II. — Des naissances
II existe encore trop peu d'unité entre les documents de l'état civil chez les différents peuples, pour qu'on puisse aisément constater tout ce qui se rapporte au mouvement de la population et en comparer les éléments avec quelque certitude. Cela provient de plusieurs causes : on trouve par exemple des pays , même parmi les plus éclairés, où l'inscription des naissances demeure étrangère à l'autorité civile, et se fait par les ministres de la religion : il en résulte que le nombre des enfants inscrits pourrait, par suite d'omissions, se trouver au-dessous de la réalilé.
Nous devons nous borner, dans cet ouvrage, à constater les naissances d'après les documents qui nous ont été transmis obligeamment par les autorités les plus compétentes : nous n'avons aucun motif pour douter de leur exactitude, nous sommes persuadés au contraire que, dans l'état actuel des choses, ils ont été recueillis avec toute la précision qu'on pouvait désirer.
Chaque pays avait été invité à donner, à côté de l'année où s'était fait le dernier recensement, le chiffre global de cette opération délicate, en même temps que le nombre des naissances que l'on avait inscrites dans le cours de la même année. Une cinquième colonne indiquait ensuite le nombre d'habitants que l'on comptait par naissance.
Comme l'année pendant laquelle le recensement avait eu lieu pouvait être exceptionnelle, par un excès ou un défaut de naissances, chaque nation a été invitée à donner le relevé des naissances pendant les années précédentes '. Il s'est trouvé en effet que l'époque des recensements a été généralement régulière: le nombre des naissances pour celte année était un peu au-dessus de la moyenne de la période plus ou moins longue qui avait précédé; ce qui devait être en effet , puisque la population est généralement croissante dans tous les pays. Cependant la Belgique, la Prusse et la Saxe royale accusaient une moyenne un peu plus forte que la valeur obtenue en dernier lieu, mais avec une différence assez faible pour pouvoir être négligée.
Si l'on prend en conséquence les rapports de la population aux naissances, on obtient, comme mesure de la fécondité dans les dix-sept pays que nous avons pu comparer, les résultats suivants :
1 Voyez les trois dernières colonnes du tableau qui suit.
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