III. — Des décès
.Nous venons de voir 'commenl les pays se rangent d'après l'ordre des naissiikts: il n'est pas moins intéressant de connaître comment ils se classent par rapport aux décès. Cette comparaison est toul aussi intéressante que la première quelle sert à compléter : pour l'établir, nous avons classé, dans le petit tableau qui suit, les États d'après le nombre croissant des décès que l'on \ compte.
Les deux pays qui figurent en tête de noire tableau, pour la faiblesse de la mortalité, sont la Suède et la Norwége; dune autre part. non. axons déjà vu . dans noire premier tableau, que la fécondité j était moyenne. Il devait nécessairement résulter de là un accroissement de population, puisqu'il naît un individu sur 30 habitants, tandis qu'il n'en meurt qu'un sur M environ. L'Angleterre se trouvai! dans une position à peu près semblable; puis venaient le Danemark, la Belgique et le Hanovre. Celte situation semble prouver un véritable bien-être, puisqu'avec une mortalité faible on trouve un accroissement rapide de population.
La France avait la fécondité la moins forte des seize Étals que nous avons pu comparer: nous voyons cependant que sa mortalité est à peu près la même que dans les pays précédents : en moyenne on n'y compte qu'un décès sur 43 à i(i individus, tandis qu'il naît un enfant sur 59: de sorte que les conclusions numériques lui sont avantageuses , moins toutefois que dans les États précités '.
La Grèce, comparativement, produit un nombre considérable d'enfants, si nous pouvions la juger d'après les documents d'une seule année, et nous ferons la même remarque pour re Portugal.
Les Pays-Bas. la Prusse, l'Autriche, la Saxe royale, l'Espagne, la Bavière sont entre elles à peu près dans la même relation : la fécondité y est un peu au-dessous de la moyenne, il y nait un enfant par 27 à 29 habitants, et l'on v compte un décès par 56 à 58. L'accroissement a lieu comme dans les pays précédemment
' Un accroissement de population, surtout s'il est trop rapide eu égard aux ressources de l'Etat où il a lieu, ne doit pas toujours être considère comme un signe réel de bien-être. Voici les remarques faites par l'un de nous dans un ouvrage déjà assez ancien, et appuyées par différents auteurs : « Quand l'homme ne raisonne plus, qu'il est démoralisé par la misère, el qu'il vit au jour le jour, les soins de la Camille ne le touchent pas plus que ceux de sa propre existence; et, poussé par le seul plaisir du moment, il se reptoduit, sans inquiétude pour l'avenir, en remettant pour ainsi dire à la Providence qui l'a nourri lui-même, le soin des enfants auxquels il donnera l'existence. » Sur l'homme et le développement de ses facultés, ou essai de physique sociale. 1" vol.. page 109. 1833. A Paris, chez Bachelier. 2 vol. in-S*.