‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 636 sur 701 · CHAPITRE VU. — INSTITUTIONS CHARITABLES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — INSTITUTIONS CHARITABLES

Le 18 juin 1828, le Conseil municipal décida que le local appelé le PetU Jdaba, situé rue Terre-Nègre, occupé à titre de loyer par le dépôt, serait acquis par la ville et que la jouissance de cet établissement serait consentie à la Société pour Textinction de la mendicité, sous la réserve que dans le cas où le dépôt cesserait d^exister, la ville disposerait de cet immeuble et de ses annexes.

Le 25 juin 1847, une ordonnance souveraine approuvait les modifications statutaires, introduites de son propre mouvement par la Commission administrative et donnait à cette Société la vie civile par la reconnaissance de son utilité publique.

Les bâtiments du dépôt de mendicité de Bordeaux, renfermant 300 lits en fer, se composent de 19 grandes pièces, dortoirs ou réfectoires convenablement aménagés en meubles et literie, et d'une foule de locaux supplémentaires tenus avec la plus grande propreté.

Les rez-de-chaussée sont occupés parties plus ou moins invalides séparés par sexe. Le premier étage du grand bâtiment est réservé aux hommes valides.

Deux cours spacieuses terminées chacune par un atelier offrent séparément aux deux sexes Texercice en plein air et des moyens de travail. Entre les divers bâtiments, de vastes jardins potagers fournissent tous les légumes verts nécessaires à Talimentation des habitués du dépôt. Une chapelle continue les constructions à Pouest.

La Commission administrative se compose du maire de Bordeaux, son président né, de S. E. l'archevêque de Bordeaux et du Préfet de la Gironde, présidents d'honneur, d'un vice-président, d'un ordonnateur général, d'un secrétaire et de treize administrateurs. Elle est secondée par un directeur et un receveur économe de l'établissement, rétribués.

Les comptes généraux annuels sont rendus par la Commission administrative à un conseil général de l'œuvre composé de cent membres dont les administrateurs et les principaux bienfaiteurs de l'œuvre font partie avec les fondateurs.

Le personnel rétribué de cet établissement comprend :

Un directeur, un receveur économe, un aumônier, deux médecins, un inspecteur de la mendicité, un surveillanl principal, deux collecteurs, sept sœurs de la congrégation de Nevers.

A peu près tout le service de l'établissement est fait par des habitués valides et volontaires du dépôt.

En avril 1878 on comptait :

Hommes : Spéciaux 83

— Municipaux 7

VolnnUirG«% / "" Départementaux 12 » ,7g

volontaires. < p^j^^gg . aXiales 63 > *^^

— Municipales 2

— Départementales G

Hommes : Spéciaux 48

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— Départeraentalci ■

Le budget de cet établissement a présente pour l'exercice de 1877 :

En recettes ... F. 90,404 82

En dépenses 88,354 45

Un arrêté du maire de Bordeaux, approuvé par le préfet de la Gironde à la date du 27 avril 1827, interdit la mendicité dans la ville de Bordeaux.

Un arrêté préfectoral de 1858 interdit la mendicité dans tout le département.

Tout contrevenant arrêté pour délit de mendicité doit être mis à la disposition de M. le Procureur de la République, et poursuivi conformément à Part. 274 du Code pénal, pour être conduit au dépôt de mendicité k Texpiration de sa peine, et y faire un séjour proportionné à la durée de la condamnation encourue, pour y recevoir des encouragements au tmvail et à la vie moralisatrice, pour éviter la récidive.

La proportion des détenus appartenant aux départements étrangers k celui de la Gironde, estde70p. 100 moyennement. L'extrême douceur avec laquelle sont traités les admis au dépôt rend inexcusable le pauvre qui s'obstinerait à mendier.

Le travail y est obligatoire, mais a la portée même des plus faibles vieillards; il consiste à réduire de vieux cordages en étoupes, à nettoyer et à trier des cafés recueillis dans le balayage des entrepôts, etc., etc., et la moitié du produit est laissé aux travailleurs, pour se faire un petit pécule devant aider k leur rapatriement.

On fournit a chacun l'habillement, un lit complet, une nourriture saine et suffisante qui consiste en une quantité de 670 grammes de pain maximum, une soupe de légumes au beurre ou k la graisse, et 200 grammes de viande trois fois la semaine. On leur délivre chaque jour un cinquième de litre de vin. Quand la ration complète ne suffit pas, le directeur est autorisé k y suppléer par plus de pain, jusqu'au maximum indiqué, qui n'est jamais atteint, de même qu'il peut supprimer la ration de vin k ceux qui ont mérité une punition disciplinaire.

Pareil établissement a plutôt le caractère d'un hospice que d'un dépôt de mendicité. A la vérité, la plupart de ces malheureux sont des vieillards infirmes affaiblis par la misère et les années ; mais il s'y mêle quelques individus, amenés après condamnation pour délit de mendicité, moins dignes de pitié et cependant traités avec la même bonté.

Dans le principe, le Dépôt avait été établi comme devant recevoir au plus 300 mendiants, maximum annuel de ceux que Bordeaux avait comptés précédemment, mais ce chiffre a été de beaucoup dépassé dans certaines années calamiteuses durant lesquelles le capital de l'hospice dut être entamé; ainsi, il s'éleva k 360 au mois de décembre 1830, et k 450 au mois d'avril 1832.

Le tableau ci -après, que nous devons k l'obligeance de Texcellent directeur de cette maison d'assistance publique, donnera exactement un aperçu du mouvement de la population «pendant douze années, avec le chiffre des restants au 31 décembre de chacune des années indiquées*

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