‹ Statistique internationale (population);Chapitre 25 sur 260 · I.XIV · texte numérisé non relu

I.XIV

La statistique est généralement regardée comme une seienee moderne: et l'on a raison de la considérer comme telle. Son existence, il est vrai, se manifestait déjà dans les livres les plus anciens: la Bible en fournit des exemples nombreux, el particulièrement en ce qui concerne les recensements de la population; bien des nations aujourd'hui ne sont pas énumérées avec plus de soins et de prudence.

Chez les modernes, la statistique ne semble s'être élevée à l'état de science qu'en adoptant un nom: on oublie qu'elle s'était constituée elle-même depuis longtemps; mais ce qui lui a mérité véritablement ce nom de science, c'est d'avoir su se prêter à toutes les conditions que les connaissances humaines avaient droit d'exiger d'elle. Les mathématiciens les premiers, et plus spécialement les astronomes, mieux que les naturalistes et les écrivains politiques, surent apprécier ce qu'on pouvait en attendre. La statistique a pris naissance presque en même temps que le calcul des probabilités, dont les premiers germes furent développés par l'illustre Pascal. Elle a fait depuis l'objet des méditations des philosophes les plus instruits: el récemment encore, la France. l'Angleterre, l'Allemagne et diver> autres pays, ont inauguré dignement ses premiers pas. On a senti depuis la nécessité de réunir autour des mathématiciens qui ont ouvert la carrière, les applications qui leur étaient nécessaires pour féconder la théorie. Peut-être aûjourd'hui la science trop négligée a fait place presque exclusivement à la pratique, qui pourrait conduire à d'étranges erreurs si l'on n'y prenait garde. Notre dessein n'est pas de développer ici une théorie complète, renfermant tous les principes auxquels il faut avoir égard, mais il sera bon peut-être de rappeler, dès à présent, quelques-uns des principes les plus essentiels, auxquels les amis de la statistique pratique manquent le plus souvent, bien qu'ils méritent la plus sérieuse attention.

En donnant le premier essai d'une statistique générale, nous avons cru ne pas devoir écarter les principaux moyens d'appréciation que présente la science. Les amis de la statistique jugeront mieux ce qui nous manque encore et les points principaux sur lesquels il s'agira d'arrêter son attention. C'est à eux surtout que nous croyons devoir nous adresser, en recommandant l'omission des passages suivants à ceux qui se bornent simplement à prendre le fait acquis, sans tenir compte de sa valeur précise. Tout document statistique paraît malheureusement document certain aux yeux de l'homme du monde; tandis qu'il est probable seulement, et souvent probable à des degrés bien différents, pour l'homme de science. Ce sont ces probabilités qu'il s'agit d'apprécier: nous essaierons de le faire par les moyens qu'indique la science . mais cependant nous devons nous en tenir aux points principaux.

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