‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la GirondeChapitre 452 sur 549 · V. Bernadac · texte numérisé non relu

V. Bernadac

RAGANEAD (François), poète, né à Mérignac le 15 avril 1806, mort à Mérignac le 16 janvier 1887. Fils d'un boucher, se révéla poète sur les bancs de l'école primaire.

Il prit la profession de boulanger qu'il ne quitta jamais et consacra ses loisirs au culte des muses. On lui doit plusieurs romances, paroles et musique; quelaues unes de ses pièces de vers ont paru aans le Mémorial bordelais de 1840 à j852.

Elles présentent une inspiration large et soutenue, souvent mélancolique. Son vers est magistral et sonore; ses poésies ont été l'objet d'éloges que lui ont adi'essés: Chateaubriand, Lamartine, Victor Hugo, Reboul, etc.

l\ a laissé un nombre considérable de pièces de vers inédites, parmi lesquelles plusieurs comédies. Il possédait un très joli talent sur le violon. H. M.

RAIMOND DE LALANDE (Jean de), 11 Is de Pierre de Raimond de Lalande, marquis de Castelmoron, cons. au Pari, de R<, avait d'abord succédé à son père (1779) et remplissait depuis deux ans les fonctions d'avocat gén. lorsqu'il épousa la dernière représentante d'une des plus illustres familles parlementaires de la Guyenne, Honorine-Etiennette d'Alesme.

Arrêté en 1794, il fut le 4« avocat gén., qui paya de sa vie l'honneur d'avoir appartenu au Pari, de B>.

RAMADE (Eugène), peintre de genre, né à B* en 1802; ancien camarade et ami de Brascassat, élève de Lacour tlls à B^ et de Michel Gué à Paris; méd. d'argent de la Soc. philomathique en 1827; a participé aux premières expositions de la Soc. des Amis des Arts de B*. Le Musée de B* possède de lui : Intérieur de Véglise de Bazas, d'après le catalogue du musée par M. Vallet.

RAMAT (Pierre-vfacques); né à Asques (Gir.) le 16 août 1844. Musicien-amateur en même temps (jue viticulteur et courtier. Après avoir obtenu de chauds applaudissements dans les salons de B'^

et dans de nombraux concerts, après avoir chanté avec talent à la Soc. Ste-Cécile le rôle de Bander dans La Damnation de Faust d'Hector Berlioz, etc.; il a débuté en 1887 au grand-Théâtre de B< avec beaucoup de succès, y a joué les rôles de basse noble dans lès Humienots, la Juive, Robert le diable, le Cid et Jérusalem; même succès au Grand- Théâti-e de Lyon dans l'hiver de 1888^.

RAHBAUD (L'abbé Pierre), né à liboume (Gir.) le 13 juin 1819, ordonné prêtre à B> en 1843. Successivement prof, au petit séminaire ; vie. à Preignac et à La Éastide, curé de St-Michelnde-Hieufret depuis 1873.

Auteur de notices hist. sur St-Martindu-Puy et St-Michelrée-Rieufret, 1877 ; d'un opuscule sur le culte de St Michel, B«, 1876, in-12, et d'une Vie de St Paul, B» 1882, gr. in-12.

RAMET (Jean - Claude), horticulteur, né à Dôle (Jura) en 1798, mort à B< le 14 avril 1865; fils de cultivateurs, orphelin à dix ans, fit son apprentissage chez un jardinier de Beaune, vint à Paris en 1821 travailler au .Jardin des Plantes sous les ordres du savant Thouin qui, appréciant son activité et ses capacités, le fit nommer en 1822 jardinier- agriculteur du gouvernement français au Sénégal. Il sut là acquérir l'estime de tous et reçut en 1828, en récompense de ses travaux, une méd. d'argent grand module de la Soc.

d'agriculture du Sénégal avec un prix de 10,000 fr. En 1829, il dut quitter le Sénégal par raison de santé et vint se fixer à B^ où il se maria et fonda un établissement d'horticulture; fut prof, d'agriculture à l'Ecole normale de la Gir. de 1835 à 1851; présid. de la Soc. de bienfaisance des jardiniers de 1843 à 1865; membre écouté des Soc. d'agriculture et d'horticulture, il publia de nombreux articles dans VAnu des Champs et dans plusieura autros recueils agricoles, ainsi que deux vol. intitulés : Traité élémentaire de la taille des arbres et Manuel d'agriculture et d'horticulture pour le dép. de la Gir., couronnés l'un et l'autre par la Société d'horticulture de la (jir. A laissé le souvenir d'un homme de bien dans toute l'acception du mot,et un bel exemple de ce que peut donner de considération et de bonheur intime une vie de travail, de probité et de dévouement.

