SEZ
SEVERIAIfOS (v« s.), poète latin bordelais, assure-t^n; Sidoine Apollinaire, son contemporain, faitde grands éloges de son talent. U. de K.
SÈZE (Jean de), né à St-Einilion en 170U, tils de Pierre de Sèxo et de Catherine Brnnel, petit-fils de Jean de Sèze, avocat et arnère-petit-lils d'Antoine de Sèze, qui eut Thonneur de haranguer l^ouis XIII en 16t2i, en qualité de inaii« et gouverneur de St-Emilion. J. de Séze se distingua au barreau de Libourne en 1735. Peu de temps après, il vint â B^où il ne tarda pas à être placé au premier rang des avocats au Pari., â côté de Duranteau père. Il était le conseil des Jésuites de la province. Il épousa M"* Marthe Duffourbubergierderavait, eut un grand nombre d'enfants tous aussi heureusement partagés que lui du coU'; des talents, de l'esprit et des vertus. Entre auti'es: Pat'L Romain, avocat distingué, ancien jurat de ]i*y cous, â la Cour d'appel de B^ le 12 mai 1811, maintenu le 24 janv. 1816; présid. de chambre le 23 déc. 1827 ; ^: le 20 avril 1821; Alexis^ mort memb. du conseil souverain de Saint-Domingue; Raymond ou Romain, défenseur de Louis XVI, fut l'un des aigles du barreau de Paris (voir plus loin.); Paul Victor, savant méd. et littérateur (voir plus loin): Jean Pierre, auquel ses amis donnaient le nom de sa propriété: Du not/c?r, était ancien ofT. des troupes coloniales, chevalier de St-Louis; Constantin, ancien vie* gén. de l'évéque de Dax et de l'archevêque de B<, Mor d' Aviau du Bois de Sanzay; Jean Casimir, procureur du roi près le trib. de première instance de B» le 21 fév.l8 10, présid. de chambre à la Cour de B^ le 20 janv. 1819 et premier présid. à Aix le 6 août I82i. C'est là que le trouva la révolution rlc 1830, qui fut pour lui l'occasion d'aflirm^.r .son attachement à la monarcliie tombée, en donnant sa démission.
Jean de Sèze fut inscrit sur le tableau des avocats de B* jusqu'en 1777; il put assister aux premiers succès de son second fils Romain, dont le talent se rapprochait le plus dju sien. Si la renommée ne semblait répugner à proclamer deux fois le même nom, Jean de Sèze aurait trouvé place, dans les annales du barreau français à côté des Ferrêre, des Dcnucé, des navez.
V. H. Chauvot, Le harreau de B\ Paris, A . Durand, 18.%, p. 43. L'élopc de J. de S^zc fut prononcé à la séance de rentré de la conférence des avocats, le 13 déc. 18Sa, fiar M. Cazeaux, avocat.
SÈZE (comte Romain de), né â B> Je 26 sept. 1748, mort à Paris le 5 mai 1828, fils du précédent. Défenseur de Louis XVI. Il prit, de bonne heure, rang
Earmi les avocats les plus distingués du arreau de B<, alors si brillant.Memb.de r Aoad de B« le 30 mara 1783.
En 1784, attiré à Paris par ramitié d'Elie de Beaumont, de Gerbier, de Target plus que par ambition, il obtint, dès les premiers joura, des succès qui le placèrent au premier rang; un des plus saillants fut sa plaidoirie dans l'aiTaii^ de la fille d'Helvetius.
En 1787, il devint memb. du cons. de la Reine. En 1789, présid. de district aux
Îiremières réunions des habitants df 'aris; il fut vite désabusé sur ces réunions politiques, les quitta sans retour, plaida
λonr le comte de Provence (Louis aVUI) a dernière cause qu'il fut donné au Pari, de Paris de juger. Ne pouvant accepter les nouvelles jundictions, il renonça à la profession qu'il aimait passionnément; ne reparut sur la scène publique que le 26 déc. 1792 pour défendre le mi Louis XVI à la barre de la Convention, et quitta I^aris après le 20 janv. 1793. Arrêté à la campagne le 20 oct. 1793, il ne dut son salut qu à la protection d un employé de Tadministration de la police, M. Michel.
