‹ Statistique internationale (population);Chapitre 26 sur 260 · I.XV · texte numérisé non relu

I.XV

/ niformitè des documents. — Il importe que les recensements des divers

pays se fassent de la même manière; et, autant que possible', aux mêmes époques. Si l'on tient compte des âges, par exemple; il faut éviter que les divisions soient différentes entre elles , et ne forment obstacle aux comparaisons à établir entre les nations. I.a diversité l'ail naître la confusion : que, d'une part, on fasse les relevés de la population de trois en trois ans: que. d'une antre part, on procède de cinq en cinq ans. on même de huit en huit ans. il n'y aura plus moyen d'établir des comparaisons directes.

Si l'on fournil, d'un autre côté, les documents des naissances ou des décès, on aura à juger s'il convient de porter les mort-nés sur les premiers ou sur les seconds tableaux: la plus grande régularité devient nécessaire quand on compare les différents pays. Il ne scia pas moins important d'avoir une méthode d'enregistrement absolument la même pour les mariages, pour les âges des conjoints, etc. L'identité. en pareil cas. peut seule permettre les comparaisons : il convient, nous le répétons, d'employer des tableaux semblables, de les réunir sous la même forme, et de manière à en déduire facilement des résultats pour les comparaisons qu'on peut avoir à en faire.

L'unité (le mesure est un des points les plus essentiels, et qui procurerait une économie considérable de temps au statisticien calculateur. Il ne s'est élevé qu'un cri. dans les différents pays, sur la nécessité dune précaution aussi importante: nous croyons pouvoir dire à cet égard qu'il n'existe qu'un même sentiment chez tous les hommes éclairés; mais on voit des difficultés dans l'exécution. Il s'agit moins aujourd'hui de faire apprécier l'utilité de l'institution, que de trouver les moyens de la mettre en pratique.

Pour le statisticien qui désire exprimer ses idées d'une manière assez précise pour donner lieu à des calculs exacts, il est d'autres précautions à prendre. Aux yeux de la plupart des hommes, tous les documents statistiques ont la même valeur et la même importance; combien cependant ces documents peuvent différer entre eux! Combien les statisticiens même confondent un résultat purement accidentel avec une vérité qui appartient à la science! Une ville telle que Bruxelles peut donner, pendant le cours dune année, un nombre de naissances masculines égal à celui des naissances féminines; doit-on en conclure généralement qu'il naît autant d'hommes que de femmes? Il est de nombreuses précautions à prendre à cet égard, et il convient de ne jamais oublier qu'un document statistique n'est pas un document certain , mais probable seulement; c'est dans l'estimation de cette probabilité que consiste l'importancedu résultat que l'on considère, et que réside en général toute l'utilité des calculs statistiques.

Pour estimer la probabilité d'un résultat, il est bien des circonstances à prendre en considération; parmi les éléments qui concourent à la former, les uns peuvent être déterminés et les autres nous échappent : faut-il en conclure que le calcul ne peut être fait et qu'il faut l'éviter? Heureusement les sciences d'observation les plus avancées nous présentent des règles à cet égard, et il importe dès à présent pour la statistique de savoir s'y conformer. Dans le calcul des marées, par exemple, il est certaines données auxquelles on peut avoir rigoureusement égard, et d'autres, telles que l'influence future des vents, qu il faut nécessairement négliger, parce qu'on ne peut les calculer a priori : de pareils exemples ne sont pas rares, et le calculateur les connaît suffisamment.

Pour le véritable observateur, qui tient à approfondir les grands résultats de la science, autant que le permet l'état actuel de la statistique, les points sur lesquels il doit insister dès à présent sont plus particulièrement :

1° L'influence de la grandeur des nombres;

2° L'influence de la répétition des épreuves.

Nous nous bornerons conséquemmenUà n'avoir égard, pour 1 époque actuelle, qu'aux deux premières causes que nous signalons ici, eu attendant que les progrès de la science nous permettent de faire emploi d'éléments de calcul plus complets. Pour les personnes qui se bornent à prendre un simple aperçu des résultats, les moyens de vérification dont nous parlons peuvent être négligés sans inconvénient; mais il n'en est plus de même quand on veut en déduire des conclusions aussi probables que possible; ce sont les moyens de les obtenir que nous voulons indiquer sommairement.

Influence de la grandeur des nombres. — La science apprend qu'en comparant des documents statistiques, la probabilité d'un résultat, toutes choses d'ailleurs égales, croit avec le nombre des observations : elle prouve, de plus, que la probabilité est comme la racine carrée de ce nombre. Ainsi, pour la Belgique, le chiffre de la population est de 4,856,566 âmes, et la racine carrée de ce nombre est 2,199, qui exprimera sa probabilité relative à celle d'un autre pa\.s.

De même la France, dont la population est de 57,586,515 âmes (en 1861). aura, pour sa probabilité relative, 6,115. On pourra naturellement en conclure que, si les circonstances sont analogues en Belgique et en France, les mêmes données sur la population seront, pour l'importance, dans le rapport de 2,199 ta 6,115, ou comme 1 est à 2,78 à peu près. Les documents concernant la France. et pour un même intervalle de temps, mériteraient donc près de irois fois autant de confiance que ceux de la Belgique.

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