‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 84 sur 701 · CHAPITRE IV. LES EAUX. — LES CANAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. LES EAUX. — LES CANAUX

la rivière jnsqu^à prendre sa place en la rejetant de côté par une déviation latérale (Laspeyres, Lapointe, le Mas-d'Agenais, etc.).

Ou a vu plus haut que la longueur totale du canal latéral entre Toulouse et Castets est de 193 kilom.

Les dimensions de la section transversale' sont les suivantes :

Largeur au plafond 11™00

Laideur à la ligne de flottaison 17 60

Profondeur du tirant d'eau 2 20

La largeur des écluses est de 6 m. et leur longueur de 40 m.

Détails spéciaux au département de la Oirmide. — La longueur de la partie du canal latéral comprise dans le département de la Gironde est, comme il a été dk ci-dessus, de 16 kilom.

La descente en rivière, à l'embouchure, à Castets, s'opère au moyen de trois écluses échelonnées sur 1,200 m. de longueur et rachetant 10 m. 60 c. de hauteur de chute. L'écluse d'entrée en rivière est double avec deux sas juxtaposés. Les biefs entre les trois écluses ont une largeur exceptionnelle de 40 m., pour servir de gares à la batellerie, qui peut être retenue par les brouillards ou les inondations.

Cette question des inondations a constitué une des principales difiScultés des travaux du canal dans le département de la Gironde. En effet, quand un canarde ce genre arrive à son embouchure, il n'est plus possible de le tenir en dehors de la zone d'inondation. Il faut donc, d'une part abaisser successivement le plan d'eau jusqu'au niveau de la rivière ; et d'autre part mettre le canal k l'abri des crues. De là la nécessité des digues insubmersibles.

Celle qui aboutit à l'entrée du canal en Garonne, à Castets, a 10 kilom. de long. Elle a été établie en prévision d'une crue égale à la plus haute connue à l'époque des travaux, celle de mo, et s'est trouvée encore au-dessus de la crue plus foite de juin 1875.

Elle a même pu servir de refuge à cette dernière époque a nombre de HYerains chassés de leurs demeures par l'inondation.

Il n'est pas sans intérêt de dire à ce propos que cet heureux résultat est dû à un relèvement de 1 m. 60 c. qui fut apporté en cours d'exécution au projet primitif, grâce aux études et sur la proposition de M. l'Ingénieur Jolv.

Il n'y a pas de très-grands ouvrages d'art sur le canal latéral dans le département de la Gironde.

On y trouve : 6 écluses, 12 ponts suspendus, 1 pont en maçonnerie et 12 aqueducs.

Parmi ces derniers, il y a lieu d'accorder une mention spéciale à l'aqueduc - syphon de la Bassanne, composé de trois arches de 3 m. d'ouverture chacune et par lequel un ruisseau sujet à des crues considérables passe sans difficultés au-dessous du canal.

Cet ouvrage est remarquable par les dispositions de détail prises pour éviter les engorgements qui se produisent trop souvent dans les aqueducssjphons.

Les travaux de l'embouchure du canal, repris en mai 1852 par

M. l'Ingénieur Joly, ont été terminés à la fin de 1855. Leur achèvement rapide a été particulièrement utile, en raison de la grande sécheresse, pour faire arriver les blés de la Baïse à Bordeaux, où ils étaient impatiemiâent attendus.

L'état d'entretien défectueux du canal latéral à la Garonne et du canal du Midi qui en est la suite, surtout les tarifs élevés qui sont appliqués k la navigation sur ces canaux, privent le commerce et l'industrie de notre département d'un des éléments les plus puissants de prospérité : les transports à bon marché. Aussi la Chambre de commerce de Bordeaux, la Société de Géographie commerciale et les autres corps intéressés dans cette grave question, ont-ils demandé à plusieurs reprises l'abaissement des tarifs du canal, dont Bordeaux ne peut tirer actuellement qu^un mince profit.

Il a été aussi souvent question, à Bordeaux ainsi qu'à Toulouse, à Montpellier et dans toutes les principales villes du Midi, de la création d'un canal maritime qui relierait la Méditerranée à l'Océan et éviterait aux plus gros navires de doubler Gibraltar.

Cette gigantesque idée a été l'objet de projets nombreux dressés par divers ingénieurs ou savants, plus ou moins bien renseignés sur les moyens de créer ce vaste canal et d'en tirer un parti profitable. Nous n'avons pas a les étudier ici.

Le tableau suivant, donnant le tonnage des marchandises transportées par le canal latéral à la Garonne, fera ressortir la décroissance du mouvement de sa navigation et la nécessité d'abaisser les tarifs.

Le tonnage rapporté au parcours d'un kilomètre a été de :

En 1856 47,337,437 ton.

En 1866 17.215,213 ton.

Ainsi, le tonnage qui, en 1856, au moment de la

livraison du canal à la Compagnie, s'élevait à 4'7,337,43*7 ton.

s'est réduit en 1874 à 19,548,087 —

Il a donc diminué de 59 «/o, soit 27,789,350 ton.

En 1869, cette diminution avait atteint 67 p. 100. L'amélioration que l'on remarque en 1871 est due aux longs retards auxquels avaient été exposées les marchandises sur le chemin de fer de Bordeaux à Cette, par l'efict de l'insuffisance du matériel. Les années 1870, 1872 et 1873 indiquent, il est vrai, elles aussi, une augmentation du tonnage sur les années précédentes; mais en 1874, on constate une nouvelle décroissance.

Les marchandises transportées sur le canal en 1874 se divisent en deux classes, comme l'indique le tableau suivant :

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