3ui feignit d'avoir égare son dossier et usa e stratagèmes qui permirent au 9 thermidor d'arriver à temps pour lui. Jusqu'en 1814, il vécut dans la tristesse, la retraite et Tétude. Dès le retour du roi il fut nommé prem. présid. de la Cour de cassation, pair de France, ffrand trésorier, commandeur de Tordre du Saint-Esprit, puis comte, avec autorisation de mettre sur ses armoiries le château du Temple, entoui-é de fleurs de lys. Au 20 mars IHlâ, de Séze suivit le roi à Gand. L'année suivante, il fut élu memb. de TAcad. franc, en remplacement dn poète Ducis; deux ans après il en fut le directeur.
Il touchait à ses 80 ans et avait conservé toutes ses facultés ph}*siques et morale^s lorsqu'il fut emporté par une fluxion de poitrine le 5 mai 1828. Son éloge fut
Sroiioncé à la Chambre des pairs, par [. de Chateaubriand et dans plusieurs cours royales à la rentrée.
Si la ville de B< s'enorgueillit de gloires plus éclatantes, elle n'en compte pas de plus pure. Son nom a été donné à une des rues centrales de notre cité.
On a de lui : Essai sur lesmaximeset les lois fondatnentales de la tnonarchU française, 1789, in-8"; Les vœux d'un citouen, adressés au tiers-^tat de B*.
1789, in-8»; Discours sur la bénédiction des drapeaux du disttHct des capucins du Marais, 17 sept. 1789, inS*"; Observations sur le rapport fait au cwi^é de recfierches des rm>resentanl8 d^ to commune par M. Cctzau de Cotdon, 1789, in-8«: Plaidoyer pour le baron de Bezenval, 1790, in-8»; Obseixationspo*ir les députés extraorditiaires du convn.
et des manufactures de France et iur le danger de l'étabUssemetit d'un trib.
de cassation dans les colonies, 1790, in-8o; Défense de Louis XVI prononcée à la batre de la Convention le 26 déc.
il 92; Discours prononcé dans la séance publique tenue par VAcad. française, potir la réception de M. de Sèze, le 26 août i816, avec la réponse de Fontanes, in-4o; Relation sur B*, dans le Moniteur de Gand, 1815; La nation française justifiée de l'imputation calomnieuse d'avoir ptispart au crime affreux de la mort de Louis XVI, ou Opinion de M, de Sèze prononcée à la Chambre des pairs le 9 janv. i8i0 st^r la résolution de la Chambre des députée relative au deuil gén. du 2ijanv., Metz, Pierret, 1817, in-8», 32 pp.; Requête nu roi pour la tnarquise Champignolles de Douhaut, etc., Paris, Lenormand, in-4*; Autre requête au roi pour la même, etc. , Riris, Deiaunay, in-8o; Discours sur les prix de vertu prononcé dan^ la séance de VAcad. franc, du 25 août i824, Paris, Didot, 1824, in-4s ^ PP.
V. notice blogr. do M. Vicîieap, couronnée par TAttad de B% à la rentrée des conférences du stage en 18G8; — Cbauvot, le Barreau de B; in-S*; — A'oli<?« jntr le prem. préxid. B. de Stie (1748-1828), par Félix Grelot, avocat à la Conr de Paris, extrait de la Vranve judiciaire y déc. 1876.
