‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 69 sur 701 · S VI. — LA DORDOGNE · texte numérisé non relu

S VI. — LA DORDOGNE

La Dordogne (Duramus) prend ses sources non loin du MonIrDore, au pied duquel elle est formée par la réunion de la Dore et de la Doçne, petits ruisseaux qui descendent du plateau volcanique de Sancy, élevé de 1,700 m. au-dessus de TOcéan.

Au-dessous du Mont-Dore, dit Joanne, le lit de la Dordogne occupe le fond d'une étroite vallée bordée d'escarpements granitiques, sépare le Pay-de-Dôme de la Corrèze, puis du Cantal; à Bort (430 m. d'alt.)> la Dordogne coule au pied des Orgues de Bort, immense colonnade basaltique, Tune des grandes curiosités du plateau central.

Après avoir mugi dans des gorges d'une profondeur efQrayante et baigné Argental (175 m.) dans la Corrèze, elle entre dans le département du Lot, puis dans celui auquel elle a donné son nom, où elle serpente au pied d'abruptes hauteurs 'couronnées par de nombreux châteaux, et forme divers rapides, notamment celui du Saut de la Gratusse, au-dessus de Bottersac, qui a motivé l'établissement du canal de Lalinde.

La maigreur de ses eaux devant Bergerac a nécessité la construction d'un barrage en aval.

A Gardonne, elle devient limitrophe, jusqu'à laLidoire, des départements ' de la Dordogne et de la Gironde, après avoir parcouru 375 kilom. A Castillon,* elle entre dans ce dernier département, où son cours, d'une longueur de 116 kilom., est très-sinueux; dirigé d'abord de l'Ë. à l'O., il remonte bientôt vers le N.-O., et ses eaux, après avoir baigné Liboume, longé les coteaux vinicoles du Fronsadais, du Cubzadais et du Bourgeais, arrivent au Bec-d'Ambès, où elles se mêlent aux eaux de la Garonne.

Marées. — Les marées se font sentir sur la Dordogne jusqu'à Pessac, point situé à 12 kilom. en amont de Castillon, à 88 kilom. du Bec-d'Ambès et à 160,200 m. de l'Océan. A Libourne, la différence entre la haute et la basse-mer à l'époque des syzygies est de 4 m. 20 c.

Vitesse des eaux. — Les plus grandes vitesses du jusant, dans les plus basses eaux, sont généralement de 1 à 2 m.; sur quelques points elles vont jusqu'à 2 m. 50 c. En grandes eaux, les vitesses de superficie varient entre 2 m. 50 c. et 3 m. 50 c.

La vitesse du flot lors des marées de vive eau est considérable; à Branne, on peut la comparer à celle des plus fortes crues.

Le MfiUK^aret. — Le mascaret est très-violent dans les passes larges et peu profondes de la Dordogne, dont il corrode fortement les rives. U est généralement reconnu qu'il a augmenté d'intensité ces dernières années C'est surtout aux marées de l'équinoxe d'autonme que le mascaret est le plus impétueux ; le flot, alors divisé en lames courtes et brisées, hautes quelquefois de plus de 1 m. 50 c, remonte avec fracas le fleuve.

Largeur du lit de la Dordogne. — A son entrée dans le département, le lit de la Dordogne a une largeur moyenne de 160 m., qui tombe à 140 m. en temps d^étiage. Lors des grandes crues, le lit dé la Dordogne atteint 800 m. de largeur.

Devant Libourne, la largeur moyenne de la Dordogne est de 280 m. ; elle atteint 580 m. devant le port de Cubzac et 1,000 m. devant Bourg, à son embouchure dans la Gironde.

Fond du lit. — Le fond du lit de la Dordogne est formé par im grès quartzeux homogène ou roche tendre, présentant Taspect de sable plus ou moins argileux fortement agrégé ; ce terrain appartient à la formation de la molasse. On rencontre cette sorte de tuf à des profondeurs variables et le plus souvent recouvert de graviers.

Toutefois il est fréquemment apparent. Il passe alternativement d'une rive à l'autre jusqu'à Civrac ; au delà de Civrac, il s'abaisse, la couche de gravier augmente et se mêle sur quelques points, ou se recouvre, à partir de Saint- Jean-de-Blaignac, de vase ou de sable apportés par les marées.

On rencontre encore ce tuf graveleux dans le fond du lit ou sur ses bords à SaintJean-de-Blaignac, àMerlande, à Branne, à Carré et à Jordan.

La Dordogne charrie peu d'argile, mais beaucoup de sable, de graviers et de cailloux mêlés aux laves que lui ont fourni les lieux où elle prend sa source.

La couche de gravier qui forme, en certains endroits, le fond de la Dordogne, est si épaisse et si compacte, qu'on a eu de la peine à la traverser avec les pieux armés de sabots en fer employés aux pilotis des ponts de Liboume.

Bancs et Ilots. — Deux bancs existent dans la basse Dordogne * au-dessous de Liboume : le premier est situé à 900 m. en contre-bas du port de Saint-Pardon et au milieu de la rivière; il a 270 m. et 50 m. de large ; sa hauteur moyenne au-dessus de l'étiage est de 30 centimètres ; le deuxième est situé à 2,200 m. en amont du port d'Asques; il a 2,000 m. de long et 220 m. de large, sa hauteur maximum au-dessus de l'étiage est de 56 centimètres.

Au-dessus de Libourne, la Dordogne présente sept petits îlots sans importance situés en face de Vignonet, Sainte-Terre, Civrac, Castillon.

l^ Ile de la lauyre, à 22 kilom. en amont de Liboume, recouverte de prairies et de bois ou brbussailles.

7P He de Civrac, à 32 kilom. de Liboume, 1,200 m. de long et 95 m. de largeur moyenne ; elle est la plus grande de toutes ; terres labourables, prairies et bois.

3® Groupe éTUots de Manégat, à 33,700 m. de Liboume; broussailles et jetins.

4® Ile de CoêtiUon, entre l'embouchure de la Lidoire et le Pas-de-Rauzan, 900 m. de long, 45 m. de largeur moyenne ; terres labourables, prairies et bois.

SP Ile de Prat, 47,700 m. de Liboume; prairies.

6^ Ile des Oranges, à 50 kilom. de Libourne; jetins.

*1^ He du lUvet, à 52 kilom, de Liboume; prairies.

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