S X. — DES CANAUX
Le département de la Gironde est un des départements de France les moins riches en canaux navigables, conséquence naturelle des beaux cours d^eau qui le traversent et des nombreuses voies ferrées dont il est doté.
Nous n'avons à y signaler que :
1^ L'entrée du canal latéral à la Garonne; 2^ Les travaux de canalisation du Drot; 3^ Le petit canal de Laubardemont, sur l'Isle ; 4*^ Le canal de Cazau, réunissant Pétang deCazau au bassin d'Arcachon, à la Teste.
De nombreux canaux, destinés au dessèchement et au colmatage des landes et des marais (voir page 45, landes, et page 31, marais), ont été construits dans notre département depuis quelques années.
Les plus importants de ces canaux de dessèchement sont :
1^ Celui qui conduit le trop plein des étangs de Hourtin, de Lacanau, du Porge et autres petits étangs voisins au bassin d'Arcachon. Il a été construit de 1859 à 1872. (Voir page 48).
2? Celui qui, partant de Tétang de Hourtin, dessèche les marais du Bas-Médoc et aboutit à la Gironde en empruntant 'le r. du Gua ou chenal de Saint- Vivien, après avoir irrigué à volonté de vastes prairies.
Ce dernier canal est en cours de construction au moment où nous mettons sous presse ; il aura une longueur de 30 kilom. et pourra débiter 3,000 litres d'eau par seconde. La superficie totale des terrains à rafraîchir ou à arroser sera de 5,329 hect.
Canal latéral a la Garonne. — Le canal latéral à la Garonne, qui a son point de départ à Toulouse, finit dans le département de la Gironde à Castets, oii a lieu la descente en rivière. La longueur du canal dans le département est de 16,100 m.; ce n'est que le douzième environ de sa longueur totale, qui est de 193,000 m. Ce canal est la continuation du canal du Midi, construit entre Toulouse et Cette, sous le règne de Louis XIV. Entrepris près de deux siècles après l'œuvre de Riquet, le canal latéral a ainsi achevé de réaliser le projet de ce grand homme, en réunissant par une voie navigable l'océan Atlantique et la Méditerranée. Si, eu égard surtout à l'époque, aux moyens restreints d'exécution dont disposait Riquet, aux obstacles de toutes sortes qu'a dû surmonter son génie, le canal du Midi est une véritable merveiUe de Fart de l'ingénieur, on peut dire également que le canal latéral à la Garonne est un des plus beaux travaux d'utilité publique exécutés dans ce dix-neuvième siècle, qui aura vu accomplir tant d'oeuvres
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remarquables de ce genre. Aussi n'est-ce que jubtice de rappeler'les noms des hommes éminents qui ont contribué tant à l'approbation du projet qu'à son exécution.
Le canal latéral est dû principalement à la persévérante initiative de M. Dumon, alors député du Lot-et-Garonne et plus tard ministre. L'exécution a été décidée, en premier lieu, par une loi du 3 mai 1832, suivie de deux autres lois (9 juillet 1835 et 9 juillet 1836). Concédé . d'abord à une Société privée, le canal a été, en réalit^, construit par l'État. Le coi'ps des ponts et chaussées avait alors k sa tête un administrateur d'élite, M. Legrand, sous-secrétaire d'État, dont le nom est inséparable de tous les grands travaux publics, canaux et chemins de fer, exécutés de 1830 à 1847.
Le rapport sur le projet du canal fut rédigé par le dojen du Corps, M. Cavenne, mort depuis inspecteur général des ponts et chaussées, qui avait été, en 1794, l'un des vingt-cinq chefs de brigade choisis par les élèves de la première promotion de l'Ecole polytechnique. C'est aussi bous la direction supérieure d'un contemporain de M. Cavenne, M. de Baudre, inspecteur général des ponts et chaussées (décédé), qu'ont été faites les études et entrepris les travaux du canal latéral.
Ces travaux ont été commencés en 1838. Ils ont été terminés en 1856 après une interruption de quatre ans, de 1848 à 1852.
L'étendue du canal fut divisée en deux sections ayant pour centre, Tune Toulouse, l'autre Agen. A la première furent attachés, comme ingénieur en chef, M. Betin, et comme ingénieur ordinaire, M. Ducos; à la seconde, M. de Job, ingénieur en chef, et M. Couturier, ingénieur ordinaire, qui continua ensuite comme ingénieur en chef, M. Protche étant ingénieur ordinaire. Tous les quatre sont devenus inspecteurs généraux des ponts et chaussées. Enfin les travaux de l'embouchure du canal dans la Garonne qui nous intéressent plus particulièment, ont eu pour ingénieur ordinaire M. Joly, actuellement ingénieur en chef à Bordeaux, chargé des travaux du bassin à flot.
Les dépenses du canal latéral avaient été estimées à 65 raillions, et — fait assez rare qui est tout à l'éloge des constructeurs — l'exécution a présenté sur les devis une économie d'environ 2 millions et demi.
TravaJkff remarquables, — Dimefisions du canal, — L'exécution de ce canal a présenté de grandes difficultés et donné lieu à des ouvrages d'art très-remarquables .
Nous citerons notamment les magnifiques ponts-canaux de Moissac et d'Agen, et, entre autres ouvrages moins frappants pour le public, mais non moins dignes de remaniue à cause des difficultés vaincues, les descentes en rivière : à Montech (embranchement sur Montauban), Moissac (descente dans le Tarn), Agen (prise d'eau dans la Garonne au barrage de Beauregard), Buzet (descente dans la Baïse), et Castets (embouchure du canal.) Outre les descentes en rivière, il faut citer encore comme ayant présenté de grandes difficultés les passages en rivière, c'est-k-dire les points ou le canal, établi d'une manière générale k l^abri des inondations et le plus près possible du coteau, a du se rapprocher de