V. son éloge par Ch. Laterhade dans l'Ami des Champs du mois de juin 1865.

RAMET (Victoi^Eugène), horticulteur né à B^ en juil . 1 833, mort à Paris le 17 mai 1877. Fils du précédent, élève de son père et des botanistes Laten*ade père et Durieu de Maisonneuve, dont il fut l'ami. L'un des fondateurs de la Soc. des sciences physiques et naturelles de B'. Parti pour

Il A N

Paris à 18 ans, il fut de suite attaché à Técole de botanique du Muséum ; en 18M il entra dans la maison Vilmorin-Andrieux où ses capacités, son activité, son bon cœur, lui valurent l'amitié de tous et le titre d'associé dans cette importante maison. «Donner aux malheureux, obliger sans cesse ses amis, se prodi|^er à tous ceux qui l'entouraient ou l'imploraient était la pente naturelle de son cœur.»

Botaniste passionné et érudit, il forma un herbier considérable, que sa famille a offert à la Faculté de médecine de B>.

Au milieu d'incessantes occupations, il écrivait peu et, modeste autant que savant, il a bien des fois publié ses travaux sous le voile de l'anonyme dans la Revue hortieole, le Journal d'agriculture pratique, le Journal de la iSociété centrale d horticulture de France et les vol. de VAsitociation française pour Vavnncemcnt des sciences; fut un des collaborateur du j^rand Dictionnaire de Botanique de Bâillon et de l'excellent ouvrage de M. Vilmorin«Andrieux: Les fleurs de pleine terre. Il traitait surtout les SDÛ^^ pratic^ues.

Sa mort a été une grande peita pour les sciences horticole et agricole comme pour ses amis.

V. notice nécrologiqac dans la Rrrue horticole des !•'' juin et !«'' nov. 1877, dans le Journal de Rouen du S6 août, lu Gironde du 19 cet.

RANCONNET f Aimar de), que le docte Fr. Pithou rangeait parmi les quatre plus grands hommes du xvi* s., et qui fut célèbre surtout comme jurisconsulte et comme philologue, naquit, non en Périgord comme l'a prétendu le président de Thou et comme la répété M. Léon Dessalles (notice insérée dans le Calen^ drier du déi^artement de la Dordogne, 1845), mais a B*, comme l'afQrment Gabriel de Lurbe, Antoine de Gouvea et Ranconnet lui-même. C'était le fils de François de Ranconnet, avocat, jurât de B*. 11 fut nommé, en 15^, cons. au grand Conseil et, en 1549, présid. de la chamb. des enquêtes au Pari, de Paris.

Il mourut en 1550 à la Bastille, où il avait été emprisonné pour un pi'étendu crime d'inceste, accusation contre laquelle il protesta dans un mémoire justificatif qui a été publié pour la première fois par M. Ph. Tamizey de Larroaue dans son étude intitulée : Un grand homme oublié, le président de Ranconnet, Paris, 1871, in-8o, étude où ont été groupés tous les renseignements fournis, sur la vie et les travaux du très savant et très malheureux magistrat, par ses contemporains. La Bibliothèque de la ville de B*^ poHsede de ce Bordelais: Trésor de la langue française tant ancienne que moderne, écrit en collab. avec NicoT, Paris, Durand, 1606, in-folio.

RANCOULET rAman-Victor) né à Carcassonne en 1812, mort à B* le 28 nov. 1870. Etudia la médecine à Montpellier et, s'il ne conquit pas pour lui-même le titre de docteur, par suite d'obstacles pécuniaires, il écrivit pour d'autres bien des thèses, dont plusieurs ont joui d'une sérieuse autorité.

