ANGLETERRE
Le premier recensement de la population de la Grande-Bretagne a été fait en 1801 , en vertu d'un acte du Parlement. De nouveaux recensements ont été successivement exéentésen 1811, 1821 et 1831.
Dans toute l'Angleterre et le pays de Galles, c'était par overseen ofthe poois (inspecteurs des pauvres), fonctions créées en 1572, que les informations furent recueillies. Ces inspecteurs sont tenus de secourir aux frais de leurs différentes paroisses ou villes (par rislws or tovmlùps) tous les pauvres qui peuvent prouver l'équité de leurs demandes de secours. Pendant les grandes disettes de 1795 et de 1800, les pauvres se présentaient en plus grand nombre aux inspecteurs, et comme le secours fut ordinairement accordé d'après le nombre des enfants à nourrir par chaque postulant , les inspecteurs ne pouvaient se' dispenser de s'enquérir du nombre des membres composant chaque famille. Dans les paroisses d'une faible étendue, ils pouvaient, par leurs seules connaissances, constater à peu près le chiffre de la population, et contrôler la fidélité des réponses faites aux questions qu'ils posaient eux-mêmes aux habitants de chaque maison; dans les familles qui ne se trouvaient pas dans la nécessité de recourir à l'aumône, le nombre des enfants et des domestiques était trop bien connu pour qu'il put être faussement déclaré, dans le cas où il aurait existé des raisons de cacher la vérité. Il est de plus à remarquer que les inspecteurs agissaient sous la foi d'un serment, et que dans la plupart des cas il y avait deux ou plusieurs inspecteurs dans chaque paroisse, ce qui était une garantie de plus. Le montant des secours accordés aux pauvres en Angleterre et dans le pays de Galles, qui.
mi 1800, était de quatre millions de livres sterling, en 1811 de six millions, et dépassait celte dernière somme en 1821 , s'élevait, en 1851 , à 0,800,000. Les inspecteurs des pauvres n'avaient donc que trop de raisons d'exercer la plus stricte surveillance, quant au nombre des enfants, depuis que l'opération du recensement se renouvelle tous les dix ans.
En Ecosse , les lois des pauvres ne sont pas assez ponctuellement exécutées pour nécessiter la nomination d'agents spéciaux. Mais les dispositions de l'acte relatif au recensement de la population y reçoivent une application plus régulière qu'en Angleterre, en tant que l'exécution en soit confiée aux soins du maître d'école officiel de chaque paroisse, institution existant depuis 16% cl particulière à l'Ecosse; et comme les fondions de preçentor and clerk of the parochial session (secrétaire du conseil paroissial ou communal), pour le soulagement des pauvres, sont souvent exercées par le maître d'école, homme d'ordre et instruit, il s'ensuit que le nombre des enfants de chaque famille lui est connu aussi bien qu'à l'inspecteur des pauvres en Angleterre, et que les relevés de la population en Ecosse sont tout aussi exacts et évidemment plus méthodiques que ceux obtenus par ce dernier fonctionnaire.
En 1851 , il fut prescrit aux inspecteurs de procéder au recensement, maison par maison, le 51 mai, et les jours suivants si un seul jour n'était pas sullisant. Les individus devaient être recensés dans la localité où ils se trouvaient à l'heure du dénombrement. (Jetait la population de fait. Les militaires de l'armée de terre et de mer, et les matelots n'étaient pas recensés : par la voie officielle on en obtenait le nombre que l'on ajoutait en masse au chiffre de la population. Les inspecteurs avaient à leur disposition des bulletins de diverses espèces.
Le clergé de l'église officielle était chargé, par l'Acte, de faire le relevé des baptêmes, des mariages et des enterrements par lui enregistrés. )
Les résultats de chaque dénombrement depuis 1801 jusqu'à 1851 ont été soigneusement coordonnés.
L'opération du recensement de 1841 et de celui de 1881 a été confiée à une commission composée du greffier général (fonctions créées en 1857), et un ou deux autres fonctionnaires; le recensement de 1861 a été exécuté de la même manière.
Voici les principales améliorations introduites dans les derniers recensements.
Le nom, le sexe, l'âge, etc., sont inscrits ou dictés aux recenseurs par le chef de famille. Le refus de donner ces renseignements et les fausses déclarations sont punis d'une amende. Les bulletins sont vérifiés par les greffiers locaux et les surintendants, et toute erreur découverte est rectifiée.
Le recensement est exécuté en un seul jour et comprend toutes les personnes présentes et pas d'autres. Les agents sont rétribués modérément pour leurs services. Les renseignements recueillis sont heaucoup plus détaillés qu'auparavant. Ainsi , par exemple, l'âge des hommes et des femmes est indiqué par profession. Les relevés des baptêmes, des mariages et des enterrements sont fournis par le clergé de l'Eglise officielle, les mariages ne pouvant avoir lieu qu'à cette église; le nombre en est considéré comme exact, mais il n'en est