‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la GirondeChapitre 329 sur 549 · V. Amdriec, Bihliof, de l'Àgentis · texte numérisé non relu

V. Amdriec, Bihliof, de l'Àgentis

LAFOM (Pierre), célèbre acleur, né à Lalinde (Dordo^ne) le 13 sept. 1773 suivant MM. Delpit et Minier, 17*^ d^api'ès L. de Lamothe, mort à 6' le 10 mai 1816, fils du précédent. Fut d'abord destiné à la médecine, mais entraîné par une vocation irrésistible qui lui avait déjà fait, en 171H, composer une trasédie en 5 actes, en vers, intitulée : La mort d*Heivule, et dans laquelle, sur un théâtre bourgeois, il joua 4ui-méme le rôle de Nessus, il parut sur plusieurs scènes de province et partit pour Par»

où, ^râce à la protection de Barras et de Lucien Bonaparte, il débuta à la Comédie- Française le 8 mai 1800 avec un grand succès. Après vingt-cinq ans de sen'ices fort appréciés du public, malgré le voisinage écrasant de Talma, Lafont fut nomme professeur au Conservatoira d'où la suppression de sa classe, en 1880, l'obligea à se retirer. On a de Lafon : La mort d*Hercule, tragédie en 5 actes, B>, Puysnèffe, 1793, in-o»; quelques autres écrits de peu d'importance et des mémoires encore inédits qui présentent, dit-on, un vif intérêt. B. de F.

LAFON (L'abbé J.-Baptiste-Hyacinte), né à Pe8sac(Gir.) en 1766, mort vers 1836. Venait d'entrer dans les ordres quand la Révolution éclata. Profondément dévoué à la cause royaliste, il passa toute sa vie à la servir. Implique, sous l'Empire, dans la fameuse conspiration Malet (23 oct.

1812), il parvint, grâce à une présence d'esprit peu commune, à échapper à l'impitoyable condamnation dont lurent frappés les auteurs de cet audacieux complot.

Louis XVIII le nomma ^ et l'un des précepteur des pases à la seconde i^stauration. L'abbé Lafon a publié une très eu lieuse relation de l'étonnante conspiration à laquelle il avait participé sous le titre suivant : Histoire de la conjuration de Malet, avec des détails officiels sur cette affaire , Paris, 1814, in-8o. La Biographie universelle et portative des contemporains, Paris, ln36, a consacré à l'abbé Lafon un très intéressant article. B. de F.

LAFON (M""')* née Marie Chavannes, grande cantatrice, néeà B> en 1832, d'ori-

Sine créole. Elève de M"« G. Bizot, à B», e M"» Damoreau-Cinti et du célèbre Marco Bordogni, à Paris.

Débuta en 1852 à Toulouse et à Marseille, où ses grands succès dans les rôles de Stolz et ae Falcon la retinœnt jusqu'en 1855, époque à laquelle elle fut engagée au Grand-Opéra de Paris, où

elle resta de 1855 à 1860. Elle y remplit les rôles de la Juive, des Huguenots, de Robert, du Trouvère et créa en 1856 Sainte^ûiire du prince Emest de Saxe Cobourg. Ses succès dans ces divers rôles furent éclaUnts. De 1860 à 1876, M»« Marie Lafon voyagea dans toute l'Europe et obtint des triomphes incessants à la Scala de Milan, au théâtre délia Fenice de Venise, aux théâtres de la Cour de Vienne, de Turin, de Lisbonne, Oriente de Madrid, à Odessa^ à Saint-Pétersbourg, etc., etc. Termina sa carrière au Théâtre-Italien (Ventadour), à Paris, en 1875 avec Norma de V. Bellini, opéra qui fut son triomphe partout où elle le chanta. Après avoir lait une ample moisson de couronnes, elle se retira de la scène entourée de l'estime et du respect de tous. Elle se fixa dans sa ville natale où elle professe le chant. Elle a été prof, de la Société Ste-Gécile de 1877 à 18^4.

LAFONT (Marcelin), chanteur, né à B< en 1800, mort à Paris le 15 ou le 23 août 1838 ou 18 août 1836. Il remplissait à B> les fonctions de lieutenant de douanes, lorsque des succès de salon lui suggérèrent la pensée de travailler en vue du théâtre. Doué d'une voix superbe et d'un physique très beau, il alla à Paris en 1821 suivre les cours du Conservatoire; le 9 mai 1823 il débutait au Grand-Opéra dans Polynice de Œdipe à Colone.

