CHAPITRE II. — ORGANISATION ADMINISTRATIVE
paix et la guerre (*). Après l'expulsion des Anglais, les rois de France respectèrent d'abord la vanité nationale et les antiques libertés; mais ils assimilèrent peu à peu la province de Guienne à celles dont se composait le reste du royaume. A l'époque de la création des généralités et des intendances, elle ne conservait plus qu'en partie ses mairies et ses privilèges.
La création des intendants sous le titre de commissaires départis date du règne de Henri II (1551); Louis XIII changea ce nom en celui d*intendanis du militaire, de la justice et de la police. Avant les commissaires départis de Henri II, nos rois envoyaient dans chaque province autant de commissaires qu'il y avait de parties dans l'administration.
En 1566, le territoire actuel du département fit partie de la généralité de Guienne. Il comprenait l'élection de Bordeaux, partagée en trois subdélégations (Bordeaux, le Médoc, Libourne), et renfermait en outre deux subdélégations (Sainte-Foy et Bazas), appartenant à d'autres élections. Celle de Bordeaux est VAger Burdigalemis de quelques auteurs.
La^généralité de Guienne embrassait vingt subdélégations administrées par autant d'officiers en sous-ordre, à la nomination de l'Intendant. Les subdélégués expédiaient les affaires, mais toujours sauf recours à l'intendant, comme.chef de l'administration. Celui-ci avait pour mission de veiller à l'égale répartition des impositions, à la culture des terres, à la prospérité du commerce, à l'entretien des chemins, à la réparation des édifices publics, à l'emploi du revenu des villes et des communautés. Il était chargé de la distribution des troupes dans la province, de l'approvisionnement des magasins du roi, de la levée des milices; c'est par lui que le ministère était instruit de l'état de la province, de ses productions, de ses débouchés, de ses charges, de ses pertes et de ses ressources ; enfin presque toutes les parties de l'administration se trouvaient dans ses attributions, n résidait au chef^lîeu, et faisait deux tournées par an dans la g^énéralité ou dans quelques-unes de ses élections. Quand il était absent un subdélégué général remplissait les fonctions d'intendant et correspondait ayec le n^inistère.
Bordeaux, siège de l'intendance de Guienne, a compté vingt-quatre intendants qui se sont succédé, depuis M. de Bellebat en I6I8, jusqu'à M. Camus de Neville en 1787. La plupart n'ont laissé aucun souvenir, tandis que le passage des Séguier (Pierre III), Abel Servien, Henri d'Aguesseau, L.-F. Aubert de Toumy, N. Boutin et Dupré de Saint-Maur a l'intendance de Guyenne a laissé des traces de leur capacité comme administrateurs, ou de leur noble caractère. Nous reviendrons sur ces personnages dans la partie biographique de notre travail.