‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 635 sur 701 · CH&PITBB VII. INSTITUTIONS CHARITABLES · texte numérisé non relu

CH&PITBB VII. INSTITUTIONS CHARITABLES

Les anciens bâtiments sont consacrés aux hommes et les nouveaux aux femmes, qui sont un peu plus nombreuses que les hommes.

Vingt sœurs soigntml pps pauvres dont beaucoup sont incapables (l'iiucuii ii-miiil; (.'tiux ijui suut «a peu valides sont occupés aux soins du jardin ou de la lingerie.

Oa ne saurait trop louer to v.èle des sœurs qui se consacrent à pourvoir aux besoins de ces pauvies, ainsi que l'ordre et la propreté avec laquelle rétablissement est tenu.

Asile dea Vleillarâs de la me Salnte-ÉUsabeth. — Cet asile, établi sur un terrain et tlun.-i une maison donnés par une généreuse famille do l'Église protestaute de Bordeaux, est administré par un comité de dames et de messieitrâ présidé par le président du consistoire. Il contient octuellemcnt 20 vieillards des deux sexes et peut en recevoir jusqu'it 24. Les vieillards protestants pauvres de Bordeaux y sont admis gratuitement et soigné.^ sons la surveillance d'un directeur et d'une directrice. Les dépenses de cet asile n'élèvent, année moyenne, a 15,000 francs et se» revenus proviennent de dons et d'une subvention du consistoire dont cet asile rrltve.

Maison àe Saaté protestante, rue Cassignol. — Fondée il y a une quinsaine d'anuéeri par i[ii<!li|uos protestants craignant de voir leurs coreligionnaires pauvres exposés k abandonner leur culte après avoir été soignés dans les hôpitaux de la ville, cette maison a été achetée des deniers des fondateurs et reconnue peu de temps après établissement d'utilité publique; elle vit ili's seules ressources que lui procurent ses amis dévoués; elle est administrée par un comité composé de pasteurs et do laïques, ayant sous ses oidroa une directrice aidée de garde-malades des deux sexes qui vont soiginir à domicile des malades protestants quand ils sont disponibles.

Les pauvres protestants de Bordeaux et 'des environs y sont reçus et soignés gratuitement ; les étriiiif^rs y sont admis moyennant une rétribution consentie par leur consul; il y a en outre des chambres payantes pour les malades protestanis i^ui demandent à y être soignés à part; les enfanta et les perso nnua lUti^intes de maladies contagieuses n'y sont pas admis.

La moyenne des présences est de 18 à 20 hommes ou femmes.

Quatre médecins ou chirur>>ieii3 des plus distingués de Bordeaux sont chargés do service médical.

Cette maison de santé, dont les dépenses s'élèvent, année moyenne, îi 20,000 francs, reçoit une aulivention de 2,000 francs de la ville et trouve tout !e reste de ses ressources dans les dons de la charité et quelques pensions de malades payants.

Maisons dn Bon-Pasteur. — Avant de terminer la liste des maisons de la Gironde oii la vieillesse trouve un asile, nous devons parler des maisons du Bon-Pastfiur, duiis lesquelles sont réunies des femmes âgées qui, avec leurs modestes ressources, ne pourraient se faire soigner convenablement cliev. elles.

I^es ressources de ces maisons sont entièrement dans le prix des

pensions, qui varie beaucoup suivant les pensionnaires; quelqaes-unes sont reçues à peu près pour rien. Elles permettent à ces maisons de recueillir et d'«lever de jeunes orphelines.

Le Bon-Pasteur possède deux maisons à Caudéran, une à Sainte Germaine (Bruges) avec orphelinat; une à Saint-Brice (Villenave-d'Omon) avec orphelinat de garçons, et une maison de retraite pour les dames, à Lorette, près La Réole.

Œuvre des Écoles apostoliques. — Cette École, placée à côté da collège de Tivoli, est entièrement soutenue par la charité de personnes dévouées à cette institution, destinée à instruire et à former de futurs missionnaires apostoliques. Fondée le 29 septembre 1873 avec 20 élèves, elle en compte aujourd'hui de 40 à 50.

GBuvre des petits Savoyards. — Cette œuvre a pour but de secourir les petits ramoneurs, plus souvent aujourd'hui Auvergnats que Savoyards, de les instruire assez pour leur faire faire leur première communion et de leur procurer une situation meilleure que celle de ramonenr.