SËZE (Paul-Victor de), frère du précédent, né en 1754 à B'^ où il est mort le l*r avril 1^)0. Il alla étudier la méJ. à r Université de Montpellier et y fut reçu docteur; revenu à B<, il fut agrégé à la Fac. de môd. de sa ville natale, et devint méd. titulaire de l'Hôpital St- André. En 1789, on le voit successivement figurer parmi les 90 électeurs qui devaient choisir les représentants du Tiers aux Etats généraux, puis parmi les commissaires chargés de la rédaction des cahiers, et enfin parmi les députés élus par l'ordre du Tiers-Etat pour représenter la ville de ti' à FÂss. de Versailles. Il parut à la tribune de la Constituante et prit part à des discussions importantes comme celle sur le droit de veto et celle sur les droits des Juifs (v. la table du Moniteur iimversel de 1787 à 1799). En 1796, il devint prof, à l'Ecole centrale du dép. de la Gir., et y fit le cours d'histoire, depuis la fondation de cette école jusqu'au moment où elle fut remplacée par le Lycée en 1803. Il fut alors nommé présid. du collège électoral d'arr. à B» et memb. coiresp. de l'Institutnat. pour la section d'hist. et de littérature anciennes. Après la création de rUniversité impériale, il réunit, en 1809, le triple titre de prof, de philosophie à la Fac. des lettres, de doyen de cette Fac. et de rpcteur de l'Acad. de B«; la Fac. fut supprimée en 1816, mais il garda le poste de recteur jusqu'à .sa mort.
Memb. de la Soc. de méd. de B', à la fondation de laquelle il concourut; memb. de l'Acad. des sciences, belles-lettres et arts de B"^ eu 1798; O. ^; il avait aussi le titre d'inspect. gén. hon. de l'Université de France, il avait épousé Suzanne*
Caroline de Raymond de Sallegourdes,' fille du marquis de Sallegourdes et petitefille de Lagiange-Chancel, auteur des Philippiques.
Comme méd., il a laissé, outre ses thèses de doctorat et celles qu'il soutint pour son agrégation à la Fac. de méd.
de B»,un ouvrage important : Recherches physiologiques et philosophiques sur la sensibilité ou la vie animale, Paris, Prault, 1786, in-8». Comme homme politique, il publia quelques brochuras sur les affaires du temps, et en particulier son discours dans la discussion du veto, sous ce titre : Opinion de M, de Sèze, député de B*, sur la sanction royale, lue à la séance du 4 septembre il 90, in-S».
Comme professeur à l'Ecole centi^ale et comme recteur, il prononça, dans les solennités scolaires et en diverses circonstances, des discours dont on trouve le texte soit dans les journaux bordelais de l'époque, soit dans des plaquettes, il est l'auteur d'une broch. anonyme intitulée : Q^ielq ues idées sur Védticat ionpublique, à l'occasion du discours de m. Murard de Saint-Romain, prononcé à la tribtme de la Chambre des députés le 3i janvier iSiG, B», Pinard, in-ô«. Enfin, parmi quelques mss. qu'il a laissés, on cite avec éloge un Essai historique^ philosophique et critique sur le peuple hébreu. L. C.
V. LABOUDfiK, lellrc S, f 2 et 31. — Eaxai mr la vie et le» écrits de Victor de Sèzr, par le D' Léon MARciiAXT. dans les Acten de l'Acad. de B\ 1830. — Léon Cosme, Uh (Juiversilaire, notice »ur Philippe Bottj (B«, Kcrct et fils, 1889. in-8*), la partie («nsacrée à la première Faculté des lettres de B*.
SËZE (Etienne-Romain, c^* de), fils du défenseur de Louis XVÏ, né à B* le 27 oct. 17H0, mort à Paris le 22 avril 1862. Fréquenta de bonne heure, dans les salons de son père, des hommes maix{uants tels que Morellet, Suard, Marmontel, et puisa dans leui's entretiens, l'amour de la se. et des belles-lettres. Débuta au barreau de Paris en 1807 et s'y montra vite digne fils de celui qui avait inscrit d'une manièiv ineffaçable son nom dans l'hist.; mais ses goûts le poussaient vers la magistratui^. En 1816 il fut nommé cons. et en 1822 présid. do chambre à la Cour royale de Paris. A la mort de son père dont il n'avait jamais voulu se séparer et
Î[n'il vénérait, il hérita de la pairie. En 830, il résigna la pairie par refus de serment, rentra dans la vie privée avec une fortune médiocre et cultiva les sciences philosophiques et lo^ lettres. Décoré du cordon bleu en 1830. Il avait épousé M'^'dcMontebisedontileutunfîlsunique, Louis- Rai mond, troisième comte de Sèze, né à Paris en 1823.
A publié : Du set*ment politique et de
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