‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la GirondeChapitre 192 sur 549 · V. dans Vapchbau, la liste de ses ouvrages, etc · texte numérisé non relu

V. dans Vapchbau, la liste de ses ouvrages, etc

DONIS (L'abbé) est né à St-André-de- Cubzac le 3 fév. 1811. Ordonné en 1835; a professé la classe de seconde au collèse de Bazas jusqu'en 18%: en 1838, vie. de la cathédrale de B'; en 1841, curé de St-Gervais; en 1847, curé de Bat^sac; en 1851, archiprétre de Bazas, puis curé de St-Louis de B< en 1856. Il a composé des poésies inédites et de nombreux morceaux de musique religieuse; un mois de Marie édité en 1860; 12 motets au saint sacrement, 1863; 15 cantiques au sacré cœur, parus en 1878; trois ffrand'roesses. A puissamment aidé l'anministration mnn. dans In construction de l'église actuelle de St-Louis qui lui doit exclusivement ses deux flèches.

Il est mort le 11 août 1888 entouré de Testime universelle et laissant d'unanimes regrets, non seulement dans sa paroisse, mais dans le diocèse tout entier.

DONHET (S. E. le cardinal Ferdinand- François-Auguste), né à Bourg- Argental (Loire) lelttnov. 1795; fils d^un méd.; il fit ses études d'abord au collège d* Annonay, puis au séminaire de Saint-Irénée à Lyon avec des succès tels qu'il en sortit a 18 ans; n'ayant pas l'âge exigé pour être prêtre, il fut nommé prof, au collège de Belley (Ain); il le quitta en 1819 pour recevoir la prêtrise; entra dans la mai*

son des missionnaires de Lyon, où après une courte maladie il fut pris d'un sommeil léthargique pendant lequel il faillit être enterré vivant; fût nommé vicaire à la Guillotièi^, puis curé à Irigny (Rhône) où par sa bonté inépuisable et son grand tact il sut conquérir rafTection d'une population très difficile. Après deux ans de retiaite dans la maison des hautes études fondée oar le cardinal Fesch, l'abbé Don net fut appelé par l'archevêque de Tours à diriger la «Société des prêtres auxiliaires » que ce dernier venait de fonder; il tut chargé de plusieurs missions dans la Touraine, à la suite desquelles il f^it nommé vicaire gén. hon.

Au mois d'oct. 1827. il fût rappelé à Lyon et nommé cure de Villefranchesur- Saône où, malgré le déchaînement des passions politiques, il fut bientôt populaire grâce à son amabilité avec les petits, à sa bonne humeur, à son es-

Îrit conciliant et à son dévouement; en 828, il sauva dans les rues de la ville inondée un enfant et un vieillard sur le point de se noyer; trois mois après, un terrible incendie lui offrit le moyen de montrer encore son courac^e et son sangfroid et lui donna l'occasion de fonder une compagnie de sapeurs pompiers dont il fut longtemps le capitaine et toujours le chef hon. ; u fonda aussi à Villefranche diverses institutions qui existent encore. En 1834, M9r de Forbin^anson, forcé de s'éloigner de son siège épiscopal de Nancy à la suite de graves désordras résultant de circonstances politiques, fit des démarches pour obtenir du pape Grégoire XVI que l'abbé Donnet devint son coadjuteur; une bulle datée du 8 des ides d'avril 1834 le nomma évêque de Rosa inpartibuê infidelium, coaojuteur de l'évéque de Nancy avec future succession; une ordonnance royale du 29 mai 1835 sanctionna la bulle papale. L'archevêché de B> étant devenu vacant par la mort du cardinal de Cheverus, une ordonnance royale du 30 nov. 1836 nomma Mo' Donnet archevêque de B'. Succéder à un prélat aussi vertueux, aussi charitable, aussi vénéré de tous, était une tâche des plus difficiles; Mfl^ Donnet sut se montrer à la hauteur de sa mission; son aménité, son esprit de tolérance, sa largeur de vues, sa charité vraiment chrétienne, avec lesquels il ménageait des relations avec tous, lui gagnèi-ent bien vite les cœur's de son nouveau diocèse. Nous prendrons pour exemple entre mille le passage suivant d'une lettre - circulaire qu'il envoyait en 1842 aux curés du diocèse à l'occasion d'une lettre dogmatique adressée par l'un d'eux aux protestants de sa paroisse : « Montr-ons-nous, monsieur le 1 curé, constamment des hommes de TU piété et de miséricorde, forts dans la » foi, charitables dans les œuvres, atten-

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» tifs à garder Taiiité de Te^rit dans le » bien de la paix. Nous ne ti*ansigerons

> jamais avec les piincipes; dans toutes

> les questions qui divisent si tristement » les hommes, nous nlnteniendronsque 9 pour y mêler à propos ces douces paît rôles qui éclairent, consolent et rap- » prochent. »

Son zèle apostolique et son activité étaient au-dessus de tout éloge.

