CHAPITRE IV. — LES BAUX. — LA DORDOGNE
Maigres et Mouilles. — La Dordogne, à Pétiage, présente une suite de biefs ou mouilles séparés par des maigres ou rapides appelés aussi hauts fonds ou barres. Les maigres principaux sont ceux de Sainte-Foy, du Canet, de la Beauze, de Saint-Aulaye, du Rivet, des Grranges, de Pessac, de Prat, de Lescarrot, du Pas-de-Bauzan, de Ci vrac, de Sainte-Florence, de liboume, de Saint-Pardon et de Bourg.
Ces maigres présentent une pente moyenne de 602 millimètres par kilomètre, dans la partie fluviatile de la Dordogne, entre Sainte-Foy et Peasac ; pente qui est réduite à 320 millimètres par kilomètre dans la partie maritime en aval de Pessac.
Tirant d'eau. — Le tirant d^eau, dans la partie fluviale de la Dordogne, est en moyenne de 2 m. 58 c. dans les mouilles ou passes, et de 92 centimètres dans les maigres ou barres.
Comme la navigation cesse ou à peu près avec les crues de 4 m. 50 c. au-dessus de Tétiage, les chiffres ci-après résument Tétat moyen du tirant d'eau de la Dordogne : maximum 4 m. 50 c, normal 1 m. 40 c, minimum 50 centimètres.
Dans la partie maritime, située entre Liboume et le Bec-d'Ambès, les hauts fonds ou maigres les plus élevés présentent 2 m. ou 2 m. 10 c. à rétiage ; ils sont situés entre les ports d'Arveyres et de Fronsac.
n en résulte que la Dordogne est peu favorable à la navigation.
Pour améliorer cet état de choses, il faudrait régulariser et endiguer le lit sur une grande longueur; mais ces travaux coûteraient fort cher et pour les commencer il faut au moins attendre que ceux de la basse Garonne soient terminés et aient produit tout leur effet.
Des sondages généraux, opérés en 1858 et 1861, vérifiés en 1866 et 1872, on a pu conclure que les mouilles et les maigres ont peu varié de profondeur et de situation.
Grandes ornes. — Les crues les plus mémorables de la Dordogne sont :
1783 : 6™14<» au-dessus de l'étiage à Liboume. 17 janvier 1843 : 6 43 — — —
27 janvier 1856 : 5 86 — — —
11 nov. 1875 : 5 90 — - -^
15 mars 1876 : 6 05 — — —
Balisage. — La Dordogne est balisée entre Liboume et le Bec-d*Ambès. Les passes sont indiquées par 19 bouées en bois de la forme d*un paraboloîde; elles sont peintes en rouge et en noir; les premières indiquent que, pour suivre la passe, les navires doivent les laisser sur leur gauche lorsquMls descendent la Dordogne; les deuxièmes que les navires doivent les laisser sur leur droite, et inversement lorsqu'ils remontent la rivière.
Navigation. — La partie de la Dordogne comprise entre Liboume et le Bec-d*Âmbès est propre à la navigation des petits navires long^courriers tels que briks ou trois-màts d'un faible tirant d'eau. Les plus forts navires fréquentant le port de Liboume jaugent environ 300 tonn.
Rn amont de Liboume, on trouve sur la Dordogne de9 chalands dç
grande dimension, des chalands ordinaires, des croupets qui jaugent 60, 40 ou 20 tonn., et ont un tirant d'eau de 1 m. 50 c. à 1 m.
A la descente, les bateaux se laissent entraîner par ^impulsion du courant, ont recours à la rame, mais ne peuvent que bien rarement se servir de la voile.
A la montée, on se sert de Faction du flot et de celle du vent. A partir de Carré, lorsque le vent ou la marée est contraire, on emploie le halage qui se fait au moyen de bœufs et se continue ainsi sur toute la Dordogne au-dessus de Castillon.
Les navires dépassant 300 tonn. de jauge, allant ou venant de Liboume, sont souvent obligés de mouiller deux fois, d'abord entre Caverne et Asques, puis à Tressac, à 14 kilom. au-dessous de Libourne.
Mouvement commercial. ^ Les marchandises le plus fréquemment transportées sur la Dordogne sont : les vins, eaux-de-vie, denrées coloniales, céréales, métaux ouvrés ou non, comestibles, minerais, houille, coke, bois, fourrages et engrais.
Poche. — La Dordogne est très-poissonneuse ; on y prend les mêmes poissons que dans la Garonne et aux mêmes époques ; mais ils passent pour être d'une qualité supérieure ; les saumons, ainsi que les aloses, s'y trouvent en plus grande quantité que dans la Garonne.
Ports de la Dordogne — En entrant dans la Dordogne, nous trouvons tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche, les ports ci-après :
Pain-de-Sucre (rive dr.), en face du Bec-d'Ambès, sorte d'avant-poste ou de succursale du port de Bourg.
Un ponton y a été établi pour éviter aux bateaux à vapeur de Bordeaux à Pauillac et à Royan, de remonter jusqu'à Bourg. Un service d'omnibus transporte les voyageurs du Pain-de-Sucre à Bourg.
Port de Bouro (rive dr.), à 2,600 m. en amont du Bec-d'Ambès, par 2<^53'50' de longitude et 45^2' 10' de latitude, présentant aux syzygies la pleine mer à sept heures et la basse mer à trois heures. Le flot y dure environ cinq heures et le jusant sept heures. Les vents d*0. et de S. y sont les plus fréquents.
Ce port, agrandi en 1855-56, se compose de deux murs de quais surmontés de cales longitudinales inclinées au cinquième, dont l'une a un développement de 135 m. et l'autre de 150 m. Entre ces deux quais se trouvait une cale saillante de 65 m. de long sur 6 m. 50 c. de large, de chaque côté de laquelle allaient s'échouer les embarcations.
Un mouvement important s'étant produit dans le mur qui borde la rivière à l'extrémité aval du port, on a supprimé le mur et remplacé la cale saiUante par une cale d'un modèle analogue à celui usité à Bordeaux.
A l'aval de ces ouvrages existe un chenal dit du Lavoir, bordé de quais et de cales sur ces deux rives, au fond duquel est placé un pont avec vanne de chasse et bassin de retenue. Ce chenal forme un petit port de refuge de 55 m. de long sur 13 m. 30 c. de large au plafond.
Le développement total des murs de quai est de 391 m. 80 c; la surface des cales longitudinales de 2,039 1^-^* et celle des terre-pleins, y compris la rive droite du chenal, de 9,304™-^-