Quoique très bien accueilli par le public, il comprit, avec une modestie rare, qu'il devait aller en province faire son apprentissage de comédien. C'est ainsi qu'en 1826 et 1827 il tint au Grand-Théâtre de Marseille l'emploi de 1*' ténor d'opéra.

Le 24 oct. 1828, il reparut au Grand- Opéra de Paris avec un réel succès dans le rôle de Mazaniello, que Nourrit venait de créer. Il créa plus tard ceux de Raimhaut dans Robert (1831), de Léopold dans la Juive (1835).

Il s'apprêtait à venir en congé à B< donner des iieprésentations avec Levasseur, lorsque la mort l'enleva presque subitement à ses nombreux amis et à l'art lyrique qui lui promettait une brillante carrière.

Son polirait lithographie fLéon Noël del.) a paru dans Y Artiste en 1837.

LAFONT (Pierre-Chéri), artiste dramatique, né à B* en 1801, mort à Paris le 18 avril 1873. Fut d'abord chirurgien de marine. Venu à Paris pour concourir pour le prix d'opéra au Cfonser^'atoire, il fut engagé au Vaudeville par Désaugiers pour remplacer le fameux Gonthier, eut des débuts très heureux, puis passa aux Nouveautés. En 1828 il partit ôour Londres, épousa à Gretna-Green M'** Jenny Colon, artiste comme lui et une deschanteuses d'opéra-comique les plus remarquables de son époque j mais à leur retour à

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Paris, ce mariage fut rompu. En 1Si2, revint au Vaudeville, y crèa Pierre le Rouge, comédie dans laquelle il nuançait avec une vérité parfaite trois rôles dedifféi*ents caractèi*es. Entra aux Variétés en 1839, y créa avec succès le Chevalier de St'Georges, Halifax, etc., etc. En 18î)5 il rentra au Vaudeville et v brilla dans les comiques élégants et les rôles militaires. En 1859 il parut au Gymnase où il termina sa carrière dans une suite de créations qui ont mis le sceau à sa Innommée : Le père prodigue, Les ganaches (1862), Montjoye (1863), Rabagas.

LAFONTAINE ( Louis - Marie - Henri Thomas, dit \artiste dramatique, né à fi* le 2è nov. 18^ d*une famille à laquelle a appartenu Fauteur des Eloges. Mis au séminaire, il s*en évada avec audace, vécut quelques jours en vagabond, s'embaixfua comme matelot. A dix-sept ans il était en province commis en soieries lorsqu'il débuta dans la Tour de Ne^le, sous le nom de Ch. Rooch. Dès ce jour 5K)n avenir brillant était tracé. Il prit le chemin de Paris en faisant, avec son frère, le métier de colporteur. Débuta au théâtre des Batignolles dans ïEclat de rire. Fut bientôt engagé a la Porte- Saint-Martin, puis au Gymnase où son grand talent commença à percer. Quitta le Gynmase pour aller débuter au Théâtre-Français, sans y obtenir d'engagement et entra au Vaudeville où il joua avec grand succès Dalila (1857), La seconde jeunesse (1859). Revint au Gymnase, parut dans les Pattes de niouche (1860), la Vertu de Célimètte (1861), les Ganaches (1862).

Epousa, en 1863, M"« Victoria, l'une des piincipales artistes du même théâtre, et tous deux furent reçus d'emblée sociétaires de la Comédie-Française à part entière. Créa le rôle d'Alvarez dans le Supplice d'une femme (1864); remplit avec succès les principaux rôles du théâtre classique.

Au mois d'août 1871 . M. et M»« Lafontaine donnèrent leur aémisaion de sociétaires en consei^ant la pension à laquelle ils avaient droit.

Henii Lafontaine est auteur de plusieurs romans et comédies. Nous citerons: La servante, roman, Paris, C. Lévy, 1879, in-12 ; Pierre Gendron, pièce en 3a., Paris, Tresse, 1879, in-12, en collab. avec G. Richard ; Jack, pièce en collab. avec Daudet; Petites misères, Paris, C. Lévy, 1881, in-12 (ouvrage couronné par l'Acad. française); L'homme qui tue, u\., id., 1882, in-12; Les bons camarades, id., id., 1885, in-12.