Modeste à l'excès et à cause de cela insuffisamment apprécié, M. Rancoulet flit un savant de réelle valeur et d*ane érudition générale. Entré à la bibliothèque de B*^ vera 1850, comme employé subalterne, il sut, même dans cette situation qu'il occupa longtemps, se distinguer et rendre à tous d'innombrables ser\'ices bibliographiques. Devenu plus tard sousbibliothécaire, et nanti d'une connaissance profonde de la bibl. de B', il en fut. pour tes travailleurs, la personnification vivante et l'on peut dire qu'il n'est pas de livre publié dans la région qui n'ait dû quelque chose à ses lumières et à son inépui^i>le obligeance. Le titre de bibliothécaire en chef aurait dû lui revenir versl8G0, et des lettrés bordelais le sollicitèrent pour lui« mais inutilement. C'était un philosophe : il eut occasion de pratiquer sa philosophie en redoublant de bonté pour les autres même à une époque où l'âge et la maUdie avaient fait de sa vie un supplice de tous les instants. M. Rancoulet était un sage, il voulait être un inconnu, et parut l'être au point de vue de ses fonctions restées inférieures à son mérite. Mais ses contemporains garderont de lui un reconnaissant souvenir, et ce ne sera que justice de le compter parmi les hommes utiles de notre pays.

y. Discours prononré sur sa tombe par X. R. Dezeiineris, Gironde du l*' déc. 1879.

RANCOULET (Ernest), sculpteur, né à Sorrèze (Tarn) le 5 aviil 1842. neveu des précédents. Marin de 1855 à 1866; élève de l'école municipale de sculpture de B« et de M. Leç^uesne; pensionnaire de la Ville de B* à TEcole des beaux -arts en

A exposé au salon de B', en 1867, divers

Eortraits médaillons; en 1868, portraits, ustes, médaillons en marbre ei Christ à la colonne; en 18(59, des Etudes; en 1870, un Philopœrnen, A exposé au salon de Paris, dès 1850,

Îortraits, bustes et double médaillon; en 870, La ville de B\' en 1876, Hercule vainqueur de la mort; et un portrait buste.

Un grand nombre de groupes et statues portant sa signature ont été exposés par divers éditeurs aux expositions des arts industriels.

RAN6EARD, méd. bordelais dn xtui*s.

On a de lui: Véritable entrée de l'agrégation de médecine de £v B<, .Si^oumé, 17(38, in.4». B. de F.

il A T

RAOUL-DUVALCCharles-Edmond), né à Amiens le 6 mars 1807. Substitut à Laon en 1830; procureur à Pcronne en 1832; cons. à la Cour d* Amiens on 1837 ; avocat gén. à Rennes en 1845; il était à Nantes procureur du roi, lorsqu'il fut révoqué en mars 1848. Nommé en 1849 procureur gén. à Dijon, il fit partie de la commission mixte delà Côte-d'Or; successivement procureur gén. à Orléans et à B* (1853), devint prem. présid. de la Cour de cette ville le 3 oct. 1851 ; admis à la retraite, sur sa demande, le 20 mai 1873 et nommé premier pi*ésid. honoraire.

Nommé sénateur de la Gir. en janvier 1876 par 361 voix sur 671 votants, il prit place sur les bancs du groupe de l'appel au peuple; se sépara des droites du Sénat lors du vote du projet de loi sur la collation des grades par l'Etat (1876), et refusa en 1877 de voter la dissolution de la Chambre des députés; à la suite de ces actes d'indépendance, il renonça à figurer sur la liste conservatrice aux élections du 5 janvier 1879, et rantra alors dans la vie privée, C. ^ depuis le 11 août IffîO.

Son nis atné, M. Edgar, né à Laon le 9avril 1832, moil à Monte-Carlo le lOfév. 1887, fut avocat général à Angers, à B* et à Rouen; plus tard (2 juillet 1871) député de la Seine-Inf^; prit une part active aux travaux de l'Ass. nationale et fut en 1876 élu député de Louviera (Eure) malgré ses opinions libre-échangistes.

