‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la GirondeChapitre 260 sur 549 · V. L0PE5, Hist. de l'église Si-André · texte numérisé non relu

V. L0PE5, Hist. de l'église Si-André

GËRAUD (Edmond), né à B' le 20 nov.

1775. Descendait du côté paternel d'une ancienne famille protestante du Périgord, dont une partie s'était réfugiée en Hollande à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes. Son pére^ riche armateur de

B», très lettré, l'envoya à Paris (m 1780 pour terminer ses études. Edm. Géi-aud entretint avec son père une correspondance suivie dans laquelle on trouve des détails curieux sur les hommes et les événements de cette époque agitée (celte correspond, sera probablement publiée).

Chassé de Paris par les événements (1702) il suivit son précepteur à Toulouse et peu après, plem d'un ardent patriotisme, il obtmt de son pèi*e la pei*mis8ion de s'engager dans l'armée envoyée pour défendre la frontière espagnole. Appelé par son ami G. Lncuée, neveu du mmistre de Louis XVI, à ser\'ir dans l'armée du Noi*d, il fut arrêté à Paris (1703) avec son père comme suspects; mis en prison, ils en sortirent heureusement au bout de quelques joure et rentrèrent à B* indignés et attristés des excès des hommes de la Révolution. Dès ce moment, Ed.

Géraud s'adonna entièrement à son penchant pour les lettres et la poésie. La République qu'il avait aimée et senie tomba dans le sang et le pouvoir tyranuioue de Napoléon lui succéda. Géraud devint alors l'ennemi exalté du despotisme et des hécatombes humaines offertes à l'ambition d'un seul; il écrivit une ode fort belle qui le fit enfermer au fort du Hâ. M. Fouché, préfet de la Gir.^ fit saisir sa correspondance et ses mémoires et, api*ès les avoir lus, il lui rendit la liberté et ses papiers en lui disant : « Mon- » sieur, j'ai été heureux de vous avoir » fait mettre en prison, puisque ma sévé- » rite m'a procuré le plaisir de pénétrer » dans Tesprit, dans le cœur, dans la vie •» d'un homme de votre valeur. » 1814 arriva. Les opinions antibonapartistes de Géraud étant bien connues, on lui offrit de se mettre à la tète d'un journal créé

Îiar les royalistes et oui parut le 16 mars 814 sous fe titre de Mémorial bordelais, Napoléon V^ étant encore tout-puissant.

Quand, le 2 avril 1815, le général Decaen prit possession du département, le Mémorial finit en défendant toujours la cause de la royauté. Géraud reprit ses études littéraires et sa vie retirée. Maine de Biran, devenu questeur de la Chambre des députés, appela auprès de lui son ami Ed. Géraud qui, assidu aux réceptions de Taimable philosophe, vit passer dans ses salons toutes les notabilités de l'époque et se lia avec plusieurs : Baour, Lormian. Sophie Gay, Martignac, de Peyronnet, Perceval, de Genouae, de Chateaubriand, d(* Saint-Victor, Ch. Nodier, Maine de Biran, Victor Hugo, etc., et entretint avec eux une coriesp. qui a été conservée et qui est des plus intéressantes. Ed. Géraud écrivit depuis cette époque des articles de critique littéraire dans la Gazette de France et k Quotidienne, fonda k B>, en 1817, la Ruche d'Aquitaine et publia plusieurs éditions de ses poésies aujourd'hui rares (Paris, Nicolle, 1818, in-12

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