LA FORCE (Charlotte-Rose de Caumont de), née au château de Cazeneuve ou Cazenove, sur le Ciron, près Bazas, en 1650, moi-te à Paris en 1724. On doit à

cette féconde romancière : Les fées, conte des contes, Paris, 1602; id.,3«édit., 1707; Uist. de GiMtave Vasa, Lyon, 1693, 2 vol. in-12; Hist. secrète des 'ducs de Bourgogne, 1694, 2 vol. in-12; Histoire de Marguerite de Valois, reine de Navarre, soiur de François i«f, 1692, 2 vol. in-12; 1720, 4 vol. in-12; Didot, 1783, 6 vol. in-12; Hist. secrète de Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, avec les intrigues des règnes de Henry JII et de Henry IV, Nancy, 1703, iii-f2; Hist. secrète de Marie de Bourgogne, Paris, 1710, 2 vol. in-12, réimprimée par Delàborde, Paris, Didot, 1782, 3 vol. in-12; HiHt. secrète des amours d'Henri IV, roi de Castille, surnommé Vimpuissant, 1695, in-12. Les romans de M^^* de La Force, aujourd'hui bien oubliés, ont eu des succès en leur temps, et ont tous été souvent réimprimés. Cette romancière a aussi laissé des poésies, qui, selon la Biographie universelle, « offrent des détails heureusement rendus. »

B. tte F.

V. Qt'ÉRARo, France littéraire et Une nmandire oubliée: Jf"« de La Force, Intéressante iHudedc N.Paul BoNKErorc, dans la Girouie littéraire, n* 7S (30 sept. 1888 et sulv.).

LA FORGE (Henri-Jacques-Nompar de Caumont, duc de), né le o mars 1675, mort le 20 juil. 1726. Fils d'un protestant, il fut élevé â Paris au collège dios Jésuites et devint un ardent catholique. Il fut le premier protecteur de l'Académie des sciences, lettres et arts de B*, qui ne tarda pas à prendre un rang distingué parmi les Soc. savantes de province, rang qu'elle tient encore de nos joui^ et oui,

S race à son inter\'ention, obtint en 1713 es lettres-patentes lui octroyant le titre d'Acad. rovale. n fut de TAcad. française; dans son aiscours de réception il attribue à TAcad. de B< l'honneur que l'illustre compagnie de Paris lui fit en l'admettant parmi ses membres. Il eut des rapports fi'équents avec le grand Montesquieu, Melon, les Bellet, les Sarrau, le présid. Leberthon et ne cessa de s'occuper de l'Acad. de B''. Il y fonda un prix annuel de 3(X) fr. qui subsista jusqu'à la Révolution et lui fit don de 70,000 livres en billets de la banque de Law pour acheter un immeuble, mais peu après le papier de cette banque perdit toute valeur.

Son éloge fut prononcé par Montesquieu devant l'Acad. de IMe 25 août 1726.

LAGARBE (Barthélémy), né à B^^ en 1803j mort à B» le 18 sept. 1887. Acquit très jeune au barreau deB> la réputation d'un orateurbrillant et d'un jurisconsulte habile; il était très remarqué comme avocat d'assises. Sous le gouvernement de Juillet il appartint à l'opposition dynastique: quana vint la Révolution de fév.

. 1818, il fut envoyé par 88,000 suffrages, le

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sixième sur quinste, à T Assemblée constituante où il prit souvent la parole. Vota d'abord avec la droite, puis après Téiection du 10 déc. se rappi-ocha de l'opposition démocratique, parla et vota contre les deux Chambi'es, conti-e la proposition Hateau, l'augmentation du traitement pivsidentiel, le maintien des impôts de consommation et l'expédition dltalie.

Uapporteur du projet de loi sur la suppression de l'impôt sur le sel, il conclut à la l'éduction des deux tiei*s r27 déc. 1848). Il ne fut pas réélu à la Législative et reprit sa place au barreau de B'', où il n'a cessé de tenir un des premiers rangs. Bâtonnier de l'ordre en 1835, 1854, 1870, 1871, il fut aussi memb. du cens. mun. de B*. Son éloge a été

Crononcé sur sa tombe par M. Archamault, bâtonnier, et M. Laroze, député.

LAGE (Fr. de), V. Laage.