Refusa en 1877 de s'associer à la tentative du 16 Mai, et échoua aux élections générales qui la suivirent; a été en 1884 réélu avec une très forte majorité par l'arr. de Bemay (Eure); a créé le cours d'histoire du commerce à l'Ecole des hautes études commerciales, fondée en 1881 par la Chambre de commerce de Paris.

Homme d'un grand caractère, d'un esprit large et libéral, orateur distingué, il a laissé à B> les meilleurs souvenirs. A la Chambre, il cherchait à former dans les centres un groupe républicain libéral conservateur, lorsque la mort l'a enlevé à cette œuvre difficile qu'il aurait probablement menée à bien, tant l'estime qu'on lui portait était grande à droite comme à gauche. Ses obsèques ont eu lieu à Paris, au milieu d'une foule immense où se confondaient les hommes éminents de tous les partis.

Son second fll8,FemandRA0UL-Duv AL, né à Péronne en 1833, ancien élève de l'Ecole polytechnique, est régent de la Banque de France, présid. de la C* du gaz de Paris et memb. de la Soc. nat. d'agriculture; il a été aussi memb. du Cons. sup. du commorce.

RAQUINE (Fernand de), peintre, né à Lugon ((iironde) le 13 février 1846, élève de MM. Jaumot et A. Herst.

A exposé au salon de Paris, en 1869,

Ancienne route entre les caiTières de Saint-Germainrla-BivièrelGironclej;en 1870, Le viaduc, boi^da de la Seine.

RASTOUIL (N.), sculpteur-ornema> niste, né à Carcassonne en 1796, vint à B* en 1831 et ne quitta plus cette ville où il mourut vers 1870. Rastouil avait suivi l'atelier de David d'Angers où il avait connu Jouftroy, devenu memb. de l'Institut.

Les principaux travaux de Rastouil furent exécutés sous la direction de M. Thiac, architecte, notamment au Palais de Justice. En 1834, Rastouil obtint une médaille à l'Exposition de la Soc. philomathique.

RATEAU (6«n Auguste), né à B> en 1757, mort à Bagnère»-de-Bigorre en 1833.

Avocat, helléniste et latiniste distingué ; nommé au concours en 1790, prof, de droit romain à l'Université de B^; commissaire du gouvernement près le tribunal d'appel de la même ville, de 1801 à 180^i, et procureur gén. de ce tribunal de 1805 à 1830; memb. du cons. gén. de la Gir. de 1816 à 1829; memb. de l'Acad. de B'^ en 1806. Il fut toute sa vie homme d'étude et de réflexion, impat*tial et modéré en toutes choses. Sa bibliothèque occupait quatre grandes pièces de son hôtel de la rue Margaux, appartenant aujourd'hui à M. Fabra de Rieunègre, et l'enfermait un grand nombre d'ouvrages rares et précieux. Elle était très riche en auteurs grecs. Jouannet a dit de lui : « Grave et méditatif par caractère, passionné poulies études approfondies, doué d'un tact sûr qui, dans toutes les questions, lui montrait aussitôt le côté vrai, il sut imprimer à ses leçons un degré de précision, de force et de clailé, dont le barreau de cette ville a recueilli les fruits.... Son éloquence noble et sévère, comme il convenait au sentiment de sa dignité, fut toujours appropriée à l'importance des causes dans lesquelles il pnmait la parole. » Ses discours de rentrée et son bel éloge de Montes(|uieu prouvent que si les devoirs de magistrat avaient pu laisser chez lui place à l'ambition littéral i«, il auraH mérité d'être compté parmi nos meilleurs écrivains.

y. son éloge par IzAnDdans les Acte» de l'Acaâ. d» Bordeaux, 1634, page 141, et Ciucvot; Le Barreau de Bordeaux, page 415:

RATEAU (Pierre-Lamothe), né à Bonnes (Charente) le 24 avril 1800, mort à B* le 23 mars 1887. Reçu avocat à Paris le 4 fév. 1820; inscrit au bareau de B« le 10 déc. 1821, dès 1830, il avait l'honneur d'être appelé au conseil de l'ordre où sié-

feaient Dufaure, Brochon, Degrangeouzin, Dénucë, Duranteau, Tessier, Lagarde.

Son talent et se^ opinions libérales, le

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