CHAPITRE IV. — LES BAUX. — SOURCES ET FONTAINES
profondeur de 14 m. Le sol de la grotte a été garai de pierres de façon k pouvoir avancer à pied sec, en été, vers le S. de Pescalier, à 75 m. et vers le N. à 56 m. Ces deux dimensions ne sont pas les limites de retendue de la grotte, il s^en faut de beaucoup ; on peut, en se mouillant les jambes, en se baissant et en se glissant avec précaution, atteindre des points plus éloignés vers le N. et vers le S. La largeur de cette grotte varie entre 1 m. et 7 m.
Les visiteurs de la grotte de Rauzan, ceux surtout qui n'ont jamais vu ces sortes de curiosités naturelles, éprouvent, en y pénétrant, une grande surprise, si nous en jugeons par nous-mêmes. La grande cavité qui termine le couloir nord, que Ton nomme la chapelle et que Ton prendrait, en effet, x>our un monument du Jeudi-Saint, est d'im effet magique.
En cet endroit la voûte se trouve à 3 ou 4 m. au-dessus du petit ruisseau qui parcourt la grotte et sa surface blanche et scintillante est garnie de milliers de stalactites que Ton prendrait pour autant de cristaux de la plus belle eau, les parois qui Penvironnent paraissent drapées et Pétoffe qui semble les recouvrir se montre d'une transparence parfaite. Au milieu, une énorme colonne, un bloc qui n'est pas sans quelque ressemblance avec la Vierge tenant l'Enfant Jésus, paraît soutenir cette voûte. 11 s'agit ici d'une immense stalactite qui, se développant du haut en bas, s'est soudée avec une stalacmite grandissant petit à petit de bas en haut.
Jusqu'à ce moment au moins, il n'a été trouvé dans la grotte de Rauzan aucun débris fossile capable d'intéresser la science.
On remarque, dans cette grotte, des lignes horizontales à diverses hauteurs et semblables à celles que nos rivières laissent, sur les murs et sur les rochers, en se retirant, après leurs grandes crues. Ces lignes indiquent que le mince filet d'eau qui parcourt la grotte et que l'on entend murmurer peut, en certaines circonstances et sous certaines influences, prendre un volume considérable et remplir toute sa capacité.
Sonrces salées. — Plusieurs sources de ce genre existent dans la Gironde, on en rencontre plusieurs en Bas-Médoc, mais les plus curieuses du département sont celles qui se trouvent à Bassons, dans les propriétés de M. Perrière et de M. Âvigdor.
Sources intermittentes ou intercalaires. — L'Entre-deux-Mers, oii les sources d'eau vive sont très-nombreuses, renferme plusieurs fontaines intermittentes ou intercalaires situées, pour la plupart, dit Jouannet, dans le voisinage d'une ligne qui serait tirée du point oii les marées cessent d'être sensibles sur la Dordogne au même point sur la Garonne.
A Gironde (rive dr. de la Garonne), sur une sommité calcaire, le puits situé au bas du domaine de Boutaud est sensible au débordement de nos deux grandes rivières.
A LA BéoLE (même rive), sur la partie moyenne du tertre du Mirail, à 12 kilom. environ du point oh le dernier fiot des marées se fait sentir, il existe une fontaine que l'on croit sensible au flux et au reflux, mais des observations auxquelles Jouannet ajoute foi, établissent que les intermittences de cette source ne sont point dans un rapport constant avec les marées. Seulement, à l'époque des équinoxes, ses eaux s'élèvent
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rapidement, phénomène qu'offre, aux mêmes époques, uû puits situé sur le revers septentrional du tertre; Peau s'y élève de 3 m. environ. Le puits et la fontaine sont à plus de 60 m. au-dessus du niveau du fleuve.
A Naujan (rive g. de la Dordogne), la petite fontaine de Lacate est sensible aux marées.
A Rauzan, la source de Bidame présente le même phénomène.
Ces deux sources sont situées à 4 kilom. de la Dordogne et à 10 kilom. au delà du dernier point oîi remontent les marées.
A Grézillac (rive g. de la Dordogne), un puits creusé sur le point le plus élevé de la commune, dans le rocher calcaire, à 3*7 m. de profondeur^ présente im autre phénomène : depuis le mois de mars jusqu'au mois d'août, l'eau j croît d'une manière uniforme et constante, elle décroît de la même manière du mois d'août jusqu'au mois de février. La différence du minimum au maximum est de 4 m. 55 c. H est à remarquer que, pendant la durée de la crue, l'eau filtre et tombe goutte à goutte des parois du puits. Les coteaux supérieurs de cette contrée, renfermant des bancs perméables et des nids d'argile considérable, les excavations souterraines j sont nombreuses. On peut donc expliquer ce phénomène par l'existence d'un réservoir naturel propre à retenir les eaux et disposé de manière à ne se vider que par de lentes infiltrations. En hiver, les eaux pluviales remplissent ce réservoir et l'écoulement a lieu en été.
Sources thermales. — Le département ne possède que des sources très-légèrement chaudes et presque toujours par rapport seulement à la température de l'hiver, les principales sont :
A Savignac, fontaine d'Auriol.
A Labrèdb, source située entre les villages de Guillaumot et d'Avignon.
A Saint-Sulpice-de-Pommikrs (canton de Sauveterre), source de Michou.
A Saint-Félix de Foncaude (canton de Sauveterre), source chaude qui a donné à la commune le nom de Font-Chaude^ dont on a fait Foncaude.
Sources naturelles. — H nous reste à signaler les sources d'eau naturelles et potables les plus importantes du département.
Au Taillan (canton de Blanquefort), source de Bmsaguet, de CanHnoUe et du Thiî, captées pour l'alimentation de la ville de Bordeaux.
Au Haillan (canton de Blanquefort), source de Bussae servant aussi à l'alimentation de Bordeaux.
A AvENSAN, à Arcins et à Saint-Germain-d'Esteuil, au lieu de Fonterrade, on trouve des sources importantes.
A Saint-Laurent de Médoc, source du château Galan.
A Prionac (canton de Lesparre), source importante dans le domaine de Tartuguière.
A PoTENSAC (canton de Lesparre), source jaillissante pouvant s'élever a 10 m. au-dessus du sol et arroser toutes les prairies de la commune.
A Oenon (canton du Carbon-Blanc), source de Canelle servant à l'alimentation de Bordeaux-la Bastide. (Voir plus loin son analyse.)
A Bordeaux, les sources de Figuereau et de Tivoli ont servi longtemps à alimenter la plus grande partie de la ville au moyen de porteurs d'eau. Celle qui se trouve à côté de l'usine Pichard et de la gare du Midi,