‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 657 sur 701 · CHAPITRE Vit. RBFORUATION DES MŒURS. 93L · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit. RBFORUATION DES MŒURS. 93L

S VL— RÉFORMATION DES MŒURS H I. — Maison de la Miséricorde.

L'ancien couvent de l'Ànnonciade, fondé en 1521 et supprimé en 1792 fut acheté plus tard par M"' de Ijamourous, dans le dessein d'y ouvrir, SOU3 le nom de la Miséricorde un asile oîi les filles que la séduction ou le libertinage aurait égarées pussent cacher leur repentir et leur honte. M"* de Lamourous s'associa pour cet objet iiiiflijui.'-i ii:uiics reli;.'ir'ii-i's qui eurent le courage d'entreprendre avec elle la Mclu! liouonible, mais difficile, de rappeler au travail, à la vertu, k l'estime d'etles-mSmes, des miinifiircii-M.-. plii^ (Kl iii'.'iii- flétries par le vice, que le monde repoussait et couvrait de ^rjii iijé[,ii?; admirable charité qui n'est pas seulement expeetante, mais qui ne craint pas quelquefois d'aller provoquer le repentir jusque dans ces l'éiuits oîi l'autorité ramasse et séquestre la fange de la débauche (').

L'établissement de la Mnéricorde était déji formé depuis huit ans lorsqu'eu 1808 Napoléon Ir visita; il ordonna qu'il serait fait remise et donné quittance à la funibicrice d'une somme de 22,800 fr, qu'elle devait encore sur le prix de noii .icquisition, et en outre qu'une somme de 12,000 fr. serait mise !i i-i disposition de M"' de Lamourous pour le paiement des rcparatiotis l'aitss ou à faire à l'établissement.

En 1836, le prix de hi voilure de M'' de Cheverus servit à commencer les constructions do la snlb.' riainte-Anne.

En 1840, les filles adiui-tis dans cet établissement étaient au nombrede 330. Aujourd'liiii, on en l'ompte 430, dont 60 environ dans la maison de vm'.. .:.-:■■ !<■■■ iM' :■■■ ;iu i'ian (Médoc),

Elit- - ' ' :: '"!'. ;>:Lnagées en huit divisionsetenautantd'ateliers fléparés, où du matin au soir elles sont occupées à différents travaux propres ii leur sexe : la couture de la lingerie et des gants, le blanchissage et le repassage du linge, le triage des gommes, des cafés, etc. Ces travaux ne sont interrompus que par quelques exercices de piété, des chants, les repas et par de courts instants de récréation. On ne doit pas oublier que ce sont des pénitentes; si le repentir est sincère, elles doivent se soumettre au régime de la maison. Au reste, la sévérité de ce régime, constamment mitigée par une bonté toute maternelle, est telle que souvent les pénitentes ont demandé la faveur de rester dans la maison, faveur qui ne leur a jamais été refusée. Toutes sont volontairement dans l'établissement, toutes peuvent le quitter librement.

Chaque pénitente a son lit. Les dortoirs, très aérés, bien tenus comme tout l'établissement, sont au nombre de 14, sans compter l'infirmerie.

(') I.e D" J.'B. Voaol dit Jmsaon Aftrpi »lati»Ugite avr r hospice datinirieiit de Borâetva, en parlaal des ilamus dn la Miséricorde: ■ Il fiul avoir vu In ixinslani^e, l.i loadresse de kbî OQ'oyès Aa Dieu, pour cuiiupraudre luutJ la pureté iIh leur misaiua. Hiea dq ralttUIil lezâle, rlao ne p«ul ruFruidir la Terveur qui les aaiiue; ea l>uUa aux aarcasmes lea plus iedéceulB,

X refus, aui dutôaDcus, aux cuprices, aux étourderk-g d'uue foule d'Aires mâprisables.

> "■-'-- iipaginuiasuDrelour, qu^souveuIelIeaarrdctiODl aux plus obsliaâes. •

^32 LtVRE IX. — ADMINISTRATIONS.

L^administration est exercée par les dames directrices ; tout le service se fait par les pénitentes. Les dépenses de la maison s^élèvent, année moyenne, de 75 à 80,000 fr. Les ressources, pour y faire face, sont : le produit du travail des pénitentes et les dons de la charité.

Depuis 1843, le domaine patrimonial de M^^* de Lamourous situé au Pian (Médoc), est devenu une succursale de la maison de Bordeaux; il sert surtout de maison de convalescence.

23 II. — Refuge de Nazareth (rue de Saint-Genès).

Cet établissement a été créé en 1850 par M. Tabbé BelleviUe, alors vicaire de la paroisse de Notre-Dame dont il est aujourd'hui le curé, dans le but de recueillir les prisonnières libérées qui, le plus souvent, repoussées par la société, par leurs familles même, n'avaient en partage que le désespoir et se trouvaient autrefois fatalement entraînées de nouveau dans la voie du désordre et du mal. Au refuge de Nazareth, elles trouvent un asile protecteur, où de saintes religieuses de la congrégation de Marie-Joseph travaillent à leur réhabilitation. Comme complément de cette œuvre, le refuge de Nazareth reçoit, dans une section séparée dite de la préservation, les jeunes enfants des femmes prisonnières et quelques autres orphelines.

Au 31 décembre 1877, il existait 201 personnes au refuge, réparties comme suit: section du refuge, 127; section de la préservation, 74.

Ces 201 personnes ont donné en 1877 une dépense totale de 47,488 fr. à laquelle il a été pourvu de la façon suivante :

Souscription des dames patronnesses(10 fr. par an), dons et legs. 4,660 fr.

Subvention du département 1,200

Subvention de la ville 1,000

Travail 24,096

Dons et produits en nature 1,069

Loterie annuelle. 11 ,690

Déflcil 3.773

47,488 fr.

Cette excellente œuvre, si digne de la sympathie qu'elle trouve dans toutes les classes de la population bordelaise, a un bureau composé de S. G. W de La Bouillerie, protecteur, M. BelleviUe, curé de Notre-Dame, fondateur et directeur, M. Tabbé Cœuret, sous-directeur, et cinq dames patronnesses, présidentes, trésorière et secrétaires du bureau.

gg III. — Société de patronage pour les prisonniers libérés.

Cette Société a été constituée en vertu d'un arrêté du préfet de la Gironde en date du 31 juilfet 1874. Elle a pour but de procurer du travail et un asile aux détenus libérés qui, ayant la ferme volonté de vivre honorablement, craignent, par suite de leur condamnation, de ne pas trouver d'ouvrage à leur sortie de prison.

La Société a créé à cet effet dans Bordeaux, route de ToulousOi un refuge

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