LAGEBASTON (Jacques -Benoist de), originaire de l'Angoumois, mort à B' le "Zj sept. 1583 ou en 1582 selon Dom Devienne. Fils natui*el de François l^^'', dit une légende peu admissible, Il était iu^e des cas royaux du duché d*Angoulùinc loi-squ'il fut nommé le 8 avril 1547 cons. au Pari, de B>; et le 22 juin 1551 le ix)i créait pour lui une charge nouvelle de i« présid. ; le 30 juillet 155o, il succédait a Fr. de Laage, comme pi-emier présid., et se montrait, dit M. Gaullieur dans son Hitt. de la Réforme à B^, très tolérant envera les j^ligionnaires (1559 a 1561) ; il séjourna à la cour de Fi-anco à titre de cons. du roi. Eu janvier 1562 MM. de Laj^ebaston, de Ferron et de Lescure faisaient partie de l'Assemblée de St-Oermain chargée de i*édiger Tédit qui devait accorder aux réformes le droit de s'assembler hors les villes et sans armes pour Texei-cice de leur religion. Rentré u B*, son caractère hautain, sa tolérance, on peut presque dire ses sympathies pour les réformes, lui valurent de vifs diflérends «nvec les autorités religieuses et civiles. En 1564, la noblesse de Gueynne adressa une requête au roi récusant le premier

Ïirésid. comme suspect d'hérésie. Quand, e 9 avril 1565, Charles IX fit son entrée à B>, Lagebaston prononça un discours i*emarquable sur 1 autorité de la justice. Pendant son séjour à h^ le roi reçut une nouvelle requête contre le premier prés., mais il n'en tint pas plus compte que de la firécédente. A la suite d'une troisième plainte, il nommait M. de La Ferrière à la place de M. de Lagebaston, qui ne futpas long à se disculper et à reprendre sa charge sur un arrêt du Pari, de Paris du 22 août 1571; mais, jusqu'à l'édit de liacification de 1576, sa situation fut difficile; son opinion religieuse n'étant pas franchement définie, on le trouve souvent absent. A partir du cet cdit au

contraire on le voit député auprès du roi de Navarre en oct. 1576, recevoir le mai^quis de Villai*s le mois suivant, Catherine de Médicis et la reine de Navarre en sept. 1578, Monsieur frère du roi en janv. 1581, le maréchal de Matignon, gouverneur delà Guyenne, en déc. 1581.

V. discours de M. Peyrot, avocat général, ii la rentrée de la Cour le 3 nov. i8U3. — Commi sat, Le Pari, de B\ p. 34.

LAGNIER|[Char]es-Jean*Pierre), sculpteur sur bois, né à B< le 8 sept. 1828. Elève de Técole municipale de dessin dirigée par J.-P. Alaux; Faure, statuaire; Dautricne père, sculpteur ornemaniste.

Son premier travail, fut la restauration de Tabat-voix de l'église de Verdelais (1844); il obtint ensuite en 1850 méd.

d'argent à l'exposition de la Soc. philomatnique ; en 1851, méd. d'argent à 1 exposition de Poitiers pour des fleurs; en 1855, méd. de 2« cl. a l'exposition universelle de Paris pour un pamieau acquis parla Ville de B^; en 1856, sur le rapport de M. H. Brochon, méd. d'or de l'Acad.

tion de la Soc. philomathique, pour divers objets au nombre desquels le Bénitier solitaire, qui fut acheté par la ViUe de B* pour être oiTert à l'impératrice Eugénie; en 1865, méd. d'or à l'exposition de la Soc. philomathique; en 1878, méd. de bronze à l'exposition universelle de Paris pour sa Toilette monumentale; a obtenu diverses autres méd. pour ses travaux nombreux dont les journaux ont fait maintes fois l'éloge.

LAGRANGE (S. de}, auteur d'un poème sur B> publié en 1752.

LA GRANGE (Adélaîde-Edouard-Lelièvre, m'» de Lagrange et de Fourilles]), ne à Pai is le 17 déc. 1796, mort à Paris le 11 mars 1876; quitta la carrière militaire pour la diplomatie qu'il abandonna après la Révolution de 183U. U avait été capitaine d'état -major de la garde royale, secrétaire d'ambassade en Espagne, puis chargé d'aflaires à La Haye. S occupa, dès lors, de littérature et des vastes domaines qu'il possédait dans le Blayais par son mariage avec M"« de Caumont La Force. Député de la Gir. de 1837 à 1848, et en 1849; memb. du cons. gén. de la Gir. de 1846 à 1863; il fut nommé sénateur en 1852 et (i 0. î^: memb. de l'Acad. de B* en 1856, il avait été élu en 1846 memb. libre de l'Acad. des inscriptions et belles-lettres, distinctions qu'il dut à ses travaux scientifiques et littéraires parmi lesquels nous citerons : Mémoires authentiques de Jaanies Nompar de Caumont, duc de La Force, 1843, 4 vol. in-8»; Les Suédois

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