Orphelinats. — Les orphelinats sont très nombreux dans le département de la Gironde. La plupart ont été créés pour les jeunes filles par des communautés religieuses.

Cinq des bureaux de bienfaisance de la ville de Bordeaux ont des orphelinats oh 223 jeunes orphelines pauvres sont recueillies et reçoivent, jusqu'à leur placement, tous les soins nécessaires.

liste alphabéiique des orphelinats deflUes,

Sœurs agricoles Martillac.

— — Villenave-d'Omon.

— du Don-PasUur : . . . Caudéran'.

— — Sainte Germaine (Bruges].

— — Saint-Brice (Villenave).

— delà Docirim chrétienne Rue Mercière (Bordeaux).

— — Verdelais.

— de Marie de la Famille Rue Chevalier. 2 (Bordeaux).

— de Marie-Joseph Rue Saint-Genès (BordeauxV

— de Nevers (Sourdes-muettes) Cours Saint- Jean (Bordeaux).

— — Route de Toulouse (Bordeaux).

•^ delà Présentation de Viviers Route de Toulouse (Bordeaux).

— de la Présentation de Tours Saint-Bruno (Bordeaux).

— du Sacré-CcBur Caudéran.

— delà Sagesse Rue de Pessac (Bordeaux).

— — C^diillac.

— deta Sainte- Agonie Tondu (Bordeaux).

— de Saint-Joseph Talence.

— de Saint-Joseph de la Sainte-Famille Rue Sainte-Eulalie (Bordeaux)

— de Saint' Vincent-de-Paul Saint-Louis (Bordeaux).

— — Saint-Seurin (Bordeaux).

— — Saint-And ré (Bordeaux).

— — Sainte-Eulalie (Bordeaux).

— — Saint-Michel (Bordeaux).

— — La Bastide (Bordeaux).

Orp Minât de Mademoiselle Sivan Rue Peileport (Bordeaux).

Ctuinoinesses de la Providence (Orphelines de la

guerre) La Tresne.

Ces maisons élèvent 1,860 orphelines.

Les établissements fondés pour les orphelins ëont au nombre de deux;

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le principal est la Colonie agricole Saint-Louis, fondée par M. Tabbé Moreau à Villenave-d'Ornon et celui de Saint-Brice, dirigé par les sœurs du Bon-Pasteur.

Hospice des vieillards du Tondu. — Cet hospice, fondé le 29 septembre 1849 dans la maison mère des sœurs de la Sainte-Agonie, réunit aujourd'hui 60 vieillards des deux sexes. Ses ressources sont : les dons de la charité privée, publique, et le travail des sœurs qui ont organisé également au Tondu, en face la maison mère, une école réunissant 15 jeunes filles et une salle d'asile.

Hospice des épileptiques à Mérignac. — Cet hospice a été créé en 1868 par les sœurs de charité de la Sainte-Agonie, à peu de distance de leur maison mère du Tondu. Il reçoit 33 épileptiques (femmes).

Il lY. — Salles d'asile et Crèches.

Ces deux excellentes institutions, qui rendent tant de services aux familles d'ouvriers dans lesquelles la femme est obligée d'aller gagner sa vie loin du foyer domestique, sont, depuis quelques années, l'objet de la sollicitude de la municipalité de Bordeaux et de nombreuses personnes dévouées au soulagement des pauvres.

Nous avons donné, page 365, la statistique des Salles d'asile du département; ajoutons que la plupart d'entre elles, confiées aux sœurs de charité des bureaux de bienfaisance, sont tenues d'une fa;on remarquable. La méthode Frœbel, pour renseignement par les yeux, est pratiquée dans -plusieurs de ces salles d'asile, avec un savoir, un zèle et une patience digne des plus grands éloges, surtout dans les salles des quartiers Saint-Bruno et Sainte-Marie de La Bastide.