}i9r Donnet atteignait quelquefois à la grande éloquence, mais il eut surtout éminemment les secrets de réloouenoe pastoiale. Il sa^'ait attacher ses auditeui-s a sa parole simple, familière et sympathique. S'éloignant autant que possible de la politique militante, il s'occupait beaucoup des intérêts agricoles de son diocèse, assistait aux réunions de toutes les sociétés ou comices agricoles et s'élevait en toutes occasions contre la destruction des petits oiseaux. Sa mémoire des personnes et des faits était étomiante.

Les monuments consacrés au culte étaient pour lui l'objet d'efforts incessants en vue de leur agrandissement ou de leur embellissement. II n'est pas une paroisse dans la Gironde qui n ait vu, sous son administration intelligente et active, sa nef réparée, agrandie ou reconstruite, on son clocher élevé et surmonté d'une flèche. Les archéologues ont quelquefois regretté que les architectes chargés de ces travaux n'aient pas toujours conservé avec assez de soin les parties intéressantes des anciens édifices; mais M9'' Donnet ne pouvait pas tout surveiller. La construction des deux belles églises de B* : St-Ferdinand (arch., Abadie) et le Sacré- Cœur (arch., Mondet), est en grande partie due à son énergique concours.

Sa sollicitude pour l'enfance, pour les écoles laïques, congréganistes ou ecclésiastiques fut de chaque jour. Les études de linguistique et de philologie étaient loin de lui étœ étrangères et fl encourageait avec bonheur tous les littérateurs qui lui soumettaient leurs travaux.

Il était memb. bon. de l'Acad. de B*; nommé cardinal en lfô2, il fit de droit partie du Sénat où il prit plusieurs fois la parole; G. C. ^ ; grand'croix de l'ordre de Charles III d'Espagne.

Il était encore convalescent d'un anthrax à la tète (jui avait mis ses jours en danger, lorsqu'il reçut, en fév. 1870, l'avis de la moi-t du cardinal de Donald, archevêque de Lyon; malgré l'opposition des médecins il partit pour Lyon où l'appelait son affection pour le défunt; malgré une faiblesse extrême il oflicia pontificalement; après quelques jours de repos il put se diriger vers Rome pour aller prendre part aux travaux du concile du Vatican. Il exerça dan^ cette assemblée, par sa modération et sa bonté, une influence considérable dont Pie IX lui fut toujours reconnaissant.

Peu de temps après éclatait la fatale guerre de 1870; par sa parole, par ses écrits, par ses ofunandes personnelles il donna les plus beaux exemples de patriotisme et de charité, en faveur des prisonniers ou des blessés; après de telles épreu%'e8, de telles fatigues, il sentit en la72 le besoin de demander au Pape un coadjuteur et obtint Mt' de La Bouillerie, évêque de Carcassonne.

Mv Donnet visitait en nov. 1882, par un temps affreux, les jparoisses de lângoii:an, de Ustrac, de uujan; le 4 déc. il était encore sur la brèche, et le 24 du même mois il rendait le dernier soupir. Ce triste et douloureux événement prit en quelaues heures les proportions d un deuil public; c'est que, nls d'un médecin de village, ce prince de l'Eglise avait toujours été l'ami du peuple qui l'appelait : le bon cardinal.

Le8discours,letti^es pastorales et œuvres diverses de Ms** Donnet forment douze volumes gr. in-8^, B^^imp. Gounouilhou, 1837 à lw2. Nous signalerons dans ces volumes sa lettre au président de la République sur la liberté de l'enseignement, plusieurs discours sur l'utilité des petite oiseaux pour l'agriculture.

Grâce à l'initiative d un groupe d'amis du bon cardinal, de nombi«ux souscripteurs ont formé la somme nécessaire pour l'érection d'un monument à la mémoire du regretté prélat Ce monument funèbre, ex&uté en marbre d'après le modèle sculpté en 1888 par M. Delaplanche, de l'Institut, sera bientôt placé dans la cathédrale en face du tombeau du cardinal de Cheverus.

Son portrait a été peint plusieui*s fois; il a été gravé par Lalauze, pour être mis en tête de la poésie de M. Boné, Le cardinal Donnet, B<, Reday-Hachette, 1883.

V. sa biographie, son oraison funèbre dans tous les Journaux de la région — V. aussi François Combes, HiMtoire du cardinal Donnet, archevêque de B*. Sa vie et set œuvres; son influence et son rôle sous Louis- Philippe» sous l'Empire et sous les deux réjmbliques, d'aprh sa correspondance et son journal (1834-1882^, B*, V* Gadoret, 1888, in-8*. — L^abbé E. Pougeois, Vie, apostolat et épiscopat de S. E. le cardinal Donnet, archevêque de B*, avec portrait, facsimilé, Paris, Ubr. de l'œuvre de St-Paul, 1884, 2 vol. in-12.

DONNET (Louis), V. Romainville.

DONNISSAN (Le marquis de), grand sénéchal de Guyenne, gén. vendéen, père de M"* de La Rochejacquelein, propriétaire à la fin du siècle dernier du château Citran (Médoc), où il a laissé de nombreux et pi'écieux souvenirs; une rue de B> porte son nom. Il est mort sur l'échafaud a Angers en 17Q3.

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