‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la GirondeChapitre 504 sur 549 · SUR · texte numérisé non relu

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dans les Alpes complète application des règles posées par Surell. Le succès fut tel qu'en 1670 les autorités compétentes de fa région se plaisaient à signaler des résultats inespéi'és et reconnaître au sol régénéré une insistance telle que les violents orages delH68n'avaient pu l'attaquer. Quelques années après, des forestiei-s de toutes les nations, chargés d'étudier la méthode suivie par leurs confrères de France, ont, par leurs comptes rendus, procuré à Surell la plus belle des récompenses qu'ait pu souhaiter son patnotique désintéressement.

A la suite des inondations du Sud-Est.

un service de navigation ayant été crée )our le Rhône en 1842, burell en est 'ingénieur ordinaire. Dès les premièi^s leures, on l'y voit apporter dans le Coui's inférieur du fleuve 1 esprit d'observation dont il a fait preuve dans les hautes régions de l'une de ses vallées affluentes. £n 1843 et 1844, il consigne,en collaboration avec son ingénieur en chef, dans plusieurs mémoires très remarqués sur Le8 mcnfens d'améliorer la navigation du Rhône, quelques principes généraux qui rappellent bien l'ingénieur de la montagne, c Les forêts, dit-il, sont des régulateurs de l'écoulement des eaux; avec des bassins supérieurs boisés, les riviè: es auraient plus de volume à l'étiage, moins de volume dans des crues moins soudaines. Avec un écoulement mieux l'églé, la tendance des rivières à déplacer leur cours serait moindre. Le travail de l'ingénieur ne doit pas heurter de front les forces de la nature, y II y avait là des idées neuves au moment où elles ont été formulées, bien que Ch. Fourier les eût mises eri avant depuis déjà 15 ou 20 ans, mais qui s'occupe de ce qu'à pu dii'e un utopiste? Elles ont été appliquées sur le Rhône et ont amené de remai*quables résultats. En 1847, Surell publie un important mém. sur V Amélioration des embouchures du Rhône et aussi une Etude sur le barrage du petit Rhône. C'étaient ses adieux au grand fleuve.

La Compagnie des chemins de fer du Midi venait de se former; elle l'appelle, dès 1853, et le charge de construire la section de Moissac à Toulouse et Villefranche et, en outre, d'administrer le canal latéral à la Garonne de Toulouse à Castets (Gir.). En 1854, elle le nomme direct, de l'exploitation de l'ensemble de sa concession avec résidence à B*. Dans SCS nouvelles fonctions, Surell organise le mouvement sur voie unique: en 18^, de B« à Rayonne: en 1856, de B« à Toulouse; en 1857, de Toulouse à Cette; en totalité sur une longueur ininterrompue de 674 kil.

au'aucun réseau n'avait jusque-là connue ; le fait fonctionner avec une telle sécurité aue la C* peut attendre, pour poser une deuxième voie, la mise en circulation de vingt trains quotidiens dans chaque

sens et une recette de plus de (J0,000 fr. par kil. et par an. C'était au point de vue économique un résultat de grande importance, témoignant de la valeur du directeur. La construction d'une section du nouveau réseau des chemins de fer du Midi fournit à Surell l'occasion de donner la mesure de ce que peut un chef aimé de son personnel. L'Empereur avait décidé, un peu à l'improviste, d'aller à Cauterets par farbes; le service public ne dépassait pas alors Mont-de-Marsan, mais les machines pouvaient arriver jusqu'à Riscle (Gei's); de ce point à Tarbes il n'y avait, sur 48 kil., ni rails, ni traverses, ni ballast, et les terrassements y étaient à peine ébauchés sur quelçiues points.

Emile Pereire vient sur les lieux, se rend compte de la situation, prescrit de faille le nécessaire pour assurer la circulation très prochaine du train impérial et charge Surell de l'entreprise, immédiatement l'organisation du travail commence, et le chef payant largement de sa personne, enlève si bien son personnel que dans la soirée du douzième jour la première locomotive fait son entrée dans la gare de Tarbes au milieu d'un personnel électrisé.

A cette occasion (août 1859), Surell devient 0. ^. Sa nomination au poste de directeur de la Compagnie du Midi suit de près; cette nouvelle situation l'appelle prés du cens, d'adm. à Paris et c'est là que, pendant 1861 et 1862, il prend une large part à la lutte de la Compagnie P.-L.-M. contre celle du Midi qui veut faire de Marseille sa tète de ligne sur la Méditerranée. En 1868, de nouvelles conventions sont réclamées par l'Etat; Surell y prend une part active et aboutit à une solution qui, tout en donnant satisfaction au gouvernement, assura mieux que les précédentes l'avenir de sa Compagnie.

En 1870 et aussitôt la guerre déclarée, le directeur du Midi, sur la demande du ministre, reprend momentanément sa résidence de B*. Par son impulsion, divers ateliers de la gare du Midi sont transfonnésenfabriquesd'armesetdematériel de combat. Il lutte vigoureusement pour la défense nat. et subit, avec une vive douleur, le démembrement qui enlevait à la France son pays d'origine. La blessure qu'il reçut alors fut pr ofonde ; elle saignait encore, lorsque 15 ans plus tard, sollicité de présider I4 réunion de l'association arhicale des anciens polytechniciens, Surell soulevait son auditoire, par ses paroles d'adieu : c Poumons, s'écriait-il, » qui sommes arrivés aux extrémités de » la vie, flls déshérité de notre sol natal, » nous empoilerons notre deuil dans la » tombe, en vous remettant ce qui ne » nous a jamais abandonné, l'espérance ! »

Ramené à Paris au siège orainaire de la Compagnie du Midi lors du rétablissement de la paix, Surell, désireux d'user d'un repos laborieusement conquis, 1^

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