Les Crèches furent organisées pour la première fois, à Paris en 1844, par M. Marbeau, et à Bordeaux en 1847, par deux membres de l'Université, MM. Charles Lévèque et Louis Dufau, dans les paroisses Saint-Michel et Saint-Louis; elles ne durèrent pas longtemps. Aujourd'hui celles que nous avons, sont de création toute récente, mais malheureusement encore trop peu nombreuses; on en compte quatre à Bordeaux : une, rue des Douves; une, rue Permentade, tenues par les sœurs du bureau de bienfaisance; une, rue ChaufiFbur, paroisse Saint-Bruno, et enfin une, route d'Espagne, organisée par les Loges maçonniques. Depuis peu il en a été créé une à Bègles et une à Ares. Une nouvelle crèche est en fondation rue de la Trésorerie, pour les paroisses Notre-Dame, Saint-Seurin et Saint-Ferdinand. Les renseignements ci-après relatifs à la crèche de la rue des Douves (paroisse Sainte-Croix) peuvent s'appliquer aux autres crèches de Bordeaux tenues par les sœurs de charité.

Sa création remonte au 19 février 1877; elle contient 26 lits, 17 berceaux et 9 couchoirs. Sur 38 enfants inscrits chaque mois, la moyenne des présences est de 26 par jour : 2/3 garçons, 1/3 filles; les enfants sont reçus depuis un mois jusqu'à trois ans, moyennant vingt centimes par jour, de sept heures du matin à sept heures du soir et au-delà.

Lear nourriture est le lait, le bouillon gras, tapioca, riz, soupe, pain, ceuP^i, suivant leur force et les besoins de leur santé,

Les dépenses qu^entraine la crèche de Sainte-Croix, s^élèvent a 3,800 fr. et les rétributions des mères ne montent qu^à 1,200 fr. par an; le3 souscriptions des bienfaiteurs de Toeuvre comblent la diiférence. La municipalité a promis à cette œuvre 10 fr. par berceau et par an, et la Société protectrice de Tenfance 450 fr. par an. Espérons qu'avec ces nouvelles ressources les crèches pourront se multiplier et augmenter d'importance.

S n. — DÉPOTS DE MENDICITÉ.

Le département possède trois établissements dits Dépôts de mendicité, que Ton devrait plutôt nommer Maisons de refuçe et de travail, mais nous leur conserverons le nom sous lequel on est habitué de les désigner. Ils sont situés à Bordeaux, à Liboume, à Bazas. Ces deux derniers très peu importants.

Dépôt de Bordeaux. — En 1808, Napoléon, par un décret date de Bayonne 25 avril, statua quMl serait fondé à Bordeaux un dépôt central de mendicité, d^oii seraient exclus les vagabonds qu^on enverrait dans les maisons de correction. Les femmes, les enfants au-dessus de seize ans, les infirmes sexagénaires qui ne pouvaient gagner entièrement leur vie par le travail, les valides qui ne mendiaient pas hors de leur arrondissement, entreraient au dépôt et y seraient entretenus et nourris, mais soumis au travail qui leur serait assigné.

La somme de 800,000 fr. à prélever sur la vente des terrains du Château-Trompette, devait pourvoir aux frais de premier établissement. Les constructions commencèrent aussitôt d'après les plans de M. Combes. L^édiflce achevé en 1811 présentait toutes les exigences qu^imposait la destination de rétablissement. Un autre décret daté du 15 novembre 1811 prescrivit Touverture de ce dépôt. Mais bientôt les fonds manquant, les mendiants furent répartis entre les différents hospices, et le dépôt en question fut converti en hôpital civil en 1813; en caserne espagnole et portugaise, et hôpital anglais de 1813 à 1814.

En 1815 et 1816, les mendiants rentrèrent dans Pancien dépôt impérial; mais en 1817 Tautorité ferma de nouveau le dépôt de mendicité afin d*y établir le petit séminaire, alors existant à Bazas; mais cet établissement n'y fut transféré qu'en 1828, car une école d'instruction secondaire, dirigée par les jésuites, occupa à son lieu et place de 181*7 à 1828 les bâtiments concédés, et pendant ce temps les mendiants furent secourus dans des ateliers de charité; les plus invalides furent admis dans les différents établissements de bienfaisance de la ville.

En 1827, le baron d'Haussez, alors préfet de la Gironde, reprît le projet de fonder à Bordeaux un dépôt qui délivrerait, avec le concours d'une société d'initiative privée, notre belle ville du triste fiéau de la mendicité; les personnes les plus recommandables, à la tête desquelles se trouvait Son E. M^ de Cheverus, s'associèrent à ses vues. Un plan d'organisation fut arrêté, et en peu de jours les souscriptions s'élevèreut d of2,000/r,, réalisables en trois ans.

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