffi pour le procurer. Les insuccès de ce système ont été nombreux.

> On a pensé alors à un système nouveau, dans lequel les travaux de resserrement du lit mineur, au lieu d'être un auxiliaire et un complément devaient, au contraire, jouer le rSle principal et être placés en première ligne.

* Ainsi, système du lit moyen, système mixte, système du lit mineur, ■rois systèmes différents ont été successivement formulés par les ingénieurs de la Garonne.

> Lequel va prévaloir? La question a été posée, en 1866, devant l'administration supérieure, dans un Mémoire k l'appui du projet d'amélioration de ia passe de Barsnc. Les conelusions ont été en faveur du système du lit moyen. Une étude comparée sur les passes de la Garonne, sur 23 kilom. de longueur, a fait reconnaître que le tirant d'eau minimum est fonction do la forme du lit. Pour obtenir 2 m. au moins il faudrait donner au lit moyen du fleuve une forme s'écartant beaucoup de celle qu'il a actuellement.

> Cette transformiition radicale du lit moyen devant être considérée eomrae irréalisable, il a fallu rcnoucer au chiflïe de 2 m. et adopter la limite de I m. 10 c, qui satisfait pleinement les habitudes de la batellerie Kxale et ne comporte que des modiflt'atious partielles et réalisables du lit moyen. En résumé, les ingénieurs ont conclu qu'il fallait chercher i approfondir les passes maigres à 1 m. ID a, su-dessous da l'êtiage, en améliorant la forme du lit moyen.

96 LIVRE I« — TOPOQRAPHIB.

» L'administration a autorise l'exécution des travaux de Barsac, mais elle ne s'est pas prononcée formellement sur la question de principe qui lui était posée : elle a voulu que Texpérience fût interrogée.

» L'expérience a été faite sur une assez grande échelle. Un décret, en date du 30 mai 1868, a ordonné l'exécution des travaux destinés à améliorer la navigation de la Garonne entre Castets et Portets. Ces travaux, évalués d'après l'avant-projet à 1,400,000 fr., touchent à leur fin. Es ont tous été exécutés selon le système du lit moyen. Leurs résultats sont, jusqu'à présent, conformes aux prévisions des ingénieurs.

» Les dragages à vapeur ont aussi joué un rôle important dans ces travaux, et ils servent encore tous les jours à creuser les passes maigres en attendant leur amélioration définitive par des travaux. Le matériel de dragage dont dispose l'administration lui permet de dépenser plus de 100,000 fr. par an à ces travaux, dans la partie de la Garonne comprise entre Castets et Bordeaux. »

Grandes crues. — Les grandes crues, souvent si désastreuses dans la vallée de la Garonne au-dessus de Langon, sont occasionnées soit par des pluies, soit par la fonte des neiges qui tombent sur le Cantal, la Lozère, les Cévennes et les Pyrénées.

Nous donnons ci-après le tableau des plus grands débordements d'après l'état dressé par M. Jaquemet, inspecteur des ponts-et-chaussées, et avec les notes que nous avons recueillies dans l'intéressant travail de M. Jules Serret intitulé : Les débordements de la Garonne dans VAgenais, depuis les temps les plus anciens jusgu^à nos jours; Agen 1874, brochure in-8°.

Les détails historiques que M. Jules Serret a publiés dans son travail nous entraîneraient hors de notre cadre ; nous nous bornerons à signaler les années célèbres par les débordements de la Garonne, et à donner pour les plus récentes la hauteur des eaux au-dessus de l'étiage.

Sans remonter jusqu'au déluge, M. Jules Serret commence ses études fort loin; car il nous rappelle le débordement de la Garonne de 580 signalé par les historiens de la Gaule, suivi (selon Grégoire de Tours) de huit autres inondations de 580 à 592. Les inondations connues ensuite sont ceUes de 132, 809, 815, 821, 842, 852, 868, 886, 891, 991, 1003, 1012, 1029, 1037, 1119, 1120, 1131, 1168, 1175, 1196, 1206, 1219, 1229, 121'7, 1280, 1295, 1306, 1315, 1338, 1356, 1362, 1375, 1381, 1407, 1408, 1414, 1421, 1426, 1427, 1428, 1435 (*) (octobre), 1471, 1476, 1493, 1496, 1501, 1544, 1548, 1557, 1561, 1566, 1567 (28 mai), 1570 (2 octobre), 1571, 1573 (octobre), 1578, 1580 (août), 1590, 1599, 1604 (22 novembre), 1616 (30 janvier), 1618 (février), 1623 à 1633 (dix grandes crues), 1636 (29 et 30 mars), 1640 (21 et 22 mars), 1641 (24 février), 1645 (25 novembre), 1646 (11 avril), 1647 (9 décembre), 1665 (du 18 février au 10 mars), 1668 (du 20 au 23 juin), 1678 (3 juillet), 1690, 1693, 1707, 1709, 1711, 1712. (L'eau atteint à Langon, le 11 juin

(1) Les années les plus mémorables sont indiquées en égyptiennes.

CHAPITHE [V. — LES KAt'X. — I.X GARONNB. 07

1812, 10^58 au-dessus de l'étiage), 25 avril 1725, 19 janvier 1~2S, 10 février 1729, 27 mai 1733. 15 mai 1735, du 8 au 20 fe'vrier 1736.

26 Janvier et 26 avril 1738, 28 décembre 1740, 17 mai 1743, 15 février. 21 BU 23 avril, 8 août, 7 et 8 septembre 1749, du 3 ftu 5 août 1750,

27 et 28 avril 1751, 23 mai 1755, Il novembre 1766; 3, 17 et 18 janvier 1768; 5, 6 et 7 avril 1770. Ce trop célèbre débordement était considéré jusqu'au mois de juin 1675 comme le plus fort qu'aient éprouvé les riverains de la Garonne : l'eau atteignit à Langon 12'°75, et à Castets 13'"8i au-desaus <le rétiege. De nombreux bestiaux et quelques personnes périrent, tant fut rapide l'invasion des eaux, qui occasionnèrent des pertes matérielles qu'on évalua à vingt millions pour la généralité de fiuvennp.

TabUa» de» inondation» principaies depttit 1/71.

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